Merci DelSey (bon je l'ai dit individuellement mais y a pas de raison que je répète pas XD) pour ton commentaire... Du coup j'espère que la suite ne te décevra pas... Je galère pas mal pour écrire cette fic, c'est pas évident... Mais je m'y plais énormément :)
Marineeee : merci à toi :). Non, comme je l'ai dis, je ne suivrai pas le film. J'empruntais juste les éléments de base, mais après, Tetsu ne tombera pas dans le coma, il ne suivra pas le chemin de Mizuki etc etc XD. Tout ce que j'ai repris, c'est Adam, la maison et c'est tout (et autre chose aussi, mais ça on verra plus tard... :) ). J'ai vu le PV bien sûr ! Super beau et très symbolique ! J'aime bien ton idée... Peux-tu préciser à quoi tu penses ? OS toujours en rapport avec le tournage du clip, ou OS Haitsu tel que j'en ai fait ? En tout cas, j'aime bien cette idée... :)
Reviens...
Il déambulait de nouveau le long des rues, sans réel but. Un exact recommencement de ce qu'il avait vécu. Ce qu'il avait toujours vécu. C'était toujours comme ça, d'ailleurs. Ca ne faisait que recommencer. Il y croyait à chaque fois, il tendait les bras pour saisir ce qu'il voyait être une échappatoire... Et ses mains ne serraient que le vide. C'était comme regarder s'écouler du sable fin entre ses doigts. Il ne pouvait le retenir. Mais cette fois, il n'y croirait plus. La prochaine lueur d'espoir qui passerait à sa portée, si lueur il devait y avoir, il lui cracherait dessus. Il lui tournerait le dos et passerait son chemin sans lui accorder le moindre regard, se félicitant de ne pas s'être fait avoir, cette fois. Tout n'était que déceptions, désillusions. Et à chaque fois, ça faisait mal. C'était assez. Il faisait encore plus froid qu'il y avait quelques heures, si c'était possible. Ou bien était-ce le retour brutal à l'extérieur, qui lui faisait penser cela ? Ca en devenait presque insupportable. Froid. Beaucoup trop froid. Il ne sentait plus ses oreilles ni ses mains... Il claquait frénétiquement des dents, donnant ainsi le seul bruit perceptible à cette rue déserte. C'était comme si le temps passé dans la grande maison n'avait été qu'un rêve. Un beau rêve, qui l'avait réchauffé l'espace d'un instant.
Il avait fini par s'endormir dans un fauteuil moelleux, captivé par le ballet magique des flammes qui dansaient dans la cheminée. Adam avait allumé un feu 'pour le réchauffer', avait-il dit. Un peu de papier, quelques bûches déjà positionnées dans l'âtre, et une grande allumette jetée au milieu... Les flammes avaient lêché les bûches avidement, les entourant de leurs bras fascinants. Le feu crépitait doucement, donnant un instant une allure moins sombre au visage d'Adam, qui le regardait. En contemplant ce spectacle féérique, Tetsu s'était assoupi. Un sommeil sans rêve, juste réparateur. Presque serein. Et quand il s'était réveillé, Adam n'était plus là. Il avait regardé jusqu'au bout du salon, mais il n'y avait plus aucune trace de son hôte. Il aurait presque pu croire qu'il avait rêvé la scène, si les flammes qui se mourraient dans la cheminée n'avaient pas attiré son attention. Et puis... Le thé. Les gâteaux. Tout cela. Non, il n'avait pas rêvé. Il s'était penché et avait posé la main sur la théière, qui trônait toujours sur la petite table. Elle était froide. Il avait dû dormir un moment... Mais où était l'autre ? Pourquoi avait-il toléré une telle intrusion dans sa demeure, une telle aisance, une telle liberté ? Et pourquoi l'avait-il laissé ?
Tetsu détailla un instant la pièce. Il y faisait sombre, et pourtant, il restait encore quelques braises et des bougeoirs parsemés tout autour, sur les murs. L'endroit prenait un aspect légèrement angoissant, tout à coup. Non. Oppressant, plutôt. Et pourtant, rien n'avait changé, en apparence. C'était toujours le même salon, grand et luxueux, richement et sobrement décoré. Pourtant, il ne s'y sentait plus aussi bien qu'avant. Et la seule chose qui avait changé, c'était qu'il n'y avait plus Adam. Etait-ce donc lui qui conférait au lieu tout son attrait ? Etait sa présence qui l'avait rendu si chaleureux et accueillant, tout à l'heure ? Cette personne si énigmatique et taciturne pouvait-elle faire cela ? Etre chaleureux, avec un visage si fermé ? Etre accueillant, avec cette apparence noble et lointaine ? Tetsu peinait à le croire.
Mais Adam n'était plus là, et Tetsu n'osa pas le chercher. Fouiller les autres pièces, ça non... Pourquoi ferait-il ça ? Il n'avait déjà que trop abusé de son hospitalité. Si ça se trouvait, ce propriétaire n'était qu'un doux dingue, qui vivait ici retiré du reste des hommes, et avait fait oeuvre de charité en l'accueillant pour un temps. Il n'en abuserait pas plus longtemps, détestant inspirer la pitié. Alors il s'était levé et avait boutonné son manteau. Lentement, il avait remis le thé et les soucoupes sur la table du fond. Il s'était assuré que les braises ne risquaient pas de mettre le feu au tapis. Et quand tout fut en ordre, quand tout fut prêt, il était sortit, reprenant l'escalier emprunté quelques heures plus tôt. Même lorsqu'il traversa le couloir, il ne le rencontra pas. Alors il était sortit, non sans murmurer un 'merci' lancé en l'air, espérant peut-être que l'autre l'observait...
Et il avait repris son chemin, sans un regard en arrière. Chaque pas qu'il faisait en avant commençait à devenir difficile... Où irait-il, comme ça ? Passer la nuit dehors ? Et demain ? Et les autres jours ? Que faire de tous ces jours qui l'attendraient, qui se succéderaient et se ressembleraient tous ? Pourquoi ne pouvait-il pas marcher, lui aussi, en partance pour quelque part ? Un ailleurs, n'importe lequel. Tout serait mieux qu'ici, où plus rien ne l'attendait. En pensant de telle manière, il s'arrêta net, se faisant une étrange réflexion. Avant ce soir, il ne s'était pas sentit bien, juste bien, depuis... Il ne s'en souvenait même pas. Et pourtant, il devait le reconnaître : là-bas, dans cette grande maison, il s'était sentit à l'aise. Il s'était invité, on l'avait reçu. Il n'y avait rien eu de chaleureux en apparence, mais il avait sentit qu'il ne dérangeait pas. Et même... Que l'autre était plutôt content. Il ne l'avait manifesté d'aucune manière, mais Tetsu en avait eu le sentiment. Il demeurait inexplicable que cette bâtisse ait eu le pouvoir de lui faire ressentir... Simplement ressentir. Mais c'était le cas. Est-ce qu'il n'aurait pas mieux fait d'y rester ? Il n'avait pas été chassé, non ?
C'est alors qu'il l'entendit. Ce son... Cette mélodie envoûtante... Comme tout à l'heure, quand il marchait et ruminait de sombres pensées... Il l'entendait nettement, même si la pluie commençait à tomber et brouillait sa perception. C'était ce même air qui l'avait conduit là-bas... C'était ça ! On le rappelait. Adam le rappelait. Il ferma les yeux, et put distinctement voir dans son esprit, Adam. Adam assis sur son canapé, une cigarette à la bouche, les yeux dans le vague, qui pinçait les cordes de sa guitare, faisant naître cet air magique presque naturellement... Tetsu le fredonna même, oubliant que ça aussi, ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Il avait la ferme certitude que c'était la raison pour laquelle ce son parvenait jusqu'à lui. C'était un appel. Il devait y retourner. Alors il rouvrit les yeux, décidé, et fit demi-tour pour emprunter la rue en sens inverse. La pluie tombait, glaciale et impitoyable, sur sa frêle silhouette. Elle s'infiltrait dans son cou, se faufilant un passage entre sa veste et sa peau, et glissait sans ménagement le long de son dos, lui coupant la respiration par moment. Mais il l'entendait toujours, cet air. Et il se trouva de nouveau devant la maison, à la différence près que cette fois, il poussa la grille sans hésitation et entra rapidement se réfugier à l'intérieur.
Debout contre la porte fermée, enfin à l'abri, Tetsu ouvrit sa veste et passa sa main dans ses cheveux. Elle était trempée. Sous lui, une flaque d'eau maculait le parquais, s'infiltrant entre les lattes. Il ôta ses chaussures et essuya son visage du revers de sa manche. Et il emprunta le long couloir lentement, puis les escaliers, laissant derrière lui un sillon de goutelletes répandues sur le sol. Il grelottait, littéralement transi. Et le salon. Et Adam. Adam assis là, tranquillement, une tasse de thé entre les mains, qui regardait le feu, de nouveau vif, s'agiter dans la cheminée. Et sa guitare noire posée à côté de lui, comme si elle lui tenait compagnie. Il tourna la tête à l'arrivée de Tetsu, et lui sourit. Tetsu ne rêvait pas : il souriait. C'est alors qu'il pris conscience de son état, et des dégâts qu'il répandait.
Pardon ! Je... J'ai... J'ai sali votre maison !
Ca séchera... répondit l'autre en reposant sa tasse sur la table.
D'accord, mais...
Tu es revenu... fit la voix grave d'Adam. Et Tetsu aurait pu jurer qu'il était content, en disant cela.
Vous étiez partit...
J'étais dans la maison.
Je ne voulais pas abuser de votre hospitalité...
Adam parlait. Quelques mots à chaque fois, mais il parlait. Plus que la fois précédente. D'une voix douce mais grave. Une voix agréable. Il ne ressemblait plus tellement à la statue de cire qu'il paraîssait être tout à l'heure. Il bougeait légèrement, et son visage se détendait, manifestant diverses choses, que Tetsu n'aurait su définir. Il faisait plus... Humain. C'est ça. Plus humain. Pour autant, il avait toujours ce regard profond et séduisant, qui se promenait tour à tour sur chaque objet, puis sur Tetsu. Adam possédait la pièce. Simplement en s'y trouvant.
T'ai-je chassé ? demanda-t-il.
Non...
Alors, pourquoi es-tu partit ?... Et pourquoi es-tu revenu ?
Il ne tenait pas à mettre la moindre intonation dans le timbre de sa voix, qui aurait pu indiquer à Tetsu le fond de ses pensées. Etait-ce un repproche ? Une simple question ? Tetsu compris vite que cet homme n'attendait aucune réponse en particulier. Il posait juste les bonnes questions.
Vous m'avez appelé... tenta Tetsu, sûr de lui.
Ai-je fait cela ?
C'est... Cet air que vous jouiez... Je l'ai entendu à nouveau, et j'ai... Pardonnez-moi, fit Tetsu en baissant la tête. Ce que je dis est ridicule...
Tu t'excuses beaucoup, dit Adam en cherchant son regard.T'ai-je accusé ?
Mais je...
Tu devrais aller te réchauffer près du feu... Tu pourrais tomber malade...
Merci.
Docile, Tetsu alla s'asseoir devant l'âtre, enlevant sa veste et la posant sur le dos d'un fauteuil, au passage. Il tendit ses mains pour les approcher de la chaleur qui avait déjà séché son visage. Que c'était bon, de sentir la chaleur des flammes sur ses mains, ses bras, ses joues... Il aurait pu en sourire béatement aux anges. Pourtant, il n'avait pas souvenir que c'était aussi agréable, un bon feu. Il sentit quelque chose lui tomber sur la tête. Une serviette. Adam entrepris de sécher ses cheveux soigneusement. Si la politesse aurait souhaité que Tetsu s'excuse et le fasse lui-même, il venait de comprendre qu'aucune règle de vie ne s'appliquait à cet homme étrange. Si Adam avait envie de le faire, il n'avait qu'à le laisser. Si Adam disait quelque chose, c'est que c'était sincère. D'abord compliqué, il apparut à Tetsu comme étant étonnament simple. Il était facile à suivre. C'était cette facilité, dans un monde où l'on se pose des problèmes là où il n'y en a pas, des régles idiotes là où il n'y en a nul besoin, qui avait déconcerté Tetsu auparavant. Mais la simplicité, c'est ce à quoi on devrait tous aspirer... Parce que c'est elle qui e nce moment, faisait d'un feu de cheminée, d'un peu de thé et de quelques biscuits, un repas de fête.
Je peux vous poser une question ?
Laquelle ? Demanda Adam en allant se rasseoir.
C'est... Votre maison ?
Pour le moment, oui.
Vous ne resterez pas ? Nota Tetsu.
Je n'ai qu'un peu de temps...
Adam avait dit ça en regardant Tetsu, mais sans le voir en même temps. Il semblait se souvenir... Le côté énigmatique de sa réponse n'échappa pas à l'invité, qui délaissa les flammes pour se tourner vers lui :
Un peu de temps ? Pour quoi faire ?
Apprendre de mes erreurs.
Pourquoi êtes-vous si gentil avec moi ? Questionna-t-il subitement.
Pourquoi ne le serais-je pas ?
Vous répondez toujours à une question par une autre question ?
Ca te dérange ? Demanda l'autre avec un sourire mystérieux.
Non... reconnut Tetsu, vaincu.
Tetsu... C'est ton nom, n'est-ce-pas ?
Oui.
J'ai n'ai qu'un peu de temps, il me faut bien l'employer. Cela ne me laisse pas grand chose à offrir, mais considères que tu es ici chez toi, pour le temps qui m'est impartit.
Adam était sérieux. Pourquoi dire cela ? Il offrait abri, hospitalité... Tout cela à un homme dont il ne savait que le prénom et rien d'autre. C'était fou, une telle offre. Mais c'était encore plus fou d'accepter. Mais Tetsu était bien conscient que rien de tout ceci ne ressemblait à la réalité. Celle, dure et cruelle, qu'il connaîssait. Il n'existait sans doute aucune raison qui avait poussé Adam à faire cela. Mais Tetsu commençait à en entrvoir au moins une d'accepter.
Je peux rester ici ?
Tu es libre de partir ou de rester. Tu en as le choix.
Mais... Et vous ? Ca ne vous dérange pas ?
Pourquoi proposer, si l'on n'en a pas l'envie ?
Il en avait donc envie ? Envie... Rien que le thé, faisait envie à Tetsu. Rien que les pommes, dans la coupelle sur la table, semblaient appétissantes. Le bruit clinquant du briquet ramena Tetsu sur son hôte, qui venait de reprendre sa guitare sur ses genoux. Au coin de sa bouche, toujours cette longue cigarette noire, au parfum envoûtant... Et ses doigts qui courraient le long des cordes, qui les touchait à peine, firent naître cet air... Un air familier à Tetsu, maintenant. Il l'écouta, le fredonnant dans sa tête, les yeux rivés sur la fumée que laissait s'échapper Adam par moments, en dehors de ses fines lèvres...
