Morgan Lachlan était un individu étrange. Il perturbait le quotidien rythmé et calme de Jude par sa simple présence. Il était l'un des rares ayant pris Histoire de la magie pour ses ASPICS, matière qui avait été enseignée par l'ennuyant professeur Bin's pendant des années mais qui maintenant était aux mains d'une jeune femme dynamique. Le professeur Lilith, Dana de son prénom, faisait partie de cette nouvelle vague que Flitwick avait provoqué chez les professeurs pour dépoussiérer Poudlard. Ainsi, quasiment tous les professeurs n'étaient pas en poste depuis plus de dix ans, et avaient très souvent travaillé ailleurs avant d'atterrir dans les couloirs du château. C'était le cas du professeur Lilith, comme l'appris Jude le jour-même : elle avait travaillé en temps que chercheuse en histoire de la magie dans de prestigieuses facultés, avant un passage en tant que consultante chez Gringott's, là où apparemment Joshua Lachlan et elle avaient fait connaissance.

Ce qui expliquait pourquoi Morgan et elle s'étaient revus et pris dans les bras en riant comme deux vieilles connaissances.

Et ce n'était pas la seule personnes que Morgan connaissait. Malgré son éducation en dehors des murs, Morgan avait déjà fréquenté la moitié des professeurs avant d'atterrir ici, certains mêmes lui avaient donné des cours en accéléré. Et si ce n'était qu'avec les professeurs... Morgan avait charmé énormément de monde à Serdaigle par son intelligence vive et sa gentillesse spontanée, et avait déjà plusieurs prétendantes derrière lui. Il n'avait, apparemment, que de modestes défauts facilement compensables par ses qualités.

Non, vraiment, il n'y avait qu'avec Jude que la colle ne prenait pas. Le garçon détestait devoir changer certaines de choses de son quotidien. Par exemple, la chambre qu'il partageait depuis six ans avec Peter, Dimitri et Charles comptait à présent un lit de plus. Si ses trois camarades connaissaient bien la nature farouche et froide de Jude, Morgan semblait s'être fait une mission de l'enquiquiner à lui poser plein de questions. Ne pouvait-il pas le laisser tranquille ? Tout Poudlard était déjà à ses pieds !

À leurs pieds, plutôt : sa soeur jumelle, Riley, n'était pas en reste. Jude appris bien vite qu'elle avait un caractère plus fougueux et que la pire idée de Flitwick avait jamais eu était d'enfermer ce cheval sauvage dans le carcan qu'était une école. Riley ne restait jamais en place. Elle s'était faite amie avec les pires têtes brûlées de toutes les maisons réunies, et passait son temps à vouloir aller dans la forêt interdite et à flâner la nuit dans les couloirs. Morgan semblait être le jumeau angélique de la paire.

Les jumeaux Lachlan avaient rapidement secoué Poudlard tout entier par leur arrivée. Et ça, dans le quotidien tranquille de Jude, c'était loin d'être agréable. Car Jude était un être d'habitudes, toute sa journée était réglée d'avance, le moindre de ses pas. De temps en temps, Georgia l'en détournait, mais sachant à quel point il détestait ça, elle s'efforçait de ne pas le faire. Jude détestait qu'on puisse le surprendre. Avant d'arriver à Poudlard, c'était arrivé déjà beaucoup trop de fois.

Une autre surprise qu'il devait préparer : la personnalité de ses futurs joueurs. En tant que capitaine de l'équipe de Quidditch pour la troisième année, il devait pourvoir les postes laissés libres par les élèves ayant quitté Poudlard. Il était exigeant, et cela, dans sa maison, tout le monde le savait. La moitié des Serdaigles était venue assister aux sélections, juste pour voir ce que Jude le Glacial allait pouvoir dire pour décourager les personnes manquant de sérieux. Comme il fallait s'y attendre, ils avaient emmené Morgan avec eux dans les gradins.

Ce n'est pas une fête...

Agacé, Jude virevolta au-dessus du terrain en essayant d'oublier la petite foule de spectateurs. Il avait essayé d'aller voir le professeur Tristan pour lui en parler, pour lui dire que c'était déstabilisant pour ses joueurs, mais son directeur de maison avait ri en disant qu'au contraire, ça les entraînait pour les matchs. Ainsi, Jude avait tout juste le droit de limiter l'accès aux Serdaigles, sous prétexte d'éviter l'espionnage des autres équipes. Le capitaine aboya sur un prétendant batteur qui venait de manquer un cognard : comment pouvait-on avoir confiance en quelqu'un qui n'arrivait même pas à poser sa batte sur la balle ? L'attrapeur de l'équipe, Zach Davis, en sixième année, vint à ses côtés.

— T'es vache, quand même, lui souffla-t-il.

— Quoi ? Tu veux te manger des cognards parce qu'un incompétent n'est pas foutu de te protéger ?

Zach était rentré deux ans plus tard que Jude. Jude, dès sa première année, avait été intégré à l'équipe et dispensé des cours de vol. Sa mère, ancienne élève de Mahoutokoro, école japonaise réputée pour les compétences exceptionnelles des élèves en Quidditch, avait été une joueuse internationale et avait appris très tôt à ses trois garçons comment tenir sur un balai. Ses deux frères aînés, Jacob et Jonas, avaient été d'excellents joueurs à Poudlard, mais le petit dernier était bien meilleur. Bien plus froid et exigeant également.

— Tu pourrais mettre les formes ?

Jude ricana. Il aimait bien Zach, mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser à quel point tous les deux avaient des caractères bien différents.

— Je veux non seulement qu'ils soient bons, mais qu'ils soient également capables de me supporter tout le reste de l'année en leur beuglant dessus.

Le petit brun haussa les épaules. Heureusement pour lui qu'il n'avait qu'une fichue balle à chercher pendant le match et qu'il était bon à ça. Jude, lui, était en plein coeur du terrain, comme sur un champ de bataille. Sa coordination avec les deux autres poursuiveurs étaient cruciale, et il devait faire confiance aux batteurs pour ne s'occuper que du souaffle.

— J'aime bien Jenny, elle est douée sur un balai.

Jenny Felice, en quatrième année, filait comme une bombe avec le souaffle en main pour aller marquer.

— Personnalité forte. Manque de jeu en équipe. Et regarde Zoe : elle n'a pas l'air d'apprécier son jeu solo.

Zoe Porter, une métisse sont les cheveux crépus étaient difficilement domptés en une queue de cheval, leva les yeux sur son capitaine et fit une moue excédée. Zoe et Jude formaient un excellent duo de poursuiveurs, et si la troisième personne ne pouvait pas entrer en osmose avec eux, tant pis pour son talent.

— Par contre, regarde Simon Yate : il a vu qu'Henry ne prenait qu'un cognard en charge, comme d'habitude, et s'est tout de suite conformé à sa manière de jouer en prenant l'autre. J'aime bien ça.

Le grand cinquième année envoya balader un cognard qui menaçait Zoe dans leur direction, en s'excusant. Jude et Georg baissèrent simplement la tête.

— Simon Yate pour batteur alors ?

— Simon Yate, confirma Jude avec un sourire.

— Et le dernier poursuivant ?

Jude réfléchit en regardant tous les postulants. Jenny était douée mais manquait clairement de jeu en équipe, et Zoe allait le tuer si elle la prenait. Katy manquait de coordination, mais elle n'était qu'en deuxième année : elle aurait le temps de faire ses armes. Timothy Gallaert, un cinquième année, était plutôt moyen, mais il faisait ce qu'on lui demandait, et avait plusieurs fois mis Fiona, leur gardienne, en difficulté. Qui plus est, il avait plusieurs fois préféré donner le souaffle à Zoe plutôt que de marquer lui-même.

— Timothy.

— Ah ?

— Je vais demander l'avis de Zoe, mais je suis quasiment sûr qu'elle me conseillera Tim.

Zach eut un petit rire.

— Vous êtes vraiment à part, les poursuiveurs. Tout le monde aurait parié sur Jenny !

Jude siffla un grand coup et le jeu s'interrompit. Henry emprisonna son cognard et Simon, comme s'il était déjà dans l'équipe, fit de même. Tout le monde descendit sur le terrain, les membres titulaires – Fiona, Zoe, Henry et Zach –se réunirent derrière leur capitaine. Grâce à d'habiles jeux de regards, il se concerta avec Zoe, qui confirma son choix. Fiona eut un peu plus de réticence, mais ne dit pas non. Quant à Henry, lorsque Jude désigna des yeux Simon, hocha vivement la tête.

— Bien alors Simon Yate et Timothy Gallaert, vous pouvez rester. Les autres, merci d'avoir participé.

Il y eut des soupirs de déception, mais la joie intense qui s'imprima chez Simon balaya tout le reste. Il vint prendre son nouveau capitaine dans les bras avant d'aller faire de même avec tous les joueurs, provoquant l'hilarité générale. Timothy remercia plus sobrement avec une poignée de main et un regard franc. Les gradins commencèrent à se vider, et certains élèves rejoignirent les joueurs sur le terrain, à l'exemple de Georgia.

— T'as encore fait ton show de dictateur, je t'ai vu !

Jude rit, et même si ce fut bref, la vision était assez exceptionnelle pour que certains se retournent et clignent des yeux, comme frappés par un sortilège de confusion.

— Comment tu veux qu'ils comprennent si je ne suis pas méchant ?

— En tout cas, y'en a un qui t'as pas quitté des yeux !

Jude fronça les sourcils. Il avait été tellement concentré que rien n'aurait pu lui détourner l'attention.

— Morgan. Il se demandait où est-ce que tu as appris à jouer aussi bien. Et encore, il ne t'a pas vu en plein match !

— Oh ? Y'aurait-il quelque chose que l'enfant prodigue ne sait pas faire ?

— Arrête, soupira Georgia en lui frappant le bras, il est gentil et il a l'air de te tenir en haute estime. Contrairement à toi.

Jude leva les yeux vers les gradins, et vit Morgan détourner bien vite le regard. Ça l'agaça. Il faisait tout pour rester à l'écart de cet énergumène, et n'avait aucune envie de s'approcher de lui.

— Il était hyper intéressé par le passé de ta mère !

— Quoi ? s'étouffa Jude. Tu lui as parlé de moi ?

— C'est pas comme si c'était un secret d'État, tout le monde sait que ta mère était joueuse de Quidditch !

Certes. Mais l'idée que Morgan puisse savoir des choses de lui était vraiment désagréable. Il enfourcha son balai, coupant court à la conversation.

— Je vais faire un tour, je rentre plus tard.

Jude s'envola, obéissant là aussi à une habitude qu'il avait adoptée dès le début. À chaque fin d'entraînement, il volait aussi haut que ses poumons lui permettait, faisait quelques voltiges pour ensuite redescendre. Le temps de se calmer les nerfs et de pouvoir bénéficier seul des vestiaires. Il adorait ses joueurs, mais il préférait la solitude. D'en haut, il fixa la petite silhouette de Morgan et constata qu'il faisait partie des dernières personnes à quitter le terrain.


Une semaine. Jude avait réussi à tenir une semaine sans croiser l'aura de bonne humeur nerveuse qu'était Morgan Lachlan. En tout cas, à s'en tenir bien à l'écart. Ce n'est pas qu'il le détestait : il lui tapait sur les nerfs, tout simplement. Sa manière d'être, toujours sur le qui-vive, comme s'il vivait sur l'instant, sa gentillesse presque candide qui attirait le monde autour de lui, et la concurrence à laquelle il répondait sans même le savoir avec une facilité déconcertante, tout cela déstabilisait Jude. Il était aussi imprévisible qu'envahissant.

Une semaine d'efforts qui fut réduite à néant lorsque, alors qu'il travaillait tranquillement sa pratiques des runes, il tomba au hasard sur Morgan Lachlan. Évidemment. Il n'y avait que lui pour fréquenter aussi assidûment que lui ces rayonnages désertés. Comme d'habitude, lorsque le kangourou le vit, il rayonna. Et comme d'habitude, Jude baissa les yeux pour éviter de le regarder. Quelque chose dans son attitude était gênant, quelque chose que Jude ne comprenait pas vraiment. Morgan voulait se rapprocher de lui malgré toutes les barrières que le jeune homme échafaudait. Et ça, ça le dépassait.

Il attrapa ses livres en les serrant contre son torse et partit dans le sens inverse, exprès pour ne pas avoir à lui parler. Il devait le supporter toute la journée, pouvait-il seulement avoir une pause lors de son temps libre ? Mais l'autre ne l'entendit pas de cette oreille : il le suivit purement et simplement jusqu'à sa table.

— Tu travailles le cours de Runes ?

Pour simple réponse, Jude désigna son livre. N'était-ce pas une preuve suffisante ?

— Est-ce qu'on peut travailler ensemble ?

— Qu'est-ce que tu aurais à apprendre de moi ? Tu maîtrises le système runique européen ancien, indo-américain et africain sur le bout des ongles.

Morgan haussa les épaules et se gratta le cou.

— Et bien, je pourrais t'aider, si tu veux.

— Désolé, mais je préfère apprendre tout seul.

— Oh, fit simplement Morgan, décontenancé par le froid de la réponse de Jude.

Pour mettre fin à la conversation, Jude pencha le nez sur un livre et commença à prendre des notes sur un rouleau de parchemin. Morgan ne chercha pas à parler davantage, et dans un silence relatif, se pencha sur une photographie de fouille envoyée par son père. Apparemment, il s'agissait d'une inscription en runique utilisé à l'époque de l'empire khmer, que le garçon entreprit de décoder à l'aide d'un alphabet réalisé par ses soins en croisant des tonnes d'ouvrages poussiéreux. Jude savait très bien que ce n'était pas le mouvement répétitif de ses doigts sur sa cuisse, ni la façon dont il mordillait sa plume pour se concentrer qui l'agaçait, mais il refusait de se l'avouer. Il était purement et simplement jaloux de cette facilité qu'avait Morgan à être brillant dans absolument tous les domaines qu'il touchait, jaloux de cette faculté à s'adapter dans un environnement qu'il ne connaissait pas et à le conquérir plus simplement qu'en claquant des doigts. Mais ça, plutôt crever que de le dire à voix haute.

— Là par contre, ça va pas être possible. Tu fais trop de bruit.

Morgan releva les yeux vers lui et afficha un air hébété. Puis, comprenant le sous-entendu, afficha un sourire désolé que Jude ne prit même pas le temps de regarder, reprit ses affaires et alla s'installer à une table un peu plus loin.

Il s'avéra que Jude Harkwood fut incapable de travailler correctement en ce samedi matin, et ce n'était pas de la faute du bruit.


Riley était incapable de se poser plus de cinq minutes. Certes, Morgan avait lui aussi besoin de bouger, de résoudre des énigmes et de se sentir utile, mais il appréciait pour l'instant ces journées au calme, avec les autres, dans un lieu complètement dédié à l'apprentissage. Sa jumelle, elle, était déjà en manque d'action. Elle lui avait donné rendez-vous à la plus haute tour du château et s'amusait à grimper sur le toit, en équilibre, le vent dansant dans sa longue tignasse rousse. Mais la dose d'adrénaline n'était pas assez forte pour cette droguée en perdition : elle était vite revenue s'asseoir à côté de son frère au bord de la corniche, balançant avec lui les jambes dans le vide. Morgan lui tendit un morceau de sandwich, qu'elle mâchonna pensivement en regardant le brouillard écossais dévorer les landes vertes, au loin.

— C'est un peu lugubre, non ?

— C'est sûr que c'est pas Angkor.

La jeune femme remonta son écharpe rouge et or sur son nez. Elle avait beaucoup de mal à se faire au climat, entre autres.

— Dire qu'on va passer un an ici, soupira-t-elle.

— Dix mois, précisément. Et on retourne en fouilles à Noël.

Riley fit la moue. C'était trop long pour elle. Elle adorait le terrain, elle adorait l'action, elle ne supportait pas ce cadre dans lequel on la forcer à rentrer. Les jumeaux Lachlan avaient suivi leur célèbre père dans toutes ses pérégrinations à travers le monde entier, depuis leur plus jeune âge, et être ainsi enfermés dans une école était quelque chose qui avait eu du mal à passer. Morgan avait été séduit par l'idée de fréquenter l'une des bibliothèques magiques les plus chargées du pays, voire d'Europe, mais ces arguments n'avaient aucun poids sur Riley. Elle préférait largement aller vagabonder dans la Forêt interdite plutôt qu'entre des rayons de livres.

Morgan frotta le dos de sa soeur, pour la réchauffer. Elle grelottait, l'idiote. Manquait plus qu'elle attrape quelque chose. Si la précieuse fille de Joshua Lachlan était malade, le monde entier allait devoir le payer, et Morgan allait recevoir une beuglante lui hurlant dessus qu'il devait à tout prix prendre soin de sa jumelle, qu'ils étaient unis dans l'adversité loin de lui et qu'il fallait absolument qu'ils résistent ensemble à cette épreuve. Joshua terminerait certainement par lui raconter toutes les découvertes intéressantes mises au jour depuis son départ et raconterait à Riley les rencontres les plus fantasques qu'il avait pu faire. Leur père était juste le père-poule le plus désespérant de l'univers.

— Allez, petite soeur, ça va pas être long.

— Je suis la plus vieille.

Vous connaissez l'histoire du jumeau le plus vieux ? Celui qui est sorti en dernier parce que...? Voilà. La querelle de tous les jumeaux depuis la création. Morgan leva les yeux au ciel. N'empêche qu'il avait respiré deux minutes avant elle.

— Sérieux, Mo, les gens sont fades et ennuyants. Tout respire la monotonie. Aucun piment ! Aucun inattendu !

— Je ne suis pas trop d'accord...

— Quoi ? Il y a eu un changement de menu de dernière minute ? Wouah, quel suspens !

Il sourit. Sa petite soeur était intenable.

— Pour les gens, je veux dire. On ne les connait pas encore bien, alors...

Elle lui adressa un regard dépité.

— Si tu me dis que ton nouveau meilleur ami la personne la plus qualifiée pour une sortie nocturne à Pré-au-Lard, je te demanderais des preuves.

Qu'elle soit au courant pour Jude Harkwood n'étonnait guère Morgan : Riley savait toujours tout ce qui se passait autour d'elle. Ne pas la présenter à Georgia Cooper, au risque de créer un cataclysme. Pour toute réponse, il haussa les épaules.

— Je le trouve intéressant.

Riley éclata de rire, et Morgan eut envie de l'étrangler avec son écharpe.

— T'es vraiment attiré par les cas, moi, je te le dis.

Le pire, c'est qu'elle avait raison.

— Eh vous, là-haut ! les interpella-t-on.

Ils baissèrent les yeux. Depuis la plus haute fenêtre de la tour où ils s'étaient installés, un préfet les hélait. À son badge, Morgan reconnut Charles Prewis, le préfet de sa maison.

— Les toits sont interdits !

— Oh bon sang...

Riley eut un sourire malicieux.

— T'inquiète, je m'en occupe.

Elle arbora sa plus jolie figure et adopta le ton le plus adorable que Morgan lui connaissait pour répondre :

— Oh pardon ! On ne savait pas ! Nous allons descendre tout de suite et ne plus recommencer !

Morgan rit sous cape. Sa jumelle, quel numéro. Et pourtant, comme à chaque fois...

— Faîtes attention !

— Pas de souci, Charlie !

Morgan jura de voir son préfet rougir avant que sa tête ne disparaisse, et une fois de plus, il fut heureux d'être le jumeau de cette diablesse pour être immunisé contre son charme dévastateur.