Salut la compagnie !

Comme d'habitude, les personnages ne sont pas à moi, ils sont à J.K Rowling !

Je remercie tous ceux et celles qui m'ont laissé une review, ont mis cette fiction en favoris ou l'ont juste lu ! Je suis vraiment heureuse qu'elle vous ait plus autant !

RAR anonyme :

SIRIA : Je te remercie de ta review et j'espère que tu aimeras ce premier chapitre.

adenoide :En fait, ils pensaient plutôt que s'il n'était pas mort et que Voldemort revenait, il pourrait les sauver. Maintenant, il n'y pense plus, ils vont devoir apprendre à se débrouiller eux-même comme tu l'as dit. Je te remercie de ta review. J'espère que tu aimeras la suite.

Bon, ne vous faisons pas attendre plus longtemps !

Voici la suite, bonne lecture


Chapitre 1

''La guerre n'oublie personne. La guerre abîme et corrompt même les âmes les plus pures. ''

Le ministère trouve que justifier ces actes est juste. Mais la guerre n'est pas l'unique responsable, comme il le sous-entend. Ce sont les hommes qui agissent. Ce sont eux qui crient, pleurent, font crier et pleurer. L'âme corrompt même la guerre. Nous vivons tous la guerre, agissons tous comme des imbéciles.

Moi le premier. Je suis l'instigateur de cette guerre et grâce à elle j'ai perdu beaucoup. Je ne suis plus qu'une machine, un automate qui obéit aux ordres. Cependant, je ne peux m'empêcher d'être moi. Alors plus qu'un pantin, je suis un marionnettiste. Le marionnettiste articulé et manipulé.

(DM)

Il ouvrit les yeux. Encore ce rêve, toujours ce rêve. Ce jour où tout avait commencé. Le jour où tout avait basculé. Plus qu'un cauchemar, c'était un souvenir, une pensée à laquelle il ne pouvait s'arracher. Il passa une main lasse sur son visage, ferma les yeux et soupira. Il observa sa pendule, cette dernière indiquait 7h, la nuit se finissait. Sa journée commençait là où à son habitude elle finissait. Il devait exécuter une toute nouvelle mission. Il se redressa et enfouit sa tête dans ses mains, les coudes sur les genoux. Il resta un certain temps dans la pénombre de sa chambre, éclairée par la lune et son éclat passant par la fenêtre.

Il se leva finalement, laissant découvrir sa nudité et se dirigea vers une porte à droite de son lit. Il y pénétra et se dirigea directement dans la cabine de douche. Il fit couler l'eau froide sur sa peau un long moment avant d'enfin en ressentir les effets. Il n'éteignit cependant pas l'eau, laissant pleuvoir un torrent de goûtes gelées, emmêlant ses cheveux, faisant frissonner sa peau, lui donnant un aspect violacée et ses cheveux blonds platines presque blancs lui retombant devant ses yeux fermés.

Il laissa couler son souvenir, espérant l'oublier à jamais. Mais, il n'y parvint pas. Il le revivait encore et chaque jour, il désespérait d'enfin réussir à l'effacer. Alors il restait sous l'eau gelée, attendant de pouvoir retrouver ses esprits. Il reprit lentement vie. Au bout d'une demi-heure, il ré-ouvrit ses yeux, laissant découvrir deux orbes grises vident de toute émotion. Toute trace de sentiments, peine, peur, regret avaient disparus. Il se laissa glisser en dehors de la douche éteignant l'eau au passage.

Il s'observa un instant dans la glace. Cette dernière laissa découvrir un jeune homme d'une vingtaine d'années, grand, musclé, bien nourrit et développé. Pourtant, son corps laissait apercevoir les traces d'une vie déjà bien remplie. Il abordait, en effet, de nombreuses cicatrices qui parsemaient son torse, ses bras et ses jambes. Sa peau était albâtre comme s'il n'avait jamais vu le soleil, il se demandait d'ailleurs depuis combien de temps il ne l'avait pas entraperçu. Il ne se souvenait plus de cette sensation de chaleur que les fins rayons de soleils lui procuraient. Que pouvait-on donc ressentir lorsque sa clarté illuminait votre peau ? Il redoutait cet instant, qu'aujourd'hui pour la première fois depuis des années, il allait revivre.

Il avait oublié, plus facilement que ce souvenir, ce qu'était vivre. Finalement, son regard parcourut son visage, plus blanc encore que son corps. Il avait de larges poches sous les yeux, ces dernières lui conférant un air malade presque cadavérique. Mais, un cadavre resplendissant de pureté avec ses courts cheveux blanc et ses pénétrants yeux gris. Il posa alors son regard vide sur son avant-bras gauche où un large tatouage noir contrastait avec la pâleur de sa peau. Une tête de mort entourée d'un serpent parcourait sa peau. A cette vision, le blond frappa violemment le miroir de son poing, le brisant en des milliers de morceaux, un certain nombre s'incrustant dans ses phalanges.

Il jura intérieurement, camoufla ses cernes d'un sort et s'habilla son sang coulant abondamment de sa main. Il ressortit. A peine eut-il franchi la porte de sa salle-de-bain, qu'une douleur lancinante le prit au bras. Son regard vide se ternit davantage et il disparut.

Il arriva dans une immense cours qu'il ne prit même pas la peine de regarder, il l'a connaissait déjà par cœur, y ayant déjà vécu six années. Il passa rapidement de grandes et lourdes portes en chênes, décorées par les armoiries de la famille Riddle. Il fut accueilli par les elfes de maison auxquels il ne jeta aucun regard et s'avança dans les couloirs. Il déboucha vite dans une salle de réception et distingua un grand nombre de personnes toutes de noirs vêtues assises autour d'une grande table. Cette dernière était présidée par un homme d'une quarantaine d'années.

Dès son arrivée, un silence se fit et un serpent s'approcha de lui pour humer l'air l'entourant et siffler. L'homme aux yeux rouges et aux cheveux bruns en bout de table lui siffla quelques mots en retour. Le serpent s'enroula autour de la jambe du jeune blond afin de ramper et de se positionner dans sa nuque. Le jeune homme n'en tint pas compte et s'avança, le pas lent dû au poids du reptile, jusqu'à une chaise libre positionner à droite d'un homme tout aussi blond que lui mais plus âgé.

« Lucius. » le salua-t-il alors que le serpent s'avançait pour sentir son odeur.

L'homme observa son vis-à-vis avec effarement et terreur mais alors que ce dernier s'apprêtait à s'assoir, une voix froide et sifflante s'éleva :

« Viens t'assoir près de moi, Draco »

Le blond releva la tête et se dirigea vers la place à droite de son maître. Ce dernier l'observa un instant tentant de sonder son esprit alors que le jeune blond luttait contre cette intrusion.

« Montre-moi ta main. » lui ordonna-t-il.

Le dit Draco haussa un sourcil septique et, tandis qu'il s'asseyait, présenta sa main droite dépourvue de toute blessure, le maître siffla quelque chose et sa colère se fit ressentir dans la pièce faisant trembler les personnes présentes.

« Ton autre main. » s'impatienta-t-il.

Le blond s'exécuta et avança sa main encore parsemée d'éclats de verres. Le maître l'observa un instant avant de siffler quelque chose à son serpent. Ce dernier lécha la joue de Draco.

« Retire les éclat de verres. » reprit-il à son intention.

Le blond obéit et alors que son sang se répandait sur la table, il senti une langue rêche et rugueuse glisser sur sa plaie. Il essaya de retenir sa surprise et sa peur et laissa le serpent lui lécher la main. Une fois sa tache finie, le serpent retourna dans le cou de Draco et commença à somnoler. La main du blond était net et sans cicatrices.

« Bien, nous pouvons débuter. » reprit le maître, alors que son regard se posait sur l'assemblée qui déglutissait difficilement. « Nott, où en sommes-nous dans le désherbage ? »

Un homme, d'une cinquantaine d'années, se leva et se racla la gorge avant de commencer. « Cela n'avance pas, maître » dit-t-il prudemment. « L'Ordre est de plus en plus discret mais, ses actions sont toujours aussi efficaces. Nous soupçonnons un espion dans nos rangs qui leur révèlerait nos plans mais nous n'avons que des suppositions. »

Le maître le dévisagea de ses yeux grenats et lui intima de continuer. Un autre homme se leva alors.

« Rosier… » allait le questionner Nott mais, le concerné lui fit signe de se taire.

« Nous soupçonnons trois personnes, maître. Mais nous sommes très peu sûrs de leur identité et le fait que nous les soupçonnions ne veut rien dire. »

« Qui ? » questionna froidement le Lord Noir ne laissant aucune opposition aux deux hommes.

« Snape… » débuta Théodore sénior.

« C'est ridicule, Snape est notre espion. » intervint une voix se levant de l'assemblée alors que des murmures s'élevaient.

« Silence ! » intima Voldemort. « Merci pour ton opinion Rodolphus. Mais, j'aimerai qu'ils poursuivent en expliquant leur choix avant qu'ils puissent assumer leurs paroles. »

« Donc Snape, » reprit l'un des deux Deatheater, « nous savons bien qu'il s'agit d'un espion, mais son comportement est des plus étrange et il disparait très souvent juste avant nos attaques. »

Le concerné, à gauche du Lord, haussa un sourcil plus que septique et intrigué, avant de porter un regard plus que glacial sur eux.

« Ensuite, » reprit le second Deatheater, « Peter Pettigrew. » Le silence se fit dans la salle et il poursuivit. « Nous savons tous dans quelles circonstances il nous a rejoint. Mais il ne faut pas oublier que ce lâche était tout de même un Gryffindor et un des plus proches amis de nos plus fervents opposants. Il se peut qu'il éprouve le besoin d'expier sa faute. Nous avons remarqué qu'il était en contact avec un des enfants de la famille Weasley. »

« Et enfin, » ajouta Nott qui marqua une courte pose cherchant un peu de courage, « nous n'en sommes pas sûr du tout, Draco Malfoy. »

Là, les rire de toutes les personnes présentes retentirent dans la pièce même le Lord faisait part de son rire sadique qui promettait mille et une tortures. Seul Draco restait silencieux.

« Et pourquoi, je vous prie ? » lança-t-il de sa voix glaciale ramenant le sérieux dans la pièce. Les deux hommes n'osèrent plus dire le moindre mot. « Et bien on m'accuse, je voudrais savoir pourquoi ? »

« Humhum… tout… tous les jours, de… de 17h à 19h tu disparais pour te rendre dans un café Muggle. Dans ce dernier, tu passes ton temps à discuter avec le serveur, muggle. » expliqua Théodore.

Le blond acquiesça et se mura dans son silence sous les yeux inquisiteurs de l'assemblée. Voldemort observa ses Deatheaters silencieusement et déclara : « Donc Peter Pettigrew serait un membre de l'Ordre. » Il marqua une courte pause avant de se tourner vers son maître de potion. « Severus qu'en penses-tu ? »

L'homme resta silencieux réfléchissant. « Maître, il m'a toujours semblé vous avoir dit que Pettigrew n'était pas fidèle à notre cause mais simplement un lâche. Cela me parait, tout de même, ridicule qu'il soit un espion s'il est aussi lâche qu'il n'y paraît. Cependant, il était tout à fait au courant de la localisation de l'ancien QG de l'Ordre maintenant en notre possession et n'a jamais révélé sa capacité à pénétrer dans ce manoir des Black, y ayant été invité par son dernier propriétaire, Sirius Black. »

« Nott, Rosier, vous m'amènerai Wormtail. Plus tard… »

Draco se racla bruyamment la gorge et son maître le regarda une lueur meurtrière dans le regard. Le blond ne cilla pas et se leva. Il jeta un Tempus qui indiqua 10h.

« Maître, je vous demande la permission d'exécuter ma mission »

Le Lord Noir leva les yeux et un sourire à faire peur éclaira son visage. « Tu as bien raison Draco. Nott, Rosier, oubliez Pettigrew pour l'instant. » Il se tourna vers un homme plus âgé et déclara « Fenrir, où en est-on avec l'alliance des loups-garous ? »

« Tant que Lupin sera contre nous, ils ne prendront pas part. Ils ne peuvent affronter l'un des notre. Cependant, si nous le tuons, ils se monteront contre nous. » expliqua-t-il.

Le Lord sorti sa baguette et posa alors son regard sur le blond, toujours à ses côtés, qu'il dévisagea un instant avant de lui ordonner : « Eh bien, vas-y. »

Draco s'avança vers la sortie tandis que le serpent se détachait de lui, il s'arrêta un instant lorsqu'il entendit son maître déclarer : « Doloris. » et les cris du loup-garou. Sans un regard en arrière, il se dirigea vers la zone de transplanage.

Dès qu'il l'atteignit, il transplana dans une petite ruelle sombre puis retira sa robe de sorcier noir et la métamorphosa en un long manteau noir et chaud. Portant des vêtements Muggle, il déboucha dans une rue bondé et recouverte de neige. Il lui fallut parcourir une bonne centaine de mètres avant d'atteindre une petite rue reculé très peu utilisé, là où se situait le Cat's Eyes. Il pénétra la porte du café et, comme chaque jour depuis maintenant un mois, il se posa la question :

« De tous les noms possible et inimaginable, pourquoi le Cat's Eyes ? »

« Tout simplement parce que la propriétaire est une fan de Yuko. » intervint une voix chaleureuse et basse.

Le blond se retourna vivement, empêchant ses membres de saisir sa baguette par réflexe. Il découvrit derrière lui un jeune homme un peu plus grand que lui, aux yeux verts émeraudes et possédant une touffe de cheveux indomptable et ce n'était pas faute d'essayer de les coiffer.

« Bonjour à toi aussi, Harry. » répondit calmement Draco. « Alors, qui est cette Yuko ? »

« Bonjour Draco, qu'est-ce que je te sers ? » enchaîna le brun alors qu'il dirigeait son client vers une table.

« Un café et un croissant. »

« Ok, je t'apporte tout ça ! »

Le serveur, Harry Towler, disparut un instant et revint avec la commande qu'il posa devant le blond. Il observa alors les alentours et s'assit en face de lui, le sourire aux lèvres.

« Yuko est un personnage fictif appartenant aux CLAMP, ce sont de grandes auteurs de manga. »

Le blond acquiesça feignant une compréhension totale et se disant que les muggles avaient vraiment un drôle de langage.

« Alors Draco, pourquoi as-tu changé tes horaires ? Je ne t'avais jamais vu aussi tôt un lundi. »

Draco l'observa un instant, beau, grand, musclé et un sourire charmeur aux lèvres. Il devait bien jouer, sa réponse allait déterminer la réussite de sa mission.

« J'ai des jours de congés et, comme je n'ai pas beaucoup d'amis ici, je me suis demandé si… »

Si quoi ? Il n'en avait aucune idée, il devait simplement passer ses prochaines journées dans ce café.

« Si tu pouvais rester ici car tu aimes bien l'ambiance. » proposa le brun, un sourire encore plus chaleureux aux lèvres.

Le blond fut surprit de le trouver beau ainsi et de vouloir lui sourire en retour. Mais, il se retint et hocha la tête.

« Et le serveur… » compléta-t-il faisant un signe de tête à Harry.

« Le serveur accepte avec joie mais se demande si le client aura assez d'argent. » reprit le brun l'air vraiment préoccupé.

Draco ne releva pas et acquiesça de nouveau.

« Je suis bien assez aisé. » expliqua-t-il.

« Et tu sûr que c'est vraiment ce que tu veux ? » questionna alors le brun.

Là, le blond ne comprit pas, il le dévisagea un moment, haussant son sourcil droit, et s'enquit : « Pourquoi ne voudrais-je pas un croissant et un café ? »

« Je ne parlais pas de ça ! » s'amusa le serveur. « Je parlais de toi, et de ton attitude. On dirait que ce n'est pas par choix que tu es là. Que tu y es forcé. »

Le sorcier se demanda comment le brun pouvait aussi bien le cerné après seulement un mois et demi. Il ne pouvait cependant pas le conforté dans son idée et lui expliquer la vraie raison de sa présence. Il se décida donc à lui mentir.

« Ce n'est pas que je n'apprécie pas de me trouver dans ce café, » débuta le blond alors qu'il soufflait sur sa tasse pour refroidir le café et en boire une gorgée. « C'est seulement que je n'exprime presque jamais mes sentiments. »

Le brun hocha la tête avec des yeux pétillants et un sourire chaleureux. Il observa silencieusement le blond et déclara :

« Tu laisses quand même entrevoir quelques petits attitudes sentimentale. »

« Et en quoi je te prie ? » questionna le blond en haussant un sourcil interrogateur.

« Là, tu vois ! Incompréhension. » s'écria le brun en pointant l'arcade sourcilière du blond. « Tu hausses un sourcil lorsque tu ne comprends pas. D'ailleurs je ne vois pas comment tu réussis à faire ça. J'ai honte de le dire, mais j'ai essayé et… »

« Et… ? » s'amusa le blond des rougeurs qui apparaissaient sur les joues d'Harry, ses lèvres s'étirant en un sourire réprimé.

« Et j'ai lamentablement échoué ! Mais vois-tu, là encore, lorsque tes lèvres s'étirent légèrement et que tu fixes ta proie ainsi, tu montres que tu t'amuses ! » enchaîna le brun tout en se passant une main dans les cheveux.

« Ma proie ? »

« Tout à fait, tu as un regard de tueur, tu le sais ça ? » affirma le brun tout en plongeant ses yeux dans ceux de son vis-à-vis.

« Oui, je sais. Ma beauté n'a d'égale que la mort ! » se vanta le blond, mais alors qu'il appuyait sa joue sur sa main, le coude sur la table, il ajouta : « Mais j'avoue que ton regard surpasse le mien. »

Le brun s'empourpra alors. Draco ne comprit pas vraiment sa réaction, mais admira le visage embarrassé d'Harry et ne peut retenir un sourire de fleurir sur son visage. Le serveur sembla encore plus choqué par l'expression de son client et répondit à son sourire, un sourire tendre. Draco remarquant son dérapage, se reprit et se redressa. Le serveur face à cette attitude soupira mais ne fit aucune remarque. Il se leva alors, laissant le blond siroter tranquillement son café. Un client arriva et le reste de la matinée se déroula ainsi, le blond avec sa tasse de café, qu'Harry venait remplir dès qu'elle se retrouvait vide, et le brun à servir, à nettoyer, à préparer la nourriture et les boissons,…

Lorsque midi sonna, il ne restait plus dans le café que Draco et Harry, ainsi que la propriétaire arrivée pour prendre soin de sa boutique. Elle était assez ronde, les cheveux blonds cendrés et les yeux marrons. Elle se présenta rapidement au sorcier en disant qu'elle connaissait Harry depuis la naissance du Cat's Eyes, il y avait de cela 5 ans. Draco n'avait jamais vu Mlle Jasmine Sitaoise auparavant. Il comprenait mieux pourquoi. Il s'agissait d'une originale qui avait ouvert de nombreux restaurants très huppés et avait ouvert un seul et unique café. Elle ne venait que le midi afin de prendre la relève de son seul et unique serveur. Harry travaillait en effet à plein temps depuis maintenant 3 ans et s'occupait seul du café. Il n'était cependant pas chargé des livraisons, ni de la trésorerie, sa patronne revenant le soir après la fermeture pour sans occuper.

Mlle Sitaoise, après avoir discuté un peu avec Draco, était allée prendre la relève de son serveur pour lui laisser une pause d'une heure. Harry vint se placer en face du blond et ce dernier lui proposa de déjeuner avec lui. Le brun accepta avec joie et ils demandèrent tous deux à la patronne un plat chaud. Cette dernière leur rappela qu'ils étaient dans un café mais accorda à leur servir de quoi se sustenter, piochant dans les plats qu'elle confectionnait le soir pour tester de nouvelles recettes pour ses restaurants.

« Vous m'en direz des nouvelles. Personnellement, je ne suis pas sûre que cela convienne tout à fait, mais bon… »

« Ne dit pas ça. J'ai le privilège de gouter chaque jour tes confections et je les trouve bonnes ! » défendit le brun.

« C'est pour ça que je ne te crois pas. Tu sais, je me demande comment tu fais pour manger, même mes tentatives ratées. Je t'ai lapidé le palet mon pauvre ! » soupira-t-elle de désespoir en partant.

Le blond lança un coup d'œil interrogatif au brun tout en observant avec suspicion son plat. Malgré la magnifique présentation digne des plus grands restaurants, Draco, après avoir entendu la conversation, eut un doute sur la qualité.

« C'est vrai que la toute première fois, ces plats étaient surprenants. Cependant, depuis elle s'est grandement amélioré et ses restaurants ont gagné en notoriété. Tu sais, ce café et le premier établissement qu'elle a ouvert. Elle gagne assez bien sa vie grâce à ses trois restaurants, mais elle refuse de le fermer parce qu'il marque son début. » tenta-t-il de le rassuré tout en commençant à manger.

« Tu as dit que tu expérimentais chaque jour ? » demanda le blond curieux tout en goutant et en appréciant les saveurs du plats.

« Et oui, j'ai cette chance. Tous les soirs, après s'être occupée de la compta, Jasmine se détend en confectionnant de nouveau plat, de nouveau menu. Comme elle n'est jamais totalement sûre d'elle, elle les laisse au réfrigérateur et je les mange le lendemain ! » annonça-t-il avec un sourire. « Je mange dans un trois étoile tous les jours. Jasmine est vraiment une chef de talent ! »

« Je vois cela. » acquiesça le blond tout en continuant de savourer son plat.

La patronne revint alors et les deux hommes la complimentèrent sur ses talents, le sorcier se montrant tout de même plus critique que le serveur sous le regard intéressé de la blonde. Cette dernière lui fit promettre de lui donner son avis, toujours aussi sincères, les jours qui allaient suivre. Ce que le sorcier fit. Puis Jasmine repartit laissant les deux hommes silencieux.

« Combien de temps dure tes congés ? » s'enquit alors Harry brisant le silence.

« Je ne sais pas. Tout dépend de mon patron. Il m'appellera quand il aura besoin de moi. » répondit-il évasif. Il ne pouvait décemment pas lui dire qu'il attendait de détruire le café. Si ?

« Et tu tra… » débuta Harry le regard curieux.

« Parle-moi de toi ! » esquiva Draco en coupant le brun, n'ayant pas trouvé meilleur sujet de conversation. Après tout, le mieux pour ne pas parler de soi est de faire parler l'autre.

« Heu…Et bien, je… » bégaya Harry semblant prit au dépourvu. Puis son regard se fit plus triste et un sourire nostalgique vint se dessiner sur ses lèvres. « Que tu me crois ou non, j'ai une vie plutôt atypique bien que je sois serveur. »

Draco leva un sourcil sceptique et le brun commença à parler, le sorcier ne l'interrompant pas. Il apprit ainsi que le brun avait été recueilli par ses parents lorsqu'il avait cinq ans. Il avait été abandonné par sa famille dans les montagnes et après avoir passé un long moment avec pour seul compagnie un serpent, il avait atterri près d'un chalet. Ses parents l'avaient alors trouvé dans leur jardin et étaient ''irrémédiablement tombé amoureux de ces magnifiques yeux verts et de cette bouille toute mignonne'', lui avait dit le serveur alors qu'il mimait sa mère. Ses parents avaient fait des recherches pour savoir d'où il venait, mais n'avait rien trouvé. La seule chose qu'il leur avait dite et dont il se souvenait était son prénom et d'images vagues de personnes le laissant derrière eux. Ils l'avaient donc adopté et Harry avait vécu entouré de serpents. Ces parents étant des éleveurs de serpents, cela lui avait paru normal d'avoir pour meilleur ami un de ces reptiles, celui qui lui avait sauvé la vie. Il lui parla donc de Anguis, son animale de compagnie.

Bien que l'histoire paraisse tirée par les cheveux, il croyait le brun. Il voyait dans ses yeux qu'il ne mentait pas. Le Deatheater était assez surpris qu'un étranger, plus si étranger que cela après cinq semaines, se confie à lui ainsi. Cependant, il ne le coupa pas et l'écouta patiemment et avec intérêt lorsqu'il lui raconta sa scolarité. En primaire, il avait été mis de côté et brimé à cause de son penchant pour les serpents. Draco était impressionné de la cruauté que les enfants pouvaient posséder.

Puis, vint le collège où il avait compris que parler serpent n'allait pas lui apporté grand-chose à part se faire tabassé et traiter de laquais. Cependant, étant curieux de nature et très sportif, il était rapidement devenu le premier de la classe, mettant un certain écart entre lui et les autres élèves. Il n'avait là encore, pas réussi à s'affilier à qui que ce soit. Il avait compris que ce n'était pas seulement à cause de sa personnalité, mais aussi de son apparence. En effet, il portait d'affreuse lunette ronde et s'habillait avec des vêtements amples car il était plus à l'aise ainsi.

Au lycée, il avait donc remédié à cela et était devenu un beau-gosse, comme l'appelait les filles de sa classe. Cependant, il n'avait pas réussi à se faire à sa nouvelle popularité et donc avait refusé de se rapprocher des filles. Les garçons s'étaient tout de suite rapprochés de lui. Il avait sympathisé avec un grand nombre avec lesquels il était encore en contacte.

« Je suis resté en contact avec eux environs deux années, puis on s'est perdu de vu. Tout ça à cause de nos études bien différentes. Il y a aussi le fait qu'il ait eu peur de moi. A cause des serpents. Encore et toujours. » déclara le brun d'une voix éteinte.

« Comment fais-tu pour toujours sourire ? » lui demanda alors Draco tandis que Jasmine leur apportait de petits gâteaux en désert avec un café.

« Il faut prendre la vie du bon côté. Et puis, mes parents m'ont énormément soutenu ainsi que Anguis. Je suis ce que je suis, avec les serpents et pas sans. S'ils ont préféré partir, alors c'est qu'ils ne m'appréciaient pas autant que cela et qu'ils ne valaient pas l'affection que je leur portais. » dit-il tout en remerciant sa patronne apparemment habitué à ce qu'elle le serve.

« Je vois. » acquiesça le blond.

Harry rit alors devant le regard perdu de son vis-à-vis. « Tu es bien le premier à me dire ça. » Draco lui lança un regard interrogateur et le brun reprit : « D'habitude, le gens me font remarquer que j'étais attaché et donc que j'ai quand même du souffrir de la situation et de leur rejet. Ce qui est vrai, alors je ne vois pas comment tu peux comprendre ! » s'amusa le serveur.

« Pour moi l'affection ne vaut rien, ce n'est que du respect mal analysé. » répondit le blond, alors qu'il regardait hautainement son vis-à-vis. « S'ils ne méritent plus ton respect, il n'y a plus d'attachement et donc pas de souffrance. »

« Tu viens de quelle planète ? » s'enquit alors le serveur avec un air très sérieux et abasourdi.

Draco secoua la tête et l'intima : « Continue. »

« Et bien, j'ai fait des études. Deux années d'un DUT agricole pour pouvoir reprendre l'animalerie de mes parents. Cependant, mes parents ne pouvaient pas payer mes études, mes vivres et mon studio d'étudiant totalement alors j'ai dû trouver un petit job. Lorsque j'ai cherché, je suis tombé amoureux de ce café. Bien qu'il soit très mal situé et un peu difficile à trouver, j'ai adoré l'ambiance et les produits étaient tellement bon. » repensa Harry rêveur. « C'est comme ça que j'ai atterri ici en réalité. Je suis le premier serveur à avoir travaillé au Cat's Eyes. Jasmine était déjà aussi originale comme patronne. Personnellement, je ne croyais pas vraiment qu'elle arriverait à décoller avec ce café. Lorsqu'on voit le peu de clientèle qu'il y a, et le peu de personnes qui empruntent cette ruelle, on comprend pourquoi. Pourtant, elle était déterminée. »

« Le Cat's Eyes n'a toujours été géré que par vous deux ? » s'enquit le blond tout en fronçant légèrement les sourcils.

« Non ! » répondit le brun rieur et avec soulagement il reprit : « Heureusement qu'il y avait un autre serveur. Je ne travaillais qu'à temps partiel ! C'est d'ailleurs grâce à l'arrivé de Mike que Jasmine a pu ouvrir ses deux premiers restaurants. J'avoue qu'avec mes études et mon boulot, je n'ai pas eu une vie sociale très active. Alors lorsque j'ai obtenu mon diplôme, j'ai arrêté mes études et je me suis mis à temps plein. Jasmine a pu ouvrir son troisième restaurant et Mike est parti travaillé dans ce dernier. Avec mon salaire, mes économies et l'aide de mes parents, j'ai trouvé un appartement en ville et je me suis consacré totalement au café. Cela fait maintenant trois ans. » déclara-t-il.

Le brun se tut alors et Draco comprit au regard que lui lançait ce dernier que s'était à son tour de dévoiler sa vie. Il n'eut pas besoin de se prêter à l'exercice car Jasmine vint les prévenir de son départ. Harry retourna au travail. Cependant, une demi-heure plus tard, il revint se placer en face de lui, n'ayant aucun client. Draco l'observa un moment comprenant sa demande muette. Il aurait dû être rebuté à cette idée. On ne parle pas de soit aussi ouvertement. Pourtant, il se prêta au jeu avec une facilité déconcertante. Il ne lui dit pas tout, comme Harry ne lui avait pas tout dit. Mais assez pour que le serveur le comprenne.

Il débuta donc en parlant de son enfance. Ses parents aimants bien qu'assez réservé en public, son éducation aristocratique le tenant loin des autres. Il lui parla de ses faux amis, amis de connivence qu'il n'appréciait pas. Le monde du faux semblant des préjugés, des classes. Il lui expliqua sa peur de ses parents qui s'était accrue avec l'âge lorsqu'ils avaient clamé être pour des idées extrémistes.

Il ne put lui parler de la guerre, cependant, il lui expliqua qu'il avait perdu quelque chose de précieux à cause d'un extrémiste qui avait voulu monter au pouvoir. Il lui raconta sa scolarité à Hogwarts, la répartition, la haine entre les maisons. Il lui parla des personnes censées être inférieur. Il lui parla surtout d'Hermione Granger qui était une de ces personnes mais qui le battait dans chaque matière. Il lui narra sa place d'éternelle second. Il lui parla de la famille Weasley, de la petite dernière grâce à laquelle il avait compris que ses parents étaient des malfaiteurs car elle avait failli mourir sous ses yeux lorsqu'il avait douze ans. Il ne put cependant pas lui en dire plus, préférant se taire que de s'inventer encore une fois une autre vie.

Il ne pouvait pas non plus lui parler de sa place de sorcier et il voyait bien que certaine de ses paroles comme celles reliées à la guerre surprenait le brun. Puis il lui avoua :

« Je ne peux pas tout te dire. J'ai un secret que je n'ai pas le droit de révéler. Tu as été si ouvert, je m'en veux de ne pouvoir faire la même chose. Mais je préfère ne rien te dire plutôt que te mentir »

Le brun lui sourit et répondit :

« Ne te sens pas obligé, cela m'a soulagé de t'en parler. Ne t'en fais pas pour cela. »

Ils continuèrent alors leur discussion jusqu'à ce que le brun retourne à son travail, des clients entrant. Draco resta là, à l'observer toute la journée, ne trouvant rien de mieux à faire. Le brun, lorsqu'il n'y avait aucun client, lui parlait. Le blond fut surpris de trouver ces moments-là agréable. Il se sentait apaisé ici, et lorsqu'il repensait à la raison de sa présence, son visage se fermait. Il se dégoutait lui-même, comment pouvait-il ne serait-ce que laisser le brun lui sourire. Il n'en était vraiment pas digne. Il soupirait à ces pensées, s'attirant les regards inquiets d'Harry.

Lorsque le café ferma vers les 19h, Draco sortit, accompagné du brun. Harry lui sourit tout en fermant à clé la porte et débuta :

« Tu reviens demain ? »

« C'est certain. » affirma Draco.

« Tu as apprécié la journée ? » demanda le brun hésitant.

Draco remarqua la nervosité de son vis-à-vis mais ne s'en formalisa et répondit avec honnêteté : « Oui et j'apprécie beaucoup ta compagnie aussi. »

« Tu dis cela comme si c'était une soudaine réalisation ! » s'amusa exagérément le brun.

« Ce l'est. »

Harry rougit légèrement, il tritura ses doigts visiblement mal-à-l'aise. Le blond le remarqua mais ne sut quoi faire.

« Je… Tu vois… Je voudrais… Enfin… Je… » Harry n'arriva pas à trouver ces mots, bégayant comme un enfant. « Allez Harry, tu n'es plus un gosse ! » s'insulta-t-il alors sous le regard franchement amusé de Draco.

« Qu'y a-t-il ? » s'enquit-il tout de même inquiet.

« Tu sais, cela fait maintenant cinq semaines que l'on se connait et je crois que … » Harry ne put en dire plus, un bruit étrange résonnant à leur oreille. Le brun râla un peu mais sortit une petite boite noir et appuya sur un bouton tout en l'amenant à son oreille. « Allo ? (…) Bonjour maman. (…) Que je… Quoi ? (…) Mais enfin… Je ne peux pas y aller maintenant, je n'aurais jamais le temps. Je … (…) C'est compris je me dépêche. A tout à l'heure. Je t'aime. »

Le brun remit sa boite dans sa poche et posa des yeux navré sur le blond encore surpris.

« Je suis désolé, je dois y aller, ma mère m'a … demandé d'aller lui acheter de… de l'anti-venin. Mon père s'est apparemment fait mordre. Enfin, je ferais mieux de me dépêcher avant qu'il ne soit atteint trop gravement. » déclara le brun précipitamment, tellement que le blond ne le crut pas un instant.

« Tu me diras une prochaine fois. » encouragea Draco.

« Oui. Une prochaine fois. » souffla Harry avec un petit sourire en coin. « Rassure-moi, nous sommes ami ? » ajouta le brun rapidement.

« Je… Je suppose, oui. »

Harry lui fit un signe de tête un grand sourire sur le visage et partit en courant tout en lui criant : « A demain ! »

« A demain Harry. » murmura le blond alors que la grande silhouette du brun se fondait dans l'horizon.

Draco resta un moment dans la rue, observant la neige qui commençait à tomber. Il ferma les yeux et soupira. Il se dirigea dans la petite ruelle qui jouxtait la rue et transplana directement chez lui. Il ne se préoccupa pas de la présence dans sa cuisine, ni de celle dans une des chambres et se jeta dans son lit, s'endormant pour revivre encore une fois le cauchemar de sa vie.

La silhouette présente dans la cuisine le rejoignit et l'observa allongé, tout habillé, en train de dormir. Elle se rapprocha et lui caresse les cheveux de sa main mate. Elle le déshabilla, ne lui laissant qu'un caleçon et l'installa confortablement sous les couvertures. Elle ressortit, fermant délicatement la porte et redescendit un étage pour se dirigé dans la chambre occupée.

Là, la silhouette vit une magnifique jeune femme rousse en chaise roulante. Elle aurait semblée morte si ses yeux ne laissaient passer toutes ses émotions. Elle était inquiète. La silhouette lui sourit et la porta jusqu'au lit.

« Il va bien. » prononça une voix grave. « Il va aussi bien qu'avant, si on peut appeler ça ''aller bien''. Cette nuit vous a détruit tous les deux. Surement plus lui que toi, même si cela ne se voit pas. »

Dans les yeux de la femme, une grande lueur d'inquiétude brilla.

« Je veille sur lui Gin'. Je veillerais toujours sur vous deux. »

Ses yeux reflétèrent alors son amour pour l'homme en face d'elle. Ce dernier se pencha sur elle et posa délicatement ses lèvres sur celle inanimé de la femme.

« Je t'aime aussi, mon amour. »

/DM\

Le blond passa ainsi une semaine avec Harry. Il était apaisé par la présence du brun et ne souhaitait plus le mettre en danger. Il était un monstre, mais il voulait le protéger. Il savait qu'à cause de sa mission, le serveur allait finir sous les feux de son maître. Il redoutait de plus en plus la finalité de sa mission. Draco avait essayé de lui dire, mais il n'avait pas pu. Le brun ne l'aurait pas cru.

Ce dernier essayait à chaque instant d'expliquer ses pensées. Il ne lui avait toujours pas dit ce qui le tourmentait et Draco s'en trouvait un peu inquiet. Harry semblait distant à cause de cela, même un peu triste. Jasmine les observait avec un sourire amusée à chaque fois qu'elle était présente. Elle ressemblait à une mère poule avec Harry, pourtant le brun ne s'en rendait pas compte. Cependant, elle paraissait aussi perturbée par l'attitude du serveur. Ce fut pourquoi, au bous d'une semaine de silence mutuel, Draco décida de parler à Harry à la fermeture du café le samedi à 19 heures :

« Harry. Je j'ai… moi aussi j'ai un truc à te dire… Je… Enfin. » le sorcier ne savait vraiment pas comment engager la conversation.

« Veux-tu venir manger chez moi ? » le coupa le brun aussi mal-à-l'aise que le blond et assez nerveux.

Draco acquiesça et en ce mois de décembre, il neigea tout le long du chemin. Tous deux restèrent silencieux. Ils arrivèrent devant un immeuble assez vieux. Harry tapa le mot de passe et ils rentrèrent. Le brun habitait au premier étage, au numéro 3. Son appartement n'était pas bien grand, une chambre, une salle de bain, une cuisine et une salle de vie, mais il était convivial. Il fit s'installer le blond dans le canapé et se dirigea vers sa cuisine. Draco mal à l'aise, seul, décida de le suivre quelques minutes plus tard. Il découvrit Harry en train de parler à son serpent tout en cuisinant. Cependant, les sons qui sortaient de sa bouche ressemblaient plus à des sifflements qu'à des paroles.

Le blond eut un mouvement de recul. La seule personne qu'il n'est jamais vu parler de cette manière était le Dark Lord. Trop abasourdi, il ne remarqua même pas que le brun s'était tourné vers lui et tentait vainement de cacher le reptile, une expression terrifiée sur le visage.

« Il s'agit d'Anguis je présume ? » demanda-t-il après avoir repris contenance.

Harry acquiesça et Draco se rapprocha du brun. Le serpent était enroulé autour de son bras droit. Il força l'homme en face de lui à lui montrer l'animal.

« Tu me comprends ? » s'enquit-il auprès du serpent sous l'œil abasourdi de son vis-à-vis.

Contre toute attente, le serpent hocha la tête. Le blond eut un sourire mesquin et reprit :

« Moins bien que ton maître je suppose, mais tu me comprends c'est déjà ça. Alors nous allons établir un petit traité toi et moi. Tu ne me mords pas, je ne t'embroche pas. Ça te va ? »

Le serpent siffla quelque chose à Harry qui observait le blond avec une étrange lueur dans les yeux. Il sortit enfin de son mutisme en disant :

« Anguis est d'accords, mais si tu me fais du mal, il outrepassera le marché. »

« Bien, nous avons un accord donc ! »

Draco caressa le crane de l'animal et ce dernier en profita pour s'enrouler autour de son bras.

« Qu'ai-je donc fait pour que tous les reptiles s'enroulent sans cesse autour de moi ? » s'agaça-t-il à haute voix.

De nouveau un sifflement lui répondit et le brun lui traduisit :

« Il semblerait que tu ais la même odeur qu'eux. Un peu comme moi, mais en plus fort. »

Le Deatheater acquiesça et, tandis que le brun prenait des tasses de café, alla s'installer dans le salon. Profitant de l'absence du serveur, Draco demanda au serpent :

« Jure de ne pas répéter à Harry ma question. »

Le reptile d'abord sceptique acquiesça voyant l'air suppliant de l'humain.

« Est-ce qu'il sait pour la magie ? »

Le serpent eut un instant d'arrête et finalement fit un signe de dénégation. Le blond soupira perdu. Comment une personne pouvait-elle être Parselmouth sans être sorcière ? Ou alors, le brun avait réussi à passer outre les ficelles du ministère et de Hogwarts. C'était surprenant, mais d'après ce qu'il lui avait dit, on l'aurait trouvé à l'âge de 6 ans. Donc, avant que la trace ne soit imposée à tous les sorciers mineurs et peu de temps après que la magie du château ne désigne les nouveaux sorciers. Peut-être était-il passé pour mort et son prénom avait-t-il été rayé de la liste, supposa le blond.

Il se demanda s'il devait le lui annoncer ou attendre un peu. Il préféra voir ce que le brun voulait lui dire avant de ne lui faire peur en le lui avouant. Il n'était peut-être pas sorcier…Mais c'était peu probable.

Le brun revint alors. Draco laissa derrière lui ses pensées lorsqu'il vit le sourire immense qui ornait le visage de son hôte. Il le tendit une assiette de patte et des couverts. Le blond les accepta et Harry s'assit à côté de lui, avec son propre repas.

« Bon, ce ne sera pas du niveau de Jasmine, mais je ne suis pas chef moi ! » lui lança-t-il joyeusement.

Draco répondit à sa bonne humeur avec un peu moins d'entrain. Ils mangèrent alors en discutant de tout et de rien. Draco peu habitué à se nourrir sur une table basse, mangea lentement. Finalement, alors qu'il finissait et que son hôte lui demandait s'il voulait quelque chose d'autre, Draco niant de la tête, il se demanda comment aborder le sujet. Harry repartit dans la cuisine afin de ranger la vaisselle. Puis il revint et se réinstalla. Il se tourna alors vers le blond, le regard inquisiteur.

« Alors ? Que voulais-tu me dire ? » s'enquit le brun.

« Je… Avant, j'aimerai savoir ce que toi tu voulais me dire. »

« Ah… » soupira le serveur tout en reposant sa tasse de café sur la table basse. «… ça »

« Oui. »

« C'est…compliqué… » débuta le brun. « Tu sais tu es le premier à ne pas avoir fuis lorsque tu m'as vu parler avec Anguis, ou fuir tout cours devant mon serpent… Et, ça fait plus d'un mois qu'on se voit et discute tous les jours,… et tu es très beau, enfin ça tu le sais… » dit-il avec un sourire charmeur.

« Tout le monde le sait ! » répondit le blond sur le ton de l'évidence. « Cependant, toi aussi tu es très agréable à regarder. »

« Et tu es aussi très gentils, ta conversation est agréable, tu ne m'as pas pris en pitié lorsque je t'ai dit que ma famille m'avait abandonné à mes cinq ans… » continua le brun tout en se rapprochant du blond.

« Que cherches-tu à me dire ? » demanda Draco plongeant son regard dans celui de son vis-à-vis.

« Je crois… Enfin, maintenant j'en suis sûr… » bégaya Harry.

Draco aurait pu trouver amusant le fait que le serveur, si grand et fort, semble perdre tous ses moyens pour lui dire de simples mots, cependant, il commençait à se demander si le brun n'avait pas de graves problèmes. Il tenta donc de faire un sourie engageant au brun pour qu'il se confit, mais sa réaction surprit grandement le blond.

Harry se pencha vers lui lentement, semblant chercher quelque chose dans ses yeux et soupira. Il allait pour se retirer lorsqu'une étrange lueur passa dans son regard. Draco aurait pu la croire désespérée, si le serveur n'avait pas un sourire aux lèvres. Harry passa sa main dans les cheveux du blond qui ne semblait pas plus surpris que ça. Cette réaction fit sourire davantage le brun qui reprit confiance en lui.

Draco ne comprenait plus ce qu'il se passait, mais il ne pouvait quitter les yeux verts pétillants de son vis-à-vis. Il décida de détacher son regard de celui hypnotisant du brun, mais ne put le faire dériver plus loin que ses lèvres. Son sourire lui réchauffa le cœur, ce qui fit sursauter le blond. Il n'avait jamais ressenti cela, pas depuis une dizaine d'années maintenant. Il n'était pas censé ressentir des choses.

Harry sembla ressentir sa peur. Son sourire se fana rapidement et il s'éloigna à regret du blond.

« Tu as compris. » déclara-t-il tout en se levant.

Draco lui lança un regard perdu alors que le serpent s'enroulait autour de son bras et le serrait plus que ne le tolérait sa circulation sanguine. Cependant, le Deatheater se leva rapidement, rejetant au passage le reptile, et rattrapa le serveur. Il le retint pas le bras et plongea de nouveau son regard dans celui résigné du brun.

« Compris quoi ? »

« Pardon ? » demanda Harry plus que surpris.

« Je suis censé avoir compris quoi ? » répéta le sorcier.

« Et bien… Ne me force pas à le dire. Je me suis assez humilié comme ça ! » s'agaça le brun alors qu'il tentait de le forcer à le lâcher.

« Non ! » cria presque désespérément le blond. « Ecoute, je ne sais pas ce qu'il se passe… »

« Bien sûr que si, tu étais terrifié ! Pour quelle autre raison aurais-tu pu avoir peur ? »

« Parce que… » commença le blond avec force.

« Tu vois… tu sais. »

« Bon ! Tu vas m'écouter sale imbécile ! » s'exclama le blond tout en forçant le brun à s'asseoir sur le canapé.

Le brun se laissa faire et observa curieusement Draco. Ce dernier resta debout devant lui et se lança :

« Je… Je n'ai techniquement pas la possibilité de ressentir ne serait-ce qu'une seule émotion liée ne serait-ce qu'un peu à l'amour. »

« Tu me prends pour un con ? » s'enquit le brun qui semblait assez en colère.

« Non ! » s'écria le blond ce qui sembla calmer Harry. « Comme toi qui peut parler aux serpents, moi normalement je ne peux plus aimer. »

« Cependant, tu pouvais avant, non ? » essaya de comprendre le brun.

« Oui. Mais après certains évènements, je n'ai plus pu. Je n'aime même plus ma mère. »

« Et ? En quoi cela a rapport avec ce qu'il s'est passé tout à l'heure ? »

« Je… J'aime ton sourire. Cela faisait tellement longtemps que mon cœur ne s'était pas manifesté et j'ai… j'ai eu peur. » confia le blond son regard toujours fixé dans celui de son vis-à-vis.

Ce dernier dévoila de nouveau son magnifique sourire et Draco sentit de nouveau son cœur battre un peu plus vite. Il rosit un peu et face à cette réaction, Harry se leva pour se mettre à son niveau.

« Tu es sûr de n'être capable d'aimer personne ? »

« Je…Normalement. » acquiesça Draco.

« Normalement, ce qui veut dire qu'il pourrait y avoir des exceptions ? » continua le brun tout en passant de nouveau sa main dans les cheveux du blond.

« Peut-être. »

« Alors j'ai ma chance. » affirma-t-il alors qu'il se penchait pour poser ses lèvres sur celles du blond.

Draco fut extrêmement surpris mais une étrange chaleur se rependit alors en lui et il répondit au baiser. Harry se détacha de lui avec un petit sourire et lui murmura à l'oreille :

« Je t'aime. »

Le sorcier fut déstabilisé, puis il plissa les yeux et cria presque :

« Ne me mens pas ! »

« C'est la vérité ! » se défendit le brun.

« Non, tu ne peux pas m'aimer. Tu ne me connais même pas. Tu ne sais… »

« J'en sais assez pour savoir que je t'aime. » le contredit-il avec aplomb.

« Non ! Tu ne connais qu'une partie de moi. Lorsque tu découvriras l'autre tu… » tu seras mort. A cette pensée, le blond sentit quelque chose couler le long de sa joue. Il ouvrit des yeux surpris lorsqu'il constata que c'était des larmes.

« Je t'aimerai quoi qu'il arrive, Draco. » affirma Harry avec une telle détermination que le sorcier n'eut qu'une envie, le croire.

Le serveur le prit alors dans ses bras et l'embrassa avec plus de passion et d'amour encore. Il le franchit la barre des lèvres du blond et approfondit le baiser. Finalement, à bous de souffle, ils se séparèrent. Harry enserra la taille du blond et lui murmura à l'oreille :

« Je vais te montrer combien je t'aime. »

Puis il le poussa vers sa chambre, l'allongea sur son lit et se positionna sur lui. La dernière pensée cohérente du blond fut qu'il ne rentrerait sûrement pas chez lui avant de se perdre dans un plaisir infinie, le brun le dominant.

Le lendemain, Draco se réveilla dans le bras du serveur. Il l'observa un moment, ses cils noirs son nez fins, ses cheveux en bataille et sa bouche pulpeuse. Il se sentait bien, à sa place. Son cœur était si chaud. Il repensa alors à ce que Blaise lui avait dit lorsqu'il lui avait expliqué être amoureux de Ginny. Il se surprit à comparer ses sensations à ça. C'était exactement la même chose. Il voulait protéger le brun et cherchait sa protection. Il aimait le sourire du serveur, sa conversation, sa présence.

Il écarquilla les paupières lorsqu'il comprit qu'il aimait Harry, tout simplement. Il n'aurait pas dû pouvoir aimer le brun. Il eut peur, ce n'était pas normal. Il voulut partir, pourtant, il était si bien dans ses bras. Alors il resta là, admirant le brun dormir. Il profita du moment.

Mais comme tout bon moment, ce dernier eut une fin. Il se rappela de sa mission. Sa gorge se serra. Il devait protéger Harry. Il tenta de trouver une solution. Il se dit que de toutes manières, ce ne serait pas aujourd'hui qu'ils allaient venir. Qu'il avait encore le temps. Il en parlerait à Blaise, après qu'il lui ait reproché de ne pas être rentré. Il avait enfin trouvé quelqu'un à aimer, il ne le lâcherait pas.

Sur cette décision, il posa ses lèvres sur le front du brun, relevant ses cheveux aux passages. Lorsqu'il se retira, il vit ce qu'il aurait préféré ne jamais voir. Une cicatrice en forme d'éclaire. Il ne savait pas pourquoi, mais ce fait lui glaça le sang d'horreur. Cependant, il n'eut pas le temps de réfléchir car le brun se réveilla et lui sourit. Toutes ses mauvaises pensées s'envolèrent et il lui sourit en retour.

Harry s'enquit sur sa santé, il n'avait apparemment jamais eu une expérience avec un homme. Draco eut un regard amusé et le rassura, il pourrait s'asseoir. Le serveur en fut soulagé mais garda un œil inquisiteur sur lui. Ceci dura jusqu'à ce qu'ils sortent de l'appartement. Dans la rue, le blond n'en put plus d'être fixé par le serveur et demanda :

« Qu'y a-t-il ? »

« C'est que… Tu… Enfin, on a couché ensemble, mais cela ne veut pas dire que tu as accepté de devenir mon petit-ami. » fit-il remarqué.

« Ah bon ? » fut étonné Draco.

« Heu… Et bien en tout cas c'est ce que l'on m'a dit. » expliqua Harry alors qu'ils ouvraient la porte du café.

« J'accepte d'être ton petit ami. » répondit alors le sorcier.

Le brun, la porte refermée, lui prit le visage en coupe et l'embrassa. Il se sépara de lui et lui murmura à l'oreille tandis que le blond rougissait.

« Ravi de le savoir. »

Puis il l'embrassa à nouveau, ne se rendant pas compte que l'écriteau ''ouvert'' était placé sur la porte. Le baiser dura un certain temps et fut interrompu par un raclement de gorge.

« Excusez-nous. » commença la voix d'une fille que Draco connaissait assez bien. « Nous voudrions réserver des places pour des amis qui arriverons après. »

Harry leur sourit alors que Draco se cachait, son visage dans son torse, la main du brun sur ses cheveux.

« Bien sûr ! Combien de personne ? »

« Ne serons normalement 20. » répondit la voix d'un homme que le blond désespéra d'entendre.

« Bien, allez-vous installer. J'arrive tout de suite, le temps de… Enfin vous voyez ! » s'exclama le brun d'une humeur si joyeuse que rien ne semblait pouvoir l'entacher.

Les deux adultes s'éloignèrent vers une table du fond et Harry conduisit Draco dans les vestiaires. Celui-ci paraissait beaucoup plus blanc qu'à l'accoutumé. C'était aujourd'hui. Il ne savait vraiment pas comment il allait faire. Le brun le regarda inquiet et Draco lui demanda, l'implorant presque :

« Je vais partir puis revenir. Lorsque je reviendrai, je veux que tu fasses exactement tout ce que je te dirais. Tout. Sans exception. »

« Je ne… »

« Harry ! Promet-moi de faire ce que je te dirai. » supplia Draco tout en essayant d'avoir une voix ferme et des larmes commençant à couler de ses joues.

« Je te le promet. » acquiesça le serveur alors qu'il se rapprochait du blond et essuyait ses larmes.

« Souvient-toi ce que tu m'as dit hier. »

« Je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive. » le rassura Harry.

Le blond lui fit un pal sourire. Il aurait voulu que cela soit vrai. Il embrassa chastement le brun avant de partir, fermant la porte. Il observa les alentours et décida de transplaner, c'était beaucoup plus prudent. Il jeta cependant un coup d'œil à la salle où il vit une vingtaine de personnes, tous membres de l'Ordre du Phéonix.

Il se retrouva rapidement chez lui. Blaise était dans la cuisine, faisant à manger. Lorsqu'il le vit, il commença à lui crier dessus mais le blond le fit taire.

« Prend ta baguette et vient avec moi. »

« Quoi ?! Non, ce serait du suicide ! Tu sais bien que le Lord me recherche ! » s'exclama le basané.

« J'ai besoin de ton aide. Il faut que tu le fasses sortir. Fait le partir. Tu n'auras pas à te monter, juste à transplaner. »

« Mais de quoi tu parles ? »

« Juste, va au café et ramène Harry ici. Je ferai en sorte qu'il soit caché sous le bar du café. Prend le avec toi, force le s'il le faut. Mais fait-le ! »

Blaise le dévisagea un moment, fronça les sourcils et soupira.

« D'accords, je vais demander à Lupin de surveiller les gosses. » concéda-t-il.

Draco fit un signe de la main montrant qu'il ne s'en préoccupait pas. Lorsqu'il franchit la porte, il cria : « Mais toi en costume, si tu arrives pendant la bataille, que tu ne sois pas blessé. Et prend la cape ! »

Il transplana alors directement dans la salle de réunion du manoir Riddle et se retrouva face à face avec Voldemort. Il s'agenouilla devant lui et déclara : « Ils sont au café. Seuls certains sont là. Comme vous l'aviez prévu, Dumbledor, Alastor Maugrey et d'autres plus anciens ne participent pas. C'est une réunion clandestine de l'Ordre. »

« J'étais certain qu'il y avait des tensions au sein de leur organisation. Dumbledor a perdu toute crédibilité lorsqu'Harry Potter est mort. »

A ce nom, Draco eut un sursaut, comme si une information lui manquait. Il secoua la tête et se reconcentra sur la situation actuel. Il ne savait pas comment cela avait pu se produire, mais il avait réussi à tomber amoureux d'Harry Towler. Il secoua cependant la tête entendant le Lord appeler tous ses Deatheaters et leur expliquant ce qu'il allait devoir faire. Le sorcier allait devoir la jouer serrée. Il voulait protéger Harry, reconnu muggle, lors d'un raide où le Lord Noir serait présent. Si ce dernier le trouvait, Harry était mort. Comme il voudrait le sauver, lui-même était mort ainsi que toutes les personnes présentes dans sa maison. Il ne pouvait pas laissé ça arriver. Il releva alors la tête, métamorphosa ses vêtements en robes noires. Il mit son masque et transplana au signal du Lord. Il devait rester concentrer.

A SUIVRE…


Voilà, j'espère que cela n'a pas déçu vos espérances.

A dans deux semaines !