Nda : Pour continuer sur ma lancée !
Réflexion et précision : Je situe Dominante après Terrain de Chasse d'Alpha et Omega. Je fais l'hypothèse, peut-être à tort mais en considérant que ce deuxième tome prend place au mois de décembre – ou en tout cas en fin d'année, je n'ai pas vérifié, rappelez-vous qu'Anna pense à ses cadeaux de Noël - et que les loups garous n'ont pas encore révélé leur nature au monde.
Sur ce !
Chapitre Deuxième
''C'est dans ces moments-là, quand les hommes ont besoin de soutien, qu'ils se mettent à murmurer Dieu.'' Genjo Sanzo, Gensomaden Saiyuki. Kazuya Minekura.
Il y a des gens comme ça, qui rêvent d'une deuxième chance pour l'avenir. Un nouveau départ, une nouvelle identité. J'espère qu'ils atteindront un jour la rédemption. Paix à leurs âmes. Par ce que de mon côté, je tremble de peur face à l'inconnu. J'étais tétanisée, à quoi cela rimait-il ? Je ne maîtrisais plus rien, il me semblait être dans la réalité, mais les seuls éléments dont je disposais depuis mon réveil étaient contradictoires, improbables, impossibles. Quelque chose ne tournait pas rond. Rien ne rimait à rien.
- Je vais rentrer, reprit-il, attention.
Aaah ! Il y eu un déclic métallique, sûrement une poignée à l'extérieur, puis la porte bougea. Elle s'ouvrit dans un courant d'air que je trouvai frais contre ma peau sur un homme. Il était assez grand et mince, sec. Un homme lambda mais à l'air triste. Il fit un pas, et je me rendis compte que j'étais plaquée contre le mur. Il en fit un autre et je me baissai. Je manquai de me faire pipi dessus tant j'accumulai de tension. Qu'allait-il me faire ?
- N'aie pas peur. Je ne te veux aucun mal, souffla-t-il.
C'est ça ! Comme pour ponctuer ses paroles, il leva doucement les bras, paumes tendus vers moi, tout en se baissant légèrement. Il semblait ne pas vouloir me brusquer, je me demandai pourquoi, avant de me rendre compte que cela m'apaisait. Pouvais-je en conclure qu'il n'allait réellement pas me faire de mal ? Rien ne me permettait vraiment de baisser ma méfiance envers ce type étrange et dérangeant.
- Je m'appelle Edward, je suis là pour discuter avec toi. J'ai beaucoup de choses à te dire, à t'expliquer. Il va falloir que tu te calmes et mette de côté ton ressentiment pour m'écouter. Là, assieds-toi sur le bord du matelas.
Ses paroles et son attitude m'avaient calmés, il avait parlé d'une voix douce, un peu hésitante et en regardant le sol. Mais il me donnait un ordre, et je voyais encore chaque muscle de son cou, de ses épaules ou même de ses bras comme une menace. Je ne bougeai donc pas, en garde, plaquée contre le mur, accroupis et les muscles bandés. Il me prenait pour une bille ou quoi ? Il me flanquait les chocottes, alors je n'allais sûrement pas me montrer coopérative, par pur esprit de contradiction. J'avais comme une envie, de grogner et je me sentais prête à bondir. Que m'arrivait-il ?
Il y eu un temps de flottement, pendant lequel je m'interrogeais. Suivre ses conseils ou me défendre. Que devais-je faire ? Je voulais écouter, suivre les instructions pour que tout se passe bien. Mais quelque chose en moi ne le voulait pas et ce sentiment m'agitait profondément. Je luttai de toutes mes forces pour ne pas grogner et Edward leva les yeux vers moi en reprenant la parole. Je ne t'ai pas autorisé à interrompre mes pensées, voulus-je lui hurler. Mais je me calmai et tâchai de l'écouter.
- Ne t'inquiète pas, ça va aller. Je suis là pour t'aider, je ne te veux aucun mal.
Je me détendis progressivement, forçant mon corps contre cette sensation qui me tordait les intestins, et m'assis comme il me le demandait. Histoire de. Je croisai alors son regard. Cela me paralysa de nouveau. Hébétée, je soutenu un instant ces yeux jaunes. Mes orteils se replièrent comme les cornes d'un escargot. Ce n'était pas ceux d'un homme, c'était ceux d'une bête. De la bête qui m'avait attaquée, j'en étais sure. Même aperçue une seconde, jamais je ne pourrais oublier l'image de la prunelle animale qui a vu ma fin.
L'horreur me saisit, et je me forçai à m'écraser, à m'écraser sous la peur, luttant une nouvelle fois contre ce qui brûlait en moi. L'eau me monta au visage alors que je luttai pour ne pas pleurer ou crier ma détresse. Mais sous ma frayeur se cachait une chose indéfinie. Une envie presque bestiale d'attaquer. Je compris alors, c'était réellement une bête qui s'agitait en moi. Comme pour lui, cet Edward, qui portait les pupilles de l'angoisse elle-même. Et il m'avait transmis une bête. Comme en affirmation à cette pensée, je la sentis se manifester d'avantage.
Elle se débat en moi, l'insatiable diablesse. Un monstre qui hurle et pointe dans ma rétine. Alors je fixe le sol, je baisse mon regard au prix d'un effort surhumain. La bête hurle. Elle me hurle de me lever, de me battre. Ma conscience terrorisée, dépassée par les événements, lui répond en chuchotant. Je m'efforce de me faire toute petite et d'écouter la voix discrète de la prudence et de la crainte. Je l'écoutai elle, et tentai de vider ma tête, d'ignorer la bête. Je restais faible devant lui tout en la sentant dans mes entrailles. Elle était là, au fond de moi, dans mon cerveau, partout, vicieuse, affamée. Et puissante.
- Je suis désolé. Je me sens si coupable…
Je le regardais avec des yeux ronds. Hein ?
- Comment t'appelles-tu ?
Qui s'en soucie ?
- Je sais qu'il n'y a pas de mots ou d'excuse adapté, je me sens coupable du sort auquel je t'ai condamné, femme. Je comprends ta réticence à me parler, mais il faudra bien tôt ou tard que tu me laisses t'expliquer que...
Il parle, il parle, mais que dit-il ? Son français est teinté d'un accent, comme celui d'une région particulière. Parle-t-il allemand ? Mais qu'importe, je ne sais pas de quoi il discute. Il prend une inspiration que j'observe. Il semble vouloir se donner du courage. Il hésite sur ses mots. L'hésitation est une faiblesse qui tranche avec la voix grave et sèche qu'il porte. J'inspire à mon tour pour me calmer. Une étrange odeur salée flotte dans l'air. Qu'est-ce ? En moi, la bête sourit. Elle me répond qu'il est faible. Je l'ignore et me force à rester calme, à baisser les yeux, ne pas m'énerver, ne pas pleurer. Calme. Et il se remet à parler. Que raconte-t-il déjà ?
- La nuit dernière était une nuit de pleine lune, commence-t-il. Il y a des espèces, comme la mienne, qui dépendent de cette lune. Je suis un loup. Un loup garou. Lorsqu'un humain est attaqué et laissé dans un état proche de la mort par un loup, si cette personne survit, le loup s'empare d'elle. Il inspire pour rester courageux et ne parvient à me regarder. Ce soir-là, hier, je ne pensais pas que quelqu'un s'aventurerait si loin dans la forêt. Tu sentais tellement bon, je n'ai pas pu, pas su...
Sa voix se brise. Va-t-il pleurer ?
Pause. Mon cerveau est sur pause. Ou en surcharge. Simplement trop occupé par la bête qui veut crier. La porte est ouverte. La porte derrière lui et ouverte ! Pourrais-je sortir ? Pourrais-je m'en tirer ? M'évader ? Soyons réaliste, je ne pouvais pas l'atteindre dans le dos de cet Edward. Mais mes yeux ne se résignent à contempler ailleurs que le rectangle de lumière dessiné dans l'interstice. Je veux partir. Je ne veux pas rester à l'écouter débiter des excuses et des explications. Je suis en colère. En colère contre lui, cet homme, ce monstre qui m'a tué.
Un loup.
Un loup qui m'a donné son mal, sa bête, comme une maladie incurable. Et maintenant cette bête que je portais en moi allait le détruire. La colère montait plus vive et frémissante, j'avais de plus en plus de mal à la contenir. Edward inspira, et se crispa. Ses narines frémirent, il semblait sentir une odeur qui ne lui plaisait pas. Je n'avais toujours pas bougée, je n'avais toujours pas réagis, mais je me tenais prête. Prête à quoi ? A agir et obtenir réparation de moi-même. A le briser comme il m'avait brisé s'il lui prenait l'envie de me faire face.
Dans le fond, l'information était déjà passée, elle expliquait tout, comprenait tout, et puis...ce n'est pas comme si je n'avais jamais cru au surnaturel. Sans compter un certain coming out passé. Difficile de ne pas croire aux monstres quand les faes passent sur les chaînes d'information tous les jours. J'étais un loup, plutôt, une louve garou. Et la louve en moi ne supportait plus de baisser son regard.
- Ta colère est légitime, ses yeux deviennent lointains, le loup a dévoré une vie de plus. Maintenant, tu es comme moi, comme nous. Tu peux accepter cette nouvelle vie, souffle-t-il, une vie d'ombres dans l'ombre.
Il s'arrête, met de l'ordre dans ses pensées pour ne pas me montrer qu'il souffre. Il est coupable et hésitant. La louve cri qu'il est faible.
- Dans notre monde, il y a des règles, des codes, une hiérarchie innée. La meute respecte la soumission, la dominance, l'ordre. Femme, comme tu me l'es, tu seras pour le reste de ta vie soumi...
Un téléphone sonne, sa phrase reste en suspens. Je manquai de sursauter de peur. Mon glapissement de surprise ne passa pas mes lèvres et je me retrouvais cependant plaquée contre un mur. Encore une fois, sans prendre le temps de la réflexion pour comprendre qu'il ne s'agissait que d'un appel, venant d'un simple téléphone, et non pas une bombe nucléaire, j'avais réagis pour être prête à me protéger. Plus même, à me défendre.
Edward décroche en me lançant un regard à la fois dépassé et scrutateur. Je me tapotai les oreilles pour être sûre de ne pas rêver puis finis par accepter que je puisse entendre sa conversation téléphonique distinctement. J'étais pourtant certaine qu'il n'avait pas mis le haut-parleur. Son interlocuteur avait la voix dure de l'autorité auquel je sentais mon vis à vis se soumettre.
- Oui, elle est réveillée. Elle n'a fait que crier depuis, elle vient enfin de se calmer.
« Comment est-elle ? »
S'il y a bien une chose qui me pousse à râler quelle que soit la situation, c'est d'être dénigré. Je ne supporte pas qu'on me rabaisse à un simple objet, qu'on me désigne d'un "elle" commun ou ne me prête qu'une attention teintée de mépris. Je ne tolérais que légèrement que les hommes me dépossèdent et me fassent passer pour une chose fragile, inutile et encombrante.
- Soumise, répondit-il avec une sorte de fierté. Elle est soumise.
Moi ?
Le mot claqua dans mes tympans et mon cerveau, chassant ma peur d'un coup de fouet. Soumise ? Nos regards se croisent de nouveau, mais je n'ai plus peur. Il n'y a en moi que l'amertume du titre et la louve. Je la sens, dans mon esprit, forte, qui refuse que je me baisse encore. La louve, amas de colère et de puissance prête à se déchaîner contre lui. Il s'interrompt alors que je le fixe sans crainte pour me retenir. La surprise fige son visage alors qu'il détaille le mien. Un juron passe ses lèvres fines et ses iris ternes tournent par l'ambre au jaune que je leur ai déjà vu. Il me lance un regard féroce se voulant menaçant et dangereux.
Je ne frémis qu'à peine. Moi ? D'un claquement de dents et d'un haussement de sourcils je lui rends cette agressivité qui l'atteint, lui. Il semble éprouvé et retrousse sa lèvre inférieur alors qu'un grondement sourd remontent lentement dans sa poitrine. Ma gorge y fait écho immédiatement. Maintenant contré, Edward recule d'un pas. J'en fais un en avant et pousse un nouveau son. Un avertissement qui résonne comme un aboiement entre les quatre murs poussiéreux.
Au téléphone, l'interlocuteur perd patience.
« Edward. Edward que se passe-t-il ? Edward réponds moi ! »
Pressé par l'ordre que répand le combiné, le concerné finit par mettre un genou à terre, comme s'il s'agissait de se passer la corde autour de son cou. Il baisse la tête avec bien plus de difficulté encore avant de ramasser l'objet tombé au sol. Tout du long, il essaye à plusieurs reprises de lever les yeux vers moi. Mais chaque fois, ses coups d'œil menaçants qu'il me jette sont interceptés par mon regard sévère.
« Edward ! »
Lorsqu'il finit par reconnaître sa défaite et prendre son souffle pour parler, je commence enfin à me détendre et cesser de grogner. Sa voix est encore loin et rêche comme un vent aride sur du sable.
- Elle me domine. Elle me domine aisément, s'étrangle-t-il.
« Ah. J'arrive dès que possible. Tu sais ce que tu as à faire. »
Puis avec ce commentaire ô combien rassurant, la communication fut coupée. L'homme en face de moi reste un moment sans bouger devant moi, puis repose son téléphone par terre. La tête toujours basse il se lève avec suffisamment de lenteur pour ne pas m'agresser et recule jusqu'à s'adosser contre le mur gris. Les paupières closes, les mains serrées sur ses cuisses, il se met à respirer platement.
Qu'attendait-il ? La bête était satisfaite de sa domination. Elle était forte et elle venait de le faire reconnaître. Mais elle avait faim, très faim, tout comme moi. Mon ventre émit un son très risible de gargouillement. Dans une autre situation, je pense que j'aurais rougis. Même la fin du monde aurait de quoi me faire rire, me faire râler. Mais pas aujourd'hui. Cette date - que j'ignorai - marque le début de mon apocalypse personnel. Que s'était-il passé bonsang !
Un mouvement.
J'observe Edward, ses lèvres viennent de frémirent. Lui avait de quoi rire. J'avais beau avoir apparemment fait foi de force, n'en restait il pas moins que j'étais captive d'une cellule que lui seul pouvait ouvrir. Sans oublier que depuis tout ce temps, j'étais nue et dans une ignorance encore trop épaisse.
- Je ne comprends pas, commença-t-il d'une voix calme et mesurée.
Tu n'es pas le seul, manquai-je de lui révéler.
- Tout à l'heure, tu étais soumise, juste soumise. Puis tu…
Je grognai.
- Il faut que je t'explique. Je te conseille de te détendre, au moins de t'asseoir, je te promets que je ne bougerai pas et ne ferai pas le moindre mouvement brusque. Ecoute-moi, je vais parler. S'il te plait, se rattrape-t-il. Les loups, la meute, sont liés par l'alpha en une magie de meute. Une magie lupine qui fait de nous des loups garous. La lycanthropie nous révèle à une part de bestialité sous la forme d'un loup. Nous ne sommes plus humains.
Ah. De la magie lycanthrope.
- Dominants, soumis. C'est ainsi que les loups se différencient et se jugent les uns les autres. Tu comprends ? Il tente de me scruter sans relever le visage vers moi, il parait comploter. Etre dominant implique de se faire respecter par les autres et de les protéger. Les loups sont majoritairement des hommes, dominants. Les rares femmes loups qu'on trouve ont tendance à se soumettre, même si l'on considère qu'elles ont suffisamment de force pour résister au Changement.
Je feins l'indifférence et regarde son ombre qui se dessine au sol.
- Les femmes sont classées d'offices comme soumises dans une meute, elles suivent la position de leur compagnon. Les louves seules et trop dominantes n'ont pas une espérance de vie très longue. A moins de faire leurs preuves. Tu ne vis plus dans le même monde. Tu dois apprendre à te soumettre aux règles, aux codes, à ta position.
Je croyais presque sentir du défi émanant de lui. Je fronce les sourcils en observant sa gestuelle. Je fais pression sur lui sans même le regarder.
- Ce que je ne comprends pas, reprend-il plus docilement, et qui me rend incrédule est ta force.
Il fit une pause, puis reprit avec un certain malaise dans la voix.
- Quels mots pourraient t'exprimer mon embarra et ma culpabilité ? Tu dois sentir mon honnêteté quand je te parle. Je me sens si coupable. Tu apprendras qu'un loup est dur à contrôler, à soumettre. Des centaines d'années ne pourraient te permettre d'en obtenir le total contrôle, et je ne suis pas si vieux. Excuse-moi, jeune fille.
Je tachai de ne pas être émue par ses mots. Non mais. Mon estomac vide se compresse sous mes côtes et les bulles résonnent à mes oreilles. Je sais qu'il les entend aussi, le loup.
- Je vais aller te chercher à manger. Restes tranquille en attendant qu'Il arrive, s'il te plait.
Ainsi Edward le loup se lève, doucement, et se dirige à reculons vers la porte blindée. Je vois dans sa poche la forme de la clé à goupille qui lui sert à me retenir prisonnière. Je le laisse faire et s'éloigner. La bête est tapie dans l'ombre de ma conscience tandis que mon corps s'est détendu contre le matelas. J'ai tout écouté, tout assimilé. Je devrais me battre pour ma place. Je l'observai avec attention saisir son téléphone et se retourner. Je le guettais, le sentant tendre vers la faute. Il posa un pied à l'extérieur et juste avant de sortir, me lança un regard. A travers les prunelles couleur camel de sa bête blessée, il exprimait de nouveau son amertume à se sentir humilié face à moi. Soumis mais fier. Impertinent.
Avec la rapidité d'un souffle, je la sens se propager en moi et étaler sa colère violente. Ma tête reste levée pour l'affronter sans crainte et un grondement s'élève dans ma poitrine. Je ne laisse pas passer son audace. Plein d'incompréhension et de déni, il finit par baisser le regard sous un air que je devais porter bestial. Je grogne toujours alors il se résigne à secouer la tête. Ses bras tombent piteusement le long de ses flans et il pousse le soupir de frustration d'un enfant turbulent réprimandé par un parent. Est-ce donc la fameuse dominance ? Finalement, je décidai de parler, pour la première fois et au moment même où il repoussait la porte en fixant mes pieds rageusement.
- Chris. Je m'appelle Chris.
La porte se ferma dans un bruit de succion.
Ma voix sonne rauque, cassée ; épuisée par mes heures de sanglots. Je m'allonge pour lutter contre les nouvelles larmes qui ne demandent qu'à passer les vannes de mes yeux. Je ne suis donc jamais épuisée de chialer ! Figurez-vous que non. Mes glandes lacrymales ont toujours eu le don de céder à la moindre émotion trop forte. On me dit parfois hypersensible, ça m'embête profondément. Voilà pourquoi je râle autant.
Et maintenant je suis une louve. Une louve.
Je reniflai pour me donner du courage et mes narines se crispèrent. J'ai sûrement lu quelque part que la peur a une odeur. La peur, ainsi que toutes les autres émotions. Il faut du flair pour s'en rendre compte, mais les relents brûlants, piquants, salées ou acres ainsi que les autres plus subtils, ne mentait pas à mon nez. Colère, culpabilité, douleur. Peur. Ou encore un certain nombre que je ne pouvais nommer qui étaient balayées par l'odeur écrasante du sang sec qui me recouvrait comme une seconde peau. Voilà peut-être pourquoi je ne crains pas d'être nue. Ma pudeur quasi inexistante versus ma vie, la balance pèse de façon drastique.
Trêve de plaisanterie.
Un loup, non, une louve. J'étais devenue une louve. Dans notre monde parcouru de fées dont on ne connait pas réellement les secrets, était-il dur d'accepter l'existence d'autres espèces de l'ombre, surtout lorsqu'on en devenait nous même une ? Je songeai à toutes les histoires fantastiques et autres comptes de magie qui avaient animés ma jeunesse. Un loup, une bête sanguinaire et incontrôlable. Un monstre impulsif et instinctif, primaire, qui aime le goût du sang et la chasse. Un être surhumain, dépendant de la lune et d'une meute.
Seigneur.
La rouspéteuse que je suis est souvent désemparée, j'ai l'habitude de ne plus savoir quoi faire, quoi penser. La situation irréelle dans laquelle j'avais basculée dépassait cependant l'ensemble des tourments de mon existence comme un tas de poussière destiné à être soufflé. Alors comme à chaque fois que je me sentais perdue, mais avec la ferveur de ma survie cette fois-ci, je priai. Je priai Dieu et la Vierge Marie. Une part de moi priait pour que l'horreur de ma condition captive et inhumaine termine. Quels mots, encore, pourraient incarner mes sentiments ? Ceci choses qu'une autre, la ronchonne malchanceuse, ne partage pas. Cette petite voix dans ma tête, la raison toujours calme, raisonnée et soumise, est de celles qui espèrent être nés à la mauvaise place. Et l'once d'espoir ridiculement vain qui accompagnait mon Changement nourrissait la réalité d'une hypothétique seconde chance pour moi. Une nouvelle vie. Une vie sombre peut-être, mais une autre vie tout de même.
Rar :
Niammaca.A : My everything, comme toujours, tu sais que l'équilibre est mince. Le filet ne cesse de vaciller de l'outil de capture au hamac paisible (malgré l'hivers - b*tch) ! C'est marrant, j'avais déjà prévu d'écrire "pour continuer sur ma lancée" au chapitre deux avant même de publier ce repost, et tu reprends l'expression haha ! Destinée, quand tu nous tiens...LOL ! M'enfin, j'espère que les déblatérations de Chris 2.0 t'ont faites kiffer ;) et que tu pourras voir ce second chapitre avant le déluge, pour que nous puissions échanger...Une éternité d'étreintes. PS : Petit clin d'œil à notre bonze dépravé préféré x3
Nda : Bon, ne restez pas muettes plus longtemps, quel est l'avis collectif que je sache si je continus à publier ? Reviewez pour alimenter une auteure qui trouvait dommage d'abandonner :3
Enfin, apprécions ce qu'il en est ! Et ce n'est pas fini, comme diraient nos chers amis d'SFR...
Bisous bisous, Aiko !
