Réponse aux reviews :
ElangelCaido : Suite tu veux, suite tu auras! Enfin, quelques mois en retard…
Catirella : Contente que tu trouves ça original. Bientôt, ça virera en marginal xD
Kaorulabelle : Ta satisfaction est satisfaisante! Voilà la suite!
DAMOn : Ah, mouis, désolée pour l'attente… N'empêche, tu la trouves bizarre dans le bon sens ou le mauvais? Enfin, si tu la lies jusqu'à la fin, je vais pouvoir avoir ton opinion tout fait!
Babou : Très vite… mouais, pas si sûre hein! 'Honteuse' C'est vrai que j'adore faire agire Heero comme un sauvage. C'est un caractère qui lui va plutôt bien! J'associe aussi l'excentricité à Duo, mais peut-être suis-je trop classique?
Tenshi-No-Yoru : Mais bien sûr qu'il y a une suite. J'allais pas laisser l'histoire au stade du câlin quand même! Tant qu'à ton idée, j'avoue y avoir pensé! Ça serait bien.. mais je verrai si je l'intègre ou pas!
Ah.. la suite du virtuose.. y en a beaucoup qui l'attendaient celle-la! Mais elle est là! Enfin! Tadam!
Irezumi : C'est mon but de donner de l'intérêt! Reste à savoir si c'est dans mes cordes de le tenir… Enfin, merci!
Cybele : C'est vrai, tu trouves que ça fait mystérieux? Eh bah tant mieux! J'ai un faible pour les mystères, alors ça me fait plaisir.
Chapitre 2 :
Wheelain's Cofee, ou rencontre contrée
26 octobre 06
Ma seconde rencontre avec Duo se fit plus d'une semaine plus tard. À ce moment, l'image de l'énergumène à la natte n'avait plus effleuré mon esprit. Je devais être trop occupé à autres banalités pour vraiment y penser… Quoi qu'il en soit, elle revint me chercher alors que je sortais pour aller m'acheter quelques livres. Ce jour-là, la température avait dégradée jusqu'au dessous de 0 et une larme versée par le vent qui hurlait comme un dément se retrouvait vite gelée. Les bourrasques me fouettaient si violemment le visage que j'avais arboré une affreuse teinte rouge.
Mon problème avec le rouge, c'est que lorsque j'étais gamin, j'avais tendance à rougir pour un rien. Ça m'a coûté des brimades, des moqueries et des sobriquets ridicules. J'ai donc appris à refouler ces changements de couleur…
Enfin, je me promenais donc à la recherche d'une librairie en regrettant un peu plus à chaque pas mon entêtement à vouloir me sortir de l'ennui. La vérité est que, désespérément, je souhaitais que ma vie prenne un tournant un peu plus passionnant, un peu comme dans les livres que j'écrivais ou que je lisais. Peu importe dans quelle voie. Il me semble aujourd'hui qu'en dépit des évènements dans les pages à venir, je n'aurais pour rien reformuler ce vœux…
Frigorifié et engourdi, je pris le chemin d'un parc comme raccourci, pensant me protéger du vent avec les arbres même dénudés de leurs attraits. C'est là que je vis pour la seconde fois Duo. En réalité, j'aurais pu éviter cette rencontre. J'ai simplement entendue une mélodie étrange dans une autre aire du par cet, intrigué, je n'ai pu m'empêcher d'aller jeter un œil. Quand j'en trouvai sa source, j'y trouvai aussi Duo. De dos, avec sa longue natte, je le reconnu immédiatement. Cet imbécile, assis à même le sol avec pour seuls vêtements un léger manteau et un foulard, jouait d'un instrument assez gros dont je ne me rappelait plus le nom. Le son était sec et faisait oriental… Joli, mais ce n'était pas une raison pour attraper la crève. Je me rapprochai de lui et constatai avec évidence qu'il avec les oreilles, les doigts et le nez d'un rouge vif. Exaspéré, je retirai ma tuque et la lui enfonçai sur la tête. Il se retourna lentement et pendant un instant, je ne reconnu pas son regard joueur. Il me fixa pendant une fraction de seconde avec des yeux plissés, noirs de menace. Mais vraiment noirs… Mais cette fraction de seconde passa rapidement et en me voyant, son visage s'éclaircit et il me fit un sourire rayonnant. Plus de trace de noir dans ses yeux. Avais-je imaginé cette scène?
-Heero, eh? –Il se souvenait de moi, apparemment- Tu prends l'habitude de donner des chapeaux aux gens? claironna-t-il gentiment, mais je crois que j'avais discerné du soulagement dans sa voix, voire un léger ressentiment.
-Dites-moi plutôt ce que vous faites ici assis par terre.
-Ben, je joue de la cithare…
-Mais je le vois bien que vous jouez de la cithare!
-Alors pourquoi tu demandes?
Il fallait être patient avec ce genre de personne. Le pire, c'est que Duo avait réellement l'air perplexe.
-Parce que vous êtes assis sur l'asphalte alors qu'il fait –20!
Cette fois, la perplexité céda à la surprise et, interloqué, Duo cligna des yeux et hocha la tête en se levant.
-Ah c'est vrai… il fait un peu froid…
Puis il releva la tête, tout sourire.
-C'est pourquoi je t'invite à te réchauffer dans un café non loin d'ici!
En moins de deux, il avait rangé sa cithare dans son étui, s'était relevé avec celui-ci dans une main et marchait d'un bon pas vers la rue. N'était-il pas au moins un peu engourdi? Quoi qu'il en soit, ce type n'avait pas son pareil pour déstabiliser les autres. Aussi, demandez-vous pourquoi je me mis à sa suite et qu'un instant plus tard, je me retrouvais assis devant lui, légèrement mal à l'aise (bien que je n'en paraisse rien) dans un bistro du nom de Wheelain's Coffee. Je n'avais jamais remarqué l'existence de cet endroit singulier, même après être passé par ici des fois et des fois. Avais-je tant perdu le sens de la réalité?
-Tu m'as l'air bien pensif, Heero.
Je le fixai d'un œil morne avant de retirer mon manteau d'un geste mécanique.
-Penser est l'une de mes activités préférées, pour tout vous dire…
-Peut-être… mais à trop penser, on finit par ne plus bouger!
-Si on ne réfléchit pas avant d'agir, on risque de succomber aux conséquences.
-Oh? C'est étrange de penser comme cela. Il y a une conséquence à tout. Si tu essaies d'éviter toute conséquence… ne risque-t-il pas de ne rien t'arriver jamais? C'est d'un… ennui.
Je lui lançai un regard vif, piqué par le mot. Le sourire qu'il arbora alors me laissa perplexe. Que savait-il de ma situation? Cet individu était-il un stalker? Non. Les coïncidences ne sont pas rares, il ne faut pas devenir paranoïaque, sinon il risquerait d'avoir raison.
-Duo, êtes-vous en train de me dire que vous agissez toujours sans réfléchir à ce qu'il pourrait vous arriver? demandais-je, incertain.
Il leva les yeux au ciel et fit mine de songer à ma question. Puis il s'accouda à la table et déposa sa tête dans sa main, le sourire renaissant.
-Je vais, je viens. C'est tout.
Que cela voulait-il dire? J'avais beau retourner cette réponse sous tous les angles, aucun sens ne s'y racolait. À cet instant, il m'apparu clair que Duo était une sorte de schizophrène lunatique et excentrique. Et pourtant…
-J'peux prendre vot' commande, messieurs?
Une jeune femme portant un tablier rose à dentelle tout à fait ridicule nous regardait d'un air morne, calepin à la main. Je ne fus presque pas étonné d'entendre Duo demander une assiette de crêpes, d'œufs et de fruits avec un thé 'bien sucré'. Presque, puisqu'il n'avait pas jeté un œil au menu, ni à l'heure apparemment. La serveuse plissa les yeux un moment, aussi hébétée que moi.
-Vous savez l'heure qu'il est?
-L'heure de manger, si je ne me trompe!
-Mais il est presque seize heures!
-Il n'y a pas d'heure pour le petit déjeuner, mademoiselle, lorsqu'on n'a pas prit ce petit déjeuner. Je me refuse catégoriquement au déjeuner et au dîner si je n'ai pas eu de petit déjeuner. J'espère que vous ne m'en tiendrai pas rigueur.
Le mépris s'installa tranquillement dans ses yeux tandis qu'elle griffonnait quelque chose sur son calepin et se tournait vers moi. Elle devait se dire que Duo était un déséquilibré, ou du moins, qu'il se moquait d'elle. Je le cru aussi, mais Duo était bizarre et il ne faisait rien qui ne soit dans ses principes.
-Et pour vous? demanda-elle sèchement, comme préparée à ce que je lui réponde une bêtise aussi.
-Rien.
Les yeux de Duo se braquèrent sur moi.
-Comment ça, rien, Heero?
-Je n'ai envi de rien.
-Oh, mais là n'est pas la question! Commande quelque chose sur le champ.
-Quoi? Mais je n'ai p…
-Heero Yuy! –Duo se leva et pointa un doigt accusateur vers moi- Le respect d'autrui et du travail d'autrui est essentiel! Cette demoiselle est ici pour servir les gens alors ton devoir ici est d'être servi! Si tu ne prends pas quelque chose, tu abuses de ton droit dans ce café alors que d'autres pourraient vouloir ta place afin de manger un bon repas! Tu vas…
Je me levai et le fit se rasseoir en appuyant sur son épaule. Je jetai un regard à la serveuse qui semblait maintenant un peu effrayé par l'attitude du natté. Je lui autorisai un mince sourire.
-Un café. Noir. Ce sera tout.
Elle acquiesça et se dépêcha de nous fausser compagnie. Je me rassied et observai Duo. Il avait retrouvé son calme, et bien qu'il ne sourît plus, ses yeux étincelaient d'une lueur moqueuse. Comme ce n'était pas moi qu'il avait traumatisé, je ne voyais pas pourquoi il me regardait comme ça. Il finit par rouvrir la bouche.
-C'est un principe que j'ai. La dernière fois que j'ai dîné avec quelqu'un, je lui ai aussi fait cette scène et il m'a frappé avant de ficher le camp. –Il sourit- Qu'est-ce qui t'a empêché de le faire?
Je ne lui donnai aucune réponse. Le temps se mura dans le silence, et nous ne fîmes que nous fixer durant un long moment. La serveuse qui vint nous porter nos commandes n'était pas la même et je ne m'en étonnai guère. C'est à peine si la première n'avait pas crié à la police. Celle-ci, toutefois, était plus enjouée. Souriante et bien plus jeune (je me demande encore si elle était majeure) elle déposa le plateau de Duo devant lui et plaça mon café sous mon nez. Je levai les yeux vers elle pour la détailler. Elle rougit violemment et recula. Elle se plaqua les deux mains sur la bouche. Avais-je la tête d'un alien? Je compris vite qu'il s'agissait d'une fan. Et d'une vraie…
-Vous.. vous êtes.. vous êtes monsieur Heero Yuy? n.. n'est-ce pas? L'auteur?…
L'ennui me regagna froidement et j'hochai la tête, réprimant un soupir. Elle lissa ses cheveux châtain clair, rouge pivoine, puis me fit un sourire timide que je ne lui rendis pas. Elle ne sembla cependant pas s'en offusquer et elle me tendit son calepin et son stylo, pleine d'espoir.
-Je suis votre plus fervente admiratrice, monsieur Yuy, et je suis sincère quand je dis que j'ai dévoré tous vos livres au moins trois fois chacun! C'est d'un réalisme! C'est extraordinaire!
'Bien, tant pis pour vous…' aurais-je eu envi de répondre. Je me contentai de fixer le papier dédaigneusement.
-Vous ne semblez pas être du genre de mes histoires…
Elle rit, une rire aigu et nerveux, et se lissa de nouveau les cheveux.
-Je l'avoue… mais je ne peux m'en empêché et puis… ils sont fictifs… alors les aimer n'est pas un crime, n'est-ce pas?
-Enfin, je ne signe pas d'autographes. D'abord vous, ensuite d'autres… Je n'aime pas les foules. Désolé.
Son sourire rétrécit.
-Mais… mais je ne le dirai à personne! Je ne veux pas de votre signature pour m'en vanter, mais parce que je vous aime! S'il vous plaît… faites une exception!
-Non, navré mais…
Ses yeux s'embuèrent de larmes pendant que son sourire fanait.
-Soyez gentil…
-Mademoiselle, je…
-SOYEZ GENTIL!!
Je me retrouvai avec la pointe d'un stylo bille à quelques centimètres d'un de mes yeux. Je suppose avoir perdu mes couleurs sur l'instant, mais comme à mon habitude, je n'avais pas l'intention de le laisser paraître. Je pris doucement le stylo et écrivit soigneusement mon nom sur son calepin. Le sourire revint sur son doux visage, mais la nervosité y était aussi et à voir ses rougeurs et son air piteux, elle regrettait nettement son geste. Encore heureux qu'elle l'ait réalisé avant de m'avoir crevé un œil… À son départ, je guettai une réaction chez Duo qui n'était pas intervenu le moins du monde. Il ne souriait plus et me regardait gravement.
-Tu n'aurais pas du lui donner ce qu'elle voulait…
-Pour qu'elle m'empale avec son crayon?
-Oh, c'est pire si tu lui donnes ce qu'elle veut. Les princesses font facilement des caprices. Et Relena ne fait pas exception à la règle…
Ses yeux se plissèrent. Il ne semblait pas beaucoup l'aimer.
-Vous la connaissez alors?
-Non… Non, je ne connais plus personne ici.
Je voyais là une façon de dire que les gens avaient changés. Je ne savais pas à quel point j'avais raison, puisque je ne connaissais pas encore ces gens…
-Et cet ami qui t'héberge?
Les yeux de Duo s'agrandirent puis il me toisa gaiement.
-Il est ma chance dans ma malchance. Il ne change jamais. Il hait le changement. Il change de manteau et il est déboussolé. Il a de ces manies… oui, je suis très heureux qu'il me supporte!
-Et quand il ne te supportera plus?
C'était assez méchant, si j'y repense, mais…
-Eh bien dans ce cas… il me faudra trouvé un autre ami qui aura l'amabilité de me supporter.
Il s'avança dangereusement de moi, un sourire malin sur les lèvres.
-Souhaites-tu devenir mon ami, Heero?
Je paniquai. Je ne sus pas pourquoi. La proximité de son visage, peut-être. Ou l'insinuation de cette question. Ou alors ses yeux qui paraissaient plus améthyste que jamais, profonds et mystérieux. Quoi qu'il en soit, je me suis levé et suis parti rapidement sans avoir touché à mon café, sans l'avoir payé et sans avoir penser à mettre mon manteau. Je n'eus froid que lorsque je tombai à genoux dans le parc, haletant, rouge et confus. J'avais honte tout autant que mon instinct me criait comme un dément de ne plus m'approcher de Duo. Malheureusement pour moi, je n'ai pas été loin sans manteau. Je tremblais de froid et de confusion quand mon manteau s'abattit sur moi. Mon cœur s'emballa de nouveau, mais je demeurai à genoux, resserrant mon manteau autour de moi.
-Désolé… dis-je, penaud.
Je sentis une main se poser sur mon épaule, compatissante.
-Je prend la totale du blâme. Je fais cet effet-là aux gens. Souvent.
Duo me contourna et me jaugea de haut. Il se détourna quand je lui agrippai le poignet, plus par réflexe que consciemment. Nos regards se croisèrent et je me perdis dans la profondeur de ses iris drôlement colorés, encore une fois. Je souris.
-C'est à cause… tes… tes yeux.
Je ne savais plus ce que je disais. Le froid m'engourdissait et ma tête devenait lourde. Il me semblait pourtant ne pas avoir couru longtemps… mais je me confondais dans l'incohérence.
-Ce sont tes yeux.. qui font fuir les gens?
Il haussa un sourcil.
-Est-ce mes yeux qui t'ont fait fuir, Heero? demanda-t-il.
-Je le crois…
Il me décocha alors un sourire étincelant, se pencha et se colla littéralement le nez sur le mien, enfonçant son regard dans le mien. Il l'avait fait exprès. Définitivement.
-Tu aimes mes yeux, Heero?
-Je..
Et le noir total. Je sais maintenant que je n'avais pas succombé au froid, mais à lui. En me réveillant, je l'ignorais. En me réveillant, j'éprouvais en tout et pour tout que de la confusion. J'étais assis sur la banquette du Wheelain's Coffee, un café froid devant moi, une addition et de l'argent en face d'un Duo absent.
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Un second chapitre se termine!
