- Becca... je ne suis pas vraiment Commander...
- Tu as porté la flamme, tu est Commander !
- C'est un peu plus compliqué que ça...
Clarke lui expliqua ce qui s'était passé depuis la mort de Lexa, jusqu'à son arrivée dans la réalité virtuelle.
- C'était très ingénieux de te transfuser le sang d'une nightblood ! A présent, es-tu prêtes à travailler, il nous faut trouver une solution pour la catastrophe qui nous attend ?
- Oui, je suis là pour cela !
- Bien, alors vas dire à tes amis qu'ils peuvent repartir. Demandes leur de revenir te chercher dans une semaine.
- Une semaine !
- Oui, je pense que cela sera suffisant. J'ai commencé à chercher des solutions, mais il faut travailler encore.
- Je vais prévenir les autres et je reviens.
Clarke partie en courant, jusqu'à la plage, elle y retrouva Luna.
- Il n'est pas nécessaire que vous restiez là.
- Tu veux que nous partions, c'est ça ? Dit Luna sur un ton plutôt agacé.
- Luna, je n'ai plus besoin de toi maintenant, mais je voudrais que tu viennes me rechercher dans une semaine. Pendant ce temps, je voudrais que tu prépares ton peuple.
- Que je le prépare à quoi Clarke ? A mourir ? Il est déjà prêt à ça !
- Non, il faudra peut être vous évacuer vers un abris, alors je ne sais pas, tenez vos bateaux prêt, construisez en d'autres, préparez des provisions...
- Ils ne voudront pas partir ! La coupa Luna.
- Laisses leur au moins le choix ! Tu es leur leader, tu dois tout faire pour les sauver !
- Et les emmener loin de chez eux pour se terrer, je ne sais où, tu penses que c'est les sauver ?
- Oui.
- Tu te trompes, Clarke, tu crois que vivre sur cette terre pendant quelques mois, fait de toi une experte de notre façon de vivre, de notre culture, de nos croyances ?
- Non sûrement pas, Luna, mais je sais que je peux sauver des vies !
- Il y a différentes façons de sauver des vies, et certaines d'entres elles, n'impliquent pas forcement d'échapper à la mort... Mais je les informerai, et leur laisserai le choix.
- Merci Luna.
- Ne me remercies pas, tu pourrais être surprise par leur réponses.
- Toi aussi, dit Clarke en souriant.
- Toujours cet optimisme... Bon, nous partons, et nous revenons dans 7 jours.
- Soyez prudent.
Clarke regarda Luna et son homme s'éloigner, puis elle regagna la maison. Becca l'attendait au milieu du hall.
- Prends l'escalier de gauche, celui qui descend, et attends moi en bas.
Clarke s'exécuta. Arrivée en bas, elle se trouva face à une porte blindée.
- Il fallait que j'empêche quiconque de rentrer.
- Il y a un code, dit Clarke, en montrant un boîtier chiffré.
- Rentres les chiffres : 2, 5, 3, 3, et 1.
Clarke tapa les chiffres et elle entendit des cliquetis. Elle tourna la roue, et la porte s'ouvrit. La pièce était plongée dans le noir. Par réflexe, sa main chercha un interrupteur sur le mur. Elle le trouva et appuya. La pièce s'éclaira par flashes jusqu'à ce que les néons soient totalement allumés. Clarke découvrit une pièce immense, blanche, carrelée du sol au plafond, elle ressemblait à un laboratoire. Elle était remplit d'ordinateurs, d'appareils et instruments médicaux, de recherches. Des armoires remplis de flacons et de tubes étaient disposées le long du mur à droite. A gauche se trouvait une grande paillasse et à coté deux caissons d'un mètre sur deux. Au milieu se trouvait une console et un fauteuil d'examen.
- Qu'est ce que c'est que cet endroit ?
- Un laboratoire de recherches. C'est ici que j'ai commencé. Ici, que j'ai créé Alie, que je lui ai donné vie.
- Et la flamme ?
- Celle-la, je l'ai créé là-haut, dans la station Polaris.
- Polaris ? Ce nom me semble familier. Pouvez-vous m'expliquer ?
- Je travaillais sur Polaris, une des stations dans l'espace, lorsque, Alie a prit sa directive première de façon excessive et a déclenché une réaction en chaîne, en entrant les codes de lancement des missiles nucléaires des différentes puissances mondiales. Dans l'espace, nous avons été les témoins impuissants de cette tragédie. J'ai donc travaillé et créé la deuxième entité pour essayer de réparer ce désastre, mais mes collègues n'ont pas vu les choses de cette manière. Je ne pouvais pas vraiment leur en vouloir, une entité artificielle avait annihilé presque la totalité de la race humaine et moi je leur disais qu'une autre était la solution ! Je me suis donc éjectée de la station, en ayant soin de m'implanter la puce avant. Je suis devenue le premier Commander. Dès que j'ai pu, j'ai « emprisonné » Alie ici, mais votre ancien Chancelier l'a libéré et voilà où nous en sommes !
- Et le sang noir ?
- Un sang synthétique composé de nanites, que j'ai mélangé au mien, petit à petit, bien avant de m'implanter la puce. J'ai transmit ces nanorobots à mes enfants, qui l'ont transmit aux leurs. Je voulais que seule une poignée puisse avoir accès à cette puce. Je me répète mais ton idée de transfusion a été brillante, tu fais parti de ce cercle restreint à présent !
- Quoi ? Mais non, plus maintenant !
- Si, si, tu peux vérifier. Ton sang est noir. Le sang d'Ontari, s'est mélangé au tien, et il a phagocyté le tien.
Clarke mit quelques minutes pour assimiler la nouvelle.
- Tu es une Nightblood, et tu peux vraiment prétendre au titre de Commander.
- Je ne serais pas acceptée en tant que tel.
- Les natifs te connaissent et te craignent, tu pourrais, je t'assure. De plus, si j'ai bien comprit, il n'y a plus beaucoup de nightblood, c'est pas comme si on avait le choix !
- Je n'ai pas renoncé à Luna.
- Luna ne voudra pas et elle ne serait pas un bon choix de toutes façons. Non, il faut quelqu'un comme Lex..., comme toi !
- Lexa... Il n'y a personne comme Lexa...
- Oui, c'est vrai, excuses moi. Il n'y a personne comme Lexa, sauf peut être... toi. Vous vous compreniez, vous étiez comme le yin et le yang, des âmes soeurs. Je suis vraiment désolée pour ce qui lui est arrivé. J'ai beaucoup d'affection pour elle, et je sais que vous étiez très proches. Elle m'a beaucoup parlé de toi. Elle a beaucoup de respect, d'estime et d'amour pour toi. Tu sais, je l'ai vu aimer Costia, mais toi, l'amour qu'elle a pour toi, c'est quelque chose que j'ai rarement vu. Je crois qu'elle t'aime plus que sa propre vie.
- Pourquoi parlez vous d'elle au présent, elle est...
- Morte? Oui, mais dans la réalité virtuelle, je peux parler avec elle, comme avec les autres Commander d'ailleurs !
Becca regarda Clarke avec tristesse et ajouta :
- Veux tu que... je lui dise... quelque chose, pour toi ?
Une larmes coula sur la joue de Clarke.
- Dites lui...
Clarke secoua la tête.
- Non, c'est pas la peine, tout ce que vous pourriez lui dire, elle le sait déjà !
D'une main, elle essaya sa larme.
- Peut on travailler à présent ?
- Oui bien sur. Tu as la puce ?
- Elle ne me quitte jamais.
- Il faudra pourtant que tu l'insères dans le cylindre sur la console.
- Mais pourquoi en avez vous besoin ?
- J'ai besoin d'informations qu'elle contient.
Clarke s'approcha de la console. Un cylindre, sorti dans la partie gauche. Clarke prit la puce entre ses doigts, elle hésita un moment.
- J'en prendrais grand soin, ne t'inquiètes pas.
- C'est tout ce qu'il me reste... d'elle !
- Je sais...
Clarke déposa la puce et le cylindre disparu dans la console.
- A présent, j'en ai peut être pour plusieurs heures pour récupérer toutes les données dont nous aurons besoin. Tu trouveras des chambres à l'étage. Installes toi confortablement, tu peux te reposer si tu le désires. Il y a des arbres fruitiers derrière la maison, et il doit rester des rations militaires encore comestibles dans la cuisine, si tu as faim. Fais comme chez toi.
Becca disparue. Clarke remonta et chercha la cuisine. Elle ne savait pas depuis combien de temps, elle avait fait un vrai repas, ni dormit une nuit complète dans un vrai lit. Étrangement son estomac ne réclamait rien, par contre la perspective d'une nuit dans un lit la tentait bien. Elle fit donc demi tour pour chercher les escaliers qui menaient à l'étage afin de trouver une chambre avec un matelas bien confortable.
Arrivée au premier, elle ouvrit la première porte qu'elle trouva. Elle trouva une grande chambre, avec un lit à baldaquin, à l'opposé, il y avait une grande baignoire en cuivre. Des rideaux rouges épais, encadraient une grande fenêtre, avec vue sur le jardin avec les arbres fruitiers. Contre un mur, se trouvait une commode blanche et coté une console avec un grand miroir. Sur le mur en face, trônait une cheminée, et des tapis épais recouvraient le parquet.
Clarke fut prit d'une envie soudaine de sauter sur l'édredon étendu sur le lit. Elle prit son élan, et couru jusqu'au lit, sauta et s'enfonça dans les plumes de l'édredon. Elle ne sut pourquoi, elle se mit à rire, mais ce fut un rire sans vraiment de joie, un rire amer. Elle se sentit très seule, tout à coup. Elle pensa à sa mère, qu'elle avait laissé désemparé, par ce qu'elle avait fait à sa fille. Clarke lui avait répété qu'elle n'était pas responsable, que c'était Alie qui l'avait torturé, mais sa mère ne semblait pas convaincu, Abby pensait qu'elle aurait pu lutter d'avantage. Elle pensa à Octavia, qui avait glissé du coté sombre d'elle même. Elle avait croisé son regard, juste avant qu'elle parte, elle avait vu de la colère, de la haine mais aussi une terrible souffrance. Elle aurait voulu la prendre dans les bras pour partager avec elle, cette même douleur, ce vide laissé par la personne aimée. Mais elle n'avait pas pu, elle était partie trop vite et Clarke pensait également qu'octavia, d'une certaine façon, lui en voulait pour la mort de Lincoln. Elle espérait qu'avec le temps, toutes les deux trouveraient la paix en leur coeur et en leur âme. Puis elle pensa à Bellami, celui qui se rapprochait le plus de ce qu'on pouvait appeler un meilleur ami. Mais elle sentait que peu à peu, ils s'étaient éloignés l'un de l'autre. Leurs chemins, leurs choix avaient été différents, mais lui aussi avait souffert. Et enfin, il y avait Raven, probablement la plus forte d'entres eux. Elle avait été la seule à résister à Alie, et elle en avait payé le prix fort. Les douleurs physiques et morales qu'elle avait enduré... pourtant elle se tenait toujours debout. C'est le visage de Lexa qui lui apparu ensuite à l'esprit, d'instinct, elle chercha la boite qui se trouvait dans sa poche, et se rappela que c'était Becca qui avait la puce, ce n'était plus qu'une boite vide.
Elle souleva la tête et regarda la baignoire. Elle se leva d'un bond. Elle chercha dans toutes les pièces de la maison, dans tous les tiroirs, commodes et armoires. Elle trouva une trentaine de bougies, qu'elle répartit dans la chambre, elle les alluma et ferma les rideaux. La lumière tamisée rendit la chambre plus chaleureuse, elle ressemblait un peu à celle de Lexa.
- Si seulement tu pouvais voir ça, Lexa... dit Clarke avec un sentiment de fierté mêlé de tristesse, oh mon dieu ! Comment vais-je faire, sans toi... Les épreuves me semblent plus difficiles, les charges plus lourdes, le chemin plus loin, le vide plus grand, les douleurs moins supportables sans toi.
Tout en parlant seule, elle avait remplit la baignoire et s'était glissée dans l'eau chaude avec plaisir.
- Je suis si fatiguée. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour tenter de résoudre cette catastrophe, mais après, j'en aurais fini, je ne leur devrais plus rien. Je leur ferais mes adieux et je partirais, là où mes pieds m'emmèneront...
- Tu ne peux pas abandonner, Clarke, tu n'en as pas le droit...
Clarke sursauta dans son bain, l'eau gicla partout sur le parquet.
- Becca, je suis dans mon bain ! Et je fais ce que je veux ! Cria Clarke, un peu gêné et tentant de cacher ce qu'elle pouvait
- Oups, pardon dit Becca en se retournant, je venais juste te dire que finalement j'aurais fini le transfert dans une heure ou deux.
- Ok, je sortirai marcher un peu sur la plage, je reviendrai en fin de matinée.
- Tu as trouvé quelque chose à manger ?
- Oui, mentit Clarke.
Becca disparue, Clarke se releva et attrapa la serviette qu'elle avait laissé à porté de main, c'est alors que Becca réapparue, Clarke replongea dans l'eau avec la serviette.
- C'est pas possible, tu le fais exprès ! Cria Clarke, un poil agacée.
- Oui peut être, dit Becca avec un large sourire, non en fait, je voulais juste rajouter que « je maintiens ce que j'ai dit » !
- A quel propos ? Demanda Clarke agacée.
- A propos du fait, que tu ne peux abandonner, ils ont besoin de toi...
- Je vais tenter de gérer cette crise. Si j'y arrive, je partirai. Je crois avoir assez donné, j'en ai le droit, je n'ai rien demandé. Je veux juste un peu de solitude, de paix, pouvoir pleurer ceux qui m'ont quitter, ce n'est pas trop demandé, je pense !
- Je comprend, mais... dit Becca avec compassion.
- Il n'y a pas de « mais » Becca, ma décision est déjà prise !
- Nous en reparlerons...
- Il n'y a plus rien à d... Clarke s'arrêta, Becca était partie. C'est ça tires toi, satané hologramme... !
Clarke sortie rapidement de son bain, épongea l'eau qu'elle avait mis partout, elle s'habilla. Elle s'assit devant le miroir. Il y avait longtemps qu'elle ne l'avait pas fait. L'image que lui renvoya le miroir la surprit un peu. Elle avait maigrit, des cernes se dessinaient sous ses yeux, son regard était plus dur et triste à la fois. Décidant qu'elle en avait assez vu, elle sortit de la maison, pour marcher sur la plage. Elle était pieds nus, et la sensation du sable entre ses doigts de pieds l'a fit sourire. Elle descendit jusqu'à la mer. La température glaciale de l'eau l'a saisit un peu, mais elle aimait ce contact. Elle marcha ainsi un long moment, et à un moment elle eut une impression de déjà vu ! Le paysage qu'elle voyait lui était familier. Elle aperçu la phare. Elle était sur une île et elle venait d'en faire de tour ! Arrivée à son point de départ, elle s'assit sur le sable, plia ses jambes, les entoura de ses bras et posa sa tête sur ses genoux. Elle garda les yeux rivés sur l'eau pendant quelques minutes, puis les ferma. Elle se laissa bercé par le ressac, écouta les cris des oiseaux et laissa les embruns balayer son visage. Elle pensa que si on faisait abstraction des créatures qui peuplaient ces eaux et la catastrophe à venir, cet endroit pourrait ressembler à un paradis. Peut être que si cette histoire se terminait bien et si Becca cessait d'apparaître à tout bout de champ, elle pourrait trouver la paix, ici. Clarke se leva car elle sentie une présence derrière elle.
- Cette île est magnifique, je profitais de son hospitalité, mais je suppose que la pause est terminée, n'est ce pas Becca
- Becca ne peut pas apparaître si loin...
Cette voix ! Clarke se retourna et sous l'effet de la surprise, elle recula, tomba en arrière et s'assomma sur un galet.
