La route était longue jusqu'à Châteaunoir et Davos dû s'arrêter de nombreuses fois afin que Stannis puisse se reposer. Son chevalier avait sorti d'un sac en cuir une gourde qu'il avait ensuite tendu à son roi. Il l 'aida à descendre de sa monture et le conduisit contre un large rocher enneigé. Ce dernier se sentait complètement assisté, il grommela dans sa barbe et se voyant impuissant, leva péniblement son bras pour attraper la gourde. Épuisé, il but plusieurs gorgées avant de la tendre à nouveau vers Davos pour qu'il l'a range. L'excès d'eau qu'il avait absorbé coula le long de sa barbe. Dans un profond râle, il balança sa tête en arrière et chercha sa respiration.
« Vous allez réussir majesté, nous y sommes presque, tenez bon ! »
« La défaite est plus proche que la victoire.. »
Le chevalier Oignon ne répondit pas, il attrapa Stannis par les épaules afin qu'il se relève et l'aida à monter à cheval. Brienne était arrêtée un peu plus loin, regardant la scène avec pitié.
« Il nous ralentit chevalier, nous devrions le laisser ici et envoyer des hommes le chercher pendant que nous partons retrouver lady Sansa ! »
« Sachez Brienne de Tarth, que vous vous adressez au véritable roi de Westeros, je ne vous permet pas de dire de telles choses ! »
Une fois Stannis installé, Davos prit sa monture et avança lentement, au rythme de Stannis, dont la tête commençait à tomber en avant. Sa blessure était en train de s'infecter et il fallait être rapidement soigné s'il ne voulait pas se voir amputé. Il releva difficilement sa tête et observa sa jambe dont le sang continuait de couler. Plus le cheval avançait et plus elle le lançait. La douleur était telle des couteaux qui venaient lui transpercer la peau à chaque enjambé de sa monture. Il avait l'impression qu'elle ne lui appartenait plus, la laissant pendre dans le vide, il n'arrivait pratiquement pas à la faire bouger. Le froid n'arrangeait pas les choses et il sentait ses muscles se durcir et devenir un peu plus rigide chaque heure.
« Assez vous deux ! »
Son murmure venait d'être si méprisant que Davos décida de se placer derrière afin de l'observer en douce. Stannis n'aurait plus à le supporter tandis que lui pourrait le surveiller à distance. Il ne fallait pas qu'il tombe et qu'il se blesse à nouveau. Brienne continuait d'avancer, loin devant eux, se retournant de temps en temps pour vérifier s'ils ne s'étaient pas enfuis. Elle savait que cela était impossible, Davos ne ferait pas une telle chose car son roi avait besoin de soins et s'ils décidaient d'emprunter un autre chemin, Stannis finirait par mourir sur le trajet.
Lorsqu'ils arrivèrent, la porte ne s'ouvrit pas de suite. Stannis poussa un long soupir, maudissant Brienne de ne pas l'avoir achevé. Après avoir souffert le martyr à cheval, il se retrouvait à la merci de la garde de nuit. Brienne lui lança un regard accusateur et ce dernier dû se résoudre à prendre les devants s'il ne voulait pas mourir de froid face à l'attente insoutenable que lui faisait subir les Corbeaux
« Ouvrez la porte ! »
Son cri vint se perdre dans les flocons de neiges qui s'abattaient sur le Nord. Sa bouche se crispa. Il essaya à nouveau mais la fatigue l'empêcha de se faire entendre. Les quelques sons qu'il venait de produire s'arrêtèrent net en un long gémissement de douleur. Davos se racla la gorge. Il en avait le ventre nouait.
« Ouvrez à votre véritable roi, Stannis Baratheon ! Je vous en prie ! »
Un homme en noir apparu, et après avoir adressé un signe de la main à un autre garde, la porte s'ouvrit dans un fracas assourdissant.
Brienne entra en première et présenta les faits à l'homme. Elle demanda à voir le lord commandant quand il lui annonça navré qu'il avait été tué. Davos n'arrivait pas à y croire, tout s'abattait sur Stannis. Ce dernier prononça un juron et demanda à ce qu'on le soigne sur le champs.
« Je veux partir de cet enfer au plus vite, faîtes le nécessaire ! »
