Merciiii pour vos reviews ! Désolée pour le retard, mais entre la sciatique de Rieval et le « retirage » (2) de ma dernière dent de sagesse (jeudi) … Euh, Saschka tu peux arrêter de m'engueuler maintenant, ça serait bien. Non, parce que là, j'ai les oreilles qui bourdonnent un peu. lol
Pour info, il s'agit d'un exercice de style. 1) alterner deux récits, présent et passé, sans utiliser de flash back. 2) utiliser la troisième personne du singulier (ou du pluriel) pour voir l'effet que ça produit. 3) le tout repose sur un thème (à l'origine de cette fic'), voir même deux en fin de compte. Je sais, ça fait un peu beaucoup, on verra bien ce que ça donne. J'espère juste que ça ne sera pas trop confus. Bonne lecture !
°o° Courage Rieval, je me sens mieux aujourd'hui, j'espère que ça ne tardera pas pour toi. Bisous °o°
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Chapitre 1
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Ils le prenaient pour un démon.
Démon. La définition de ce mot lui revenait en mémoire, dansant en marge de sa raison. Au sens propre : un ange déchu, un mauvais génie, terme désignant une entité éthérée, immatérielle. Au sens figuré : une personne malfaisante, accomplissant des actes répréhensibles. Un être parfaitement tangible, très humain. Ou inhumain …
Ils répétaient ce mot comme une litanie, non, comme une prière … Ce n'était qu'un murmure dans la foule, mais peu à peu il envahissait son esprit, résonnant encore et encore à ses oreilles. Il n'entendait plus que ça.
Démon, démon, démon …
Comment en était-il arrivé là ?
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Cette mission avait pourtant débuté sous d'excellents auspices.
Invidia (1) : jolie planète ensoleillée, avec ciel bleu et nuages blancs. Température agréable, printanière. P'tits oiseaux gazouillants. Pas d'insectes grouillant, voletant ou piquant. Des prairies verdoyantes, bordant des lacs aux eaux paisibles. Le tout cerné par des falaises majestueuses. La version Pégasienne du paradis … bref, un cadre parfait.
Pas de wraiths, bon début. Pas de géniis, encore mieux.
Peuple accueillant et jovial aux dires de Teyla, les Invidiens pratiquaient le commerce agricole depuis des années avec les athosiens. Des « amis » selon la jeune femme, des gens pacifiques, conscients que le véritable ennemi c'était les wraiths.
Une mission tout ce qu'il y avait de plus classique, quoi.
Un simple détail, en revanche : parmi les coutumes de ce charmant peuple, l'une interdisait de prononcer le moindre mot à l'air libre. Les murmures étaient à peine tolérés. Ils ne seraient autorisés à parler qu'une fois à l'intérieur des maisons où serait signé le traité commercial. Okayyy, bizarres les natifs du coin, mais pourquoi pas ?
Ah oui, autre détail : à l'air libre, toujours, il était in-dis-pen-sa-ble d'être « couvert ».
Cerrrrrrrtes. Que ne ferait on pas pour du blé ?
Durant tout leur séjour sur cette planète, ils porteraient une tunique de toile sombre et rabattraient autant que possible, la longue capuche complétant le vêtement. Hum. Mouaismouaismouais, soit. Chacun ses manies après tout. Ils voulaient juste des céréales, pas s'installer à demeure, hein ?
Bah, ils s'étaient tous pliés à ces exigences, les uns plus commodément – ou silencieusement – que les autres.
Au briefing de pré-mission, Rodney avait râlé et levé un sourcil sarcastique, John l'avait rabroué. Sèchement. Et le canadien avait été incapable de répliquer. Ronon s'était contenté de hausser les épaules.
Ils s'étaient ensuite préparés et avaient passé la Porte.
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Ils attendaient … depuis des heures, des jours, une éternité … Combien de temps s'était écoulé depuis leur venue sur ce monde ? Ils ne savaient plus, ils avaient arrêté le décompte, focalisés sur leurs recherches.
Attendre … impuissants.
Oh, ils étaient calmes en apparence, mais bouillaient intérieurement. La scène qui se déroulait en contrebas, leur occasionnait des frissons d'effroi et de rage mêlées. Un invidien, faisait face à la foule, levant bien haut la lame qu'il tenait en main. Ils ne s'illusionnaient guère sur l'usage qu'il en ferait.
Ils en distinguaient parfaitement les traces déjà présentes sur le corps du prisonnier.
Tous auraient voulu passer à l'action maintenant, incapables de rester plus longtemps stoïques. Mais rien ne devait être laissé au hasard, impossible qu'ils se permettent la moindre erreur. Malgré leurs armes, ils ne pouvaient négliger le fait qu'ils étaient beaucoup moins nombreux que les invidiens.
D'autre part, le terrain découvert ne les avantageait pas, ils seraient trop facilement repérés. Trop vite surtout. Hors, pour garantir une extraction efficace (2), l'équipe de sauvetage devrait entourer le captif et éloigner toute menace, afin d'empêcher les tentatives de riposte des invidiens. Et d'éviter qu'ils n'achèvent leur ami en constatant leur présence. Et puis, il était indispensable que le jumper atterrisse suffisamment près de lui, pour faciliter sa récupération.
Il faudrait donc bien gérer le timing. Et dégager le terrain. L'équipe approcherait silencieusement, à pied, afin de profiter de l'effet de surprise. Deux snipers prendraient position en hauteur, sur la gauche de la falaise, pour couvrir les autres. Le jumper resterait en vol stationnaire au dessus de leurs têtes. En mode furtif.
Les invidiens situés à proximité du prisonnier, seraient abattus. Sans état d'âmes. Sans pitié. Pas après ce que les terriens avaient découvert. Pas après avoir vu l'état dans lequel se trouvait leur ami.
L'homme enchaîné plusieurs centaines de mètres plus bas, comptait sur eux.
Alors, ils attendaient que tout soit prêt.
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Pourtant, il s'était minutieusement préparé pour cette mission. Il avait voulu prouver que … que … son esprit était confus, ses pensées embrumées, mais … il en était sûr, il se rappelait …
Il secoua légèrement la tête … il se rappelait s'être conformé scrupuleusement aux coutumes des invidiens, exactement comme ses coéquipiers. Cet accord commercial était primordial, Atlantis devait être pourvue en vivres. En dépit des voyages réguliers du Daedalus entre la Terre et la Cité, il fallait assurer une autre source d'approvisionnement. Cette mission devait réussir.
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Nourriture contre médicaments.
Et dire qu'à l'origine, ils étaient partis pour une simple négociation. Le genre de mission dont ils étaient coutumiers. Et maintenant, exposés aux rafales de vent qui balayaient les hauteurs, ils étaient tous plongés dans d'amères réflexions, ressassant tous les évènements des derniers jours. L'attente forcée était terminée. Enfin. Ils se préparaient à intervenir, à libérer leur ami. Ou plutôt ce qu'il en restait.
Comment auraient ils pu se douter un seul instant, en quittant Atlantis, que ça finirait ainsi ?
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Evidemment, au briefing de pré-mission, Rodney ne s'était pas privé de glisser un commentaire ironique sur les curieuses traditions des peuplades humaines de la Galaxie de Pégase. Il ne pouvait pas s'en empêcher, c'était plus fort que lui, il fallait toujours qu'il use de ce ton sarcastico-moqueur, tellement McKayien.
John avait poussé un soupir exaspéré. Depuis l'échec du projet Arcturus, (3) il supportait plus ou moins bien la présence de McKay. Ses critiques, ses remarques, ses plaintes. Il avait du mal à croire qu'auparavant tout cela l'amusait. C'était selon l'humeur du jour, en fait. Et le colonel ne s'en cachait pas.
Rodney n'avait même pas la décence de se taire, de se faire moins remarquer. Noooon, bien sûr que non. Le docteur Rodney McKay ne pouvait pas s'autocritiquer, hein ? Certes, il s'était excusé, avait déclaré qu'il souhaitait par-dessus tout regagner la confiance de Sheppard. Et effectivement, il faisait des efforts, okay.
Mais ce matin là, pour la première fois depuis des semaines, il s'était autorisé une répartie. John lui avait immédiatement rappelé, de manière très peu subtile, qu'il n'était pas encore revenu dans ses petits papiers. Le visage de Rodney s'était subitement fermé, il avait détourné le regard. Et n'avait plus rien rajouté.
Un silence embarrassé avait régné quelques minutes dans la pièce, avant que Teyla ne rappelle avec gravité que tous dans Pégase étaient confrontés aux wraiths. De nombreuses superstitions découlaient de cette menace. Les civilisations humaines de cette galaxie n'avaient guère eu l'occasion d'atteindre un niveau de développement très élevé. A de rares exceptions près. Rodney avait eu une moue agacée, mais devant la réaction du colonel, il n'avait pas relancé le sujet.
L'athosienne avait contacté ce peuple, au nom des terriens. Elle était partie seule, enfilant une sorte de tunique héritée de son père juste avant de passer la porte, puis leur avait ramené trois autres de ces étranges manteaux agrémentés d'une capuche.
Ils avaient ensuite franchi le vortex. Ensembles.
Et s'étaient tus, respectant la règle du silence des Invidiens.
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Vous voulez savoir ce qui c'est passé, l'identité du prisonnier, autre chose ? Bah faudra attendre un peu (lol). Donc comme d'hab,
A suiiiiiiiiivre …
Ouiiiiiiiiiiiiiii, je retrouve enfin une alimentation et un visage humains. Adieu nausées, fièvres et faiblesse, bonjour lecture, écriture et gentiiiiiiiiiiiiils « à suivre … » … Bizzzzzz
(1) Invidia :mot latin, (invidia, ae, f.)
Définition, a) jalousie, envie, haine (qu'on éprouve), malveillance, indignation, mécontentement. b) envie, haine (dont on est l'objet); impopularité, hostilité.
Quelques expressions, a) invidia alicujus (in aliquem, erga aliquem) : jalousie à l'égard de quelqu'un, haine contre quelqu'un. b) in invidiam vocare aliquem : faire détester quelqu'un, exciter la haine contre quelqu'un.
(2) Extraction est le terme utilisé par les militaires pour récupérer quelqu'un (ou quelque chose) en territoire hostile. Et non un lapsus dû au « retirage » de mes dents de sagesse, n'est ce pas Rieval ?
(3) Euh, j'ai oublié de préciser, cette fic est post « Trinity ».
