Chapitre 2
Une longue semaine vient de s'écouler. Je commence un peu mieux à me repérer dans ces lieux, les branches reflètent en réalité chacune un « élément » si je puis dire. La rouge représente le feu, la chaleur. La verte elle c'est la terre, la nature. La bleue représente l'eau, la glace, le froid. La violette est quant à elle représentative du vent, de l'air. Et la noire qui n'est pas vraiment un élément représente la nuit, l'ombre.
Enfin. Aujourd'hui c'est le dernier jour de cours. On est vendredi. Je fais partie des quelques élèves qui restent les week-ends et sûrement pendant les vacances également. Mais là c'est pratiquement la fin de la journée, il reste juste deux heures de sport et nous serons en repos.
Mais à l'idée de me changer devant tous les garçons de ma classe, je sens un grand stresse me submerger. Il est impératif qu'ils ne voient pas les cicatrices sur mon corps. Je ne tiens pas à devoir subir un psychologue, un suivi médical, peut-être même un placement. Hors de question. Sans parler du dégoût ou de la pitié qui se verront dans leurs regards. C'est toujours comme ça que cela se passe.
La sonnerie retentit. Mon rythme cardiaque s'accélère alors que je l'entends comme le glas de ma sentence.
Je me lève la mort dans l'âme et suis le groupe alors que le mexicain viens me parler :
- Qu'est-ce qu'il y a Lightwood ? T'as peur de te déshabiller devant nous ?
Ma crainte est-elle si visible ? Je tourne un regard agacé vers lui, bien décidé à ne pas me laisser démonter par ce crétin. J'ai une furieuse envie de lui faire ravaler son sourire. Magnus calme Raphaël et flirt encore une fois avec moi. S'amusant à me faire passer par différentes teintes de rouge.
Mais venant de lui cela est plaisant.
- Moi j'aimerais bien voir ce qui se cache sous cette chemise.
Je réponds le plus neutrement possible
- Un corps. Composé normalement comme le tien.
- Cela doit valoir le coup d'œil.
Retour du rougissement puissance 3 sur mes joues et du petit rire de l'asiatique.
- Foutez-moi la paix vous deux.
Je passe entre eux pour fuir, m'éloignant vers ce maudis cours. Malheureusement mon cher colocataire m'a suivi et me retiens pas le bras. Je tourne un regard agacé vers lui. Comme à chaque fois, je n'arrive pas à rester énervé contre lui. Je suis sûr qu'il le sait et en joue outrageusement.
- Le gymnase et de l'autre côté Alexander chéri.
Je le regarde penaud. Et me sens idiot. Je lui fais signe de passer devant alors qu'il se retient de rire. Sûrement pour ne pas me vexer. Mais son grand sourire ne peux cacher son ressenti.
Je le suis jusqu'au gymnase. A notre arrivée on rejoint Jace et nos amis. Qu'est-ce qu'ils font là ? J'hausse un sourcil dans leur direction, posant ma question muette
C'est ma sœur qui vient vers moi.
- On a cours ensemble mon cher grand frère adoré.
- Je suis ton seul grand frère Izzi.
- C'est pour ça que t'es mon préférée.
Je roule des yeux. Depuis notre arrivée elle a un grand sourire. Je me rends compte qu'ils ont tous un grand sourire collé aux lèvres.
Je sens l'agacement monter une nouvelle fois en moi. Déjà que ce cours me tapait sur le système mais si en plus nous sommes avec Jace et compagnie ça fais doubles chances d'être découvert et je sens qu'il va y avoir de l'ambiance. Qui plus est, leurs sourires ne les quittent pas. Ils se moquent tous de moi ou quoi ?! Je sers le poing de frustration. Et c'est à ce moment que je me rends compte que Magnus n'a pas lâcher la main depuis qu'il me la prise pour m'entraîner à sa suite.
Je sens une rougeur puissance 7 facilement me monter aux joues et lâche sa main comme si je m'étais brûlé. Je ne supporte plus ses regards amusés sur moi et fuis dans le gymnase avant qu'ils n'aient le temps d'ajouter quoi que ce soit.
Je vous promets qu'il y a pas plus con que moi. Je manque de faire une crise d'angoisse à cause de ce cours mais surtout de la séance vestiaire, et je fonce dedans le premier. J'observe rapidement la pièce et vais vers un coin avec un renfoncement par rapport au reste de la pièce. Dieu a eu pitié de moi !
Pas que je crois en dieu mais bon, si jamais il est là on va éviter de le contrarier. Je change rapidement de pantalon alors que les premiers gars entrent. J'arrive à enfiler rapidement mon maillot alors que les gars s'installent et commencent à se changer. Je rejoins les autres au milieu du vestiaire et Magnus hausse un sourcil en me voyant sortir de mon coin
- Je n'aime pas me changer devant tout le monde.
Je suis renfrogné et un peu sec. Il hausse alors les deux sourcils mais ne dit rien. Il hôte sa chemise violette avec des paillettes de partout et enfile un débardeur moulant et évidement flashi.
Noir mais des écrits brillants et multicolores selon l'angle d'où on regarde avec écrit « I am a sexy boy ».
Un sourire apparut sur mes lèvres. Ce n'est pas faux. Magnus me sourit.
- Oui mon petit chat ?
- M'appelle pas comme ça. Lui répondis-je en rougissant.
- Tu as une tête de chaton depuis tout à l'heure.
Je le regarde choqué, mes yeux dilatés alors qu'il éclate de rire. Je me vexe et sors en l'insultant.
- Espèce de crétin !
L'insulte est sortie froidement et je ne me retourne pas quand il m'appelle.
Je vais m'assoir avec les autres élèves. Écoutant l'appel et répondant à mon nom. Ensuite les consignes sont données par les deux profs. On apprend que nos deux classes seront toujours ensembles à ces heures de la semaine.
Je soupire dépité à l'idée de toujours finir mes semaines avec cette bande d'andouilles déchainées. Ils sont incapables de rester sérieux plus de deux minutes. Chaque prof forme deux équipes dans leur classe respective. Je remarque que Magnus n'est pas dans la mienne tant mieux. Je n'avais pas envie d'être avec lui. Je l'adore ce mec mais il y a des fois où il me tape sur les nerfs.
Petit tournois de basket. Match entre l'équipe Magnus et l'équipe Jace. Je vais m'assoir et regarde le match. Évidement Jace se débrouille bien mais Magnus ne se laisse pas faire. Je n'arrive à détacher mon regard de lui. On a l'impression qu'il vole sur le terrain. La grâce de ces mouvements est époustouflante.
Le match se termine avec la victoire des 1ères années. Les deux équipes sortent du terrain alors que je me retrouve face à la deuxième équipe des secondes années. Celle avec Simon. Évidement avec ma taille je me retrouve au centre pour le coup d'envoi. Je ne suis pas étonné de sentir un regard me brûler le dos. Je sais déjà que c'est mon cher coloc.
Je ne m'en soucis pas plus et me concentre sur le match. Le coup d'envoi est donné et je saute.
Le match se trouve être assez équilibré. Mais je gagne pratiquement tous les duels face au geek. Il se débrouille bien mieux que je ne le pensais.
Le match se finit par la victoire de mon équipe. J'esquive les accolades et libère le terrain pour le match des secondes. Je vais boire un coup avant de m'assoir à l'opposé du terrain par rapport à Bane.
Mon match face à Wayland a été plus rude mais nous avons quand même gagné. Jace a gagné plus de face à face que Simon. Il est bon en sport. Heureusement qu'ils ne sont pas cinq comme ça dans son équipe. Il me battait presque à chaque fois. Je suis essoufflé. On a le temps du match Bane VS Lewis pour reprendre notre souffle. Ensuite ce sera le choc entre les premières années.
Les filles sont plus loin en train de faire de la gymnastique. Je vois Izzi qui me fait signe avec son grand sourire habituel. Et je souris doucement en retour. Je reporte mon attention sur mon prochaine adversaire. Magnus sera dur à battre. Mais je ne compte pas le laisser gagner. J'étudie méticuleusement sa façon de bouger. Leur match se finit et ils ont droit à dix minutes de pause. Minutes pendant lesquelles Magnus et moi nous affrontons du regard. Un petit sourire satisfait flotte sur ses lèvres. Je frissonne sous l'intensité de son regard. C'est la première fois que je le soutiens comme ça sans détourner les yeux. Et j'adore l'effet qu'il me fait. Je finis quand même par détourner le regard en rougissant. Il n'y a pas que de la concurrence dans son regard. Mais je n'arrive pas à savoir s'il et sérieux ou si je suis juste un nom de plus sur la liste de ses conquêtes. Il a une sacrée réputation et c'est pour ça qu'il était sans colocataire.
Le prof nous appelle finalement sur le terrain. Je suis mon équipe et vais me placer face à Magnus pour le coup d'envoi. Je me concentre. Je surveille la main de l'arbitre, celle où se trouve le ballon. Il enclenche le mouvement de lance. Je saute en même temps que Magnus. J'ai remarqué qu'il a une bonne détente. Mais j'ai sauté une micro seconde avant lui et réussi à prendre l'avantage. Je passe la balle à mon coéquipier. Le match entre nous deux vient de commencer. Le match dure plus longtemps que les autres. C'est mon impression. Les points entre Magnus et moi sont équilibrés. L'un gagnant puis au suivant c'est l'autre. L'un refusant de laisser l'avantage à l'autre.
Nous arrivons à la balle de match. L'équipe de Magnus a remonté jusque sous notre panier. Bane me feinte et réussit à sauter pour récupérer le ballon. Il fait un demi-tour gracieux sur une jambe, comme s'il dansait et saute pour marquer. Je recule d'un pas et saute devant lui. Il lance et je tends le bras pour dévier la balle. Je la frôle à peine quand Magnus me tombe dessus lors de la redescente. On finit à terre lui et moi. La chute fut rude et je réussie à me cogné assez violemment la tête.
Je lâche un gémissement alors que Magnus, allongé sur moi, a ses yeux justes au-dessus des miens.
- Ça va ?
Il a l'air inquiet. Mais son sourire revient rapidement quand je rougis à notre proximité.
- On dirait que oui.
Je fixe ses lèvres et me baffe mentalement en me rendant compte que je fantasme dessus. Merde Alec ! Maitrises-toi un peu ! On est à peine amis alors faudrait penser à calmer tes hormones d'adolescents en manque !
Mon regard suit le mouvement de ses muscles alors qu'il prend appuie sur ses bras pour se relever. Toujours avec la même classe. La sonnerie de fin de match retentit alors qu'il me tend la main pour m'aider à me relever.
J'hésite avant de la prendre et il me tire vers lui en même temps que je me relève. Il a fait cela avec une facilité déconcertante. Je me rends compte qu'il est plus musclé qu'il n'y paraît. Cela explique son succès. Il est beau. Musclé et en plus intelligent. Un sacrée bon parti pour ces dame à la recherche du prince charmant. Mais Magnus semble ne pas avoir de préférences pour les filles ou les garçons.
- Merci.
Je tourne le regard pour voir qui a gagné.
- Désolé Alexander mais j'ai gagné.
Je le regarde. J'ai parfois l'impression qu'il arrive à lire dans ma tête.
- Profites-en. Je gagnerai le prochain.
- Le match et finis chéri.
- La prochaine fois Bane.
Il sourit encore…. Ce mec a une joie de vivre amusante. Un léger sourire s'étire sur mes lèvres en réponse au sien.
- Avec plaisir darling.
- Moi c'est Alec mais je ne désespère pas que tu y arrives un jour.
- C'est bien trop rude pour un si joli minois.
Je rougie et on se chamaille un moment comme ça. Jusqu'à ce que le prof nous envoie nous changer.
C'est à ce moment que je réalise que l'on doit se doucher, avant de se changer. Et les douches ne sont absolument pas séparées.
Le stress monte en moi comme un raz de marée. J'ai du mal à respirer. Mes oreilles se mettent à bourdonner alors que je sens comme si un poids de plomb pesait sur mon cœur. Je ne peux pas esquiver cette fois. Je ralentis, portant une main à ma poitrine alors que ma vue se floute. Je ne peux pas voir le regard inquiet de mon asiatique.
- Alexander ? Ça va ?
J'entends parfaitement son inquiétude alors que je tente de répondre :
- Je….
Je ne peux plus parler. Il faut que je sorte rapidement. J'ai besoin d'aire. Je sens à peine une main se poser sur mon épaule alors que je me sens attiré vers le sol et c'est le trou noir.
Je me sens engourdi. Entouré de silence. Je me sens nauséeux. J'ouvre les yeux et les plisse à cause de la lumière aveuglante. J'ai un violent mal de crâne. Je grogne de douleur alors que je tente de me remémorer ce qui s'est passé mais aussi de me repérer.
- Vous êtes réveillé. Tenez. Buvez ça.
Je regarde cette femme qui semble être l'infirmière, puis le verre qu'elle m'a donné. Je me redresse alors dans le lit de ce qui, de toute évidence, est l'infirmerie. Je ne touche pas au verre qu'elle m'a donné.
- Tu as fait un malaise, à la fin de ton cours de sport.
Ah oui… je m'en souviens maintenant. Comment je vais bien pouvoir justifier cela auprès de Magnus et des autres ?
Je repose le verre plein sous le regard désapprobateur de Tessa. Son nom est écrit sur son badge. J'ouvre la bouche pour parler, mais avant que je n'ai le temps de dire quoi que ce soit, je me prends une tornade brune dans les bras. Il n'y a qu'Izzi pour oser me sauter dessus comme ça.
- Je vais bien Izzi.
Elle se redresse et me foudroie du regard.
- Si tu allais bien Alec, tu ne serais pas allonger dans un lit à l'infirmerie.
- … je suis assis.
Elle hausse un sourcil me faisant bien comprendre que ça ne l'amuse pas. Je soupire doucement et remarque seulement à ce moment-là qu'elle n'est pas venue seule. Max, Magnus et Jace sont là aussi.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
Cette question est plus adressée aux deux lycéens qu'à mon frère. Et je suis surpris de voir le blond là. Magnus lui est tout le temps avec moi depuis mon arrivée ici.
- C'est nous qui t'avons porté ici.
Me répond le blond.
J'hausse un sourcil interrogatif alors qu'il s'assoie aux pieds de mon lit. Mon frère restant debout les mains posées sur la barrière du pied de lit, et Magnus prenant place sur la chaise à ma droite. C'est lui qui répond à la question que je n'ai pas eu le temps de poser.
- Tu m'es tombé dans les bras darling. Bien que ce fût agréable je te préfère éveiller.
- Alec.
Il balaie ma réponse d'un geste de la main
- Tu as blêmis. Je te parlais mais tu ne répondais plus. Au moment où j'ai posé ma main sur ton épaule tu t'es juste évanoui. Jace m'a aidé à te transporter ici.
- Je vois… merci.
Je ne vais pas leur dire que ce malaise était plus qu'un simple malaise. Plus une violente crise d'angoisse. J'ignore le regard insistant de ma sœur. Elle sait la vérité elle.
- Quand est ce que je pourrais sortir ?
- Tu le peux mais tu devrais te ménager.
Je regarde ma sœur et lui souris pour la rassurer. Même si elle n'est pas dupe. Je retire les couvertures et vois que je suis toujours en tenue de sport. Je me lève avec un grand soulagement.
Je me sens plus léger d'un coup, je regarde alors mon colocataire qui a pris mon sac sur son épaule et me parle :
- Le self est déjà fermé. Je t'ai pris un truc à manger. C'est dans la chambre.
- Merci.
Je sors de l'infirmerie à sa suite et vais vers mon dortoir alors que ma sœur me crie de faire attention à moi pour une fois.
En entrant dans la chambre je file directement à la salle de bain et vais me doucher. Je règle l'eau bien chaude avant de me déshabiller et de rentrer sous le jet d'eau.
Mon dieu que ça fait du bien. Je passe un long moment à me détendre sous la douche. Je sursaute quand j'entends toquer. Je passe juste ma tête par le rideau alors que Magnus fais la même chose avec la porte. Je le regarde en silence et hausse un sourcil.
- Je vérifiais juste que tu allais bien comme je n'entendais que le bruit de l'eau.
- Comme tu vois.
- Je te laisse finir.
J'acquiesce alors qu'il ressort. Je me lave rapidement et sors. Je m'essuie et me rends compte que je n'ai pas pris de vêtements. Et merde ! Quel boulet ! Bon… on se calme. Je m'enroule dans une grande serviette et vais vers la porte. Passant juste ma tête comme Bane l'a fait il y a quelques minutes. Je tourne la tête sur la droite et le vois concentré sur ce qui semble être ses devoirs. Un casque sur la tête avec la musique à fond. Je tente de l'appeler malgré tout.
- Magnus?
Il tourne la tête vers moi et me regarde malgré la force du son dans ses oreilles. Il m'a entendu ?
- Finis ?
- Oui… j'ai oublié de prendre des vêtements…
- Et ?
Je rougis et détourne le regard alors qu'il sourit, j'en suis sûr. Je risque un regard vers lui alors qu'il ôte son casque qu'il glisse sur sa nuque et me regarde la tête appuyée nonchalamment sur son poing alors que son coude est posé sur le bureau
- Tu es réellement pudique chaton.
- C'est Alec.
- Vas prendre des vêtements.
Il hausse un sourcil amusé. Je ne peux sûrement pas passer devant lui dans cette tenue. Il rit doucement et se lève, alors que je rougis un peu plus. Il va finalement à mon armoire et regarde mes vêtements. Cette fois c'est moi qui souris devant sa mine dépitée.
- Mes vêtements sont plus… sobres que les tiens.
- C'est un attentat à la mode ça mon cher.
- il ne faut pas exagérer.
Je retiens un rire devant sa mine complètement déconfite.
- C'est décider, demain je t'emmène en ville. Il faut absolument remédier à ce problème de 1ère importance.
Il farfouille dans mon armoire
- Quoi ? Non !
- Mais je ne te demande pas ton avis darling.
Je blêmis et prends les vêtements qu'il me donne. Rapidement et lui claque la porte au nez. Je l'entends rire de l'autre côté et soupire. Au moins il n'a pas eu le temps de voir mes cicatrices.
Je baisse les yeux sur mon poignet et caresse doucement les stries blanches et rosées, selon l'avancement de la cicatrisation, qu'il y a sur ma peau.
Oui je me coupe… au début c'était juste quand je craquais à cause des problèmes et de la pression. Quand c'était trop dur à supporter. Et puis, petit à petit, c'est devenu un besoin, comme une drogue. Ça me prend aux tripes et j'ai beau résisté je finis toujours par me couper.
Je redresse la tête en entendant Magnus bouger de l'autre côté. J'enfile rapidement mes vêtements et nettoie le désordre que j'ai mis avant de sortir.
Il redresse de nouveau la tête à ma venue et me regarde de la tête aux pieds. Comme à chaque fois que je me change d'ailleurs. Et comme à chaque fois je rougis légèrement et regarde ailleurs.
- Ce n'est pas trop mal pour sortir
Je retourne vivement mon attention sur lui. Comment ça sortir ?
- Sortir ?
- On avait prévue d'aller boire un verre tous ensemble et ta sœur m'a demandé de te traîner avec nous puisque je cite « mon crétin de grand frère coincé du cul va refuser de venir. »
Je ne sais pas ce qui me choque le plus. Entendre ça dans la bouche de Magnus ou le fait que ce soit Izzi qui lui ai dit de me « traîner » avec eux. Et le pire c'est que cela semble amuser monsieur Bane.
- Hors de question.
- Désolé chéri mais tu n'as là aussi pas le choix.
- Je dois avancer notre devoir de chimie.
Bonne excuse Alec ! Bien jouer.
- Il est pour lundi.
- Bien essayer Alexander, mais je l'ai déjà bien avancé tu n'as plus qu'à lire et me dire ce que tu en pense. De plus on est en week-end.
- Faut savoir s'avancer.
Je m'assoie à mon bureau et regarde le devoir qu'il a laissé dessus.
- Ce n'est que le début de l'année, détends toi.
- Je dois rattraper un mois complet de cours.
- Encore un bel essai.
Il se tourne face à son bureau alors que je lève les yeux du devoir. Il prend une pile de feuilles empilées dans le coin droit et me le donne.
- Chimie et philo.
Je le regarde surpris en prenant fébrilement le paquet de feuilles.
- Tu as recopié mes cours ?
- Oui. Et j'ai presque finis l'histoire et les maths.
Il vient littéralement de me mettre sur le cul. Pourquoi a-t-il prit sur son temps pour faire mon travail ? Il y a déjà plusieurs heures de copie
Je redresse la tête vers lui alors qu'il rit doucement. Dieu que j'aime ce son…
- Tu as juste à les ranger maintenant.
- Pourquoi…. Pourquoi tu as fait ça ? Lui demandais- je alors en commençant à les ranger soigneusement. Il a une écriture fine et élégante. En totale accord avec son image.
- Parce que je t'aime beaucoup Alexander. Et nous somme amis. Les amis ça s'entraident.
Amis ? D'habitude je ne prends pas le temps de me faire des amis. On repart toujours avant qu'on ai le temps de réellement s'installer.
- Merci.
Je lui suis réellement reconnaissant de son aide.
- Et puis ça me permet de te traîner dehors sans culpabiliser.
Dit-il en riant.
Je souris à cette excuse. Je finis de ranger la Chimie et m'attaque à la philo. Lui se retourne face à son bureau et reprend ce qu'il faisait. Quand j'ai fini de ranger je regarde ce qu'il fait. Attends… il est encore sur mes cours ?
- Qu'est ce que tu fais ?
- Je finis tes maths.
Je ne sais quoi répondre à ça. Je ressors le français qui est une matière assez conséquente. Récupère ses cours dans son trieur et reprends où j'avais arrêté la dernière fois. On copie en silence un long moment avec en fond la musique de ses casques toujours autour de sa nuque. Si seulement la vie pouvait être si simple tout le temps.
J'ai finalement cédé. Après avoir avalé le sandwich qu'il avait récupérer pour moi, il est aller dans la salle de bain se préparer pendant bien une bonne heure. J'ai donc continué à avancer mes cours.
Quand il est ressorti, je n'ai pu détacher mon regard de lui. Ce mec est décidément un dieu. Malgré l'extravagance de ses tenues, et de lui-même tout simplement. Ses chaussures de ville violettes assorties à un pantalon en cuir noir plus que moulant avec une large ceinture en tissue, dorée, centrant une chemise rouge sang, évidement avec des broderies brillantes, ouverte largement sur son torse. Sa peau et légèrement dorée et agrémentée de colliers qui attirent le regard sur elle. Ses mains sont toujours vernies de noir et de bagues. Je remonte mon regard le long de son cou et regarde son visage au teint parfais. Ses lèvres tentatrices, son nez fin et ses yeux rehaussés avec un eye-liner. Un peu de poudre bleu foncée faisant ressortir ses yeux dorés. Ses cheveux sont toujours dressés sur sa tête avec quelques mèches rouges.
- Ce que tu vois te plaît chéri ?
Il se rapproche de moi, collant nos torses, avec son petit sourire provocateur collé aux lèvres. Je recule d'un bond en rougissant.
- Non ! …enfin si !... je veux dire...
Il rit doucement et les poils de ma nuque s'hérissent de plaisir à l'entente de ce doux son. Je relève le regard vers lui. Ses yeux brillent.
- C'est juste...
Vite une excuse.
- Juste quoi ?
- Comment… tu fais pour… avoir cette classe… avec de tels vêtements ?
- La mode est mon univers Alexander. Et je suis juste extraordinairement beau.
Je frissonne comme à chaque fois qu'il prononce mon nom complet. Que les lettres roulent sur sa langue et sortent dans un son chaud et sexy qu'est sa voix.
Je secoue la tête et manque de me frapper le front alors que mes pensées dérivent encore vers lui. Je crois que je me suis déjà accroché à lui.
- Tu n'es pas d'accord avec moi Alexander ?
Je le regarde. Il a une petite moue boudeuse tellement adorable que mon cœur manque un battement. Ce petit air peiné qu'il a pris juste pour me faire dire qu'il est beau.
- Alec.
Comme à chaque fois il balaie ma remarque d'un revers de la main alors que je refuse de dire ce qu'il veut.
- Allons-y, les autres nous attendent dehors. Me dit-il en rangeant son téléphone dans sa poche.
