CHAPITRE 1 :
La fête battait à son plein, dans la chaleur exaltée par des corps qui s'agitaient aux rythmes profonds des basses. Dans cette masse, pas un seul humain n'était présent, seules les créatures obscures de ce monde étaient conviées.
À son aise parmi la foule, il se frayait un chemin avec grâce vers le bar qu'il lorgnait depuis trop longtemps déjà, songea-t-il. Il aurait pu faire apparaître le cocktail de ses rêves d'un claquement de doigts, mais rien n'était plus délicieux à ses yeux, que la bonne vieille méthode. Il aimait le contact froid du shaker entre ses mains, sentir les effluves d'alcool se mélanger et enivrer ses sens, entendre le ruissellement de la liqueur contre la paroi du verre et la sensation de brûlure exaltante qu'il éprouvait lorsque la boisson longeait sa gorge. Oui, il n'y avait pas meilleurs cocktails que ceux, fait de ses mains.
Après quelques saluts tapageurs, puisqu'il était bien incapable d'user de retenue, il atteignit enfin le bar où il entreprit de se faire un Martini. À peine la boisson terminée, il avala le breuvage cul sec, trop assoiffé pour le savourer et enchaîna avec une seconde création, plus corsée cette fois-ci. Devant lui, la foule s'étalait, telle une fourmilière à son œuvre. Ses petites ouailles, par leur déhanché, faisaient de lui le maître de la nuit. Il n'y avait pas spectacle plus délectable, que les corps en chaleurs des créatures obscures qui se laissaient aller à la débauche.
Bien sûr, il y avait quelques contreparties à cela, les vampires par exemple, étaient particulièrement instables. Et il devait l'admettre, les voir rouler des mécaniques était parfois un supplice, car, trop souvent, ils se laissaient aller à leurs bas instincts ayant pour conséquence d'écourter les fêtes, même les meilleures. Sans compter que le nettoyage était bien souvent insupportable. Heureusement pour lui, Magnus était un sorcier hors pair et il n'y avait rien que la magie ne sache résoudre selon lui. À part, peut-être, les cœurs brisés pensa-t-il.
Un voile de douleur occulta ses yeux et la musique se fit soudain plus sourde. Il perdait pied. Les souvenirs, aussi tendres que douloureux, refirent surface brusquement. Pourquoi devait-il penser à ça maintenant. La soirée était pourtant si parfaite. Il était à des années-lumière de cette personne, toutefois il pouvait presque sentir son souffle chaud effleurer la peau fine de son cou. Il voyait clairement son sourire illuminer la pièce et savourer les caresses que de longs doigts graciles avaient si souvent prodiguées. Il ferma les yeux un instant, tentant de saisir ces bribes de souvenirs pour les retenir à tout jamais. Il ne pouvait définitivement pas oublier et la distance qui les séparait n'y changerait rien. Dans l'intensité de ses émotions, un frisson lui parcouru l'échine. Il avait oublié où il se trouvait jusqu'à ce qu'on vienne le tirer de ses songes.
« Magnus… Magnus… MAGNUS ! »
Il ouvrit soudainement les yeux. Il était de retour sur la terre ferme. Aucun chasseur d'ombre à l'horizon, comme il le savait. L'entrée leur était de toute manière interdite. Quand bien même, à l'autre bout du monde, il était insaisissable. Il avait coupé les ponts avec tout le monde. Il s'était fait oublier.
« Hey ! Magnus, tu m'écoutes un peu ?! T'es parti où là ?! »
Le regard inquisiteur et la voix pressante de la jeune femme qui le narguait, lui firent reprendre contenance rapidement. Il ne valait mieux pas la faire attendre trop longtemps, qui savait qu'elle sort elle aurait pu lui réserver.
« Du calme Maze, je suis là. Un Whisky sec pour toi, j'ai entendu. »
« C'est trop facile, tu me connais par cœur, t'as même pas besoin d'écouter pour savoir… »
« Et bien, je ne serais pas le grand Magnus Bane, si je ne connaissais pas les cocktails favoris de mes convives. »
La jeune femme le dévisagea un instant, de son regard perçant et émit finalement un grognement comme simple signe d'acquiescement, avant de tourner le dos à son ami pour faire face à la foule. Elle aussi appréciait le spectacle des âmes abandonnées sur la piste, qui tentaient désespérément de trouver un sens à leur vie minable. À cette pensée, un sourire carnassier étira ses lèvres. Elle porta le verre d'alcool à sa bouche et le but d'une traite, avant de se tourner de nouveau vers Magnus lui faisant signe de réapprovisionner son verre.
« Un triple cette fois. »
Magnus posa vigoureusement la bouteille sur le comptoir, l'invitant à se servir directement à la source. Le sourire de Maze s'agrandit davantage. Le sorcier ne la connaissait que trop bien. Elle arracha le bec verseur à la bouteille, de ses dents, et engloutit plusieurs gorgées du liquide ambré. Maintenant qu'elle venait d'obtenir ce qu'elle désirait, elle se pencha par-dessus le bar, se rapprochant du sorcier. Son regard avait quelque peu changé. Il s'était légèrement radouci, mais désormais une lueur chasseresse l'animait. Maze se mordit sensuellement la lèvre inférieure, toisant son ami d'un œil affamé.
« Alors Bane, on a des plans ce soir ? »
« C'est possible » répondit Magnus, évasif. Il aimait à penser de Maze, qu'elle était une version féminine et, très légèrement plus sanguinaire, de lui-même. Indéniablement, c'était une belle femme à qui peu de personnes savaient résister. Du haut de son mètre soixante-dix, elle arborait l'allure tant majestueuse, qu'inquiétante d'un aigle pourchassant sa proie. Mazikeen était de ses personnes à se tapir dans l'ombre, observant silencieusement, à l'affût de chaque détail qui pourrait lui être propice. Bien qu'experte du camouflage, elle n'en restait pas moins une séductrice hors pair, capable d'user de ses charmes à toutes fins. Et pour cause, elle possédait un teint haler réhaussé de ses yeux couleur bronze qu'elle savait justement mettre en valeur par un maquillage à son image, à la fois subtil et vibrant.
Lorsque Magnus l'avait rencontrée après sa fuite de New-York, il avait très vite tissé des liens avec la jeune femme. L'alcool et le sexe aidant pas mal dans un premier temps. Elle avait été un remède particulièrement efficace contre certains souvenir pénibles. D'une certaine manière, ils se comprenaient. C'était une femme pleine de ressources, maniant l'art subtil du sarcasme. Pour autant, elle savait faire preuve de franchise et n'avait pas épargné Magnus, malgré son cœur brisé, ce qui lui avait immédiatement plu chez elle.
« C'est bien dommage, parce que j'avais une très charmante personne à te présenter. » Soupira-t-elle, l'air faussement déçu.
« Mais j'imagine qu'on devra s'amuser sans toi. » Elle avait adopté une posture provocatrice, espérant voir le sorcier mordre à l'hameçon.
« Et bien, tu me connais, tu sais que je ne peux jamais dire non à de nouvelles rencontres fort sympathiques. J'imagine que je peux me libérer. »
« Je préfère ça mon mignon. » Elle se pencha davantage au-dessus du bar afin de capturer les lèvres du sorcier, comme pour sceller un pacte tacite. Alors qu'elle éloignait ses lèvres de celles de Magnus, la jeune femme se retourna vivement. D'un geste rapide, elle avait dégainé un poignard qu'elle cachait dans sa manche et son regard se trouva soudainement animé par la rage. Magnus, quant à lui, leva prestement la tête, ses yeux de chats brillaient d'un jaune éclatant dans la pénombre de la boite et des flammes bleues dansaient le long de ses doigts. Qui avait pu laisser entrer cet individu ?
« Shadowhunter… » Siffla Mazikeen d'une mâchoire qu'elle n'avait pas desserrée. « Tu n'es pas la bienvenue ici ! »
La musique s'était soudainement interrompue et la foule s'était écartée de l'intéressée, tous aux aguets, prêts à bondir sur l'intruse au moindre signe de rébellion. L'importune était une jeune femme brune, couverte de rune noircissant sa peau, une chasseuse d'ombre très séduisante et sûre d'elle pour quelqu'un qui se trouvait en terrain miné. Elle n'avait pas usé de rune de dissimulation et s'était mue jusqu'au bar si discrètement, que personne ne l'avait remarquée jusqu'à ce que Mazikeen lui saute presque à la gorge. La jeune femme n'avait pas ouvert la bouche, ni prêté attention au chien de garde du sorcier qui lui paraissait bien insignifiante. Au contraire, depuis son arrivée, elle n'avait cessé de soutenir le regard du sorcier. Elle n'en restait pas moins sur ses gardes, prête à se défendre à tout moment mais, ce n'était pas ce qu'elle était venue chercher. Elle voulait simplement parler.
« Shadowhunter, je ne te le dirai pas une deuxième fois… » Mazikeen commençait à perdre patience devant l'impertinence de la chasseuse.
« Magnus, tu vas tenir ton chien en laisse ou il faut que ce soit moi qui m'en occupe ? » La jeune femme avait enfin daigné jeter un œil à celle qui lui faisait front. Cette dernière s'apprêta à se jeter au cou de la chasseuse d'ombre quand Magnus la stoppa net.
« Maze, non ! Calme-toi tout de suite. » Il avait prononcé ces mots d'une voix calme, mais ferme, affirmant son autorité naturelle au sein du club.
« Tout le monde se calme et tout ira très bien… » Il marqua une pause et prit une profonde inspiration avant de continuer. « Isabelle Lightwood, tu n'as rien à faire ici. D'ailleurs il vaut mieux pour toi que j'ignore comment tu as fait pour me trouver. Mes congénères et moi te laissons la vie sauve si tu pars maintenant, mais sache que je ne pourrais pas les retenir indéfiniment. »
Les yeux d'Isabelle changèrent légèrement, elle ne semblait plus tellement se soucier de son sort. Elle était désespérée et ne paraissait plus rien attendre de la vie. Magnus pouvait très bien lire en elle. Mais pourquoi montrer soudainement cette vulnérabilité, alors qu'elle était entourée de créatures qui ne souhaitaient que sa mort.
« Je t'en pris Magnus, je dois te parler, c'est urgent… » Sa voix se brisa et ses yeux imploraient le grand sorcier.
« Je suis désolé Isabelle, je ne peux rien pour toi. Part maintenant, avant que je ne perde patience ! »
« Magnus, c'est Alec ! Il est en train de mourir ! »
Ces mots giflèrent Magnus et son teint blêmit. Le choc était tel qu'il n'osait même plus bouger. Comment cette soirée qui avait pourtant si bien débutée pouvait-elle prendre une tournure si désespérée ? Après un long silence où personne n'osait bouger, ni même respirer, Magnus se ressaisit, réalisant dans quelle situation il se trouvait. Soudain, les flemmes qui avaient parcouru son corps se dissipèrent et son regard se fit humain. Il avait le souffle court, la poitrine lourde, comme si des mains invisibles l'enserraient, l'empêchant de respirer. Son regard était perdu, il tentait de réfléchir, mais il n'y arrivait plus. Il ferma les yeux et serra les poings essayant de se contenir. Puis il releva enfin la tête, affrontant le regard désemparé de la jeune femme qui lui tenait tête. Il savait qu'elle ne mentait pas. Son amour pour son frère était bien trop grand pour qu'elle joue ainsi.
« Très bien… Suis-moi. Les autres, on se détend et on reprend la fête, je ne serais pas long. » Consentit, finalement Magnus. En passant, il s'approcha de l'oreille de Maze et lui murmura :
« Je compte sur toi pour maintenir l'ordre, hors de question que quelqu'un touche à un cheveu d'Isabelle Lightwood, c'est clair ?! »
« Comment ça ?! C'est une Shadowhunter, comment tu peux lui faire confiance ?! » Rétorqua la jeune femme. Le regard de chat de Magnus s'alluma soudainement, faisant taire l'intéressée qui opina en silence. Le sorcier s'avança alors vers la chasseuse d'ombre, lui faisant signe de le suivre vers son bureau.
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Alec Lightwood était assis à son bureau, ses yeux fixaient sa main droite. Elle était blême, parcourue de fines veines d'un noir de jais, trace du poison qui contaminait le chasseur d'ombre. La douleur était assez supportable aujourd'hui et pourtant sa main ne voulait pas lui obéir, restant désespérément inerte depuis plusieurs minutes déjà. Il sentait la colère monter en lui, bien qu'il sût qu'elle ne lui était nullement bénéfique, tout au contraire.
Excédé, il frappa violemment son bureau de sa main valide et serra les dents, lorsqu'une douleur lancinante l'atteignit. Il n'avait plus qu'une seule main d'opérationnelle, ce n'était pas le moment de ravager la seconde. Soudain, on frappa à la porte, Alec leva la tête et intima d'entrer. C'était sa sœur, Isabelle. Il soupira, il savait très bien pourquoi elle était là.
« Ça va ? » Lui demanda-t-elle d'une voix prudente. Comme si elle ignorait la réponse, pensa-t-il. Il détourna les yeux de sa sœur et soupira de nouveau. Il était devenu susceptible. Plus qu'à l'ordinaire. Un rien l'énervait et tout le monde marchait sur des œufs avec lui ces derniers temps. Il le savait et, bien que la situation l'ennuyât, il n'arrivait pas à se raisonner et continuait à haïr chacune des réflexions qui pouvaient lui être faites. Il ferma les yeux un instant afin de rassembler ses idées et tourna son regard vers sa sœur. Elle semblait vraiment inquiète pour lui.
« Ça va, merci. C'est juste… » il s'arrêta un instant, hésitant à être totalement sincère avec elle, avant de poursuivre : « C'est juste ma main qui fait des siennes. C'est insupportable. La douleur, je peux m'y accommoder, mais perdre le contrôle… Pour un Shadowhunter, c'est insupportable… »
« Je sais. » Ajouta-t-elle, ce qui lui valut un regard ténèbres de son frère. Comment pouvait-elle savoir, ce n'était pas elle qui était en train de mourir, sans aucun recours, perdant peu à peu l'usage de ses membres. Il voulut lui répondre d'une réplique cinglante, mais se ravisa. Il devait modérer sa colère, ce n'était pas sa sœur qui lui avait injecté ce poison qui le dévorait. Et puis, quelque part, c'était elle qui était à plaindre. Il savait qu'elle était ravagée par le chagrin, pourtant elle ne perdait pas l'espoir qu'un remède soit encore possible. Lui, en revanche, était bien plus réaliste sur sa condition. Il savait qu'il allait mourir très bientôt. Tout ce qu'on lui avait proposé jusqu'ici c'était du temps. Mais à quoi bon avoir du temps si c'était pour se voir dépossédé de son propre corps. Autant mourir sur-le-champ, ce serait une fin bien plus clémente.
« Enfin, j'imagine, puisque ce n'est pas moi qui subit ton état… » Elle avait bien compris le regard furieux que lui avait lancé son frère, sans même qu'il n'ait à rajouter un mot. La jeune femme se ressaisit, affrontant son ainé, elle ne comptait pas le lâcher avec cette histoire, jusqu'à ce qu'il accepte son marché.
« Mais tu sais très bien ce que je vais te dire. Je suis sûre qu'il peut t'aider, si seulement t'étais moins borné et que tu voulais bien m'écouter ! »
« Non Izzy, c'est hors de question ! T'étais là, t'as très bien entendu ce que les frères silencieux ont dit, il n'y a pas de cure ! »
« Mais on parle pas de n'importe qui là ! S'il y a bien quelqu'un qui peut t'aider c'est lui ! »
« J'ai dit non, j'en peux plus que tu te fasses de faux espoir, je vais mourir c'est un fait ! Tu ferais mieux de l'accepter assez vite. »
Alec soupira. Encore. Il venait de blesser sa sœur une nouvelle fois. Dernièrement, ils n'étaient bons qu'à se disputer au sujet d'un possible traitement. Il vit les yeux d'Isabelle se border de larmes et s'en voulut. Il ne lui restait que peu de temps et il ne souhaitait pas quitter sa sœur sur une dispute. Il l'aimait tellement.
« Excuse-moi Izzy… » Concéda-t-il.
« S'il te plaît Alec, tout ce que je te demande, c'est d'accepter de lui parler… » Supplia-t-elle.
L'ainé des Lightwood le savait, la personne dont il s'agissait, n'accepterait jamais de les aider. Tout spécialement Alexander. Lui qui l'avait tant fait souffrir. Il n'avait pas disparu du jour au lendemain par hasard. Il ne voulait pas qu'on puisse le retrouver.
« Quand bien même j'accepterais, personne ne sait où il se trouve. Izzy, c'est de la folie. »
« Je suis sûre que Catarina le sait, elle ! C'est sa meilleure amie. »
« Très bien, et tu penses qu'elle acceptera de vendre son ami ? Tu te fourvoies ma pauvre sœur ! »
« Alec, tu peux dire ce que tu veux et essayer de cacher tes sentiments autant que tu le souhaites, mais je te connais ! Je sais que tu l'aimes encore, je sais que tu n'as jamais cessé de l'aimer. Alors tu lui dois au moins ça, la vérité, il doit savoir ce qui t'arrive. Comment crois-tu qu'il réagira le jour où une tierce personne lui apprendra qu'Alec Lightwood est mort ? » Elle s'était approchée de son frère, appuyant massivement ses deux bras sur le bureau de ce dernier, plantant son regard dans celui de son ainé. Elle semblait désormais aussi furieuse qu'Alec. Le chasseur d'ombre baissa les yeux. La simple pensée qu'il puisse de nouveau faire du mal à Magnus le hanta.
« Je suis déjà mort à ses yeux… » Izzy enserra la main de son frère en signe de soutien et s'excusa à son tour.
« Tu sais, je pense vraiment qu'il a le droit de savoir… » Son regard se voulait désormais tendre, après toutes ces années, elle sentait encore la culpabilité et la souffrance de son frère envers cet amour qu'il avait tant chéri.
« Je t'en prie Izzy, ne fais rien de stupide et laisse-le m'oublier. Et puis je te le répète une dernière fois, il ne pourra rien pour moi. »
« Très bien, je ne t'embêterai plus à ce sujet… » Finit par conclure la jeune femme, non sans un pincement au cœur. Elle ne pouvait imaginer laisser son frère dans cet état sans rien faire. Aussi, elle irait voir Catarina dès ce soir pour tenter de trouver Magnus Bane, contre la volonté d'Alec, car elle le savait, le sorcier était le seul qui pourrait l'aider.
Oui, pour celles et ceux qui regardent la série Lucifer, une Mazikeen sauvage est apparue. Bien que pas particulièrement fan de cette série, j'adore ce personnage. Je la trouvais parfaite pour jouer une amie de Magnus.
Au plaisir, pour le chapitre suivant ;)
