Chapitre 1 me voici!
Pairing: Zoro x Sanji (Zoro légèrement OOC)
Sujet: Romance, Solitude, psychologique
Résumé: Il n'est jamais trop tard pour apprendre quelque chose, pour changer une habitude, pour abolir un silence. Pour aimer quelqu'un.
Disclaimer: Tout ce beau monde est à Mister Oda-san (snif) *
Enjoy!
[A] Apprendre
"Apprendre, c'est se retrouver."
Gustave le bon
La cale, le roulis de des vagues contre la coque du bateau. Une lanterne diffusait une lumière tremblante sur les parois en bois. Dehors la nuit devait être tombée depuis un moment déjà. Le décor est planté. Un homme, la tête rejetée en arrière. Il semblait ailleurs, sûrement que la bouteille bien entamée à côté de lui y était pour quelque chose. Le liquide ambré dansait au grès du roulis. L'homme se leva, essaya. Ces pensées fessaient une cacophonie atroce dans sa tête, elles tournaient en rond, se répercutent dans les recoins de son esprit embrumé. Il réussit tout de même à s'extraire sur le pont. Le gazon dessous, le ciel dessus. Il resta là, couché, sans aucune notion de l'espace ou du temps. Ces yeux ne voyaient pas la multitude d'étoiles qui brillaient silencieusement au dessus de son corps avachi. Toutes ses sensations avaient rendu l'âme, il lui semblait qu'il flottait, quelque part sous la mer juste au dessus de la plénitude du ciel. Finalement son cerveau décida qu'il était temps de revenir, il avait pris ses cliques et ses claques vers 9h du soir lors de la première bouteille. Il était actuellement 4h du matin et il avait décidé qu'il était temps d'abréger les souffrances de son hôte. Alors celui-ci sentit se dissiper le brouillard dans lequel il avait volontairement plongé. Malgré ses extrémités lourdes, il réussit à ce traîner jusqu'au pied du mât et en s'y adossant il sentit le bois dur contre son dos, comme un point d'ancrage à la réalité. Une légère brise lui caressa le visage comme de longs doigts fins d'une couleur d'Ivoire. À cette pensée tout lui reviens d'un coup et il dut se précipiter maladroitement au bastingage pour se vider dans la mer. Il resta un moment comme ça, avachi sur la barrière en bois, déchet humain au dessus de l'eau. Puis il se laissa glisser au sol et il sombra dans un sommeil de plomb.
Une tête blonde émergea du dortoir masculin. L'aube venait d'apparaître et il aimait contempler le ciel qui semblait se déchirer entre l'ombre et la lumière. Un moment hors du temps. Il savourait toujours des débuts de journée avec plaisir, le seul moment où il pouvait se retrouver entièrement avec lui même, devant ce magnifique tableau céleste et avec le bruissement de la mer en fond. Il avait son petit rituel : il s'avançait jusqu'à la proue et s'adossait au bastingage; ces doigts fins ouvraient son paquet de cigarettes et il en fumait une, le première de la journée, la meilleure. Une fois celle-ci éteinte et écrasée, le cuisiner reprenait son rôle et allait préparer le petit déjeuner pour un équipage, et surtout un capitaine, affamé. Cependant ces derniers temps un élément venait troubler cette cérémonie matinale: tous les matins il retrouvait le second de l'équipage dans un état lamentable quelque part sur le pont, comme échoué. Il semblait s'être perdu en mer, comme un coquillage déposé sur la plage par inadvertance. Il savait que tout les soirs le sabreur venait piocher généreusement dans la réserve d'alcool du navire (d'ailleurs celle-ci diminuait a vu d'œil) et ça l'inquiétait un peu. Non pas qu'il accorde une quelque importance aux agissements de ce crétin, mais il se demandait bien pourquoi celui-ci s'était mis à autant boire d'un coup... Il soupire et jeta son mégot par dessus bord. Jetant un dernier regard au corps inerte du sabreur il se dirigea d'un pas rapide vers la cuisine. En entrant il balaya son havre de paix du regard. Rien qu'entrer dans cette pièce l'apaisait, il savait qu'ici c'était son domaine, le seul endroit où il maîtrisait tout, où rien ne lui échappait. Tous ces ustensiles étaient à leur place, les couteaux bien affûtés rangés par ordre croissant, les ingrédients, les épices, les poêles, les casseroles, tout était à sa place. Que c'était bon de sentir cet ordre l'envahir. Puis comme un chef d'orchestre il se mit a mélanger les goûts et les couleurs pour créer une symphonie gustative digne d'un grand mélomane.
Le capitaine déboula dans la cuisine 1h plus tard, rompant ainsi brutalement l'harmonie installé par le blond: "Sanjiiiiii j'ai faiiiiii…" Le blond se mit en équilibre sur une jambe pour envoyer sa semelle noire dans la face du ventre sur pattes. Ce dernier fit un vol plané pour finir par s'aplatir sur le mât et repartir aussitôt, d'un pas plus mesuré vers la salle à manger. Il fut vite rejoint par le reste de l'équipage, les filles y compris ("Nami-Chérie que tu est belle ce matin, Robin d'amour tient une tasse de thé"). Un seul manquait à l'appel : Zoro. Le cuistot souffla puis partit le chercher, ne voulant pas avoir à refaire à manger pour l'autre alcoolique. Le trouvant au même endroit qu'auparavant, il s'arrêta quelques secondes pour le regarder dormir paisiblement, les traits détendus. Puis il abattit son pied contre le torse du bretteur, qui se réveilla avec plus aucune once d'air dans les poumons et une furieuse envie de meurtre. Encore un peu sonné il mit quelques secondes à réaliser que, d'une part le cuisinier se tenait debout à côté de lui, et d'autre part que c'était sûrement ce même cuisiner qui venait de le tirer assez violemment de son sommeil.
"- Oï cuistot du dimanche! Ça va pas de réveiller les gens comme ça?
- Ksss, arrête de te plaindre marimo et estime toi heureux que je vienne te réveiller avant que Luffy ai mangé tout jusqu'à la dernière miette!
- Groumpf
- Tu es loquace ce matin dit moi! Tes neurones ont du mal à se trouver dans ta tête creuse?
- Ferme là sourcil en vrille!
- Si elles ont le même sens de l'orientation que toi ce n'est pas étonnant!" Le sabreur se leva d'un coup et il s'apprêtait à faire regretter ses paroles au blondinet quand celui-ci tourna les talons avant de lui balancer par dessus son épaule :
"Va prendre une douche avant de rentrer dans ma cuisine! T'empeste tête d'algue avariée! " Tout en grommelant dans sa barbe le bretteur se dirigea vers la salle de bain. Une fois à l'intérieur, il se débarrassa de ses vêtements et se plaça sous le jet de la douche. Il sentit les restes de son sommeil, de sa nuit agitée et de l'odeur d'alcool qui s'accrochait à lui comme un naufragé à sa bouée, s'en aller emportés par les torrents d'eau claire qui courraient sur son corps. Il laissa un soupir de bien-être s'échapper de ses lèvres. Il esquissa un sourire quand un souvenir s'empara de lui. Ce bleu... si beau, si profond.
Quelques minutes plus tard, le bretteur alla rejoindre ses amis pour essayer de sauver quelques aliments des griffes de son capitaine. Air renfrogné, démarche lourde et mesuré, tenue négligée, stature droite... Tout était en place. Il entra et d'un coup le nombre de décibels ambiants monta en flèche, les deux filles parlaient dans leur coin alors que les autres se battaient pour quelque chose qui avait l'air en mauvais état actuellement. Le vert salua vaguement tout le monde puis prit un café, trois quatre charcuteries ça et là et un scone avant d'aller se caler dans un coin. Il mangea comme à son habitude, assez calmement. Non pas en dégustant chaque bouchée comme Robin ou en engloutissant tout comme Luffy. Non il mangeait juste, bouchée après bouchée, il avait un certain plaisir à manger la bouffe du cuistot mais ça il ne lui dirait pour rien au monde.
Petit à petit la cuisine se vida, ne laissant plus que le cuistot, le bretteur et les deux filles :
"- Sanji?
- Oui Nami- Chérie?
- On va croiser une île dans peu de jours normalement, il faudra refaire les stocks donc il faut faire le point sur ce qu'il manque et sur ce qu'il faut donc acheter de façon à ce que je vous donne une somme adéquate".
En effet la rousse ne comptait pas leur donner un centime de plus.
Le cuistot en fut content, il allait enfin pouvoir refaire le plein de vivres, et le bretteur, quant-à lui, était content d'avoir l'occasion de se dégourdir les jambes et de refaire le plein de bouteilles. En effet celles-ci diminuaient très rapidement. Le blond décida de s'y mettre immédiatement, donc il demanda poliment à ses deux mellories d'aller prendre le soleil et jeta, sans autre forme de procès, le sabreur dehors avant de s'enfermer dans la cuisine pour regarder les réserves.
Zoro, jeté comme un malpropre, décida d'aller s'entrainer dans la vigie. En entrant dans cette pièce qu'il s'était approprié il se demande ce qu'il allait bien pouvoir faire pour sa séance quotidienne il augmentait souvent ses entrainements pour continuer à s'améliorer et tendre de plus en plus vers son but final : être le meilleur. Il avisa les nombreuses altères aux poids divers qui jonchaient le sol de la pièce et il en choisi un certain nombre, il décida d'aller s'entrainer sur le pont car il fessait beau. Il s'installa donc quelques minutes plus tard sur la proue pour commencer sa séance de 4h quotidienne.
Tout le monde vaquait à ses occupations, ce moment d'accalmie était bienvenu à bord du Sunny et chacun en profitait à sa manière : Nami s'occupait de cartographier les dernières îles et bout de mers qu'ils avaient parcourus dernièrement, pas loin d'elle Robin lisait calmement pendant que Sanji fessait l'inventaire dans le garde manger. Le petit médecin rangeait son infirmerie, qui avait été très occupée après leur dernière bataille, et réfléchissait à ne nouvelles mixtures; Ussop et Franky fessaient marcher leurs méninges pour améliorer le mini-Merry et finalement Zoro s'entrainait sur le pont tout en gardant un œil sur la mer au cas où quelque chose vienne troubler le « calme » de Grand-line.
La journée s'était écoulée calmement, comme un poisson entre les violents courants qui agitaient le nouveau monde. En fin d'après-midi une ombre prudente se glissa le long des murs jusqu'à la calle du navire. Robin ouvrit la porte qui menait au compartiment inoccupé et entra dans celui-ci. L'endroit était assez grand, et la brune fit une grimace face au spectacle qu'elle avait devant elle, ses doutes étaient donc fondés : quelque chose n'allait pas avec le bretteur… Comme pour confirmer sa pensée son regard se posa sur les nombreux cadavres de bouteilles qui jonchaient le sol, comme de bien tristes témoins des tourments nocturnes du second de l'équipage. La brune se demandait ce qui poussait le sabreur à se comporter de la sorte, elle pensait en avoir une idée mais parler avec Zoro était assez difficile… C'était pour ne pas trahir ses intentions qu'elle n'avait pas osé épier le bretteur quand elle s'était rendu compte qu'il s'éclipsait toujours avec une ou plusieurs bouteilles de rhum. Elle s'apprêtait à remonter sur le pont quand un détail attira son regard : Il y avait un petit flacon qui était posé dans le coin, il semblait contenir un liquide légèrement irisé. Robin porta le contenu à ses narines puis sourit en reconnaissant l'odeur, elle reposa délicatement le flacon à sa place avant de tourner les talons pour sortir de cette « pièce » qui sentait l'alcool, la transpiration et une petite note musquée.
Le soleil se couchait sur l'océan quand Zoro laissa tomber son altère sur le planché du bateau. Il se retourna pour admirer le dégradé de couleurs flamboyantes qui se peignait dans le ciel : tout le monde le pensait insensible à toute beauté, sans émotions ni sentiments. Pourtant il était sensible à certaines beautés : certains paysages l'émouvaient, il était conscient que les plats de Sanji étaient délicieux, quoi qu'il en dise au cuisinier en question, et certains physiques le troublaient aussi… Et des sentiments il en avait aussi, il ne les montrait juste jamais. Mais en ce moment ils prenaient beaucoup trop d'ampleur et il avait du mal à se contrôler. Ses émotions tournaient dans sa tête jusqu'à l'étouffer, il avait l'impression que son monde se comprimait, qu'il allait finir par l'écraser à force de s'effondrer tout les quatre matins. Il avait envie de se perdre dans ces deux lagons bleus, il voulait pouvoir caresser cette ivoire si délicate, passer sa main dans ces fils d'or… Dos au reste du navire, le bretteur laissa glisser ses katanas à terre, son visage se fit plus triste et tourmenté, son corps perdit de sa superbe, le masque habituel fut abandonné dans la solitude de ce soleil couchant. Ce n'était plus le démon aux trois sabres qui se tenait là, mais un homme brisé. Sa fierté l'empêchait de se montrer aux autres comme ça, il devait les protéger et non pas les accabler avec ses états d'âmes.
Sanji se tenait devant la porte de la cuisine, la légère fumée de sa cigarette s'échappait d'entre ses lèvres, il regardait le tableau céleste qui se peignait devant lui. Cependant son regard fut attiré par la silhouette masculine qui se tenait devant le soleil. L'astre couchant baignait son corps musclé d'un halo rougeoyant, le bretteur étant à contre jour, il pouvait à peine distinguer les formes puissantes de son corps. Son dos nu luisant de sueur fessait un étonnant jeu d'ombres et de lumières. Le tout était si saisissant que le blond sentit son ventre se serrer à cette vision. Cependant la posture du bretteur n'était pas habituelle, il semblait abattu. Le cuistot fronça les sourcils, il ne comprenait pas ce qu'il se passait dans la tête de leur bretteur, personne ne savait… Pourtant tout était d'une affreuse normalité : ils se battaient toujours, s'insultaient, le Marimo s'entrainait et dormait au pied du mat, pendant que le reste de l'équipage vaquait à ses occupations. Normalement, si atrocement normal. Seul le corps ivre du bretteur le matin et son corps abattu, quand il pensait être seul, le trahissait. Le cuisinier voulu s'approcher de lui, il avait un besoin viscéral d'effacer cette douleur latente chez le bretteur.
Il traversa silencieusement le pont, ses pas étouffés par l'herbe, et il se posta derrière le vert. Zoro avait senti la présence du blond derrière lui depuis qu'il était monté sur la plateforme, il avait senti son corps reprendre contenance instinctivement, comme s' il n'avait pas envie se montrer aussi vulnérable à lui. Surtout à lui. Il s'apprêtait à l'envoyer voir ailleurs, quand il sentit la main fraiche du blond se poser sur son épaule. Il tressaillit au contact de sa paume délicate sur lui. La peau du bretteur était brulante et le contraste entre sa couleur hâlé et celle diaphane de Sanji était saisissant, le blond regarda ce point de contact quelques instants pendant qu'une image fugace se fessait son chemin dans son esprit. Il rougit. Finalement le second se retourna vers lui, le cuisiner recula devant la violence des émotions présentes dans les yeux du sabreur, il n'arrivait pas à se détacher de se déchainement qui se jouait dans ces deux mélancoliques émeraudes. Il aurait voulu dire quelque chose, une parole réconfortante, une phrase pleine de vie et d'espoir pour combler le vide qu'il pouvait voir dans son compagnon. Mais rien ne franchit la barrière de ses lèvres c'était au dessus de ses forces, le bretteur connaissait une douleur connue du cuisiner. S'il voulait faire quelque chose il faudrait que le vert parle aussi. Et aucun des deux ne savait manier les mots, ils ne savaient pas faire de jolies tournures ou des phrases alambiquées, alors ils ne parlèrent pas. Zoro reprit son masque de marbre et se baissa pour saisir ses lames pendant que Sanji remettait sa mèche en place et soufflait un coup. Quand le sabreur se releva tout était redevenu normal, affreusement normal.
« - On mange Marimo ! Bouge ton cul !
- J'arrive cuistot du dimanche, va jouer l'esclave pour tes deux déesses en attendant que je range mon matériel
- Je ne te permets pas !
- c'est bien : je me permets tout seul ! »
Après quelques coups chacun reprit son chemin, l'un vers la cuisine et l'autre vers la vigie, l'incident était clos. Comme d'habitude.
Le repas se passa normalement, comme toujours. Les garçons partirent en premier, sauf Zoro qui somnolait sur ses sabres, vite suivis par Nami et Robin. Sa vaisselle finie, Sanji décida d'aller fumer sa dernière cigarette de la journée; le bretteur se leva donc et alla piocher généreusement dans la réserve d'alcool avant de ressortir de la cuisine et de se diriger vers la cale du navire. Le blond et un œil de la brune assistèrent, impuissants, à ce petit manège devenu quotidien, presque normal.
Une fois en bas, le vert ouvrit la porte et se glissa à l'intérieur de son coin avec sa lampe et ses bouteilles avant de la refermer derrière lui. Il pose la lanterne contre le mur et prit le petit flacon qui reposait dans un coin. Il le déboucha puis laissa l'air se charger de son odeur avant d'ouvrir la première bouteille, il la leva vers le plafond : « A la tienne », puis il but une longue gorgé qui lui brula l'œsophage et lui réchauffa l'estomac. La nuit s'annonçait longue, comme toujours.
« Ouais, il but une gorgée, à la tienne ! à tes cheveux, à ta peau, à ta démarche, à ton corps… et à tes putains d'yeux ! Ouais, à la tienne… et à ton odeur... »
Quelque part entre ciel et mer deux hommes si proches, et pourtant si lointains, semblaient avoir oublié le monde autour d'eux. L'un aspirait une sensation de substitution pendant que l'autre noyait les siennes dans du liquide ambré.
Zoro fut le premier, après son capitaine, à poser le pied à terre. Ils avaient navigué encore pendant deux jours avant d'atteindre cette île, chacun c'était vu attribué une certaine somme d'argent avec des choses spécifiques à faire. Comme à chaque fois qu'ils accostaient sur une île. Chacun fit ce qu'il avait à faire, et le soir ils se retrouvèrent tous à une auberge, un peu miteuse, mais pas trop chère. Cela fessait un moment qu'ils avaient commencé à boire, Zoro tenait encore largement la route, mais Sanji commençait à se sentir un peu trop joyeux. Franky fit remarquer qu'il y avait de jolies filles dans le coin et le blond approuva avec beaucoup d'enthousiasme, d'ailleurs une d'elles se dirigea vers lui pour l'inviter à danser et il partit donc vers la piste de danse avec la jolie demoiselle aux cheveux bleu turquoise. Il dansait très collé à elle, il se déhanchait, totalement débridé par les brumes de l'alcool, et petit à petit la chaleur monta entre eux deux. Elle vint à la rencontre de ses lèvres dans un baiser brutal, au début il fut un peu surprit par l'initiative mais il se laissa finalement aller et il ferma les yeux pour savourer. Il se laissa emporter par la fougue du moment, mais son imagination dérapa… ce n'était plus des longs cheveux bleus turquoise, mais de courts cheveux verts, le corps plantureux avait été effacé par un corps musclé et puissant… Il rouvrit brutalement les yeux et poussa sans ménagement la jeune fille surprise avant de foncer aux toilettes. Une fois là-bas il vomit tout l'alcool qu'il avait dans l'estomac. Pourquoi il avait imaginé ça ? Pourquoi son cerveau avait régit de la sorte à un simple baiser avec une fille ? Il n'avait aucune réponse mais, l'alcool aidant, il savait où les chercher.
En retournant à la table qu'il occupait avec ses compagnons il remarqua qu'il y avait une ambiance étrange : Robin le regardait avec la bouche pincée, chopper et Luffy semblaient médusés, Brook et Franky fixaient bêtement la place de Zoro…. Qui n'était visiblement pas là. A la place il y avait un verre de saké explosé en morceaux sur la table. Que c'était-il passé ? Robin lui intima le silence quand il allait parler et lui indiqua du pouce la porte. Le sabreur était donc sortit, énervé.
En effet le bretteur était parti, s'il ne l'avait pas fait la fille serrait morte surement. Quand elle avait empoigné Sanji pour l'embrasser, il avait craqué. Ça fessait des mois que ça durait, qu'il ne disait rien, et qu'il était obligé de se bourrer la gueule tout les soirs pour ne pas rêver de lui, pour ne pas avoir envie d'aller le voir et tout lui balancer au visage… Mais il en avait marre, marre de se cacher, de se la fermer, d'aimer cet abrutit. Il n'y arrivait plus, il n'avait plus assez de force pour se combattre en permanence. Alors lorsque le premier gars un peu éméché lui proposa ses services, il le laissa faire. Comble de l'ironie, il était blond aussi, peut-être qu'il avait accepté pour ça. Il se servirait de lui comme pâle illusion pour combler un minimum le manque qui grandissait au fond de lui. L'inconnu le poussa contre un mur et empoigna sa verge pour la mettre directement dans sa bouche. Il fessait des allez retours chaotiques, et se débrouillait pas trop mal. Mais c'était tellement vulgaire, tellement dénué de classe, cet inconnu ne serait jamais à la auteur du blond. Mais il tentait tant bien que mal de se soulager, alors il imaginait, il créait sa scène, où, quand, comment. Un spasme lui tordit le ventre. Il voyait le cuisiner s'empaler sur lui. Il se déversa dans la bouche de son inconnu. Celui-ci s'effondra après ça, il ne prit même pas la peine de se nettoyer. Zoro le regarda avec un dégout non-dissimulé : ce pauvre type n'était vraiment pas comparable avec lui. Finalement il s'éloigna en direction de la mer, ou en tout cas dans la direction qu'il pensait que c'était.
Sanji marchait, hagard, dans les rues il se laissait guider par son instinct, le destin, le hasard, appelez ça comme vous voulez. En fin il atterrit sur une place qui jouxtait une plage de sable, et au fond il reconnu le dos de son Marimo. Il avait du mal à marcher, son pas était mal assuré, sa tête tournait un peu mais il réussi tant bien que mal à s'agripper au sabreur qui entre temps avait fait volte face. Ils se retrouvèrent face à face, à quelques centimètres d'écart à peine. Chacun sentait le souffle de l'autre sur sa peau, Zoro voyait bien que Sanji était beaucoup trop bourré pour être lucide. Cette pensée se confirma d'ailleurs quand ce dernier l'embrassa brusquement, mais il n'arrivait pas à le repousser. Il en avait tellement rêvé que même si le blond ne se souvenait de rien le lendemain, ce n'était pas grave. Lui se souviendrait.
Audacieux, la cuisinier passa ses mains sous le T-shirt de son acolyte et le releva, pour finalement l'enlever totalement. Il ne comprenait pas pourquoi il agissait de la sorte, mais quelque chose enfouis au fond de lui le poussait à continuer. Tant pis pour les conséquences. Le sabreur le pris et l'allongea contre le sable encore chaud, délicatement il enleva les vêtements du blond un à un. Même si ça ne se reproduirait pas et que c'était juste le fruit d'une soirée trop arrosé pour le cuistot, il voulait tout faire bien. Il en avait besoin. Alors il prit soin de sa poupée de porcelaine. Finalement Sanji se retrouva entièrement nu, la légère brise caressant sa peau et les yeux de Zoro brulant chaque parcelle de son corps d'un désir mal contenu. D'une main mal assurée le blond attrapa la nuque de son amant pour l'embrasser, leur baiser fut passionné, avide, destructeur, dévastateur. Du bout des doigts le vert découvraint le corps parfait qui était allongé sous lui, il caressa les flancs lentement avant de descendre sur les hanches. Il déposa un dernier baisé sur la bouche de son amant avant d'aller torturer son cou; il mordilla, suça, embrassa. Ses clavicules, ses épaules, ses tétons, sa fine musculature qui s'étendait sur son torse et son ventre furent les victimes de cette attention. Sanji laissait échapper des soupirs ou parfois des gémissements au contact de la bouche experte du bretteur, chaque fois ce dernier se sentait durcir un peu plus, ça en devenait douloureux. Avec la pulpe de ses doigts il retraça le pli de l'aine, la longueur de la verge et le contour du bout de la virilité de son amant qui s'abandonnait au plaisir qu'il lui donnait. Un bout d'un moment il demanda au cuisiner de se retourner sur le ventre, celui-ci obtempéra sans poser de questions. Il sentit des violents frisons le parcourir quand la langue de Zoro retraça sa colonne et il gémit carrément quand la verge, que celui-ci avait libérée, entra en contact avec la sienne. Mais rien ne l'avais préparé à ce que le sabreur continue son exploration buccale jusqu'à là. Il gémit bruyamment quand le muscle de son amant retraça les contours de son anus, c'était chaud et humide, il découvrait de sensations inédites. Au bout de quelque temps un doigt se rajouta à la caresse, et le vert l'introduit lentement en lui. Sanji se crispa autour, il n'était pas habitué à que quoi ce soit entre en lui par cet endroit. Lentement Zoro commença à faire des allez retours en même temps qu'il empoigna la virilité tendue du blond pour dissiper l'inconfort du premier doigt, et bientôt la douleur des suivants. En effet lorsqu'il introduit le deuxième doigt, le cuistot eu du mal à pas lâche un petit cri pas vraiment viril, et au troisième il étouffa une plainte dans son bras. Après de longues minutes de préparation, le second jugea que son blond était prêt pour passer à la suite. Alors il attrapa doucement les fines hanches de son amant pour l'assoir progressivement sur lui. Quand la verge de Zoro commença à rentrer en lui, Sanji eu l'impression qu'on lui déchirait les reins, la douleur était atroce, il laissa quelques larmes rouler sur ses joues. Voyant l'inconfort de son amant, le vert commença à le masturber pour qu'il se concentre sur autre chose que la douleur, et ainsi peu à peu il s'enfonça jusqu'à la garde.
« - Sanjiii…han… t'es tellement serré, c'est atroce… »
Aussi atroce qu'il le dise, le Marimo avait l'air d'apprécier qu'il soir si serré visiblement. D'ailleurs le blond commençait à sentir la douleur se dissiper, il bougea légèrement les hanches pour donner le feu vert à son escrimeur, celui-ci comprit immédiatement et se mit donc à faire de légers vas et viens dans l'antre de son cuistot. Petit à petit des bruits obscènes remplirent la plage, les deux amants gémissant à chaque nouveau coup de rein, chaque fois plus profond que le précédent. A un moment le bretteur réussi à localiser la prostate de son acolyte et frappa en plein dedans ce qui fit voir des étoiles à ce dernier. Ils continuèrent un moment comme ça, l'un perdu dans le tourbillon de sensations que lui procurait son Marimo, l'autre jugulant ses émotions pour en pas marquer définitivement son amant et ainsi prouver au monde entier que cette nuit avait existé. Mais, chacun avait envie de l'autre depuis trop longtemps : après une dernière vague de plaisir dévastatrice ils jouirent en même temps. L'un sur le sable humide et l'autre en lui.
Sanji se laissa aller contre le torse du bretteur qui l'entoura de ses bras puissants. Les minutes passèrent puis d'un coup un sanglot déchira la nuit. Le blond alarmé voulu se retourner pour faire face au vert mais celui-ci se retira d'un coup de lui, lui arrachant une grimace, et partit en direction de la mer sans un mot, les larmes ruisselant sur ses joues et coulant le long de sa mâchoire et de son cou. Il rentra dans les vagues sans se soucier de la fraîcheur de l'eau et se prit la tête entre les mains, comme si il voulait cacher sa détresse à la lune. Finalement le cuisiner avait quand même réussi à se relever, malgré le puissant mal dans le bas du dos, et il avait suivit le bretteur dans les flots glacés de l'eau de mer.
« - Zoro, qu'est-ce qu'il se passe ? »
N'obtenant aucune réponse, il se rapprocha encore et l'enlaça par derrière.
« - Arrête
- Arrête quoi ?
- De faire comme si j'étais quelque chose pour toi, de faire comme si demain cette nuit sera autre chose qu'un regret, de faire comme si ce n'était pas le fruit de l'alcool… Demain matin tu classeras cette nuit dans le dossier « Expériences intéressantes étant bourré », si seulement t'en gardes un souvenir, et tu passeras à la suite. Comme cette fois où on c'est embrassés dans la cuisine. Tu feras comme si de rien n'était et moi je me tairais, par fierté, connerie, ou impuissance. Mais j'en ai marre, je t'aime putain Sanji ! Tu m'rend dingue…
- Non Zoro, je n'oublierai pas. Comme je n'ai pas oublié ce baiser dans la cuisine, comme je n'ai pas oublié chaque geste que tu as eu envers moi depuis qu'on est ensemble sur ce bateau de barges… Je n'ai pas couché avec toi parce que je suis bourré, où parce que j'avais envie de tester de nouvelles expériences… Non Zoro… »
Lorsque le blond murmura trois petits mots, Zoro laissa échapper une dernière larme. Mais celle là était différente, plus belle, plus limpide, un éclat de bonheur, un cristal d'espoir.
Entre ciel et mer, deux hommes sont enlacés. Sous la lune bienveillante et dans les flots protecteurs ils ne se parlent pas, ils ne maitrisent pas cet art. Mais il est toujours temps d'apprendre.
Au pied d'un cocotier, un pétale délicat se pose sur le sable humide. Oui, il est toujours temps d'apprendre.
Voilà Voilà ce premier Os! J'espère qu'il vous à plus (soyez pas trop sevère c'est mon premier vrai lemon ≥ 3 ≤)
Laissez moi vos impressions!
Bisous Poutoux
