Cette partie était censée être postée Samedi. Mais bon, comme je l'ai finie avant... ( Et bien qu'elle soit bien plus courte que ce que j'avais prévue, je préfère m'arrêter à là et en garder pour la fin.~ )
Voilà donc la deuxième partie de Tuer ma drogue, et je ne vais pas vous cacher que je reste plutôt mécontente de la fin que j'ai concoctée pour celle-ci, mais ne vous inquiétez pas, pour la troisième et dernière partie, ça ne sera pas aussi médiocre.
Allez, bonne lecture !
Le lendemain, ce fut Fudou le premier à se réveiller, à sa grande surprise. Et bien qu'il se mit à tousser sauvagement, comme chaque matin, l'homme à ses côtés ne réagit pas.
Il se redressa dans son lit et posa son regard sur Kidou, qui dormait profondément, dos à lui. Curieux en se souvenant vaguement de la veille, le brun vint doucement relever le haut à manches longues de son amant, découvrant sa côte recouverte d'hématomes. Il écarquilla les yeux en découvrant les multiples marques auxquelles il n'avait pas fait attention auparavant, et il remonta un peu plus le tissu pour dénuder son torse entièrement les bleus étaient présents sur toute sa peau, cette douce peau qu'Akio adorait caresser et embrasser habituellement… Et au lieu de ça, il l'avait frappée, la souillant de tonnes de preuves de violence causée par son manque.
La culpabilité le prit aux tripes et son ventre commença à le faire réellement souffrir, sûrement qu'il lui donnait une leçon pour ce qu'il avait fait à son amant. Il se tourna et ouvrit le tiroir de sa table de nuit, puis il fixa le paquet qui s'y trouvait en mordillant sa lèvre inférieure. Il resta ainsi un moment, n'osant rien faire, jusqu'à ce qu'il se décide à se lever. Il replaça alors doucement la couverture sur son conjoint avant de prendre une cigarette et de se diriger vers la fenêtre. Il l'ouvrit et se pencha légèrement, allumant son mégot et tirant dessus avant de recracher la fumée dehors, non sans se sentir coupable. Ce qu'il avait, là, entre les lèvres, ce n'était pas seulement nocif pour lui, mais aussi pour celui qu'il aimait plus que n'importe qui. Cet homme qui l'avait sauvé du trou à rat qu'était sa vie pour le mener à une vie commune et sereine mais qui, malgré ses efforts, n'avait pas réussi à lui faire cesser conneries, et pour preuve, cette clope qu'il tenait à présent entre ses doigts, et les traces sur le corps de Kidou.
Le brun baissa les yeux, fixant le sol qui lui paraissait si loin du premier étage, ce sol tapis d'herbe d'un vert terne et de restes de fleurs fanées avec l'hiver qui s'approchait à grands pas. « Au final, je vaut pas plus que l'adolescent con que j'étais avant. » Pensa-t-il en soupirant et posant son regard ce qu'il tenait à présent entre ses doigts. « Il a raison… J'en consomme beaucoup trop. »
Un gémissement douloureux dans son dos le tira de ses pensées. Il se tourna alors vers la source de ce son qui sonnait comme une torture aux oreilles d'Akio, lui qui détestait voir ou entendre la personne sous ses yeux souffrir. Le regard écarlate se posa sur le fumeur, ces iris d'une couleur unique pour lesquels Fudou était tombé, qui le fixaient d'un air encore somnolant. Il lâcha la cigarette qu'il n'avait grillée qu'à moitié, la laissant tomber sans y prêter attention, puis il s'approcha de son homme, qui ne bougeait pas. Puis le brun vint enlacer Yuuto avec une douceur que personne n'aurait put soupçonner chez la brute qu'il était, de peur de faire mal à son amant, qu'il avait déjà assez fait souffrir comme ça.
« - Fudou… ? » S'étonna Kidou, aillant encore un peu de mal à émerger de son lourd sommeil.
« - Je suis désolé… » Murmura Akio à son oreille. « Je t'en prie, pardonne-moi… »
Kidou n'eut pas de mal à comprendre de quoi il parlait, et il se sentit, d'un coup, rassuré. Là étaient les bras chauds de son amant qui l'accueillaient dès son réveil, le calme qu'il avait perdu dans sa voix et la tendresse du baiser qu'il déposa sur son front. Il ne pensait pas qu'il allait les retrouver d'aussitôt, mais il se réjouissait que ce fût le cas. Il passa ses mains dans son dos et le poussa un peu plus contre lui, savourant le corps de son homme contre le sien. Il ne lui en voulait pas. Il ne pouvait pas lui en vouloir.
« - Va pas travailler, aujourd'hui. » Lança le brun. « Tu dois te reposer.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Je vais bien…
- Je te laisserais pas y aller. Après tout ce que tu as fais et subis, c'est à mon tour de faire attention à toi. »
Étonné mais non pas moins touché par l'intention de son amant, Yuuto ne protesta pas. Fudou alla donc appeler à son travail, prévenant son patron qu'il ne viendrait pas en lui inventant une maladie, puis tous deux descendirent à la cuisine pour y boire un café tranquillement, sans dispute cette fois-ci.
En s'installant face à son conjoint avec sa tasse, Akio posa son paquet de cigarette sur la table à côté de lui, et il vit que Kidou le regardait du coin de l'œil avec une once d'inquiétude.
« - Il en reste que quatre. Je vais faire ma journée avec.
- Uh ? Tu es fou ?! Tu ne vas jamais tenir… !
- Je vais pas arriver à m'arrêter si je consomme toujours autant. Ne t'en fais pas, Kidou… Je te promets que je te ferais plus de mal. »
Malgré les paroles de son homme, Kidou ne put retenir un frisson d'angoisse. Mais il fit tout de même un effort et tenta de croire à ses paroles, après tout, Fudou n'était pas du genre à ne pas tenir ses promesses…
La journée s'était globalement bien passée jusqu'à ce que sonnèrent les coups de dix-neuf heures. Ca faisait déjà un moment qu'Akio avait vidé son paquet, et plus le temps avançait, plus son manque se faisait ressentir. Il commençait à claquer des dents, il agrippait nerveusement l'accoudoir du canapé lorsqu'il était assis dessus, et il avait tenté de se rendre au bureau de tabac un bon nombre de fois, mais c'était sans compter sur son amant qui n'était pas d'avis à le laisser nuire à son engagement. Et chaque fois, Fudou dut faire preuve d'une volonté d'acier pour ne pas lever la main sur lui, mais voyant le regard grenat de son homme dévêtu de ses horribles verres, pour une fois, il ne pouvait se résigner à le voir attristé une fois de plus.
Yuuto s'était mit à préparer un repas relativement rapide lorsque le bruit perturbateur de la télécommande s'éclatant au sol résonna dans le salon. Il rejoignit donc la pièce en question pour y trouver le brun, les yeux écarquillés devant l'écran sous ses yeux, et frottant frénétiquement son avant-bras encore « valide », à s'en arracher la peau. L'attention de Kidou fut d'abord attirée par l'objet gisant au sol, puis par la scène qui se déroulait à la télévision, un passage dans lequel une femme, pour changer, prenait un malin plaisir à savourer sa cigarette. Il se précipita ensuite vers l'autre et choppa son poignet, l'empêchant de se faire plus de mal. Dans un élan d'exaspération, Akio se leva subitement et plaqua sans douceur le stratège contre le mur le plus proche, lui arrachant une plainte. La rage pouvait bien se lire sur son visage, et le châtain vit son homme rompre sa promesse alors qui leva son poing serré vers l'arrière, s'apprêtant à frapper avec force celui qu'il maintenait fermement. Ce dernier, n'ayant pas d'autre choix que de l'accepter, ferma les paupières et serra les dents, se préparant à recevoir le choc de plein fouet.
Un cri coléreux se fit entendre alors qu'un bruit sourd résonna dans l'oreille gauche de Yuuto, et pourtant, aucune douleur ne vint tordre sa figure. Il rouvrit les yeux pour voir la tête baissée de son amant, haletant, alors qu'il avait écrasé sa main contre l'épaisse couche de plâtre, évitant de peu Kidou.
« - Je vais pas recommencer… » Lâcha Fudou entre deux souffles.
Son ex-coéquipier resta interdit devant la situation, hésitant sur ce qu'il devait faire. Finalement, il prit doucement son visage entre ses mains, non sans redouter sa réaction, et le releva doucement, plongeant son regard calme dans celui furieux de l'accro, qui ne fit rien. Voyant qu'il ne réagissait pas, Yuuto vint embrasser avec tendresse les lèvres scellées de son amant, allant jusqu'à coller son corps au sien. Bien qu'étonné par son geste, Akio ne pouvait rester indifférent au baiser de son homme, ni au torse admirablement bien dessiné à travers son haut qui venait se frotter à lui. Le brun laissa alors le mur pour poser ses paumes sur les hanches du stratège, le rapprochant pour coller son bassin au sien. Il entrouvrit ensuite la bouche pour insérer sa langue dans celle de l'autre, entamant un ballet énergique en celle-ci, jusqu'à leur couper le souffle. Ne pouvant contenir plus longtemps l'envie qui le prenait aux tripes, il entraîna son conjoint rapidement jusqu'à la chambre, où ils débutèrent ce jeu qui leur procurait tant de plaisir à chacun qu'ils connaissaient si bien. Ainsi Kidou offrit son corps entier à Fudou, le faisait oublier, le temps d'une nuit, la nicotine. L'acte fut plus violent, plus bestiale que d'habitude, lui causant d'autant plus de marques sur tout son être, des traces de la possessivité et de la sauvagerie de l'accro qu'il connaissait d'ores et déjà, mais aussi plus court, et pour cause, Akio s'essoufflait bien plus vite qu'auparavant. Évidemment, il ne s'en rendait pas compte, mais Yuuto ne pouvait que s'inquiéter encore plus pour son cas…
Et ce rituel dura deux semaines entières. Chaque fois que le fumeur manquait de cigarette ou s'interdisait d'en reprendre, son amant lui offrait cet instant où tous deux oubliaient les méfaits que causait le tabac… Ou presque.
Car plus le temps avançait, plus l'endurance du brun se fit faible, et le stratège n'était plus le seul à le remarquer. Plus que de se fatiguer bien plus rapidement, le fait de ne plus pouvoir satisfaire son homme perturbait Fudou au plus haut point. Mais ses violentes quintes de toux devinrent elles aussi bien gênantes, et réduire sa consommation ne semblait rien arranger, au grand désespoir du couple. Mais abandonner n'était pas une solution qu'ils pouvaient accepter…
