Je répondrais aux reviews dans la soirée, mais je tiens à vous remercier d'être déjà aussi nombreux à me suivre, et j'espère que la suite vous plaira !


Chapitre 2

Arthur soupira. Il n'avait aucune idée de comment il était sensé se comporter avec son fils, et, depuis sa conversation avec Gwaine, il se demandait de plus en plus d'où l'enfant venait. Il portait le nom du meilleur ami de Merlin, cela dit, alors il pouvait supposer que Merlin et lui l'avaient eu lorsqu'il était bébé, mais ce n'était rien de plus que des présomptions. Il regarda leur fils, qui jouait avec le col de sa chemise, et soupira à nouveau. Il était dans le futur depuis quelques heures à peine, et il avait déjà mis Merlin en colère deux fois. Combien de temps avant qu'il ne gaffe encore, ou ne blesse William ?

- Papa

La voix de son fils le tira de ses pensées, et il se reconcentra sur lui.

- J'ai faim.

En entendant ces simples mots, Arthur se mit à paniquer. Il ne savait pas avec quoi il devait le nourrir, ni même ce qu'il aimait. Et s'il lui donnait quelque chose auquel il était allergique ? Merlin le tuerait à coup sûr. Finalement, il se dirigea vers les cuisines, espérant y trouver quelqu'un, qui que ce soit. Seulement, la malchance semblait s'acharner, et il les trouva vides. Le roi grogna, et se résolut à se rendre chez Gaius, où il devrait trouver Merlin.

En poussant la porte, il vit effectivement son consort, en train de préparer Dieu seul savait quoi. Ce dernier leva la tête en entendant quelqu'un entrer, et fronça les sourcils en reconnaissant les visiteurs.

- Arthur ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Euh… William a faim.

- Et depuis quand tu as besoin de moi pour le nourrir ?

- Bien sûr que non, je n'ai pas besoin de toi, Merlin ! S'exclama Arthur en le regardant comme s'il était stupide. Il avait sa fierté, après tout.

- Alors pourquoi tu l'as amené ici ?

Arthur se mordit la lèvre. Il était hors de question qu'il passe pour un abruti incapable de s'occuper de son fils, et il avait donc besoin d'une bonne excuse, et tout de suite.

- Il a dit qu'il voulait que ce soit toi qui le nourrisses !

Merlin leva les yeux au ciel, et Arthur pria pour que William ne démente pas. L'enfant leva les yeux vers lui, mais ne dit rien. Son double devait avoir l'habitude de faire ce genre de choses, sans doute.

- Je travaille, Arthur, même si je sais que tu ne comprends pas ce concept.

- Et moi je suis roi, je suis aussi très occupé !

- Oh, pitié !

Si Arthur n'était pas certain de connaître Merlin, il aurait pris William par la main et se serait débrouillé pour le nourrir. Mais, comme il l'avait prédit, Merlin céda et posa sa préparation pour s'occuper de son fils. Même dans le futur, il restait le Merlin qu'Arthur connaissait, et ne laisserait jamais qui que ce soit dans le besoin, sans parler de son propre enfant.

Arthur sourit pour lui-même, et les suivit hors de la pièce. Au bout de quelques mètres, Merlin se tourna vers lui.

- Je croyais que tu étais « un roi trèèès occupé » et que c'était pour ça que tu ne pouvais pas t'occuper de notre fils ?

- Euh oui, tout à fait. J'ai des affaires urgentes à régler, Merlin. Elles se trouvent juste… Dans la même direction que là où vous allez, ce n'est pas ma faute !

Merlin ne put s'empêcher de sourire face à l'affaire urgente de toute évidence inventée d'Arthur, et le roi, pour garder un semblant de crédibilité, tourna à la prochaine intersection. Il n'allait tout de même pas admettre qu'il n'avait rien à faire. Ce qui était néanmoins le cas, et il se retrouva donc à errer dans le château.

Son esprit se mit à divaguer, et il en vint à se demander comment il avait pu passer de sa vie à celle-ci. Il était passé d'un homme marié à Gwen, qui combattait Morgana et toutes sortes de fous qui voulaient le palais, ou bien se venger d'Uther, à un homme qui avait épousé Merlin, était père, et il ne semblait pas y avoir de menace imminente. Curieux, il décida de poser discrètement des questions à Léon. Gwaine ne lui répondrait probablement pas de toute manière, et Léon était le seul qui était suffisamment loyal pour répondre sans poser de questions, et sans en parler à Merlin, ou à qui que ce soit d'autre.

Il entreprit donc de trouver le chevalier, et demanda à lui parler.

- Un problème, sire ?

- Pas du tout, je… Je voulais juste m'assurer qu'aucune menace ne vous était parvenue.

- De quel genre de menaces parlez-vous ?

- Eh bien, je ne sais pas, des ennemis, n'importe quoi !

- Arthur, vous savez bien que depuis les traités signés il y a cinq ans, les cinq royaumes se sont alliés, et je vous assure qu'il ne nous est parvenu aucune tension.

- Parfait. Je voulais juste m'en assurer.

- Vous êtes sûr que tout va bien ?

- Tout va très bien. Et… Aucune menace d'ordre magique non plus ?

- D'ordre magique ?

Léon semblait surpris par la question, à croire qu'aucun sorcier ne les avait jamais attaqués, et Arthur se retint de lever les yeux au ciel.

- Oui, comme Morgana, ou…

- Enfin, Sire, nous n'avons plus entendu parler de Morgana depuis des années, et depuis que vous avez légalisé la magie, les sorciers sont en parfaite symbiose avec nous.

- J'ai légalisé la magie ?!

Arthur se mordit la langue lorsque Léon le regarda comme s'il était fou. Mais il ne parvenait pas à réaliser. Il avait légalisé la magie. Certes, il en était arrivé à la conclusion que toute magie n'était pas forcément mauvaise, mais de là à la légaliser… Non, Arthur ne voyait décidément pas ce qui avait poussé son double à agir de la sorte. Cela dit, s'il en croyait Léon, cet acte avait apporté la paix à Camelot. Arthur était perdu.

- Oui, évidemment. Sire, vous êtes vraiment sûr que tout va bien ?

- Je… Je ne me sens pas très bien, je vais… Aller me reposer.

- Vous voulez que j'aille chercher Merlin ? Il pourra peut-être vous aider à vous sentir mieux.

- Non, ce n'est pas la peine de le déranger. Merci Léon.

Arthur s'éloigna sous le regard inquiet du chevalier, et rejoignit sa chambre. Il avait légalisé la magie, et Camelot était en paix. Il avait toujours cru que la magie était la source de ses problèmes, mais était-il possible qu'elle soit en réalité une solution ? Arthur soupira, il avait mal à tête, et plus de questions que de réponses. Sans parler du fait qu'il ne savait toujours pas pourquoi il s'était séparé de Gwen, ni où elle ou Morgana étaient.


Alors qu'il réfléchissait à toutes ces questions, la porte s'ouvrit sur Merlin, et Arthur tiqua en le voyant seul.

- Où est William ?

- Avec Gwaine, il voulait l'emmener se promener.

- Tu as laissé Gwaine avec notre fils ? Tu tiens vraiment à ce qu'on le retrouve ivre parce que cet abruti l'aura emmené à la taverne ?

Merlin se mit à rire et le roi se sentit vexé.

- On peut savoir ce qui te fait rire ?

- C'est exactement ce que tu as dit la première fois que j'ai laissé William à Gwaine.

Arthur haussa les épaules, et Merlin repris un air sérieux en s'asseyant près de lui.

- Arthur, est-ce que ça va ?

- Bien sûr, pourquoi ?

- Tu agis bizarrement, aujourd'hui, et… Léon m'a dit que tu avais quasiment fait un malaise lorsqu'il a parlé de la légalisation de la magie.

- Oui, eh bien Léon exagère ! Il a dû passer trop de temps avec Gwaine et ça lui a pourri l'esprit !

Merlin lui lança un regard qui signifiait clairement qu'il avait intérêt à lui dire la vérité, et Arthur songea à réellement lui dire la vérité, avant de se rétracter.

- Je vais bien, Merlin. Je pense beaucoup en ce moment, c'est tout.

- Oh, eh bien tu devrais arrêter, je ne voudrais pas que tu fasses mal !

Arthur le fusilla du regard, et Merlin lui répondit en souriant.

- Bon, d'accord, et tu penses à quoi ?

- A tout ce qu'il s'est passé, ces… Sept dernières années. Tous les changements qu'il y a eu. On est passé d'un monde où j'étais marié à Gwen, où la magie était interdite et où on passait notre temps à se battre à… Ca ! Toi et moi, Camelot est en paix, et la magie est…. Légalisée !

- Tu es en train de me dire que tu regrettes ?

- Quoi ? Non, bien sûr que non ! Je me demande juste ce que mon père dirait s'il était là.

- Ton père avait tort, Arthur. Il combattait la magie pour de mauvaises raisons, et… Je suis heureux que tu t'en sois rendu compte.

Merlin lui prit la main et se pencha pour l'embrasser. A l'inverse d baiser du marché, celui-là était bien plus long, plus profond et plus doux. Et Arthur réalisa qu'il n'était pas le moins du monde gêné. Cette réalisation, en revanche, le mit mal à l'aise et il mit fin au baiser. Il n'était pas sensé aimer être avec Merlin, il était sensé se sentir mal parce qu'il aimait Gwen. Oui, il devait garder Gwen en tête. C'était elle qu'il avait épousé, pas Merlin. Pourtant s'il était parfaitement honnête, il devait reconnaître qu'il aimait être avec Merlin.

Arthur secoua brièvement la tête pour chasser ces pensées de sa tête, et se concentrer sur l'instant présent. S'il voulait garder son secret, il ne devait plus faire de gaffes, et il devait donc être toujours très concentré. Merlin lui souriait, et il sourit en retour.

- Bon, je dois avouer que tu n'avais pas tort, c'est un peu dangereux de laisser William seul avec Gwaine trop longtemps, on devrait peut-être aller les retrouver !

Arthur réprima un rire et suivit Merlin hors du palais. Ils les repérèrent rapidement dans un coin de verdure, et William lâcha les cheveux de Gwaine pour faire de grands signes dans leur direction.


Environ une demi-heure plus tard, les choses avaient dégénérées, et Gwaine jouait avec William tandis qu'Arthur et Merlin chahutaient. Arthur avait maîtrisé Merlin, et le plaquait au sol, à moitié assis sur lui.

- Tu te rends, Merlin ?

- A toi ? Plutôt mourir !

- Oh, vraiment ?

Arthur l'assaillit de chatouilles en guise de réponse, tout en prenant soin de ne pas perdre son point d'appui.

Alors qu'Arthur maintenait fermement son consort sur le sol, il se retrouva subitement projeté légèrement sur le côté, tandis que les yeux de Merlin, qui s'était désormais installé sur lui, inversant les rôles, avaient virés au doré. Arthur le fixa, en état de choc. Merlin avait eu les yeux dorés. Merlin était un sorcier.

- Je sais, je sais, on avait dit pas de magie quand on se bat, mais avoues que c'est juste parce que tu détestes perdre !

Toujours sous le choc, Arthur le repoussa et ne répondit pas lorsque Merlin lui demanda si tout allait bien. Finalement, Gwaine demanda à lui parler et l'entraîna un peu plus loin sous le regard suspicieux de Merlin.

- Arthur, eh ! Remettez-vous !

- Me remettre ? Je viens d'apprendre que mon meilleur ami est un sorcier, Gwaine, excusez-moi d'être perturbé !

- Vous savez ce que je trouve drôle ?

- Quoi encore ?

- Vous êtes beaucoup plus perturbé à l'idée que Merlin soit un sorcier que de l'avoir épousé.

Arthur le fusilla du regard, et Gwaine soupira lourdement.

- Bon, écoutez, dans tous les cas, il faut vous reprendre ! L'autre Arthur savait pour sa magie bien avant de lui demander de l'épouser, et il l'accepte totalement, alors vous avez intérêt à faire de même si vous ne voulez pas que Merlin réalise que vous n'êtes pas celui qu'il aime !

Arthur lui lança à nouveau un regard mauvais. Bien sûr qu'il était celui que Merlin aimait, il était Arthur après tout.

Arthur se passa une main sur le visage. Merlin était un sorcier, et il avait environ une minute pour se faire à l'idée. Son Merlin, la seule personne à qui il faisait entièrement confiance, lui mentait depuis le jour de leur rencontre.

- Arthur, Merlin n'a jamais utilisé sa magie que pour vous protéger, et il ne vous a jamais rien demandé en retour, alors vous n'avez pas intérêt à lui faire l'affront de douter de lui maintenant !

- Oh parce qu'il ne doute pas de moi, lui ? Il ne m'a jamais dit la vérité !

- Si, il l'a fait ! Seulement, ce n'est pas encore arrivé à votre époque. D'ailleurs, maintenant que j'y pense, notre Arthur a dû également le découvrir quand il est allé dans le futur, ça expliquerait beaucoup de choses… Bref, quoiqu'il en soit, la magie était interdite, il ne pouvait pas se permettre de vous le dire !

- Parce qu'en plus il pense que j'aurais pu lui faire du mal ?!

- Non, il ne voulait pas vous forcer à choisir entre votre amitié et la loi. Bon, regardez.

Gwaine saisit Arthur par le bras et le força à se retourner pour faire face à Merlin. Le sorcier s'était assis dans l'herbe, William sur ses genoux, et il faisait apparaître des papillons sous les yeux émerveillés de l'enfant, qui cherchait à les attraper.

Arthur sentit son cœur fondre face à cette vision, mais, loin de vouloir l'admettre à Gwaine, il se contenter de hausser les épaules. Le chevalier leva les yeux au ciel, et le poussa en avant avant de tourner les talons pour rejoindre Percival.

Arthur retourna donc vers sa famille, et s'assit dans l'herbe aux côtés de Merlin.

- Tout va bien ? Où va Gwaine ?

Pour seule réponse, Arthur se plaça derrière lui et l'entoura de ses bras, calant son menton dans le creux de son cou. Il aurait besoin de temps pour accepter ce qu'il venait d'apprendre, et il avait d'ors et déjà décidé qu'il tenterait de soutirer des informations à Merlin sans compromettre son secret, mais Gwaine avait raison sur un point. Merlin ne pouvait pas être maléfique. Au moins, ça expliquait pourquoi il avait décidé de légaliser la magie.

Arthur regarda leur fils essayer d'attraper les papillons que Merlin avait créé, et, tout en passant machinalement le doigt sur la bague qu'il portait suite à son mariage, il ne put s'empêcher de se demander si tout ça ne lui manquerait pas, une fois de retour à son époque.

Soudain, Merlin se tourna vers lui, à moitié paniqué.

- Arthur !

- Quoi ?

- Ne me tues pas, mais j'ai complètement oublié de te dire…

- Me dire quoi ?

- Eh bien tu te souviens la semaine dernière, quand tu es parti en patrouille et que je suis resté parce que Gaius avait besoin de moi ?

- Arthur hôcha la tête même s'il n'en n'avait aucun souvenir.

- Eh bien, il est possible qu'un messager soit passé et ait dit que lessouverainsdesautresroyaumespasseraientdemain.

- Quoi ?

- Les souverains des autres royaumes arrivent demain matin.

Arthur ouvrit des yeux ronds.

- Et tu me dis ça maintenant ?!

- J'ai oublié, je suis désolé ! Au moins je m'en sui souvenu avant qu'ils n'arrivent, tu devrais t'estimer heureux, grommela Merlin, et Arthur lui lança un regard noir.

Le roi se passa une main dans les cheveux. Les visites des autres rois étaient déjà pénibles à son époque, mais comment allait-il bien pouvoir se débrouiller aujourd'hui, sans connaître ne serait-ce que les termes des traités dont Léon avait parlé ? Il était fichu.