Hé me voilà! :D J'espère que le prologue a été a votre goût ;)
Allez, je ne vous retiens pas longtemps et je vous laisse plonger au 18ème Siècle ;D
Enjoy!
Chapitre I : 18ème Siècle.
« La flamme peut détruire mais maîtrisée, elle illumine »
Christian Jacq
C'est l'heure.
La cérémonie de remise des armures va bientôt commencer.
Nos futurs porteurs sont nerveux, nous le sentons à leur cosmos.
Taureau, Gémeaux et Sagittaire ont acceptés les leurs quelques années auparavant et elles nous rassurent : cette génération est composée de braves garçons.
Nous ne serons pas déçues.
En effet, lorsque Lion ressent le cosmos du jeune garçon qui se positionne en face d'elle, elle se gorge de fierté et brille d'un éclat plus vif : un petit génie. Son prétendant est un petit génie.
Un jeune prodige au cosmos instinctif et dévastateur.
Moi, je ressens celui de mon prétendant.
Un cosmos brûlant et ardent.
Brillant et rayonnant comme Antarès.
Je frémis : il est parfait. Ce jeune homme aux yeux bleus est le porteur idéal pour moi. Idéal pour notre constellation.
Néanmoins, sons futurs porteurs sont anxieux : ils savent pertinemment que la décision finale ne tient qu'à nous et que leurs nombreuses années d'entraînement peuvent être balayées en une poignée de secondes. Ils savent bien que ce n'est pas aux qui nous choisissent mais bien l'inverse.
Nous choisissons nos porteurs si nous les estimons dignes de nous.
Et ils craignent de ne pas nous mériter.
lls ne peuvent pas encore savoir que notre décision est déjà prise depuis que nous avons ressenti leurs cosmos pour la première fois.
Le Grand-Pope Sage se lève et commence un discours d'encouragement pour les jeunes hommes en face de nous. Il leur rappelle qu'ils sont les protecteurs de la Déesse et de la Terre, qu'ils sont les protecteurs de la vérité et de la justice. Qu'ils doivent se montrer dignes de leur rôle et que se sera à nous de les gratifier du test le plus fiable… Leurs années d'entraînement les ont préparés à ce jour mais ce sera à nous de décider si elles ont été efficaces ou vaines…
-J'ai confiance en vous mes garçons.
Finit le Grand-Pope en un sourire chaleureux. Alors, il lève le bras et désigne le premier garçon, le futur gardien de la première maison.
L'Atlante aux longs cheveux blonds-verts fait un pas hésitant en avant, un léger filet de sueur roulant le long de sa tempe.
Il a peur, peur de décevoir.
Peur de ne pas être digne de son titre et de son rôle.
Attendrie, Bélier attend calmement qu'il fasse le premier pas.
Alors, lorsque les doigts du jeune garçon l'effleurent, elle se détache et se colle à lui, l'englobant immédiatement d'un doux cosmos doré.
Shion lève les mains devant son visage et un sourire lumineux étire ses lèvres : Bélier l'a choisi.
Sans aucune hésitation.
Le Grand-Pope prend délicatement un long tissu blanc que lui tend un serviteur et Shion s'agenouille devant lui. Sage pose la longue cape blanche sur ses épaules et la fixe sur sa nouvelle armure en le félicitant. Alors, sans pouvoir cacher entièrement sa joie et sa fierté, le nouveau chevalier du Bélier porte son poing droit à son cœur et prononce pieusement ses vœux et son serment.
Le Grand-Pope hoche la tête, le relève d'un mouvement de main et termine en disant les dernières paroles rituelles. Alors, Shion baisse respectueusement la tête et recule au niveau de ses futurs frères d'armes. Tous le regardent avec de grands yeux, passant d'envieux à admiratifs.
Puis, le suivant, un jeune homme au regard enjoué et aux cheveux indigos indisciplinés, est appelé à son tour. Il avance, un sourire narquois sur les lèvres.
Et il en fut donc ainsi : chaque armure, chacune de mes sœurs accepte son prétendant sans une seule hésitation, comme si il était impossible de trouver mieux.
Ils sont dignes de nous et de nous porter.
Enfin vient notre tour, à mon futur porteur et à moi.
Le jeune homme aux cheveux bleus marine et au regard clair fait un pas assuré vers moi, un léger sourire confiant sur les lèvres. J'analyse son cosmos, un cosmos brulant, flamboyant et combattif.
Je sais alors qu'il est malade et que cette maladie risque de le tuer.
Je l'écoute respirer, j'entends son cœur si vigoureux battre à tout rompre et je souris : malgré son masque d'assurance tranquille, il a peur.
Mais je sens, je ressens ses pensées, ce qu'il a au plus profond de lui-même et je sais qu'il est parfait.
Alors, quand il m'effleure du bout du doigt, je me morcelle et fond sur lui, modifiant légèrement ma structure pour adopter parfaitement les courbes et les muscles de son corps.
Alors qu'il sourit de fierté et de soulagement, je lui murmure :
-Je suis heureuse de te rencontrer…
- Moi aussi ! Merci de m'avoir choisi !
-Merci à toi Chevalier : j'ai grand hâte de voir de quoi nous sommes capables.
-T'inquiètes : tu seras pas déçue ma grande !
Je souris devant son audace et sa franchise et le Grand-Pope le fait doucement s'agenouiller. Mon porteur baisse la tête et la voix de Sage résonne une nouvelle fois :
-Bienvenue à toi, Kardia, Chevalier du Scorpion. Que ta route sur le chemin de la Déesse soit longue et lumineux.
Kardia sourit à demi et commence à prononcer ses vœux…
Vœux que je dois lui souffler car il en a oublié la moitié.
Alors que je viens de le choisir, je sais que je n'aurais pu faire de meilleur choix : Kardia est né pour être Chevalier du Scorpion.
Il est né pour me mériter.
$s$s$s$
Avec Kardia, nous gravissons les échelons à une vitesse époustouflante : il est terriblement doué.
Terriblement prometteur.
Mais son cœur le freine.
C'est lui qui l'empêche d'avancer.
Sans Dégel, il serait mort depuis longtemps.
Je le sais et il le sait aussi.
J'ai déjà essayé de le convaincre de se ménager mais il refuse net : il veut se donner à fond et vivre la vie à cent à l'heure… Il veut vivre.
De toutes ses forces.
Et je ne peux l'en empêcher : c'est son choix. C'est à lui de choisir quelle vie il veut mener.
C'est ainsi que je l'aime… Mon porteur…
Tellement parfait, tellement digne de moi et de notre constellation.
Il n'a qu'un défaut à mes yeux : cette tendance à vouloir faire couler le sang, à vouloir faire souffrir les autres, à vouloir faire mal et voir leurs visages se tordre de douleur sous le feu du poison…
Ce petit côté sadique que je ne lui apprécie guère.
Dégel le lui reproche aussi : il lui a déjà dit ce qu'il en pensait mais Kardia s'en fiche. Il veut faire ce qui lui plaît et, au grand désarroi de Dégel et de moi-même, il continue…
Mais malgré ça, Dégel l'aime.
Leur relation est compliquée… Ils s'aiment, c'est une évidence. Mais…
Mais ils sont tellement différents : ils passent la plupart de leur temps à s'enguirlander, à se réconcilier, à s'aimer, à se re-disputer…
Combien de foi Kardia ne m'a-t-il pas dit qu'il ne voulait plus jamais entendre parler de Dégel avant de passer ses nerfs sur un mannequin d'entraînement Et combien de fois n'est-il pas rentré le soir en le serrant dans ses bras, murmurant qu'il l'aime comme un fou et ce pour toujours.
Mon Kardia est certes un sadique, un colérique, un impulsif et un passionné mais c'est aussi une personne d'une grande beauté d'âme et d'une force de caractère sans pareille. Malgré ses défauts qu'il reconnait lui-même (avec difficulté, je l'accorde, mais il les reconnait malgré tout) je l'aime.
De toutes mes forces…
Un lien d'une puissance phénoménale s'est créé entre nous et nous lie l'un à l'autre : je ressens ses émotions et ses sensations à la puissance mille. C'est terriblement grisant. Terriblement fort…
Mais hélas, comme à chaque fois, l'étape la plus douloureuse arrive trop vite…
C'est si dur de dire « au revoir » à une partie de soi-même qui nous est arrachée de force… Tellement dur et tellement douloureux…
Kardia…
Mon Kardia…
$s$s$s$
Ses forces vitales le quittent, ses poumons le brûlent et son cœur, après avoir brillé plus intensément que jamais, semble s'éteindre… Comme une flamme qu'on souffle…
Comme si Antarès se mourrait avec lui…
Assis contre une colonne, Kardia halète, la main pressée sur sa poitrine, à l'endroit de son cœur douloureux. Il vient de sauver Unity et nous savons tout deux que c'était son dernier effort…
Je suis tellement fière de lui.
Je l'appelle d'une voix faible et il souffle entre deux quintes de toux rauques accompagnées de sang :
-Je… Vois plus rien… T'es…Là ?
-Bien sûr ! Je ne t'abandonnerai pas !
-Ha… C'est… Sympa ça…
Me répond-il d'une voix sifflante. Je m'affole : j'ai déjà vécu la mort de mes porteurs mais celle-ci est de loin la plus horrible. Longue et lente agonie tandis que l'eau glacée de l'océan commence à grimper lentement…
-Je… Tu crois que… Dégel ?
Me demande-t-il faiblement. Au loin, j'entends Verseau qui parle doucement à son porteur, mourant lui aussi, les poumons gelés et à moitié aveugle… Je murmure doucement :
-Il n'en a plus pour longtemps.
Kardia hésite puis sourit :
-Ha…
Soudain, il pose les mains sur le sol et pousse, tentant de se relever. Je m'écrie :
-Que fais-tu ?!
-Je vais le rejoindre… Je… Lui dois au moins… Ca… Tu sais bien de… De quoi je parle…
Ma gorge se noue : oui… Je sais parfaitement quel lien unit mon porteur à celui de Verseau… Etrangement, il en a toujours été comme ça… Nous sommes fort proches et cette proximité à toujours touché nos porteurs… Ils sont tellement plus qu'amis mais tellement loin l'un de l'autre…
Kardia se redresse à demi, prend appui sur la colonne mais retombe, sans force.
Après un court instant, je prends ma décision et je projette ma propre énergie vers lui. Il écarquille les yeux :
-Mais qu'est-ce que…
-Je t'aide à aller le rejoindre ! Allez, debout Chevalier ! Bats-toi jusqu'au bout ! Ne me déçois pas !
Un maigre sourire étire ses lèvres :
-Jamais…
Souffle-t-il avant de se lever, lentement, faiblement, mais déterminé.
Je le force à avancer, j'ordonne à ses jambes de bouger, je le pousse en avant, vers Dégel.
Kardia fait un pas douloureux dans l'eau, puis un deuxième…
Il me sourit :
-Merci ma grande…
Je ne réponds pas : il n'y a rien à dire. Il doit économiser ses forces et ses dernières paroles doivent être pour Dégel… Le garder pour moi jusqu'au bout aurait été un acte d'un égoïsme indigne de moi…
Après une éternité, nous rejoignons les rejoignons. Verseau sait tout comme moi ce qui va arriver, elle sait que la fin est proche…
Je la sens soulagée et elle murmure, à l'unisson avec son porteur :
-Tu es… Venu…
Sans forces, Kardia se laisse tomber à côté de Dégel et le serre contre lui avec l'énergie qui lui reste :
-Ouais… J'te laisserai… Pas…
-Tu es brûlant !
S'exclame Dégel. Mon porteur rit doucement et enfoui son visage dans les cheveux verts de son ami, ami qui se blottit contre lui, le visage plongé dans sa gorge :
-Et t'es glacé… On fait la paire… Comme ça…
Un demi-sourire étire les lèvres de Dégel :
-Depuis toujours…
-Ouais… Et on va finir comme… Comme on le voulait…
Leurs mains se trouvent et leurs doigts s'entremêlent dans une dernière étreinte. Tous deux ferment les yeux et soufflent, les lèvres séparées d'une poignée de centimètres :
-Ensemble…
Et, alors que Verseau se force à ne pas réagir, leurs lèvres se trouvent et je sens avec horreur la vie de Kardia m'échapper. Il se meurt dans les bras de celui qu'il aime… Et inversement…
Alors, je me force à ne pas intervenir, je le laisse partir…
Je le laisse avec Dégel…
Ce qui me heurte d'abord, c'est le silence dans mon esprit.
Rien.
Plus de vie, plus ce sourire perpétuellement chaleureux sur ses lèvres.
Je suis seule…
Mon porteur vient de me quitter et je ne peux même pas le pleurer.
Seul un murmure m'échapper alors que l'eau continue de grimper jusqu'à atteindre leurs poitrines :
-Adieu Kardia…
Leur dernière étincelle de cosmos s'éteint alors et Verseau et moi sommes rappelées au Sanctuaire.
Je les regarde avec peine et douleur, deux silhouettes enlacées dans un linceul d'eau… Ultime geste pour nos porteurs disparus, Verseau gèle l'eau autour d'eux, formant un véritable cercueil de glace.
Ils ne seront jamais seuls et jamais séparés…
A jamais ensemble…
Nous nous éloignons à regret et je jette un dernier regard à mon Kardia…
Il a l'air si paisible à présent…
Désormais, Verseau et moi sommes seules…
Nos porteurs viennent de mourir…
Ensemble…
Et voilà ;) J'espère que ça vous a plu ^^ Dites-moi ce que vous en avez pensé et...
A la prochaine pour le 20ème Siècle ;D
Bisous!
