Chapitre 2 : Cheveux et méfaits
Au grand malheur de Sherlock, il était obligé de vivre pendant un certain temps chez son frère, dans un sorte de petit manoir. Trop grand, trop meublé de choses inutiles. Notamment les statues qui encombrait le salon. Ils étaient arrivés depuis deux heures dans le silence habituel. De toutes façons, aucuns des deux n'avaient quoi que se soit à dire à l'autre.
Alors qu'il s'apprétait à quitter la table à manger sans avoir toucher un seul aliment de son diner, son frère l'interpella.
"- Sherlock, tu ne comptes pas aller de te couper les cheveux avant de te coucher ?"
Le cadet s'immobilisa et rougit. Il avait raison, c'est ce qu'il était sur le point de faire une fois dans sa chambre. Il se mordit la lèvre, son frère réussissait toujours à déduire ses actes. Fixant son verre d'eau, Mycroft ignora l'embarras de son frère et se leva s'approchant de lui.
"- Je crois qu'il vaudrait mieux que...
- Je ne veux pas de coiffeurs, coupa Sherlock.
- ...je m'occupe de toi, termina Mycroft.
Les yeux du plus jeune s'agrandirent. Avait-il bien entendu ?
"- Quoi ? Tu veux me couper toi-même mes cheveux ?
- Pourquoi pas ? Tu n'es pas le mieux placé pour savoir comment on fait...et je peux ajouter que la dernière fois que tu as fait ce genre de choses, tu ressemblais étrangement au petit caniche de notre chère tante Martha...
- Je n'avais que 14 ans ! Protesta-t-il faché de ce mauvais souvenir que Mycroft lui rappelait.
Celui-ci posa une main sur son épaule.
"- Sherlock...pour une fois fais moi confiance."
Le lendemain matin, Sherlock se réveilla avec difficulté. Il jeta négligemment ses couvertures aux pieds de son lit et...tomba par terre. "Merde" Fut son premier mot matinal. Il remarqua qu'il avait dormi avec ses vêtements. Il souffla énervé. Il passa sa main sur ses cheveux bouclés beaucoup plus courts que la veille. ça lui faisant tout drole, il se sentait plus léger comme ça. Il se remit sur ses pieds et se précipita devant le miroir de la salle de bain.
Il parraissait plus masculin, plus jeune, plus mure. Il s'ébouriffa un peu. Oui, c'était bien...et c'était son propre frère qui lui avait crée ce chef-d'œuvre...
Il passa un peu d'eau sur son visage pâle et hésita ensuite à enfiler les nouveaux vêtements qui l'attendaient sur le bureau de sa chambre. Finalement, il préféra garder les même vêtements que la veille.
Il jeta un oeil à son portable et découvrit deux textos venant un d'un certain Sébastian et de l'autre d'un certain Lestrade.
"Salut Sherlock, pourrais-tu venir pour les fêtes de Noël et du Nouvel An, exprès pour les étudiants. Seb."
Ennuyeux. Il supprima le message sans y répondre.
"Bonjour. Je voulais savoir si vous accepter de venir à la cérémonie de mon arrivée au poste de lieutenant. Lestrade."
Il sourit. enfin, il était devenu un lieutenant-inspecteur. Il réfléchit pendant quelques secondes.
"Non." Envoya-t-il.
En allant dans le salon, il fut surpris de voir son frère qui l'attendait, regardant sa montre. Il ne semblait pas pressé pour un politicien. Sherlock ne voulant surtout pas croiser son frère tenta alors de déguerpir directement vers la porte d'entrée, en passant dans le couloir principal, ce qui ne l'obligea pas à croiser le chemin de son ainé. Cependant, il se retrouva nez à nez avec une jeune femme à la peau presque matte, un portable à la main.
"- Votre frère arrive, annonça-t-elle, je suis en train de lui prévenir que vous vouliez quitter sa demeure.
- Vous êtes vraiment obligé ? Marmonna Sherlock qui se demanda si Mycroft accueillait des gens de ce genre dans sa demeure.
- Oui, c'est un ordre.
- Vous ne pouvez pas cacher ça ? Se désespéra-t-il.
- Ordre de monsieur, répéta-t-elle automatiquement.
Sherlock sursauta quand il sentit la main de son ainé se poser soudainement sur son épaule. Il serra des dents, incapable de cacher sa frustration.
"- Tu es vraiment obligé de me surveiller même chez toi ? Le repoussa-t-il.
- Je ne veux pas que tu ailles encore te droguer ou rencontrer des gens qui ne t'attirent que des ennuis. Tu sais ce que tu risques...
- C'est bon, je sais, grogna Sherlock, laisse moi quand même tranquille."
Mycroft eut un petit sourire. Il fit signe à la femme de partir et à Sherlock de le suivre. Ce dernier se résigna à obéir de toutes façons, il n'avait pas le choix. Il devait obéir à son frère jusqu'à qu'il trouve une situation stable, un logement stable, des habitudes stables. Ces derniers temps, il avait abandonné son appartement de Montaigue Street pour les rues malfamées de Londres, les nuits blanches et ivres, les bagarres nocturnes, les centaines d'expériences passés à St Barts et à l'université en passant pas les petits concerts de violon dans des bars populaires. Bref, il passait que 2% de son temps chez lui, et son appartement était déjà immaculé de poussières et ne sentait que le poisson pourri...ou plutôt le cadavre pourri.
Depuis qu'il avait eu l'âge légal de se débrouiller seul, il abusait un peu trop de cette liberté et ne la gérait pas. Il faisait trop de choses, trop vite, dans trop d'endroits, l'amenant dans des situations complexes et graves. Son état de santé avait obligé Mycroft à intervenir. Sherlock dormait peu, voire rarement, ne mangeait pas assez, il avait perdu en trois mois 5 kilos que Mycroft perdait en seulement 1 an, et ne faisait pas attention à son physique d'épouvantail. Ce sont d'ailleurs les professeurs du jeune étudiant qui l'avaient prévenu et en même temps que certains policiers de Scotland Yard...
Mycroft n'aurait jamais pensé devoir s'occuper encore de son frère cadet à sa majorité, pourtant ce qu'il craignait le plus était la prise récurrente de drogues illicites et dangereux. On lui avait dit que son jeune frère fréquentait quelques dealers, les plus discrets, et, bien évidemment prenait de la cocaïne, de la morphine en passant par le cannabis et les LSD. Au début, l'ainé ne faisait que prévenir son jeune frère du risque qu'il encourrait et cependant, l'incomparable se produit.
Sherlock avait trop utilisé des "bienfaits" de la cocaine l'amenant dans un coma d'une durée de trois jours. Et bien sur, Mycroft avait fait en sorte de cacher pour eux la situation "grave" du cadet à leur parent, en attendant que Sherlock reprenne le cours de la vie. C'est ainsi que ils en sont venus, pour l'instant, à vivre ensemble, bien que Sherlock n'était pas du tout d'accord de ce genre arrangement, il le faisait surtout parce qu'il ne voulait pas avoir à faire à la police ( en passant par sa mère ) et Mycroft était plutôt un bon bouclier pour ses anciens méfaits.
