Chapitre 2

Konoha était une charmante ville bâtie sur les bords d'un fleuve qui traversait tout le pays pour finalement aller se jeter dans l'océan à l'est du continent. C'était sur ce fleuve que Temari, après de longues années de dur labeur avait finalement réussit à transformer une petite péniche en modeste petit bar. Elle avait engagé quelques employés : deux serveurs, un cuistot et un plongeur et se trouvait être une patronne tyrannique, exigeant un travail impeccable de la part de chacun ainsi qu'un total engagement dans le dure travail qu'elle leur confiait. Elle vérifiait méticuleusement que personne ne dépassait son temps de pause et s'assurait qu'ils respectaient leurs horaires. Son bar était toute sa vie et chacun le savait. Aussi ses employés ne rechignaient en rien devant son tempérament parfois excessif, chacun ayant beaucoup de respect pour leur patronne.

Cela n'empêcha pas Suigetsu de grincer des dents lorsque Karin et Sasuke se pointèrent sur son lieu de travail. Ils prirent aussitôt leurs aises, l'un descendant une chaise posée sur une table et l'autre prenant la place de la fameuse chaise. Ils restèrent silencieux, attendant patiemment que le jeune homme finisse de balayer la salle. Il détestait lorsqu'ils fessaient ça. Il pouvait sentir leurs regards le suivre à travers la pièce. N'y tenant plus, il se stoppa :

_ J'ai rien, la patronne me tuerait si j'osais amener quoique ce soit d'illégal ici. D'ailleurs, elle me tuerait aussi si elle vous voyait là.

La rouquine esquissa un sourire sournois.

_ Ce serais pas une grosse perte.

Étant débordé, Suigetsu ravala la réplique cinglante qui lui brulait les lèvres, préférant garder ses forces pour la soirée chargée qui s'annonçait. Il se contenta donc de leur tourner le dos et continua de nettoyer la pièce. Il entendit un raclement de chaise et le claquement d'une porte et en déduit que ses visiteurs étaient partis. Il soupira de soulagement. La patronne n'en saurait rien. Parce que Suigetsu aurait préféré mourir plutôt que d'avouer que sa boss le terrorisait au point d'en faire des cauchemars.

_ T'as vraiment une tronche marrante quand tu penses Sui.

Il se crispa instantanément. Karin était restée. Ils avaient beau avoir grandis à deux pas l'un de chez l'autre, avoir trainé avec les mêmes personnes, ils n'avaient jamais trouvé d'autre moyens de communication que les moqueries. A vrai dire, si quelqu'un leur avais demandé quel était le lien qui les unissait, ils auraient été incapables de répondre. Heureusement, ou malheureusement, personne ne leur avait jamais demandé et ils se contentaient de cette relation étrange qu'ils entretenaient.

_ Je t'enmerde Karin. Pourquoi tu t'es pas barré avec Mister Ice ? J'ai dit que j'avais rien pour vous.

_ Il est de mauvaise humeur aujourd'hui alors j'me suis dit que quitte à énerver quelqu'un, autant que ce soit une personne moins forte que moi. Rétorqua la rousse en tirant malicieusement la langue.

Le jeune homme leva les yeux au ciel, exaspéré.

_ Tu compte partir bientôt ? Parce que si la patronne te chope ici je donne pas cher de ma peau.

_ Ok ok, j'ai compris, on veut pas de moi ici je retiens. Au faite, Juugo est pas là ? Ça fait longtemps que je l'ai pas vu.

_ C'est son jour de congé. T'as qu'à passe à son appart ça lui fera plaisir.

_ Ok bon bah salut Sui, à la prochaine.

L'interpellé n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle avait sauté de son perchoir, traversé la pièce et s'était évaporé dans la rue.

_ LA PORTE !

Bien entendu elle n'entendit pas le cri réprobateur du garçon, ou bien fit tout comme, et ce dernier n'eut pas d'autre choix que d'aller la fermer lui-même.

Dans un petit appart quelques rues plus loin, un pauvre téléphone subissait la colère de son propriétaire :

_ Rah Sas'ke qu'est-ce tu fous. MAIS RÉPONDS BORDEL !

Assis à la table du salon-salle-à-manger, Gaara fusilla du regard son ami aux cheveux blonds qui ne cessait d'insulter son pauvre téléphone qui n'avait rien fait d'autre que de l'informer de l'indisponibilité du dénommé Sas'ke.

_ Naruto y en a qui bosse ici.

L'interpellé stoppa son activité pour se tourner vers le rouquin et plaider sa cause :

_ Mais Gaara, Sasuke risque d'oublier qu'il doit nous emmener ce soir. S'il nous laisse tomber comment on fait nous hein ? Tu m'expliques ?

Dans un soupire exaspéré, l'étudiant répliqua :

_ On prend le métro. . . Ou on y va pas, c'est encore plus simple. Rajouta-t-il, se délectant de la mine outrée de son colocataire.

_ Ne pas y aller ? Mais c'est ma fête, bien sûr qu'on y va ! Pffff.

Le blondinet afficha une mine boudeuse tout en se retournant vers la télé qui diffusait à cette heure-ci une émission de téléréalité plus que consternante.

Gaara, pu enfin reprendre son activité première et replongea dans ses livres de cours étalés devant lui, pensant enfin être tranquille. Erreur. En effet, ce fut le moment que choisit une furie blonde pour débouler dans la pièce, en proférant toutes sortes d'injures.

_ Oh mon dieu il est déjà si tard. Mais quel enfoiré, tout ça pour quelques heures de retard.

Claque !

Elle venait de s'enfermer dans la salle de bain. Le jeune homme reporta pour une énième fois son attention sur les travaux qu'il devait rendre dans la semaine mais aujourd'hui, son signe astral devait être dans une mauvaise phase avec les blonds car un cri émanant de la salle de bain ne tarda pas à se faire entendre :

_ Rah ! Y a plus de gel douche !

Et ce fut le retour de la tornade blonde mais cette fois-ci, il constata qu'une simple serviette couvrait sa nudité. Par respect, il détourna son regard à l'inverse de son jeune ami blond qui lui ne se privait pas du spectacle. Chose qui n'échappa pas à la seule fille de la maison.

_ Naruto, au lieu de me mater comme le pauvre puceau que tu es va m'acheter du gel douche.

Cette phrase réussis à faire sortir le garçon de sa transe :

_ Non mais j'suis pas ton larbin, demande à Gaara, il a rien à faire de toute façon. Et d'où tu sors que je suis puceau ?

A peine prononcées que ces paroles furent regrettées. En effet, dès que le prénom de l'interpellé avait été cité, il avait commencé à dégager une aura meurtrière qui envahissait petit à petit la pièce.

_ Euh tout compte fait, j'vais aller te le chercher ce gel douche Ino. De toute façon elle est naze cette émission et un peu d'air frais me ferais le plus grand bien hehe. Se rattrapa Naruto en se grattant nerveusement la tête.

_ Parfait. Bon allez dépêche-toi ! Approuva la blonde un air satisfait collé sur son visage.

Alors que le blond quittait l'appartement, dépité de se faire ainsi exploité, la jeune femme s'affala sur le canapé et se mit désespérément à chercher la télécommande de la télévision.

Sans prendre la peine de lever la tête de ses bouquins, Gaara fit remarquer à la blonde son indécente tenue. Elle arrêta ses recherches pour se retourner un sourire narquois sur le visage :

_ Qu'est-ce qu'il y a Gaa chou, ma tenue t'empêche de te concentrer ?

Le roux leva les yeux au ciel avant de rétorquer :

_ Pas le moins du monde mais j'ai pas envie de . . .

Il fut coupé par le cri victorieux de son interlocutrice qui brandissait joyeusement la zapette tant désirée. Malgré sa forte envie de se cogner la tête sur la table il reprit :

_ De t'entendre te plaindre toute la semaine parce que t'auras chopé un rhume donc je te le redemande, va t'habiller s'il te plait !

_ J'en étais sûr, t'es gai ! S'exclama-t-elle.

Une veine commença à gonfler sur la tempe du jeune homme.

_ Non je ne suis pas gai, juste en train de bosser parce que vois-tu j'ai bientôt mes partiels et j'aimerais avoir une chance de les réussir.

Toujours pencher sur son travail, Gaara ne remarqua pas le changement d'expression qui s'était effectué chez la blonde. Son visage c'était assombris et, faisant mine de reporter son attention sur l'émission télévisée qui mettait en scène des personnages de cartoons, elle se blottit tristement dans un coin du canapé.

Ce fut l'arrivée d'un Naruto hors d'haleine qui vint rompre le silence :

_ Vous devinerez jamais qui je viens de croiser à la supérette !

Devant ladite supérette, un jeune homme regardais consterné le sac de course que son blondinet préféré avait oublié en sortant du magasin. Son regard dévia alors sur la jeune fille à ses côtés. Comme autrefois, elle détonnait avec son apparence de jeune fille du monde dans ce quartier pourri.

Elle lui avait envoyé quelques heures auparavant un texto lui disant qu'elle avait besoins de son aide et qu'elle devait le voir de toute urgence. Il avait un planning plutôt chargé mais, devant l'insistance de la jeune fille, avait finit par lui donner rendez-vous ici. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle allait lui demander mais il savait que ça devait vraiment être important.

Après quelques minutes de silence, elle prit enfin la parole.

_ Je suis désolé de te déranger Kiba, je sais que tu n'aime pas que je vienne ici, mais ça ne pouvais pas attendre.

Le jeune homme la regarda l'air inquiet. Il connaissait Hinata depuis l'enfance et, dès sa première rencontre avec la frêle jeune fille, s'était attribué d'office un rôle de grand frère protecteur. Au fil des années une étrange relation c'était crée entre les deux jeune personnes, il avait développé une espèce de fascination pour la jeune fille et elle un respect certains pour lui. Mais bien qu'elle sache pertinemment qu'il était prêt à répondre au moindre de ses désirs c'était la première fois qu'elle lui demandait un service. Il n'aimait pas beaucoup ça.

_ T'inquiète miss, tu sais bien que y a pas problème.

Elle lui souri tendrement.

_ Oui c'est vrai. Mais tu ne vas pas beaucoup aimer ce que je vais te demander. Rajouta-t-elle tristement.

Kiba resta silencieux, appréhendant la fameuse requête.

_ J'ai besoins que tu me dises où je pourrais trouver Kankuro.

Elle baissa aussitôt les yeux, et commença à jouer avec ses mains, signe de nervosité. Si elle avait continué à fixer son ami dans les yeux, elle aurait put voir le visage du garçon se fermer, elle aurait vue l'étincelle de fureur qui commençait à embraser son regard, elle aurait vu sa bouche se tordre en un rictus dédaigneux.

_ Pourquoi ?

C'est tout ce qu'il fut capable de demander, trop occupé à tenter de contenir sa colère. L'autre l'avait tiré vers le fond une première fois, elle n'avait pas besoins de retourner voir cet enfoiré. Elle lui avait promis qu'elle resterait loin de lui et pourtant aujourd'hui elle rompait cette promesse. Au regard désolé qu'elle leva vers lui, il devina que c'était une décision murement réfléchit, qu'elle savait bien ce que cela signifiait pour lui. Son regard lui criait de la pardonner. Mais il ne pouvait fermer les yeux sans savoir pourquoi.

_ Je ne peux pas te le dire, mais c'est important. S'il te plait Kiba. Elle le suppliait du regard, ses grands yeux blancs réclamant sa clémence.

Ou peut-être le pouvait-il, pour elle. De toute façon elle se débrouillerait sans son aide s'il refusait. Sous ses airs fragiles, il savait que se cachait une volonté à toute épreuve.

_ Promet moi que tu ne te feras pas embarquer dans des histoires louches.

Un sourire vint éclairer son visage et ses yeux lui exprimèrent une gratitude sans fin.

_ Une fois m'a suffit ne t'inquiète pas.

Il devait bien se rendre à l'évidence, cette gamine ferait toujours de lui ce qu'elle voulait. Tout ce qu'il pouvait faire c'était s'assurer que rien de fâcheux ne lui arrive. Alors il rendit les armes :

_ L'immeuble en face du parc où on allait trainer avant, tu te souviens? Je sais plus le numéro de son appart mais c'est le bloc 32.

Les informations avaient été lâchées dans un souffle, trahissant toute la mauvaise volonté du jeune homme. Mais cela suffit amplement à la demoiselle qui se hissa sur la pointe de ses escarpins vernis pour poser un léger baiser sur la mâchoire de Kiba, sa petite taille l'empêchant d'atteindre sa joue.

_ Merci Kiba. Tu sais, ça me manque de ne plus pourvoir venir ici. Je suis grande maintenant, tu pense qu'on pourrait recommencer comme avant ? Ça me ferait vraiment plaisir. Voyant son air réticent elle ajouta d'une toute petite voix. S'il te plait ?

Il soupira, il avait tout fait pour l'éloigner de son monde après qu'elle se fut attiré des problèmes dans les bas quartiers. Mais il n'avait jamais tout à fait réussi. Il savait qu'il n'avait pas le droit d'influer autant sur sa vie, pourtant elle était comme une sœur pour lui et il savait que son affection était réciproque. Au fond, en l'éloignant de ce monde dangereux, il voulait simplement faire taire l'angoisse de la voire mal finir. Un vrai papa poule aurait dit Naruto. Il retint un rire amer en replongeant ses yeux noisette dans ceux lilas de sa protégée.

Comprenant qu'elle avait eut gains de cause, la jeune fille renchérit :

_ Je n'ai pas cours jeudi après midi. Je pourrais passer chez toi ? Ça fait longtemps je n'ai pas vu ta mère et ta sœur.

Alors qu'il allait protester elle lui coupa la parole :

_ Bon tu m'as dit que t'avais un planning chargé aujourd'hui non ?

Il acquiesça :

_ Alors je vais te laisser, je sais que si je ne suis pas partie d'ici avant la nuit tu vas te faire un sang d'encre alors je vais me dépêcher de faire ce que j'ai à faire. Je t'envoie une message dès que je suis rentrée. Promis.

Avec un dernier signe de main, elle s'éloigna laissant son ami au milieu du trottoir, qui se repassait mentalement leur échange. Secouant brusquement la tête, il ramassa le sac plastique à ses pieds puis tourna lui aussi les talons se dirigeant vers le lieu de sa prochaine tâche à accomplir.