Par avance : JK notre idole à tous est toujours à la base de l'histoire originale... Et les personnages qui apparaissent au fur et à mesure sont de moi... J'espère que ce n'est pas trop long pour un chapitre. Sinon, à partir de maintenant tous les titres de chapitres sont accolés d'un nom qui indique plus ou moins le personnage central secondaire (après Margaret bien sûr), voilà. Une petite review siouplé, ça m'aide à poursuivre.


DERNIERS PREPARATIFS - FRAN

Je me retrouvai le samedi sur le Chemin de Traverse, accompagnés de mes parents. Pour accéder à l'endroit, nous avions suivi la démarche indiquée par la lettre. J'avais voulu donner rendez-vous à Hermione mais elle n'était pas là. C'était assez compliqué pour un non-sorcier d'atteindre – je cite mon père – « ce foutu chemin à la con ». Mon père n'aime pas les trucs compliqués, comme par exemple sa déclaration d'impôt. Et je dois avouer que ce Chemin… Etait vraiment bien caché. Quelque part ça ne m'étonne pas tellement qu'il y ait un endroit pareil dans Londres mais ça m'étonne plus que malgré les précautions du ministère de la magie, il n'y ait pas eu de fuites.

Nous fûmes finalement sur ce Chemin de Traverse, que je trouvais très mignon d'ailleurs. Le genre rustique, franchement joli. Par contre, je dus me retenir à plusieurs reprises pour ne pas rire en voyant les habits des sorciers. C'était Halloween avant l'heure, et certaines tenues arborées par les sorciers étaient encore plus ridicules que celles portées par les enfants lors de cette fête. Mon père ne réussissant pas à se retenir lui de rire plongeait son visage dans le manteau de ma mère qui ne pouvait que sourire.

On arrive à une des choses qui m'exaspère le plus dans ce monde : le conservatisme. Ces gens n'ont presque pas évolué depuis des siècles, c'est quelque chose qui me stupéfie. Mais je fais avec. Ca me donne l'impression d'être supérieure, d'avoir un temps d'avance sur eux. Il a fallu que mes parents aillent changer de l'argent à la banque des gobelins de Gringotts. Je n'aime pas ces créatures, pratiquement dénuées de tout sens moral sauf en ce qui concerne l'argent. C'est ma mère qui se chargea de la transaction, mon père étant littéralement accrochée à ma propre robe à cause du stress que lui causaient les gobelins.

Ont commencé ensuite les emplettes. Acheter le chaudron, un hibou noir que j'ai nommé Mildred, les livres, la baguette, les fringues… Tous les vendeurs étaient compréhensifs, voyant bien à nos vêtements que nous « n'étions pas d'ici ». Je ne peux pas le leur reprocher, j'étais justement bien contente qu'on ne me confonde pas avec ce que j'appelle les natifs, les sorciers de souche. J'étais bien équipée. Je me sentais très stupide aussi, sans doute à cause de l'aspect folklorique de ces achats. Il y avait foule sur le Chemin de Traverse, majoritairement des gens habillés en robe, mais aussi quelques personnes… normales, oserais-je dire. Mon père insista pour que nous ne restions pas plus longtemps dans l'endroit. Ainsi nous rentrâmes à la maison avec toutes ces fournitures scolaires non conventionnelles. Mes parents, curieux, étudièrent avec minutie chacun des achats. Mon père s'amusa avec le hibou une bonne partie de la soirée, tandis que ma mère lisait l'un des livres qui parlait des sorts.

Lorsque j'allai me coucher, la tête toujours emplie de questions à propos de cette année à venir, ma mère entra seule dans ma chambre alors que j'étais déjà sous les drap et s'assit sur le lit. On aurait dit qu'elle venait me border, pourtant je ne le demandais plus depuis deux ans déjà. Elle ne dit d'abord rien, caressa mon visage avec un regard affectueux, puis dit doucement :

– Là où tu vas, tu pourras faire des choses que beaucoup d'autres personnes t'envieront. Tu vas faire de la magie, tu imagines ? Ca va être génial, non ?

La dernière phrase manquait de conviction. Je secouai lentement la tête et répondit, la bouche cachée par le drap :

– Je ne veux pas y aller, maman.

– Pourquoi ?

– Je suis bien ici, avec vous, avec mes amis…

– Tu dois y aller, ma chérie. Tu as une chance que nous n'avons pas eu, tu dois la saisir. Tu en ressortiras forte.

– Je ne veux pas vous quitter !

– Nous avons parlé avec les Granger… Tu reviendras pour les vacances de Noël. Hermione fait la même chose. Il faut que tu y ailles, Maggy.

Je réfléchis un moment puis eut un petit sourire lorsque je trouvai le moyen d'obtenir quelque chose que mes parents m'avaient refusé depuis longtemps :

– Je peux avoir un portable ? Pour vous contacter…

Ma mère écarquilla les yeux puis rit de bon cœur.

– Petite futée, tu as trouvé le moyen de nous faire céder là-dessus, hein ? Soit, nous t'en achèterons un avant de partir.

– Merci maman.

Elle me fit la bise puis me laissa dormir. J'entendis mon père rire à plusieurs reprises, mais je ne sus pas pourquoi. Les jours passèrent, Hermione était introuvable alors que je me préparais à partir pour Poudlard. J'avais désormais un téléphone dernière génération. J'en étais toute fière, mais j'évitais de le montrer, m'entraînant pour quand je serai là-bas. Je voyais mes amis pour la dernière fois avant quatre mois. A chacun je dus leur raconter ce mensonge : je devais partir dans une école spéciale afin de me préparer à entrer dans une grande université. Je me demande encore comment mes amis ont pu croire à ça, et je me demande même s'ils m'ont tous cru, car je n'étais vraiment pas du genre carriériste. Le jour fatidique arriva où je dus me rendre à la gare de King's Cross.

C'est ce jour-là que je décidai de faire un caprice en restant prostrée dans mon lit entièrement recouverte par les draps. Mon père dut me déloger de là à force de chatouilles – je suis très chatouilleuse –, puis il essaya de me faire comprendre que ce n'était pas si terrible et que je ne devais pas juger tant que je n'avais pas vu à quoi cela ressemblait.

Certes, je n'avais vu de ce monde que le Chemin de Traverse. Mais Hermione m'avait donné un descriptif assez complet sur le fonctionnement de Poudlard, et même du monde des sorciers. Cette histoire de maison me faisait déjà peur. On aurait dit quatre clans dans une même école, ça me semblait assez dangereux. Je savais que ça avait un rapport avec les fondateurs de l'école, mais je ne comprenais pas comment cela pouvait encore subsister, surtout que les élèves suivaient le cursus qu'ils voulaient sans que la maison influe. Donc je pensais pouvoir juger de l'école avant de l'avoir vue, mais mon père n'avait pas tort non plus.

Ainsi je me retrouvai entre les quais 9 et 10 de la gare de King's Cross, avec un chariot juste assez grand pour tous mon matériel. Mes parents, et même ma sœur, m'accompagnaient et j'en avais sacrément besoin. Le quai 9 ¾ était introuvable, mais je supposai qu'il y avait quelque enchantement derrière son absence. Lorsque je vis une famille de rouquin traverser littéralement le travers d'une barrière, je ne me posai plus la question : c'était par là. Chose intéressante à noter : je n'étais surprise par rien. De visu, j'aurai pu écarquiller les yeux où être bouche bée ; mais non, rien ne m'étonnais. Je fis donc signe à ma famille de me suivre et passai sur le quai 9 ¾ où trônait le Poudlard Express, vieux train que j'affectionne en raison de son allure d'antan. Il y avait de nombreux sorciers en robe, mais l'on trouvait également des gens habillés normalement, notamment des élèves. Enfin « normalement »… Disons qu'ils étaient habillés comme le sont les simples humains, mais certains d'entre eux avaient une vingtaine d'années de retard sur la mode. Je veux bien que l'Angleterre ait gardé certaines traditions vestimentaires dans les campagnes, mais à Londres… Quoique ces gens ne venaient assurément pas tous de Londres.

Face au véhicule qui allait me conduire loin de ma famille, j'eus soudain l'horrible impression de trahir quelqu'un, et ce quelqu'un c'était moi-même. Je ne voulais pas y aller, comment pouvais-t-on me forcer à aller là-bas ? Ce n'était pas déterminant pour ma vie, je n'avais en fait vraiment rien à faire de la magie. Je me tournai vers mon père ; il baissa les yeux. Je me tournai vers ma mère ; elle me fit un sourire qui me paraissait peu convaincant. Je regardai enfin Angelica ; elle vint s'accrocher à moi.

« J'espère que ce sera bien là-bas grande sœur ! Reviens vite, tu me montreras ce qu'on t'a appris. Je t'aime grande sœur. »

Elle voulait me réconforter sans doute, mais en réalité elle m'acheva pour de bon. Comment quitter ce petit être si mignon et si gentil ? Je la serrai plus fort que jamais, si bien qu'elle me fit remarquer :

« Grande sœur… Tu m'étouffes ! »

Je la lâchai puis observai la foule. Je cherchais quelqu'un du même acabit que moi, c'est-à-dire une personne correctement habillée, pour me joindre à elle dans le train. J'en trouvai une non loin qui devait avoir au moins trois ans de plus que moi. Mais peu m'importait, je voulais un contact avec la « civilisation ». Je me mis donc à côté d'elle, mais légèrement intimidée par la différence d'âge, je ne dis rien.

Je ne sais plus ce qu'elle portait exactement ce jour-là, mais après que j'eus fais sa connaissance, je me rendis compte qu'elle ne portait quasiment que des débardeurs et des jeans lorsqu'elle n'était pas vêtue de l'uniforme de l'école. Elle avait des cheveux noirs mi-longs en bataille dont les mèches de devant étaient teintes en rouge. Ses yeux brillaient d'un vert émeraude qui contrastaient avec sa peau bronzée. En voyant son visage, je me dis qu'elle devait se trouver facilement un petit ami. Elle finit par remarquer que je l'étudiais et, haussant un sourcil, elle se pencha vers moi en me demandant gentiment :

« Qu'y a-t-il ma petite ? Tu n'as jamais vue une sixième année ?

Je fus assez surprise car je ne l'imaginais pas aussi loin dans son cursus. A sa question, je devais répondre honnêtement, où c'était le premier de bien des mensonges.

– En fait, je suis en première année, et… euh… Je cherchais quelqu'un du même genre que moi, terminai-je en baissant les yeux.

La fille caressa son menton d'une main puis me fit un sourire malicieux.

– Du même genre ? Tu veux dire… De la même origine ?

– Je ne suis pas sûr que vous voyiez ce que je…

– Montre-moi tes parents, on sera fixé.

Je les lui montrai sur l'instant. Ils firent un salut de la main d'un air rassuré à la fille qui le leur rendit.

– Je vois. C'est bien ce que je pensais. Tu as des parents Moldus toi aussi.

Mes épaules se soulevèrent toutes seules à la mention de « Moldus ». La fille en rit.

– Hey, ma petite, tu vas vivre avec des élèves qui utilisent ce terme toute l'année, il va falloir t'y faire, même si ça paraît insultant pour ta famille ou tes amis.

Je la regardai avec des yeux emplis de gratitude. Elle me comprenait. Une connivence s'installait entre nous. Elle posa sa main sur mon épaule et la massa.

– Tu es certainement stressée à l'idée de partir pour cet endroit inconnu… J'ai vécu ça, tu sais. Mais on s'habitue à la vie là-bas. Tu vas voir, il y a pas mal d'avantages à pratiquer la magie, même si ça peut paraître… Injuste.

Je ne compris pas ce terme sur le moment. Mais une année plus tard, j'avais réalisé qu'elle avait raison. La magie est injuste, disait-elle. Je l'aurai qualifiée de frustrante. Mes parents s'approchèrent et la fille se présenta à eux :

– Bonjour, je m'appelle Francesca Da Silva. On m'appelle Fran.

Mon père lui serra la main, puis ma mère. Cette dernière lui dit :

– Enchantée. Vous êtes dans la même situation que notre fille je présume. Elle s'appelle Margaret Finey, je suis sa mère Eleanor et voici son père Howard.

– Ravis de vous rencontrer. Alors ce petit bout de chou entre à Poudlard ? Je suppose qu'elle est venue vers moi parce que comme elle j'ai vécu mon enfance dans ce bon vieux Londres…

– L'école de Poudlard est-elle vraiment sûre pour des enfants comme Maggy ou vous ? demanda mon père.

Fran baissa les yeux alors que son sourire disparaissait de son beau visage. Elle poussa un long soupir puis dit d'un ton las à mon père :

– Je ne vais pas vous mentir. Nous avons à Poudlard un petit problème là-dessus. Les enfants de Moldus sont mal accueilli par une partie des élèves. Ce sont en quelque sorte des extrémistes, ils ne supportent pas que des impurs viennent dans cette prestigieuse école. Enfin, ça n'a jamais entraîné de débordements, mais cette discrimination est présente de la part de certains élèves. Sinon, les professeurs traitent tous les élèves à la même enseigne, eux.

Mon père fronça les sourcils.

– C'est fâcheux.

– Ne vous inquiétez pas, il ne lui arrivera rien. Si vous voulez, je m'en porte garante. Je suis une grande fille, je suis même majeure selon le ministère de la magie.

Elle me prit par l'épaule et me colla à elle. Je fus gênée par cette attitude. Ca ne me dérangeait pas en soi, mais la rapidité avec laquelle nous nous étions rapprochées était déstabilisante. Angelica jaillit alors de derrière mes parents et vint se coller à Fran.

– Tu prendras soin de grande sœur, hein, Fran ?

La concernée fut subjuguée par le côté mignon d'Angie. En même temps, il y avait de quoi.

– Oh, mais qui est cette mignonne petite fille ? C'est ta sœur, Maggy ?

– Euh, oui.

– Je l'adore déjà.

Elle lui caressa la tête. Là, mon côté protecteur prit le dessus.

– Ahem, Fran, je ne sais pas si tu la connais assez pour… Enfin, tu vois.

Fran parut immédiatement comprendre et se recula.

– Pardon, fit-elle avec un sourire gêné. J'ai tendance à… Lier contact assez rapidement. Peut-être trop.

Mes parents lui dirent que ce n'était vraiment pas grave.

– Comment s'appelle-t-elle ?

– Angelica.

– Vous avez bien choisi si vous voulez mon avis. Je vois Maggy que tu as une famille formidable. Je crois que je commence à comprendre pourquoi tu ne veux pas quitter ta maison. »

J'allai lui répondre que j'étais bien contente de trouver quelqu'un qui me comprenait lorsque le train siffla. Il était temps de monter à bord du Poudlard Express.