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Finalement, je me suis lancée sur une suite. J'espère qu'elle vous plaira autant que le premier chapitre.
Bonne lecture
Le texte en gras correspond aux répliques des personnages dans la série.
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C'est un soleil éclatant qui accompagna son réveil ce jour-là. Il ne se souvenait pas avoir aussi bien dormi depuis longtemps. Il resta quelques minutes allongé, voulant profiter au maximum de cet étrange sentiment de plénitude.
_ Elisabeth Bennet…
Il ne put s'empêcher de sourire en prononçant le nom de celle qui s'en le vouloir avait capturé son cœur et bousculé ses certitudes. Il avait craint qu'elle ne puisse lui pardonner, cette idée était encore plus difficile à supporter que le fait de ne plus jamais se retrouver en sa compagnie. Mais elle avait une fois de plus prouvé qu'elle n'était pas une femme ordinaire : elle lui avait pardonné. Le temps passé en sa compagnie hier, bien que trop court à son goût, avait été une vraie bénédiction. Celle qu'il n'espérait plus s'était promenée avec lui dans les jardins de Pemberley. Elle avait apprécié tout ce qu'elle avait vu- il ne doutait pas que son avis est été sincère- et elle lui avait donné son accord pour être présentée à Georgiana.
Il se redressa avec souplesse. Il avait prévu de présenter sa sœur à Miss Bennet aujourd'hui et il comptait bien le faire dès que cela serait possible. Il sonna son majordome et se dirigea vers son espace de toilette. De l'eau fraiche et un bon petit déjeuner. Voilà ce par quoi il devait commencer !
_ Vous semblez de bien belle humeur aujourd'hui Darcy, lui fit remarquer Charles Bingley durant le déjeuner.
Bingley, ses sœurs et Georgiana étaient arrivés quelques heures à peine après son réveil. S'il était heureux de revoir sa sœur et son ami de toujours, il dû aussi composer avec le reste de la famille de ce dernier. Mais rien ne pouvait ternir le bonheur qu'il ressentait à savoir Miss Elisabeth si près de lui et dans de si bonnes dispositions à son égard.
_ Vraiment ? Je ne m'en rendais pas compte.
Serait-il devenu si transparent ?
_ Une nouvelle vous mettrait-elle particulièrement en joie Monsieur Darcy ? demanda Miss Bingley d'une voix mielleuse.
Il était certain qu'elle s'imaginait que c'était sa présence qui réjouissait le maitre des lieux.
_ Non, pas particulièrement Miss Bingley.
_ Un évènement peut-être ? proposa-t-elle à nouveau.
_ Non plus. Quelques visites à faire dans les environs, rien de plus. Mais justement Charles. Saviez-vous que Miss Elisabeth Bennet se trouvait actuellement dans le Derbyshire ?
Il espérait avoir été assez neutre dans son expression.
_ Non, je l'ignorais mais quelle excellente nouvelle. Est-elle loin d'ici ?
_ Non. Elle est à Lambton avec des parents.
_ Mais c'est à quelques miles à peine ! Pensez-vous qu'elle serait heureuse de nous revoir ? Nous pourrions lui rendre visite. Après tout, Miss Elisabeth et sa famille ont été des voisins plein d'attentions à notre égard durant notre séjour dans le Hertfordshire.
_ Vous m'en direz tant, susurra Miss Bingley, visiblement douchée par cette nouvelle.
Il préféra l'ignorer et se concentrer sur Charles qui réagissait exactement comme il l'avait espérer. Il avait craint un instant que le souvenir de Jane Bennet ne le pousse à éviter une rencontre avec un quelconque membre de la famille.
_ Je pensais vous le proposer justement.
_ Et vous faites bien mon ami. Viendrez-vous avec nous ? proposa-t-il, en se tournant vers ses sœurs et son beau-frère.
_ Non, non, nous devions justement faire une visite Louisa et moi. Nous aurons sans nul doute l'occasion de voir Miss Elisabeth Bennet une prochaine fois, répondit Miss Bingley avec son plus beau sourire.
Quant à , tout occupé à son repas, il ne prit même pas la peine de répondre.
_ Bien, bien, conclu Charles.
Puis son ami poursuivit par un beau monologue sur les souvenirs qu'il gardait de son voyage en Hertfordshire. Il vit avec plaisir l'intérêt que portait sa jeune sœur aux propos de Charles et il pensa que ce serait un bonheur extrême pour lui que Georgiana se lie d'amitié avec Miss Elisabeth.
C'est un peu plus tard qu'il eut enfin le plaisir de monter en voiture avec sa sœur pour aller à la rencontre de la jeune fille. Charles les suivait à cheval lui aussi très heureux de cette rencontre et si Darcy ne le savait pas amoureux de l'ainée des Bennet, il s'en serait inquiété.
_ Mon frère ? Vous sentez vous bien ?
Georgiana le regardait d'un air soucieux.
_ Oui. Bien sûr que oui. Et vous ? Je sais que…
_ Ne vous inquiétez pas pour Fitzwilliam, lui dit-elle dans un sourire. Je dois apprendre à vaincre ma timidité et le portrait que vous et Monsieur Bingley m'avez brossé de Miss Elisabeth, ne fait que me conforter dans l'idée que tout se passera pour le mieux. Je peux même vous avouer que j'ai très envie de la rencontrer.
_ Vraiment ?
_ Vraiment, le rassura-t-elle.
Quelques minutes plus tard les Darcy se présentèrent à l'auberge de Lambton et demandèrent à rencontrer les Gardiners et leur nièce. Malheureusement ces derniers étaient en promenade mais on leur proposa de patienter au petit salon. Une collation ayant été commandée pour les environs de 15h. Cela ne ferait que peu de temps à attendre s'ils le souhaitaient. Heureusement pour les nerfs de Darcy, l'attente ne fut pas longue et la dame de ses pensées fit son entrée dans le salon.
_ Monsieur Darcy. J'espère ne pas vous avoir fait trop attendre, s'excusa-t-elle après une courte révérence.
Elle était si belle, son visage arborant de belles couleurs suite à sa promenade. Il essaya de garder un calme apparent et pris la parole :
_ Pas du tout. Puis-je vous présenter ma sœur, Georgiana.
Il se rapprocha d'elle et fit les présentations.
_Georgiana, voici Miss Elisabeth Bennet.
_ Je suis enchantée.
_ Je suis très heureuse de vous rencontrer Miss Darcy. J'ai tant entendu parler de vous.
_ Et moi de vous.
Darcy était heureux de la scène se jouant sous ses yeux mais il ne devait pas oublier que Charles attendait toujours à l'extérieur.
_ Monsieur Bingley est aussi là avec nous. Il est très désireux de vous voir, puis-je l'amener ?
_ Volontiers, cela me fera grand plaisir de le voir.
Il sortit à la rencontre de son ami qui faisait les cent pas dans la petite cour de l'hôtel. Bingley fut heureux de la réponse positive de Miss Elisabeth à son encontre et il monta les escaliers avec autant d'empressement si ce n'est plus que celui de Darcy. Très rapidement Charles et Miss Elisabeth commencèrent à discuter et Georgiana lui demanda la permission d'inviter Miss Elisabeth et ses proches à Pemberley. C'était la première fois que Georgiana lui adressait une telle requête et qu'elle se proposait, de plus, de faire l'invitation elle-même. L'élan de fierté qu'il ressentit envers elle à ce moment, n'avait pas de mot assez fort pour être exprimé. Il se permit d'interrompre son ami pendant que sa sœur se sentait assez forte pour faire sa première invitation.
_ Miss Bennet. Ma sœur aurait une requête à vous soumettre.
_ Miss Bennet. Mon frère, et moi-même, serions honorés si vous-même, votre oncle et votre tante acceptiez d'être nos hôtes à Pemberley pour y diner. Demain soir ? Si, bien sûr, cela vous convient.
_ Ce sera avec grand plaisir. Je peux répondre pour mon oncle et ma tante car nous n'avons pas d'autre engagement.
_ Nous jouerez-vous du piano ?
_ Si vous insistez pour cela, j'en jouerais.
Cette journée ne pouvait mieux se dérouler. Il avait eu une première vraie nuit de sommeil depuis longtemps, le temps était clément. Son meilleur ami et sa sœur était auprès de lui et il écoutait avec bonheur Miss Elisabeth chanter et jouer du piano dans son salon. Il ne put s'empêcher d'imaginer cette scène se rejouant encore et encore mais non pas de façon ponctuelle, au hasard d'une rencontre ou d'une invitation, mais bien comme un tableau familier, un bonheur quotidien auquel il aurait la joie de gouter chaque jour. Il était impossible que ses sentiments ne soient pas visibles. Il devait se reprendre, ne pas laisser voir ses espérances. Avait-il seulement le droit …
Sa sœur pris la place d'Elisabeth et il espéra qu'elle viendrait s'assoir assez près de lui pour qu'il puisse engager une conversation. Encore fallait-il pour cela que Miss Bingley ne l'importune pas avec ses questions. Le régiment ! Qui se souciait du régiment ? Visiblement pas Miss Elisabeth qui se contentait de répondre poliment à cette dernière. Il était perdu dans les traits de son beau visage quand le nom de Wickham résonna à son oreille. Immédiatement, il se tendit et son regard se porta sur sa jeune sœur qui s'était figée à l'entente de ce même nom. Maudite Miss Bingley et ses questions inopportunes ! Il allait se lever quand Miss Elisabeth plus proche de sa sœur et ayant parfaitement compris la situation, fit volte-face en s'accusant de négligence envers la jeune fille. Georgiana put reprendre son jeu comme si de rien n'était et son cœur se gonfla de reconnaissance pour cette femme. Son regard s'ancra dans celui d'Elisabeth et il espéra qu'elle pouvait y lire toute la reconnaissance, toute l'admiration, tout l'amour et la passion qu'il ressentait pour elle à cet instant. Son Elisabeth…
Il n'était pas guérit. Il ne serait jamais guérit. Il remontait le dernier au salon après n'avoir pu détacher son regard de la voiture qui emmenait Elisabeth et ses proches si loin de lui. Il était bouleversé par sa présence, son esprit, son abnégation et sa beauté. Il respira profondément et rejoignit ses amis.
Comme dans une tentative désespérée Miss Bingley n'attendit pas pour déprécier son invité. Qu'espérait-elle avec ce genre d'attitude ? Qu'il l'aime ?! C'était risible. Il se servit un verre de Brandy pour apaiser son agitation et il s'approcha de la cheminée pour ne plus avoir à lui faire face. Mais loin de comprendre le stratagème, elle le questionna ouvertement et il tenta de répondre le moins froidement possible.
_ Je n'ai pas remarqué de changement si ce n'est en effet qu'elle a le teint un peu halé ce qui est naturel quand on voyage au cœur de l'été.
Mais c'était sans compter sur la verve moqueuse de Miss Bingley qui au lieu de sentir dans le ton de son hôte, un avertissement à plus de retenue y vit au contraire une invitation à poursuivre son dégradant portrait. Elle reprit ses propres mots, ses paroles qu'il aurait voulu ne jamais avoir prononcer, ne jamais avoir penser. Elle les lui jetait à présent au visage s'en s'imaginer qu'ainsi elle le torturait et le poussait dans ses derniers retranchement. La tentative de Charles de reprendre une conversation plus adéquate fut veine et il n'y tint plus :
_ En effet ! C'est ce que je pensais quand je l'ai rencontré mais voilà des mois que je la considère comme l'une des plus jolies femmes de ma connaissance !
Une atmosphère glaciale s'en suivit puis au bout de quelques instants chacun prit le chemin de ses appartements. Mais à peine était –il arrivé à sa chambre qu'il fit demi-tour. Il retourna dans le petit salon de musique, il revit Miss Elisabeth au piano, les ravissant de sa voix, il la revit porter secours à sa sœur et il repensa à cet échange de regard qu'il y avait eu entre eux. Son regard qu'il ne pouvait oublier. Demain ! Demain il irait lui proposer une balade, quelque chose, n'importe quoi, il fallait qu'il lui parle, il fallait qu'il sache.
Il galopait en direction de Lambton, espérant que Miss Bennet n'était pas déjà partie découvrir quelques chemins de campagne. Ils étaient nombreux dans la région et il se savait assez fou pour tous les emprunter un par un jusqu'à la retrouver. Heureusement, elle était tout juste sur le point de sortir quand il arriva et il ne voulut pas perdre de temps :
_ Miss Bennet, j'espère ne pas…
Mon Dieu mais que s'était –il passé. Miss Elizabeth semblait terrassée par un terrible chagrin.
_ Pardonnez-moi je vous prie mais je dois allez trouver mon oncle Je dois lui parler d'une affaire terriblement urgente…
_ Grand Dieu que se passe-t-il ?
_ …
Il ne savait que faire, il ne comprenait pas ce qui se jouait devant lui. Il ne l'avait jamais vu dans un tel état. Etait-elle souffrante ? Allait-il la perdre ? Cette pensée égoïste s'était frayé un chemin vers son cœur aussi surement que la détresse qu'il lisait dans le regard de la jeune femme mais cela eut aussi l'heureux effet de le faire sortir de sa torpeur.
_ Je ne vous retiendrais pas un instant bien sûr mais permettrez que ce soit moi, ou votre domestique, qui aille chercher Monsieur et Madame Gardiner. Vous êtes incapable d'y aller vous-même.
_ Non, permettez-moi…
Non, non, il ne le permettrait pas. Il ne pouvait même pas détourner son regard d'elle, alors la laisser sortir.
_ J'insiste ! Venez-vous assoir par ici.
Il l'accompagna jusqu'à un siège tout en hélant la femme de chambre.
_ Oh là quelqu'un ! Faites chercher Monsieur et Madame Gardiner au plus vite. Savez-vous quelle direction ils ont prise ?
_ Ils sont partis vers l'église.
_ L'église, répéta-t-il craignant que la voix de Miss Bennet n'ai été trop faible.
Puis il prit le siège en face d'elle et ses mains dans les siennes. Il aurait plus tard le temps de repenser à ce simple geste.
_ Voulez-vous que j'aille chercher un médecin ?
_ Non, je vais bien, je vais très bien.
_ Il y a-t-il quelque chose qui puisse vous apportez un soulagement. Un verre de vin ? Je vais vous en chercher, je vous assure que vous êtes très pale.
_ Non, je vous remercie. Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais très bien. Je suis bouleversée par des nouvelles désolantes que je viens de ….
Des larmes, des larmes dans des yeux si beaux. Son cœur se serra. A cet instant, il aurait été prêt à n'importe quoi pourvu que ses larmes disparaissent de ce visage habituellement si souriant.
_ Je suis navrée, pardon.
_ Non, non.
_ Je viens de recevoir une lettre de Jane avec des nouvelles terribles qui bientôt seront connues de tout le monde. Ma jeune sœur a quitté les amis chez qui elle logeait. Elle s'est enfuie et ce faisant elle s'est livrée au pouvoir de monsieur Wickham.
Il se releva précipitamment. Wickham ! Encore ! Cet homme ne cesserait il donc jamais d'interférer dans sa vie et de piétiner le bonheur des siens ?!
_ Je suis bouleversé. Bouleversé et atterré. Mais est-ce certain ? Est-ce absolument certain ?!
_ Oui, hélas. Ils ont quitté Brighton dans la nuit de dimanche. On a suivi leur trace jusqu'à Londres mais on les a perdu ensuite. Ils ne sont certainement pas allés en Ecosse.
_Mais qu'a-t-on fait, qu'a-t-on tenté pour les retrouver ?
Son cerveau se mit en ébullition. Wickham ne s'en sortirait pas une nouvelle fois. Il ne le laisserait pas jeter une telle honte sur une autre jeune fille, fut-elle aussi irréfléchie et inconséquente que Miss Lydia Bennet.
_ Mon père est parti pour Londres et Jane m'écrit pour demander l'assistance immédiate de mon oncle. Il faut que nous soyons partie dans la demi-heure. Mais que peut-on faire ? Comment peut-on seulement espérer manœuvrer un homme pareil ?!
Il ne savait pas encore comment mais il y arriverait. Il connaissait les habitudes londoniennes de ce scélérat. Quelques amis aussi peu scrupuleux que lui qui auraient pu lui offrir leur aide ou un toit. Il devait partir immédiatement. C'était de sa faute si cet homme était toujours en position de faire autant de mal autour de lui. Chaque minute comptait pour espérer remédier à cette situation catastrophique pour Elisabeth Bennet et sa famille. Il puisa en lui la force de quitter une fois de plus celle qui lui était si chère à son cœur.
_ J'ai peur de m'être déjà montré bien indiscret. Ce malheureux évènement va, je le crains, priver ma sœur du plaisir de vous voir à Pemberley aujourd'hui.
_ Hélas. Permettez-moi de vous charger d'exprimer nos regrets à Miss Darcy. Dites-lui qu'il est extrêmement urgent que nous rentrions à Londres régler une affaire. Et si vous aviez la bonté de lui cacher la triste vérité tant qu'elle n'est pas ébruitée. Je sais qu'elle le sera bientôt.
_ Vous pouvez compter sur ma discrétion… mais je suis resté trop longtemps. Je dois vous quitter.
_ Oui merci… Au revoir.
Son cœur se brisa devant sa résignation. Elle devait penser qu'il fuyait sa compagnie mais il ne pouvait rien dire pour le moment. Qui sait ce qu'il risquait de découvrir, ce qu'il serait réellement en mesure de faire ? Il partait et n'avait même pas pu lui dire ce qu'il ressentait pour elle. Il se détourna avec peine emportant avec lui l'image de la jeune femme au regard baigné de larme.
Surement un dernier chapitre, dans quelques semaines, pour clôturer ce qui aurait dû être un OS
Bisous et merci de m'avoir lu.
