Voici le deuxième chapitre ! Yeah ! Je n'ai pas encore reçu de reviews mais j'espère que lorsque l'histoire sera avancée il y en aura !
Je trouve ce chapitre un peu mou mais il y en a toujours des comme ça, faut bien mettre l'histoire en place, non ? J'ai trouvé la fin de celui-ci un peu par hasard, je voulais la mettre dans un autre chapitre mais sinon celui-ci n'avait absolument aucun intérêt. Oui, je mets mon travail en valeur, merci.
Je remercie encore ma beta, Yamiko Kuchiki, qui malgré ses problèmes de connection et toutes ses occupations, a pu me le corriger (et après l'avoir harcelée de sms, la pauvre).
Je vous souhaite une bonne lecture !
Disclaimer : Je ne possède que Morghann Lane, l'univers et tous les autres personnages appartiennent aux réalisateurs de la série BBC, Sherlock.
Harry m'attendait au bout du couloir. On reprit la voiture, il me ramena à mon hôtel sans la moindre conversation, cet homme faisait uniquement son travail, pourquoi s'embêter à discuter ? J'allais prévenir la propriétaire que je partais aujourd'hui, elle fit une mine maussade. Désolée, je ne vous rapporterais plus d'argent, ma bonne dame. Je retournais ensuite dans ma chambre. Je jetais au hasard mes vêtements dans mes sacs, je n'aurais pas dû tout sortir pour trouver ce fichu pantalon. Monsieur Holmes me demande de m'habiller ainsi, pour trente minutes de travail dans la journée ! Je pliais cependant soigneusement mon uniforme et ma veste avec de les poser dans ma valise. Si je ne travaillais pas trop, je pourrais le mettre, et hop, adieu mauvaises pensées ! Je remettais mon ordinateur et tous mes câbles dans la mallette qui servait à cet effet. Je parcourais la chambre et ma salle de bain du regard pour vérifier que je n'avais rien oublié, je ne comptais pas revenir ici pour chercher une brosse à dent, et je suis sûre que la propriétaire gardait les objets qu'elle trouvait, sans prévenir ceux à qui ils appartenaient. Bien, allons-y ! Je redescendais dans l'entrée avec mes affaires, que Harry prit en main et rangea dans la berline noire pendant que je réglais avec la propriétaire le prix de mon séjour.
Ensuite, je quittais cet endroit avec la voiture, en direction de mon nouvel appartement. Une bonne vingtaine de minutes plus tard, nous arrivâmes. Le 221B Baker Street ressemblait à tous les autres immeubles de la rue, encastrés les uns dans les autres, au crépi beige vieillot tirant sur le gris.
J'allais sonner à la porte. Une petite dame toute souriante vint m'accueillir. Elle me fit rentrer et je fis signe à Harry pour qu'il s'occupe de sortir mes affaires.
-J'avais demandé à Mycroft de trouver un nouveau colocataire pour remplacer ce cher John mais je ne pensais pas qu'il ferait aussi vite.
Mon patron froid et limite arrogant connaissait cette petite vieille qui paraissait absolument adorable ? Ils ne faisaient pas parti du même monde et semblait être les extrêmes opposés.
Elle m'entraîna dans son appartement qui donnait sur l'entrée au rez de chaussée et j'eus à peine le temps de voir Harry poser ma valise dans le vestibule que la petite dame me posait sur une chaise dans sa cuisine.
-A propos de Monsieur Holmes… Il souhaiterait que le fait que ce soit lui qui m'ait trouvé ce logement ne soit pas abordé. Le fait que je le connaisse aussi en réalité.
-Oh… D'accord, on ne parlera plus de Mycroft. Quel est votre nom ?
- Morghann Lane.
-Je suis Martha Hudson, votre logeuse. Du thé ?
- Non merci. Harry, vous voulez du thé ?
Mon chauffeur passa la tête à travers l'embrasure de la porte et me regarda avec étonnement.
-Avec plaisir, Mam'zelle.
Il entra dans la cuisine d'un air désorienté. Il resta debout d'un air gêné dans la pièce. Je crois que proposer du thé à son chauffeur n'est peut être pas la chose la plus normale du monde, enfin, aux yeux de Harry. Madame Hudson mit la bouilloire à chauffer puis quitta la pièce.
-Venez, je vais vous montrer votre appartement.
Je la suivis dans l'escalier dans l'entrée. Au palier se trouvaient deux portes. On entra par celle en face de l'escalier, qui était très sombre. On arriva dans une sorte de salon, au papier peint gris vert assez foncé, avec un smiley dessiné à la peinture jaune sur le mur de droite, un besoin de se faire sourire peut être, et des trous, de balles sûrement. Les meubles étaient assez usés. Deux fauteuils, une table en bois en bazar, un canapé. Le mur de gauche était occupé par deux bibliothèques et une cheminée. Sur cette cheminée, un crâne. Cette pièce semblait avoir été aménagée au hasard, histoire de dire que c'est un salon. Salon qui avait vécu. Cela me rappelait notre salle au troisième étage du lycée, pour la meubler on avait rapporté des meubles de la décharge, qui n'allaient pas du tout ensemble. Une arcade séparait le salon de la cuisine, dans laquelle la seconde porte du palier ouvrait. Le frigo se situait près de la porte qui menait sûrement aux chambres et à la salle de bain. Utile pendant une fringale nocturne, pas obligée de crapahuter dans toute la pièce pour un yaourt.
-Si vous voulez manger, il va falloir faire des courses. Il se fiche de manger, vous trouverez bien plus souvent des doigts en décomposition qu'un yaourt, là dedans.
J'haussais un sourcil. Qui que ce soit, mon colocataire semblait bizarre. Beaucoup de gens se seraient déjà enfuis après la déclaration de madame Hudson.
La petite dame m'emmena ensuite dans la partie des chambres. Celle de droite avait la porte fermée.
-Celle-ci, c'est celle de Sherlock. Voilà la vôtre.
Elle m'indiqua une chambre qui contrastait avec tout le reste de l'appartement. Elle était très claire, sans désordre, sans doute cela venait du fait qu'il n'y avait que trois meubles : un lit, un bureau et une armoire.
-Je vous laisse vous installer.
Elle repartit vers son appartement en bas, et après avoir examiné la pièce quelques secondes, je la suivis pour récupérer mes affaires et les ranger.
Harry s'était fait son thé tout seul et servait une tasse à Madame Hudson. J'attrapais ma valise et la montais dans ma chambre. Je la posais à plat sur mon lit et allais chercher le reste de mes affaires. Environ une heure plus tard, tout était pratiquement installé.
Maintenant, les courses. J'allais prévenir Madame Hudson que je sortais un petit moment. Elle était en train de papoter avec Harry de la grève des lignes de bus en province.
Je parcourais les rues pendant une vingtaine de minutes. Je trouvais enfin, dans une petite rue assez sombre derrière un hôpital, une supérette japonaise. Après presque douze ans passés au Japon, j'avais l'habitude de manger comme eux, et l'idée d'un sandwich tous les midis comme le faisait bon nombre d'anglais ne me donnait pas réellement envie. Je savais exactement ce que je voulais, restait juste à les trouver dans un magasin inconnu. Du nattô en grande masse, un kilo de riz blanc, des sauces sojas et mirin, une sauce sucrée à base de saké, du yuzu, un agrume, et quelques kakis, du wakame, une algue utilisée en salade, des gyozas et du bœuf de Kobe. Depuis que j'étais arrivée je n'avais mangé que des toasts et du fast food, et voir toute cette nourriture asiatique m'avait redonné le sourire. J'allais ensuite dans une épicerie dans une rue plus grande. J'achetais des légumes en conserves, des pommes, des poires, de la viande de porc et quelques yaourts. Je rentrais ensuite, avec quatre sacs dans les bras, vers ma nouvelle demeure. J'eus cependant un peu de mal à la retrouver, mais une fois arrivée, je posais mes paquets dans la cuisine et soufflais quelques minutes. Je rangeais les affaires et mis au micro onde deux gyozas parce que, somme toute, je commençais à avoir faim. Ah, quel bonheur! Je les dévorais en quelques minutes. Je passais ensuite le reste de l'après midi à découvrir mon nouvel environnement.
Vers dix-sept heures, mon patron arriva, parfaitement à son aise dans l'appartement.
-Encore bonjour, votre matériel d'entraînement est là.
Un homme, habillé comme Harry, sûrement le conducteur de Monsieur Holmes, entra dans l'appartement avec un punching-ball et un carton contenant plusieurs sacs de frappe de différentes tailles. Je pouvais très bien m'entraîner sans matériel, mais si c'était fourni si gentiment, pourquoi pas. Il alla l'installer dans ma chambre, sous le signe de main de mon patron.
-Il serait toujours mieux de ne pas frapper votre colocataire.
-D'ailleurs il n'est pas là.
-C'est fait exprès, il reviendra dans quelques jours.
Comment ça fait exprès ? Pourquoi je devais emménager durant son absence ? Et comment Monsieur Holmes pouvait aussi bien connaître l'emploi du temps de cet homme ?
Cela devenait de plus en plus étrange mais je crois que tout ce qui entoure mon patron devait être étrange. N'importe quel homme ayant une certaine place au sein du gouvernement devait avoir ses secrets, je suppose.
Appuyé sur son parapluie, on ne sait trop comment, cet homme dégageait à la fois du charisme et une certaine froideur. Il observait l'intérieur de ma chambre, où son chauffeur ouvrait le carton avec les sacs de frappe, depuis la cuisine.
-Vous serez bien ici. Je l'espère.
L'homme revint dans le salon, salua mon patron et quitta l'appartement.
Monsieur Holmes se tourna vers moi.
-Installez tout ça à votre guise.
Il regarda la montre à gousset qu'il sortit de sa poche, qui était attachée à son gilet par une fine chaîne en or.
-Bien, je vais vous laisser.
-Je vous raccompagne.
Il passa devant moi et descendit l'escalier d'un pas de sénateur. Je le suivis. Madame Hudson sortit de son appartement.
-Oh Mycroft !
-Bonsoir Madame Hudson.
-Passez prendre le thé avec nous, quand Sherlock sera rentré.
-Je crains que cela ne soit compromis, je suis accablé de travail en ce moment. Au revoir Madame Hudson.
Harry sortit de l'appartement de ma logeuse où il avait passé l'après midi à discuter avec elle et suivit mon patron à l'extérieur. Sa journée de travail était finie.
Nous nous retrouvâmes toutes les deux. Un silence assez pesant s'installa. Alors que j'allais remonter dans mon appartement d'un air maladroit, mon téléphone personnel sonna.
-Excusez moi.
Je montais l'escalier d'un pas rapide et décrochais une fois en haut.
-Allo ?
« Allô… Vous avez passé un entretien avec moi… Je vous annonce que vous avez obtenu le poste… »
Je me souvenais de cette voix. L'homme moustachu dans un hangar perdu dans une banlieue peu agréable de la ville. Une voix basse et haletante.
-Je suis désolée, j'ai reçu une réponse avant la vôtre et je l'ai acceptée.
« C'est fort dommage… Vous auriez été parfaite pour ce poste… »
Notre entretien, et je m'en souviens bien, s'était assez mal déroulé car il m'avait posé uniquement des questions déplacées. Plus un pervers qu'autre chose. Il fallait que je raccroche au plus vite.
« N'hésitez pas à me recontacter si vous avez besoin de travail… »
-Merci.
Toujours rester polie, malgré tout. Je ne pouvais pas le frapper par ondes téléphoniques, m'énerver ne me servirait à rien.
« Mais je suis sûr que nous nous reverrons d'ici peu… »
Sa voix était limite langoureuse, cela me mettait vraiment mal à l'aise. Le genre de voix de pervers qui commencent à vous tripoter dans le métro sous prétexte que si vous portez une jupe c'est que vous êtes d'accord et qui vous lèche le cou en respirant comme un porc. J'eus un frisson de dégoût.
-C'est cela, au revoir.
Je raccrochais aussi sec et jetais le téléphone à travers la pièce. Il se fracassa contre la cheminée et s'ouvrit, la coque et la batterie s'étant séparées du reste de l'appareil. Mon autre téléphone, celui que Monsieur Holmes m'avait donné le matin même, vibra.
« Tout va bien ? MH. »
« Très bien. ML. »
« Votre colocataire ne serait pas très content s'il trouve des fissures sur sa cheminée. Bonne soirée. MH »
Pardon ?! Comment cet homme pouvait savoir que j'avais balancé mon téléphone sur la cheminée ?! Je me retournais en tous sens et fouillais du regard toute la pièce avant de trouver ce que je cherchais. Dans la tranche d'un livre, un trou de quelques millimètres de diamètre. Une caméra. Je m'en approchais et, sait-on jamais, je fis un ok avec ma main devant la caméra, faisant un rond avec mon pouce et mon index. Qu'il voit que j'avais compris. Et qu'il sache qu'il ne me verrait jamais en petite tenue dans le salon, en espérant qu'il n'y en ait pas d'autres dans la salle de bain et dans ma chambre.
Je laissais mon portable brisé au sol et allait dans ma nouvelle chambre. Je regardais l'agenda de mon autre téléphone. Rien. Rien pendant plusieurs jours. A quoi cela sert d'engager quelqu'un si on ne lui donne pas de travail ? Je posais l'appareil à côté de moi sur le lit. Peut être qu'il voulait que je m'entraîne avant de faire quoi que se soit. Me pensait-il aussi faible que ça ?
Je passais le reste de la journée allongée sur mon lit, imaginant des théories farfelues sur les hommes qui allaient désormais m'entourer. Ce mystérieux Sherlock, chez qui je devais arriver en surprise, et que mon patron semblait si bien connaître. Monsieur Holmes, justement, et ses techniques de surveillance chez ses employés. Je ne sais véritablement si c'est lui le pervers ou l'homme au téléphone tout à l'heure. Un frisson me parcourra de nouveau l'échine en me remémorant sa voix horrible. Son image me revint à l'esprit. Près de la cinquantaine, à l'hygiène pas très nette, il n'était pas net tout court en fait. Ses questions avaient porté sur la taille de mon uniforme au lycée et si j'avais des capacités autre que le secrétariat.
Je me relevais de mon lit en secouant la tête pour faire partir son image affreuse et installais un sac de frappe. Bien, Monsieur Holmes, vous vouliez que je m'entraîne, voilà, vous êtes servi !
Ma soirée s'écoula ainsi, frappant, essayant de me rappeler mes attaques, les mettant en œuvre jusqu'à les maîtriser de nouveau. Je pensais quand même à avaler quelque chose et me fis donc cuire quelques tranches extrêmement fines de bœuf de Kobe, assaisonné d'un zeste de yuzu. Étrange, le mélange acide de l'agrume et de la viande très tendre... Cependant, ce plat me rappela le shabu shabu, une sorte de fondue à base de viande qu'on plongeait ensuite dans une sauce à base de yuzu, que nos voisins avaient fait pour mes vingt ans.
Les deux jours suivants se passèrent dans un calme absolu. Madame Hudson venait de temps en temps demander si tout allait bien. Je passais une partie de mon temps prostrée dans le canapé à regarder la télé, ou dans la cuisine à essayer de faire des sauces bizarres, mélangeant aliments occidentaux et japonais, ou encore à m'entraîner avec un peu de musique. Mon travail de garde du corps était vraiment compliqué et mouvementé n'est-ce pas ?
N'hésitez pas à poster vos reviews ! On se revoit dans deux semaines ou moins !
