Me revoilà ! Je ne suis pas décédée, je crains par contre attenter à ma vie en vous disant que ce n'est pas la fin encore de cet OS, et qu'il vous faudra encore attendre une troisième partie pour clôturer cette histoire (et je préviens, j'adore les cliffhanger étant sadique dans l'âme :] ).
Bref, je pensais faire quelque chose de plus léger et sympa et me voilà avec ce truc sérieux dont je ne suis qu'à moitié satisfaite. Merci en tout cas de vos gentil commentaire, j'en étais toute ému. J'espère que vous aimerai cette suite et que je ne décevrais pas vos attentes. La dernière partie sera plus fun, puisque plus...physique ^^ Mais bon, vous êtes rendu-compte de ma rapidité hallucinante, non ?
Allez, à vous de vous faire un avis ! Bonne lecture j'espère !
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Pauvre petit pion, à moitié nu dans sa case. Santana s'avança jusqu'à Rachel, remontant ses yeux sur l'abondance de peau brune et soyeuse exposée à mesure que ses pieds la rapprochaient de sa Némésis. Celle-ci l'a surpris encore plus par son immobilité. Elle ne bougea pas d'un pouce, malgré la promiscuité qui menaçait les deux jeunes femmes. Pas un seul petit pas en arrière.
Santana sentit un frisson parcourir son échine. Il était réellement effrayant de voir quelqu'un se dresser face à soi et menacer de balayer tous les efforts que l'on a faits pour se maintenir en équilibre précaire. Et pourtant c'était un tel soulagement d'avoir enfin quelqu'un contre qui se battre, de ne plus avoir l'impression de lutter contre un fantôme, celui qui n'a pas de visage mais qui s'installe dans notre vie et notre corps pour ne plus jamais les quitter. Mais, depuis quelques temps, sa vie n'était plus qu'un château de cartes branlant qu'elle tentait vainement de maintenir à flot, et un simple soupir pouvait le faire s'envoler. Un seul soupir de Rachel. Quelle rage, quelle bêtise ! Comment cette personne, si petite, si insignifiante, pouvait-elle lui faire peur à ce point. D'un geste nerveux, d'une violence à peine contenue, elle saisit brusquement le menton de la petite brune, incrustant légèrement ses ongles dans la peau chaude et douce qui glissait sous sa paume. Mais réagit, réagit putain ! Que je te fasse disparaître !
L'hispanique contrôla les tremblements d'excitation qui menaçaient de se répandre dans son corps. Une pensée effleura vaguement son esprit avant qu'elle ne la chasse avec désespoir. La simple idée qu'il puisse exister une autre option, glissée entre « soumettre ou détruire », la simple hypothèse qu'un même but convoité ne crée pas toujours des ennemis mais parfois des alliés. Non, non elle ne voulait pas d'aide. Elle voulait qu'on lui rende sa vie, qu'on lui rende ses choix. Elle voulait que Rachel disparaisse, qu'elle s'efface, et que tous ces sent… toutes ces sensations s'en aille avec elle. Que tout soit à nouveau simple, simple et normal. Normal elle connaissait, normal elle contrôlait. Mais là, tout ce qu'elle pouvait faire c'était mordre assez fort pour remplir de leur peur le vide laissé par ce respect qu'on lui volait. Et le corps dénudé en face d'elle lui rappelait précisément pourquoi. Pourquoi cette terreur et cette colère. Pourquoi cette solitude et ce désespoir. Il lui disait même, vicieusement, que c'était sa faute, à elle, rien qu'à elle. Pas d'excuses possibles pour rejeter ce qui la hantait sur les actes de quelqu'un d'autre. Si le corps de Berry, exposé à ses yeux scrutateurs, réveillait en elle une faiblesse et une faim honteuse, c'était uniquement de sa faute. Et elle aurait voulu déchirer cette peau luxueuse sous ses ongles pour anéantir le désir qu'elle créait en elle. Par ce que c'était bien la seule chose qu'elle ne pouvait pas reprocher à Berry. Elle pouvait l'accuser de tout, mais pas de l'attirance qu'elle avait pour les femmes, la faim qu'elle avait de leur corps, la faiblesse que lui procuraient leurs sourires, leur douceur, son adoration pour leur féminité. Elle ne pouvait pas lui reprocher le désir qu'elle avait d'elles, le désir de pouvoir aimer une femme, d'être aimée d'une femme. Le désir qu'elle avait d'elle. Elle. Alors qu'elle lui tenait tête. Parce qu'elle lui tenait tête. Il avait fallu qu'elle aime les femmes, toutes en courbes et lignes indolentes, les formes douces et pulpeuses, les os des articulations qui saillaient d'un membre fin lors d'un effort. La silhouette plus fine et plus fluette, plus harmonieuse et particulière, à ses yeux du moins, que celle d'un homme. L'odeur douce et fruitée, ou sucrée, ou fraiche, ou capiteuse, ou transpirante, ou peu importe, mais l'odeur d'une femme, plus grisante que la senteur musquée et poivrée d'un homme. Ces courbes-là, exposées à ses yeux dans la lumière agressive d'un néon de toilettes publiques, et pourtant si belles, cachées dans leur habits de coton et de dentelle. Et la ligne de la silhouette qui se creuse au niveau de la taille. Et la courbe légère d'une poitrine menue et de hanches peu marquées, si fine, si fragile. Petite chose délicieuse. Et pourtant, pourtant, cette colère, ce défi constant, qu'on écrase et qui jamais ne se courbe, ne baisse les yeux. Un caractère, une volonté forte et dévastatrice, assez forte pour s'y heurter, s'y briser, pour s'y raccrocher. Et y prendre appuie.
« Tu es tellement transparente ! Comment arrives-tu encore à rester dans le placard ?! »
Santana redressa vivement la tête au son de la voix de Rachel. Son visage se durcit et elle fronça les sourcils, plongeant son regard dans celui de la petite brune qui l'observait sans sourciller, un léger sourire flottant sur ses lèvres. L'hispanique déglutit péniblement, se maudissant d'avoir laissé ses yeux s'engluer une fois de plus sur un corps qui devrait lui être indifférent.
« Qu'est-ce que tu as dit, Rupaul ?! » siffla-t-elle la mâchoire serrée. Ses ongles s'enfoncèrent encore un peu plus dans la chair tendre alors qu'elle durcissait sa prise. Elle la tenait là, à sa merci, et tant qu'elle la tenait, la situation ne pouvait pas lui échapper n'est-ce pas ? Elle la tenait, là, à distance, et pourtant elle n'était pas en sécurité. Elle la tenait et son ennemi n'arrêtait pas de s'approcher et de faire des ravages, détruisant ses défenses, ses barrières, sans même bouger.
Elle vit les narines de la petite brune en face d'elle frémir, la ligne de sa mâchoire se tendre sous la pression de dents qui se serrent, et elle sut, à cet instant précis, qu'elle avait dit le mot de trop, et que tout retour à la normale, que toute retraite tactique, que toute issue sans dommage et entente à l'amiable venaient de disparaître. Que les prochaines minutes seraient sanglantes, douloureuses et inoubliables. A quel moment la situation lui avait-elle échappé ? Elle n'avait plus de cartes à jouer ou de ficelles à tirer, plus de masques derrière lesquels se cacher. Elle s'était enfermée elle-même dans ce piège, éloignant toute aide ou témoin. Elle se retrouvait face à face avec ses faiblesses, sa faiblesse, la faille de Santana fucking Lopez. Cet énorme gouffre de doutes et d'insécurités qu'elle voilait, cachait, camouflait tant qu'elle pouvait et qu'elle était incapable de défendre proprement : sans peur, sans hystérie, d'une voix ferme, avec quelques mots bien agencés qui mettent l'adversaire à terre et rendent muette toute vengeance. Et Rachel l'avait vu, cet accroc, ce grain de sable dans cette routine parfaite, rêvée, à laquelle elle n'avait pas accès. Tout simplement parce qu'elle était ce grain de sable, et que, dans ces toilettes, sans rien ni personne pour la rappeler à l'ordre, Santana s'était laissée aller à penser. Devant Rachel. A penser à sa peur. A y penser sans protection, la laissant atteindre ses yeux, son visage et la logique de la Diva. Et le piège s'était refermé : si elle niait, sa peur jaillirait par tous les pores de sa peau, criant sa vérité au visage de la brune. Si elle se taisait…eh bien le silence parlerait à sa place. Elle voulait hurler. Tout son monde qui s'effritait entre ses doigts parce que, pour une fois, elle avait poussé trop loin, poussé à bout la mauvaise personne, la seule dont le retour de flamme apparaissait être bien plus redoutable qu'il n'y semblait, et qui menaçait maintenant de tout réduire en cendre. Il y a une seconde elle menait la danse, il y a un instant elle était le maître, l'intouchable qui allait punir celui qui se mettait en travers de sa route. Maintenant elle était là, à nu, terrifiée, découverte.
Rachel se dégagea de cette main qui ne cessait de se resserrer sur sa mâchoire. Elle essuya d'un revers de mains les quelques gouttes de sang perlant des endroits où les ongles avaient finis par percer la peau.
« Je dis que tu es aussi hétéro que je suis travestie. Je dis que tu as franchis la barrière depuis trop longtemps pour réussir à repasser de l'autre côté, même si tu essayes de toutes tes forces ! Que tu as beau bruler tout ce qui peut te rapprocher du mot L, il fera toujours parti de qui tu es, parce que tu n'as pas le choix, tout simplement parce que CE N'EST PAS UN CHOIX ! »
Rachel sentit la claque avant de la voir arriver. On y était. Sauf que pour une fois elles étaient à égalité.
La douleur sur sa joue se rependit dans son corps déjà secoué de colère, trouvant échos dans la rage qui l'habitait alors, alimentant ses ondes noires, et faisant rouler, comme une immense partie de domino, la fureur le long de ses os, contractant ses muscles, ancrant ses appuis, fermant un poing, ouvrant l'autre. Comme une goutte d'eau qui s'écrase une fois de trop, l'humiliation supplémentaire, et physique pour la première fois, brisa toutes barrières morales ou pensées raisonnables encore présente et laissa couler des flots d'ire et de rancœur. Sa main siffla elle aussi, et s'écrasa sur la joue halée de la jeune femme en face d'elle. Une première fois. Puis une deuxième. Une troisième enfin.
Juste une fois, juste une fois encore et peut-être que cette haine sortirait enfin de son corps. Peut-être que cette prise sur sa poitrine se desserrerait lentement, cette sale frustration qui la faisait suffoquer. Juste une fois de plus et elle pourrait à nouveau respirer, à nouveau y voir clair, sans larmes et sans colère. Une fois de plus et peut-être qu'elle pourrait arrêter de ressentir, être à nouveau indifférente, ne plus rien éprouver pour la Latina, ni haine, ni ressentiments, ni sentiments. Juste une fois de plus, la frapper pour se défendre, mordre pour survivre, pour faire rentrer dans le crâne de Santana, qu'elle ne peut rien à ses problèmes, qu'elle n'en est ni la cause, ni la solution. Lui crier de la laisser tranquille, que si elle veut tant retrouver une vie normale et conventionnelle, de le faire en silence. Oh, elle n'était pas dupe. Elle avait compris pourquoi Santana s'acharnait tant sur elle. Et dans le cas où elle n'aurait pas encore saisis quel était le problème de la cheerleader, la façon dont elle l'avait déshabillée du regard il y a quelques instants aurait fini par lui donner la réponse :
La Latina trébuchait sur sa sexualité jugée déviante, et visiblement sa présence n'aidait pas. C'est de ce déni dont elle faisait les frais. Pour Santana, la cause de tous ses problèmes c'était elle : sans le vouloir, sans parler, juste en existant, elle criait au visage de la Latina ce qu'elle tentait de nier. Alors il fallait qu'elle ne parle pas, qu'elle n'existe pas. Mais elle qui toujours, toujours, tenait tête : Elle était ce choix qui n'en était pas un, cette attirance qui lui était imposée. Comme elle, elle ne disparait pas, elle ne se laisse pas effacer.
Rachel le sait, elle a vécu la même chose. Peut-être plus sereinement avec deux pères gay à qui se confier, mais la même chose tout de même. Les doutes, les peurs, les questions : ne pas savoir qui l'on est, le découvrir et ne plus savoir qui l'on est. Il n'avait pas était bien difficile de comprendre la raison de cet acharnement méthodique et grandissant envers elle.
Oui mais voilà, autant Rachel avait été le déclencheur qui avait jeté à la figure de Santana son homosexualité, autant la Latina avait été le sien, de déclencheur. Et subir la colère et la haine de celle qu'elle aimait la rendait folle. Elle aussi voulait juste que tout s'arrête. Arrêter de souffrir. Il ne lui restait qu'une année à rester coincer dans cet enfer avant de s'envoler, et de ne plus jamais la revoir. Un an avant qu'elle cesse de la tirer vers le fond et avant qu'elle arrête enfin de toujours lui trouver des excuses, de souffrir et de lui pardonner. Seulement là c'était trop. Trop parce que ses sentiments ne bougeaient pas. Pire ils grandissaient à la voir souffrir et se battre contre elle-même de cette façon. Et elle l'aimer à vouloir souffrir pour la soulager. Assez ! Elle ne voulait pas l'aimer au point de vouloir disparaître pour lui faciliter l'existence. Elle voulait croire enfin que ce n'était pas sa faute. Elle en avait plus qu'assez de s'en vouloir. Alors juste une, juste une fois de plus. La frapper encore une fois pour que tout s'arrête : qu'elle arrête de l'aimer, qu'elle la haïsse, et que Santana trouve donc quelqu'un d'autre contre qui se battre !
Santana arrêta la main qui s'apprêtait encore une fois à rencontrer sa joue. Elle ne comprenait plus rien. Elle avait attaqué et encore une fois la petite diva avait répondu. Mais elle ne s'attendait pas à ça. Elle s'attendait à des coups oui, bien qu'elle ne savait pas si elle aurait pu y répondu. Et elle s'attendait aux cris, pas au silence. Et les larmes coulaient sans un bruit, discrètes, le long des joues de Rachel. Elle s'attendait à de la colère et de la fureur, et elle les avait vu, et même senti. Mais elles avaient aussitôt disparues. Et elle ne savait plus maintenant qui était la plus terrifiée, la plus désespérée des deux. Pourquoi réagissait-elle de cette manière ? Santana avait besoin de sa colère, elle voulait s'y heurter pour la détruire. Elle avait besoin d'un adversaire pour la haïr, quelqu'un contre qui se battre pour ne pas avoir à s'affronter elle-même. Elle voulait qu'elle piétine ses sentiments pour qu'ils se brisent et disparaissent, elle ne voulait pas qu'elle y réponde. Y répondait-elle ? Etait-ce cela la réaction de Rachel ? Non, elle ne pouvait pas y répondre ?! Il ne faut pas, il ne faut pas, il ne faut pas, il ne faut pas, pitié non…pitié, pitié dites-moi que….pitié faite qu'elle y réponde !
« Lâche-moi.» La petite brune suffoquait, elle ne pouvait pas rester ici. Elle allait s'effondrer. Elle n'arrivait pas à être en colère, elle n'arrivait pas à lui en vouloir, elle n'arrivait pas à la détester.
Santana se rapprocha de la petite brune, la tirant vers elle par le poignet qu'elle tenait encore. Elle ne la laisserait pas partir. La Diva ne réagissait jamais comme elle l'attendait, maintenant elle voulait comprendre : y répondait-elle ? Elle maintenait le poignet de la petite brune contre sa poitrine, cherchant à se rapprocher encore. Une bouffée d'espoir s'insinuait dans son corps et accélérait son pouls et son souffle. Ou bien était-ce la proximité de la brunette ?
« Lâche-moi, lâche-moi Santana ! Laisse-moi partir, laisse-moi tranquille ! » Santana avait montré sa faiblesse, elle avait montré la sienne, mais maintenant elle voulait s'échapper, elle ne voulait plus souffrir, elle ne voulait pas s'écrouler dans ces toilettes, au pied de la HBIC. Elle ne voulait pas pleurer face à elle, que Santana comprenne la raison de ses larmes et qu'elle se moque encore une fois. Affolée, elle tentait en vain d'échapper à la poigne de la Latina, qui la maintenait trop, beaucoup trop près. Les larmes roulant sans discontinuer sur ses joues, elle continuait de prier, supplier qu'elle la laisse tranquille, dans un souffle, sans même arriver à élever la voix. Acculée et vaincue, incapable de faire du mal ou de se venger de son bourreau, elle se mit à frapper de son petit poing encore libre l'épaule et le torse de la brune qui s'approchait encore et encore, essayant de la maintenir à distance.
Oh non, non elle ne la lâcherait pas. Elle n'arrivait pas à la soumettre et était incapable de la détruire. Mais peu importe, peut-être avait-elle trouvé la troisième option. Dans une tentative désespérée Rachel lança sa main libre une fois encore contre le visage de la grande brune. Mais Santana se saisit à nouveau de son poignet et immobilisa ses deux bras contre sa poitrine. Et sans attendre un seconde, un parole, un doute, elle la poussa contre le mur et s'empara de ses lèvres. Elle l'embrassa. Violemment, avec rage et désespoir. Se saisissant de ces lèvres douces et charnues, les mordant, les goutant. Un peu, puis plus. Glissant, affamée, sa langue contre ces lèvres, ses lèvres à elle, enfin. Enfin. Et la poussant toujours plus contre le mur, contre elle. Son corps, chaud et vibrant, tremblant contre le sien alors qu'elle demandait l'accès à sa langue, à sa bouche. Elle voulait savoir la réponse, trouver la troisième option :
Y répondait-elle ?
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