Bonjour à tous !

Voici le chapitre 2, retravaillé par mes soins. Bonne lecture.

Attention, ce chapitre contient des scènes de torture pouvant choquer. Si vous êtes sensibles, passez votre chemin

Disclaimer: Naruto appartient à Masashi Kishimoto


Tout est d'un noir d'encre.

Plongée dans l'obscurité, je n'ai pas la force d'ouvrir les yeux, alors que mon corps m'envoie de multiples informations que mon cerveau a du mal à traiter. J'ai l'impression qu'un énorme rocher m'est tombé dessus, broyant tous mes os. Je me sens lourde comme un sac inutile, sans énergie, totalement vidée de mon chakra, avec des muscles épuisés me rendant incapable du moindre geste. J'essaye de faire un diagnostic rapide de mon état, mais mon chakra me manque. Je ressens de multiples courbatures qui m'informent que je n'ai pas du pouvoir bien me reposer. Alors que j'esquisse un geste, mes épaules tendues me rappellent à l'ordre.

Malgré mon état affaibli, je me force à ouvrir lentement les yeux pour me confronter à la réalité. Au début, l'obscurité ambiante me fait craindre d'avoir perdue la vue, mais je m'habitue peu à peu au manque de lumière dans cette pièce. Je papillonne lentement des yeux, le temps que mes pupilles se dilatent pour compenser le manque de luminosité. Après quelques instants marqués par un silence angoissant, je parviens à analyser mon environnement. Je suis dans une pièce sombre aux murs de pierre nus. Une lourde porte de fer semble le seul accès et un minuscule soupirail dans la porte amène un fin filet de lumière. Un souffle d'air froid me fait frissonner, lorsque je le sens glisser sur ma peau.

Sur ma peau ?

Ma fatigue met quelques secondes à me faire réaliser ma honte. C'est seulement maintenant que je remarque que je suis totalement nue ! Je n'ai plus un seul vêtement sur mon corps pour protéger ma pudeur !

Quand je pense que j'ai toujours été une jeune fille un peu pudique, avec peu de formes à mettre en valeur et vêtue sans provocation. J'admets que je n'atteins pas le niveau d'Hinata en terme de camouflage, mais je n'aime pas trop me mettre en valeur, contrairement à certaines comme cette truie d'Ino. Je revois le visage d'Ino, souriante en me montrant son haut moulant violet, alors qu'elle se promenait en mini-short, le ventre à l'air. De loin, elle ressemble à l'archétype de la pouffe, mais les apparences sont trompeuses. Derrière notre apparente rivalité, je sais que c'est une amie sensible sur qui on peut compter.

Je reprends mes esprits, chassant mes pensées pour me concentrer sur ma situation que je n'ai aucun mal à qualifier de très délicate, voir même de périlleuse. Je tente de bouger pour m'enfuir, mais il m'est impossible de faire plus d'un pas. Mes chevilles sont enserrées dans des bracelets d'acier qui me scient les chairs. Ces deux menottes sont attachées au sol par de lourdes chaînes, tandis que mes poignets subissent le même traitement, à ceci près qu'ils sont attachés au plafond. La longueur des chaînes est choisie juste pour m'écarteler au maximum et rendre ma position encore plus inconfortable. Mes bras sont si tendus qu'ils sont à la limite de me déboîter les épaules.

Je secoue vainement les chaînes, mais c'est inutile. La seule chose que j'obtiens, ce sont des grimaces alors que mes muscles trop sollicités me brûlent. Je dois absolument sortir d'ici, mais je ne dois pas céder à la panique. Je dois me calmer et réfléchir rationnellement. J'inspire pour évacuer la tension, alors que ma priorité est d'arracher ces fers au plus vite. Je concentre mon chakra pour arracher mes liens avec ma force monstrueuse. Enfin, j'essaye de concentrer mon chakra, car rien ne se passe. A la place, je sens comme un courant électrique parcourir mes méridiens, m'électrisant dès que je tente de faire appel à mon chakra. Je remonte à la source de ce désagrément et je comprends l'utilité de l'objet qu'on m'a planté dans le bras. C'est un inhibiteur, dont le seul but est d'empêcher les utilisateurs de chakra de s'en servir. A cause de ce petit objet dont l'aiguille glisse dans mon avant-bras, je me retrouve aussi faible et pitoyable qu'il y a trois ans.

Je baisse la tête, totalement impuissante, à la merci du premier venu et livrée au bon vouloir de ceux qui m'ont amenée ici. Ce n'est pas la peine de faire semblant, ni d'espérer une quelquonque clémence de la part de mon ravisseur. Je sais parfaitement ou je suis, puisque c'est Kabuto qui m'a amenée ici. Je suis dans une geôle quelconque du village du Son. Le village que j'ai tant cherché à trouver, cet endroit ou se trouve Sasuke-kun. C'est ironique, murmurais-je avec un sourire désabusé, n'est ce pas ?

Je soupire, alors que j'essaye d'arrêter de penser à lui. Je devrais surtout penser à moi ! Je ne me fais pas d'illusions sur mon sort. Au vu de ma position et de ma situation, j'ai bien compris ce qu'on comptait faire de moi, ce qu'il comptait obtenir et surtout comment il comptait l'obtenir. La réalisation me frappe. J'ai soudainement du mal à respirer, j'ai une brusque bouffée d'angoisse et j'halète, envahie par la peur et l'appréhension. Tout mon corps se met à trembler et je n'arrive même pas à me contrôler pour me calmer. Je dois réfléchir, respirer profondément et penser à ce que j'ai appris.

Je me rappelle soudain ce que j'ai appris un jour à l'académie, lors de notre dernière année. J'étais alors une jeune fille sotte et naïve, vivant dans un village et un monde que je percevais encore comme une belle utopie. Pourtant, Morino Ibiki nous avait fait l'honneur de quitter ses cellules. Il avait brièvement abordé une des réalités les moins reluisantes du métier de ninja.

Vous pourrez probablement un jour être amené à être fait prisonnier et … interrogé. N'abandonnez jamais espoir et utilisez votre esprit pout trouver une solution. Essayez de fabriquer une arme, de négocier votre liberté, de faire parler votre ennemi pour le pousser à vous aider ou le faire chanter. Surtout, il y a une chose que vous devez savoir et que vous devez absolument faire. Essayez de mentir aussi vraisemblablement que possible, pour qu'ils ne puissent pas repérer la vérité quand vous la direz. Ne vous y trompez pas, vous la direz, tôt ou tard.

C'est un moyen déguisé pour parler de la torture. La simple évocation de ce mot et de tout ce qu'il implique me fait frissonner. Alors que de terrifiantes images me viennent en mémoire, issues des tréfonds obscurs de mon être, je sens bien que mon temps est compté. Un bruit sourd retentit au loin, me faisant lever les yeux vers le soupirail. Je tends l'oreille, essayant de capter le moindre bruit qui me donnerait une indication sur ce qui va m'arriver. Le son d'une porte mal huilée qui claque résonne, rapidement suivi par celui de pas retentissant dans le couloir. Des sandales frappent contre la roche nue, avec le rythme d'un métronome, comme un compte à rebours. Un compte à rebours avant la douleur. La porte de ma cellule s'ouvre brutalement et je reconnais entre mille cette silhouette qui se tient dans l'entrebâillement.

- Kabuto, dis-je avec une voix pâteuse.

Il sourit, se délectant de mon visage qui trahit mes angoisses, tel un prédateur prêt à fondre sur sa proie. Son regard gris et acéré se pose sur mon corps mis à nu, il prend plaisir à me détailler dans les moindres détails. Par pure fierté, je le fixe dans les yeux, lui montrant que je n'ai pas peur d'affronter son regard. Je veux lui faires comprendre que je n'ai pas peur de lui.

-Bonjour Sakura-chan, siffle t-il de sa voix charmeuse mais parfaitement fausse. J'ai quelques questions très simples à te poser et j'espère que tu me feras le plaisir d'y répondre. Je n'aimerais pas devoir employer des moyens que nous pourrions qualifier de brutaux. Il serait dommage que cette conversation soit déplaisante.

- Abandonne la politesse, crachais-je, le simple fait de te voir est déjà déplaisant.

Sa fausse cordialité ne lui servira à rien. Je sais que contre lui, l'arme psychologique est inutile, car il est bien plus fort que moi à ce jeu et qu'il est totalement dévoué à Orochimaru. Je sais qu'il n'est pas sensible aux mots, le seul espoir que j'ai, c'est qu'il se lasse et que quelqu'un d'autre de plus malléable vienne à sa place. Je ne parlerais pas, je ne dois pas parler pour ne pas trahir mon village. C'est bien là le seul moyen que j'ai pour prouver que moi aussi je peux être une vraie kunoichi, alors je dois me montrer digne, même si je dois subir mille tourments.

Kabuto s'approche lentement de moi pour laisser l'appréhension me gagner. Il pose sa main douce sur mon épaule, je sens ses doigts froids sur ma clavicule dénudée, alors que ses ongles griffent mon cou. Il descend avec une lenteur calculée vers ma poitrine d'adolescente mise à nu.

- Lâche-moi, sale pervers !

Avant qu'il n'ait eu le temps de faire glisser sa main sur mon sein droit, je lui crache tout mon mépris au visage. Littéralement. J'ai peut-être soif et je ne devrais pas gaspiller ma salive, mais c'est la seule arme que j'ai pour le repousser. Je lis dans son regard qu'il n'a pas du apprécier mon geste. Calmement, il s'essuie lentement la joue avant de me regarder et de me frapper avec force. Sous le choc, mon cou craque tandis que mon visage regarde l'autre mur. Je sens l'hémoglobine commencer à couler de mon nez cassé et ma langue goûte ce filet rouge. Malgré la surprise, je n'ai pas poussé le moindre cri. Décidée, je tourne lentement la tête vers lui, pour montrer à mon geolier que je n'ai pas peur de lui. Mon regard profond le fixe et il semble mal à l'aise une infime fraction de seconde. Au petit jeu des regards, je ne veux pas lui laisser savourer de victoire. Il va me le faire amèrement regretter, je le lis dans son regard et j'en ai bientôt la confirmation lorsqu'il amène à ma vue une table couverte d'instruments étranges, plus tranchants et effrayants les uns que les autres.

Il ne lui a fallu seulement quelques heures pour me faire atteindre l'enfer. Il a commencé très lentement, utilisant d'abord un fin scalpel qu'il promenait sur mon corps. Le froid du métal m'arrache quelques frissons, de froid comme de peur. Nettement, il tourne son poignet et avec un geste précis, il m'entaille la peau du bras. Un fin fil rouge suinte de cette petite coupure. Voyant mon peu de réaction et mon manque de crainte, il s'est décidé à passer à la vitesse supérieure, utilisant une panoplie d'objets mal aiguisés, dont un kunai qui ne tranchait pas, mais déchiquetait. Au début, lorsque ses coups étaient mesurés, j'essayais tant bien que mal de ne pas crier lorsqu'il s'amusait à m'entailler la chair des bras, des jambes et du ventre avec ses multiples instruments de torture. Mais après quelques heures ou tout mon corps se parsemait de marques, j'ai finalement renoncé. Je ne suis pas aussi forte que je l'imaginais.

Il m'a posé quelques questions très simples, toutes assorties d'une promesse de libération si je lui réponds, mais je ne suis pas dupe. Même si j'avoue, il est bien capable de me garder ici juste pour son plaisir sadique. J'ai prêté serment de fidélité, je ne dois pas trahir mon village ! Malgré ma volonté, mon corps me fait souffrir, je perçois la douleur irradier dans chacune de mes plaies qu'il s'est amusé à nettoyer au gros sel avant de les laisser se refermer, de manière à ce que les marques soient parfaitement visibles. A de multiples endroits, d'hideuses ecchymoses violacées ornent ma peau, chaque coup de poing qu'il me portait était accompagné d'une petite dose de chakra pour intensifier la douleur. Chaque plaie que j'aperçeois est un rappel de tout ce pourquoi je me bats. Je ne deviendrais jamais comme lui. Je ne parlerais pas.

Ma détermination renouvelée, j'entends un claquement sec retentir dans mon dos. Je tourne la tête pour essayer de voir ce qui peut provoquer un tel bruit et lorsque j'ai l'information, je me retourne, cherchant à échapper à son regard. Je tremble, serrant les dents alors que mes yeux brillent d'appréhension. L'angoisse m'étreint à l'idée de me faire fouetter comme un vulgaire boeuf. Mon bourreau donne un simple coup dans le vide, juste pour me voir me cambrer instinctivement. C'est inutile, la seule chose que je réussis à faire c'est de tirer encore plus sur mes omoplates déjà trop sollicités et la douleur vive des muscles tendus me rapelle à l'ordre. Le premier coup porté sur mon dos me fait écarquiller les yeux et je retiens ma respiration. La brûlure du cuir est si intense que je mords ma lèvre inférieure pour ne pas crier. Après quelques coups épars, j'ai serré les dents si forts que ma lèvre inférieure est ouverte à plusieurs endroits et qu'un filet carmin court sur ma gorge.

Chaque morsure du fouet m'arrache un cri encore plus déchirant que le hurlement précédent. Chaque coup porté est plus douloureux que tout ce qui précède et je me demande pourquoi l'inconscience bénie tarde tellement à venir. Je ne vois plus que des tâches complètement troubles à cause des larmes qui envahissent mon champ de vision et la douleur cuisante qui s'abat sur moi me fait perdre une partie du sens des réalités. Il va me briser, je le sens. Je crie une fois de plus ma détermination, mais après quelques nouveaux coups, la souffrance est tellement intense que j'abandonne totalement ma fierté.

- Arrêtez ! hurlais-je tandis que le désespoir perçait dans ma voix. Je vous en supplie ! mugissais-je. Par pitié ! suppliais-je de ma voix larmoyante et brisée, juste pour qu'il arrête. Arrêtez !

Mes hurlements et mes suppliques n'ont pour seul effet que de le faire sourire, il jubile de me voir si honteuse, abandonnant toute arrogance, tout regard d'audace, laissant place à une ignoble terreur, espérant vainement que la douleur s'arrête. Ce sadique continue sans cesse, frappant lentement, marquant ma chair de nombreuses stries écarlates couvrant tout mon corps, des épaules au jambes. Il s'est délecté de mes râles d'agonie lorsque son fouet frappait ma poitrine ou mon entrejambe. Kabuto continue, portant ses coups avec une vigueur renouvelée à chaque cri, jusqu'à ce que je m'effondre, inconsciente, déconnectée de ce monde de douleur. Moi qui espère profiter de cette période bénie pour me reposer ne serait ce que quelques instants, je vois cette lueur d'espoir s'éteindre, lorsqu'un seau d'eau glaciale me fait revenir à la réalité.

- Ne t'en vas pas tout de suite, Sakura-chan, murmure t-il d'un ton mielleux qui me donne envie de vomir. J'ai encore tellement de questions à te poser, en particulier sur les nouvelles techniques médicales mises au point par ton maître.

La tête basse, les yeux dissimulés derrière un rideau de mes cheveux pastels, je ne lui réponds même pas. Je n'en ai même plus la force. Je sais que le provoquer ne ferait que rendre la chose encore plus insupportable. Tout ce que je désire c'est qu'il cesse son interrogatoire, ainsi qu'il appelle cette séance de torture. Malheureusement pour moi, il n'a pas les mêmes projets.

- J'ai encore plein d'objets dont tu ne soupçonnes même pas l'existence, me dit-il calmement. Tu verras, je suis certain que ça va te plaire !

Il se met à éclater de rire, un rire sadique et fou, annonciateur de ce qu'il prépare. L'homme aux cheveux gris s'éloigne lentement de moi et je prie pour qu'il parte. Même s'il doit revenir d'ici peu et avec quelque chose de bien plus abominable, je veux juste qu'il me laisse. Hélas, il s'est contenté de se saisir d'une barre de fer qui reposait dans un tisonnier ardent. Kabuto sourit en regardant l'objet incandescent dont la chaleur agresse son visage, avant de me le présenter, face à moi. Cette barre rougeoyante, brûlant d'une lueur orange qu'il me montre à quelques centimètres de mon nez me fait frémir. Alors que je sens la chaleur du métal chauffé et que ma sueur coule sur mes joues, il l'éloigne lentement. Il laisse quelques secondes à l'adrénaline pour circuler dans mes veines avant de commencer. Il pose la barre brûlante sur mon ventre, juste en dessous de la cage thoracique. Dès le contact, je hurle comme une démente, les yeux écarquillés à l'extrême alors qu'une marque cuisante se grave sur ma chair et qu'une odeur de viande grillée atteint mes narines. Il recommence plusieurs fois, posant l'objet à différents endroits de mon corps, se délectant de mes râles d'agonie et de mes vaines suppliques dénuées de sens et entrecoupés de hurlements. A chaque fois, le tisonnier brûle ma chair et ne se détache qu'en emportant quelques morceaux de viande fondue.

Il repose calmement ses questions, mais je hurle tellement que je n'ai même pas entendu ce qu'il disait, mon esprit tout entier est tourné vers la souffrance qui me semblait si intense, que je croyais que mon crâne allait exploser.

- Je vois que tu es plus résistante que tu en as l'air petite kunoichi, siffla t-il à mon oreille alors que je gémissais encore. Tu sais que tu es magnifique ainsi décorée ?

Je rêve ! Je cauchemarde ! Ce taré me prend pour une œuvre d'art ! Je crois que je vais vraiment finir par détester tous ceux qui se prennent pour des artistes. Entre un bombardier, une marionnette et un chirurgien, j'ai eu mon compte ! Je ne vois vraiment pas ce qu'il y peut y avoir de beau en une femme mise à terre, torturée et humiliée, méticuleusement broyée au milieu de ses hurlements. Le pire, c'est que mon tortionnaire avait juré d'aider à soulager les gens de leur souffrance, parce que c'est ça que d'être un médecin. Kabuto est complètement fou ! Alors que je pense à sa folie, je croise son regard profond et intelligent, un regard parfaitement lucide, montrant qu'il est conscient de ce qu'il me fait. Je crois bien qu'il a toute sa raison, ce qui ne rend ma captivité qu'encore plus effrayante.

Je lève mon visage vers lui, croisant avec une crainte renouvelée son regard lubrique. Qu'est ce qu'il veut encore ? Il n'en a pas encore fini avec moi ?

Il sourit sadiquement et baisse son pantalon. A cette vue, alors que je comprends ce qu'il veut faire, je sens mon sang s'égoutter de mon visage devenu gris cendre.

- Non, murmurais-je faiblement, alors que je me débats vainement.

Le médecin, enfin ce cinglé, parjure au serment de protéger toute vie, qui détourne les connaissances médicales afin d'optimiser les souffrances qu'il inflige, s'approche de moi. Il est désormais nu et je détourne le regard trop tard. l'image de sa verge dressée se grave en moi, alors que je suis totalement nue et à sa merci. Kabuto ne laisse planer aucun doute quant à ses intentions.

Je ne veux pas qu'on me touche ! Je suis encore vierge, je ne veux m'offrir qu'à l'homme que j'aime ! Je bouge frénétiquement, espérant un miracle pour m'en sortir, mais mes fers sont trop solides pour ma faiblesse.

Lorsqu'elle est en sécurité et qu'on lui parle de viol, toute femme se dit que si jamais elle se trouve acculée, elle griffera, mordra, hurlera, se débattra pour échapper à son violeur. Elle espère et affirme que jamais elle ne se laissera prendre comme un objet. Mais là, je suis dans la réalité et je suis impuissante.

J'ai si mal, physiquement et mentalement, alors qu'il me pénètre sans aucune douceur, comme si je n'étais qu'une poupée de chiffon. Alors qu'il m'utilise comme un objet, je le sens en moi, s'emparant de mon intimité. Je n'arrête pas de sangloter, de gémir et de trembler alors qu'il se libère en moi. Je n'en ai pris aucun plaisir, tandis que quelque chose semble s'être définitivement brisé en ma conscience. Il sourit d'extase, je le devine à travers mes larmes. Les multiples perles salées coulent sur mon corps strié de cicatrices physiques et psychiques alors qu'il se retire enfin de mon corps parcouru de spasmes.

Alors que je gémis pitoyablement, son sourire cruel me fait comprendre une chose. Il m'a violée, souillée et brisée. Il m'a pris ma virginité et m'a humiliée plus efficacement que tout ce qui est humainement possible. Je reste tête baissée à verser mes larmes amères tandis qu'il se revêtit et se dirige vers la porte de mon cachot. Le fait qu'il parte n'arrive même pas à me soulager. Même s'il disparaissait, je sentirais toujours sa répugnante présence en moi, coulant entre mes jambes.

- Je te laisse quelques heures de repos, Sakura-chan. Vois comme je suis charitable, je te laisse le soin de réfléchir où ta pitoyable fierté t'a conduit. Sache que ce n'était qu'un avant goût.

La porte de la cellule claques et j'entends à peine le verrou, alors que je me retrouve de nouveau plongée dans les ténèbres, seule avec mes démons.

Je gémis amèrement. Il a appelé ça un avant goût. Qu'est ce qui pourrait être pire que de perdre son innocence et d'être réduit à l'état d'objet, comme un sac qu'on peut frapper à loisir ?

Je n'en sais rien et je ne veux pas vraiment le savoir.

Je m'effondre rapidement, plongeant dans mes cauchemars, fourbue par cette atroce journée.