Et voici la seconde partie (même si je n'ai pas reçu de reviews encore, je mourrais d'envie de la publier), avec le point de vue de F!Peter.

Je tiens à préciser que les phrases du dialogue ont été traduites par mes bons soins à partir de la version originale américaine. Si réclamations quand à la traduction il y a, sur le petit bouton en bas de la page nommé "review" cliquez. (Oui, je parle comme Yoda des fois. Mais c'est pasque j'ai jamais d'inspi pour les notes de début de texte donc j'ai tendance à divaguer).

Biz Scat

PS : Bonne lecture.

DISCLAMER : Aucun des persos ne m'appartient, même si je le voudrais, vu que je ne m'appelle pas Tim Kring.

Elle était arrivée sans prévenir, alors qu'il était en train de reconstituer l'avenir avec des fils de laine qu'il avait trouvé dans un placard chez... lui.

Cet appartement lui semblait à la fois étranger et familier. Les mêmes meubles étaient moins patinés et poussiéreux, certains bibelots avaient changé de place mais la plupart des objets étaient restés dans le même état dans son temps.

Bien qu'assez petit et impersonnel, il s'y sentait un peu comme chez lui. Une drôle de pensée puisque cela faisait longtemps maintenant qu'il n'avait plus nulle part où rentrer. à cause d'Eux, parce qu'ils pensaient que c'était un extrémiste, un dangereux terroriste à mettre sous les verrous.

Pour un temps, plus de course-poursuites dans les souterrains. Plus d'expériences. Plus de parties de cache-cache mortelles. Ici, personne ne cherchait à le tuer. Du moins pas encore.

Il avait mis "Peter" en lieu sûr. Personne n'irait jamais le chercher là-bas. De cette façon, il était tout à fait libre de ses mouvements et pouvait agir à sa guise sans avoir son alter-ego dans les pattes et se soucier de sa santé.

Et même si "Peter" disait la vérité, hurler que c'était une erreur et qu'il avait été piégé, tout le monde penserait que Jesse était devenu fou à cause de toutes ces années d'emprisonnement.

Avec un sourire triste, il se souvint de sa colère lorsqu'il l'avait enfermé. Son "moi" de cette époque était tellement jeune, plein d'espoirs et de révolte... Il avait du mal à croire qu'il avait fait face à son propre passé.

Quand il vit le visage d'Angela dans l'encadrement de la porte, toute nostalgie disparut, immédiatement remplacée par une animosité partagée. Dans un si petit espace, il se faisait l'effet d'être deux bêtes enfermées dans une cage et tournant en rond, guettant la moindre faiblesse de la part de l'autre pour lui sauter dessus.

Elle passa devant lui et lui accorda à peine un regard glacé et hautain. Il retourna fixer les futures destinées à la carte du monde qu'il avait affichée sur le mur sans se préoccuper réellement de ce qu'Angela disait.

Elle lui ordonna de repartir sous couvert d'une belle tournure de phrase, sa voix la trahissant quand elle appuya sur le mot "Retour". Il refusa, aussi poliment et amèrement qu'un Petrelli pouvait le faire, une touche d'ironie en plus. C'était ce qu'il maniait le mieux depuis le temps : les mots. Même s'il arrivait à contrôler parfaitement ses pouvoirs, il préférait les utiliser avec parcimonie.

Il n'allait pas se laisser faire, pas par elle, inconsciente encore du désastre qui n'allait pas tarder à se produire s'il ne faisait rien pour l'empêcher.

Elle le traita de simplet, d'ignorant. Sauf que dans ce cas précis, c'était elle qui jouait ce rôle. Il adopta un ton plus calme et décida de répondre à cette attaque délibérée, se retournant pour lui faire face. Il se redressa, le fil en main, et le fit passer au dessus de sa tête:

-Il y a des choses que je sais.

Il se retourna pour la regarder en face et sonder son regard à la recherche d'il ne savait quoi. Une étincelle. L'espoir qu'elle ne finirait pas de la même manière.

-Des choses que tu ne peux pas voir, maman.

Il était en colère et il savait que sa rage ne s'apaiserait que lorsqu'elle partirait. Il essayait de se maîtriser mais dans sa bouche, ce dernier mot lui fit l'effet d'une insulte.

Néanmoins, il ne le regrettait pas. Elle était déjà trop fière d'elle, pleine d'assurance et confiante dans ses capacités divinatoires. Déjà trop manipulatrice. Encore trop dépendante à "Peter" pour ouvrir les yeux.

-Même dans tes rêves.

Parce qu'il savait de quoi demain serait fait il pouvait porter sur elle un regard neuf. Il avait toujours caché au fond de lui l'espoir qu'elle pouvait changer et il avait là l'occasion de tout changer. C'était aussi pour ça qu'il était venu.

Il noua la corde bleue à celle déjà suspendue et continua sur un ton mesuré, sa voix trahissant sa colère :

-J'ai vu ce que tu deviendras. J'ai vu ce que tu feras.

Et ce n'était pas ce qu'il y avait vu de plus plaisant. Il lui lança un regard éloquent, le visage crispé dans un demi-sourire dont lui-même n'était pas sûr de ce qu'il signifiait. Il essayait de réfréner son courroux mais il savait que sa voix s'était assourdie.

-Alors ne pense pas que je ne suis revenu uniquement pour ma petite personne.

Il aurait voulu, pour une fois, qu'elle cesse de le regarder comme une erreur de la nature, mais comme un allié venu pour l'aider, elle, mais aussi Peter, et tous les autres. Les sauver tous de la destruction imminente. Se sauver lui-même des choix terribles qu'il avait dû faire.

Qu'elle le regarde comme une aide, il n'osait pas espérer plus. Il ne pouvait s'autoriser à espérer qu'elle le regarde comme son fils, puisque même lui ne la voyait pas comme sa mère.

-Tu n'as pas idée de ce à quoi tu te frottes.

Angela s'approcha, son visage à quelques centimètres du sien pour lui jeter à la figure son mépris et son irritation.

-Il ne faut pas jouer avec le temps.

Elle posa sa main sur la sienne qui venait de se poser sur le nœud. Il la laissa un quart de seconde et leva les yeux sur elle. Il la retira, le visage impénétrable, et se détourna d'elle pour retourner à la carte. Dans son dos, il l'entendit après un court silence :

-On appelle cela l'effet papillon. Tu marches sur un papillon aujourd'hui, dans trois ans un million de gens sera exterminé.

La voix d'Angela était devenue légère malgré la gravité de ses paroles, comme si elle récitait une comptine étrange et oubliée.

Son visage se ferma instantanément. Peu de gens connaissaient ce concept de physique quantique sous son autre nom, plus approprié à ses yeux : la théorie du Chaos.

L'effet papillon... Créature fragile et éphémère, incarnation de la poésie et de la liberté. Une liberté qu'il avait perdue depuis trop longtemps pour s'en souvenir. Il ne put s'empêcher de lancer une remarque acide :

-Espérons seulement que ce ne soit personne que je connaisse.

-Oh, mais si c'était le cas ?

Il se raidit inconsciemment. Il perçut dans sa voix qu'elle avait vu une opportunité, une faille dans le mur d'indifférence, de violence et de haine mutuelle qu'ils avaient construit ensemble entre elle et lui.

-Et s'il s'avérait que ce soit quelqu'un que tu connaisses, justement ?

Elle s'y engouffrait avec délice. Sa voix chantait comme lorsqu'elle avait énoncé la théorie de l'effet papillon. Il l'entendit s'approcher, et le bruit de ses talons claquer sur le parquet.

Ce n'était plus la voix familière qui l'avait bercée durant toute son enfance, qui l'avait rassuré durant tant de nuits les soirs d'orage, chanté des comptines pour l'endormir.

Celle-là était charmeuse, comme celle du serpent qui avait repéré le point faible de sa proie et qui resserrait lentement sa prise. Angela était une manipulatrice née. Elle se tenait derrière lui et il pouvait sentir sa présence dans son dos.

-Quelqu'un à qui tu tiens ?

Il aurait ricané si une chape de plomb ne s'était pas abattue sur son cœur. Peu de gens correspondait à ces critères. Tellement peu qu'ils se comptaient sur les doigts d'une main. Il sentit un frisson lui parcourir l'échine et ce n'était pas à cause de la température dans l'appartement.

Il avait échoué. Après tous ces efforts, tout ne s'était donc soldé que par un échec ? La décision de tirer sur Nathan, la douleur qu'avait engendré cette pensée qui lui avait broyé le cœur lorsqu'il avait pressé la détente, l'attente atroce qui avait précédé le diagnostic fatal, la décision d'éloigner Claire, de ne pas l'impliquer en la laissant à Costa Verde, de préserver son innocence autant que possible ?

La voix derrière lui lui soufflait que tout cela n'avait servi à rien.

Il n'avait pas réussi à les protéger. Cela n'avait pas suffit. Elle ne prononça qu'un seul prénom.

-Claire.

Il entendit un morceau de son cœur exploser en mille morceaux. Il se demanda par quel miracle Angela ne l'entendit pas.