Et me voilà de retour pour ce second OS ! Donc comme promis, cette fois-ci c'est un Stony ! J'espère qu'il vous plaira autant que le premier, j'ai adoré les retours que vous m'avez fait sur la première histoire.
J'aimerai vous rappeler qu'un sondage se trouve sur mon profil pour savoir le thème du prochain OS que j'écrirais. Merci d'aller voter parce que deux solutions sont ex-aequo.
N'hésites pas à laisser un mot !
Je vous embrasse,
Amako.
Contrairement à la croyance populaire – qui, comme toutes les croyances populaires, avait tendance à être fausse – Tony Stark n'aimait pas seregarder dans le miroir. Il le faisait, parce que c'était ce qu'on attendait de Tony Stark, et parce qu'on ne sait jamais, il faut toujours regarder ce à quoi on ressemble. Histoire de ne pas avoir un énoooorme suçon dans le cou, où une trace de dentifrice au coin de la bouche.
Alors même si Tony Stark reconnaissait la nécessité de se regarder dans le miroir, c'était l'une des choses qu'il détestait le plus au monde, avec entre autres le fait qu'on lui tende des choses, ou encore qu'on lui adresse la parole, qu'on rentre dans son labo, qu'on le bouscule, qu'on cuisine dans sa cuisine, qu'on... d'accord, Tony Stark détestait beaucoup de choses. Mais le miroir était définitivement dans son top 3 des choses qu'il détestait le plus au monde.
Il y avait plusieurs raisons à cela, parce qu'il fallait plus qu'une seule raison pour terroriser Tony Stark, nous sommes d'accord. Premièrement, le fait qu'il s'était réveillé un matin et que la première chose qu'il avait faite avait été de se regarder dans le miroir. Pour constater qu'on lui avait tondu le crâne. Il avait cru sur le moment être devenu cancéreux et s'il avait appris ensuite que c'était une erreur de Dummy, cela n'en restait pas moins une expérience particulièrement traumatisante.
Il y avait le fait qu'il s'était fait larguer, par ce qui ressemblait le plus à son premier amour, en lisant le mot de rupture écrit au rouge à lèvre sur un miroir. Mais ce n'était pas cela qui avait tout déclenché. Non, après tout, Tony Stark n'était pas quelqu'un de facilement impressionnable et ces deux événements n'avaient apportés au pire qu'un gros malaise. Non, ce qui avait terrifié, et terrifiait encore Tony Stark, était Bloody Mary.
Le génie n'avait jamais eu à subir la mauvaise blague scolaire que tous les enfants avaient un jour subie (après tout, Tony Stark n'avait jamais eu de camarade scolaire). Néanmoins, la lecture de la légende sur internet et son omniprésence dans les films et séries qu'il avait pu voir quand il s'ennuyait trop en cours au MIT avaient suffit à forger une solide réputation à la femme aux yeux sanglants dans l'esprit de Tony.
Voilà pourquoi, en ce matin de décembre, alors que Steve l'enjoignait de le rejoindre dans la douche, Tony se figea à la porte de son immense salle de bain, incapable d'y pénétrer. Si le miroir qui se trouvait là avait tout d'abord été installé, c'était à la demande de Pepper qui trouvait malsain de ne pas en avoir. Par la suite, Tony s'était contenté de le couvrir d'une serviette pendant qu'il se douchait et de l'oublier prestement une fois sorti de la salle de bain.
Lorsque Pepper avait quitté sa vie, il s'était résolu à enlever le gênant bibelot de son mur, mais accaparé par quelques problèmes comme des super-vilains détruisant New-York ou un Conseil d'Administration à la dent dure, il n'avait jamais prit le temps de le faire ôter. Et voilà pourquoi il se retrouvait, en ce matin de décembre, mit face à face avec son problème.
Aha.
Tétanisé, incapable du moindre geste, Tony se contentait de fixer le miroir qui lui reflétait une image – certes très flatteuse – mais surtout, son visage avec deux problèmes majeurs : des yeux. Yeux qu'une quelconque Bloody Mary se ferait une joie certaine de lui arracher dans les plus brefs délais s'il ne se détournait pas rapidement. Chose qu'il était incapable de faire, figé à l'idée de mourir. Cercle vicieux, oui.
Steve, constatant que Tony ne lui répondait pas, sortit de la douche en fronçant les sourcils. Il enroula une – pas assez – courte serviette autour de ses hanches et trimbala son corps de rêve et ses gouttes d'eau jusqu'à Tony, toujours planté à l'entrée de la salle de bain, les yeux écarquillés et le teint verdâtre.
Le super soldat sentit immédiatement que quelque chose clochait. Il avait rarement vu cette expression sur le visage de son amant – deux fois en fait – et la première incluait l'annonce de rupture de Pepper et la deuxième la déclaration d'amour de Steve. Les deux événements n'ayant rien d'apparenté à une salle de bain, le blond commença sérieusement à avoir des doutes sur la santé mentale de son amant. Bon, pour être honnête, il avait constamment des doutes sur la santé mentale de Tony, mais il évitait de formuler la pensée dans sa tête sous peine de commencer à y croire.
S'approchant lentement de Tony, de peur qu'il ne lui saute à la gorge ou toute autre idée saugrenue que pourrait avoir le génie tétanisé, Steve finit par se retrouver face à lui, cachant de son imposante silhouette le reflet du miroir.
À peine libéré de l'image terrifiante, Tony sembla se détendre et reprendre une attitude saine. Il leva les yeux vers le visage inquiet de Steve qui le contemplait de sa hauteur et se contenta d'appuyer sa joue contre le torse du blond, sans un mot. Interloqué, Steve referma ses bras autour du corps légèrement tremblant de son amant avant de lui caresser machinalement le dos, attendant que Tony se calme – ou quoi que soit ce qu'il était en train de faire – pour avoir ses explications.
Il fallut quelques minutes au génie pour se détacher de l'étreinte de Steve qui déposa un léger baiser sur son front, attendant que Tony prenne la parole.
- Je crois que tu peux me lâcher maintenant, dit-il sobrement.
- Tony, je peux savoir ce que c'était que ça ?
- Rien du tout, je me suis fait peur en me regardant dans le miroir.
- Mais bien sûr. Tu sais très bien que tu es très beau, ne me fais pas croire une chose pareille.
- Oh oui, complimente-moi, c'est bon pour mon ego, sourit Tony.
- Ne recommence pas avec ce truc de pirouette. N'évites pas ma question.
- C'était rien du tout. Allons prendre une douche.
- Très bien.
Avec un air de défi plaqué sur le visage, Steve se décala rapidement, mettant de nouveau Tony face à son reflet. Cette fois-ci, il ne manqua pas le changement dans l'expression de son amant. Le brun pâlit visiblement, ses pupilles se rétrécirent et sa bouche s'entrouvrit alors que ses mains tremblaient légèrement. Steve dut tendre l'oreille pour capter la respiration sifflante de Tony et il ne clignait plus du tout des yeux.
En soupirant, Steve se replaça devant le miroir et le génie se calma aussitôt. C'était définitivement un problème avec le miroir.
- Tony, qu'est-ce qui t'arrive avec ce miroir ?
- Absolument rien, se renfrogna le génie.
- Je suis peut-être né en 1917, mais je ne suis pas stupide pour autant. Il te terrifie. Si tu ne me dis pas pourquoi, je soudoie JARVIS pour une réponse.
- J', si tu parles, je te débranche, grinça Tony en direction du plafond.
- Je ne dirais rien, monsieur, mais je vous conseille néanmoins d'en référer à monsieur Steve.
- Lâcheur, siffla Tony entre ses dents.
- Alors Tony ?
- C'est Bloody Mary, d'accord ?
- Qu-quoi ?
- Je ne veux aucun commentaire.
- Mais, Tony, c'est une légende !
- Pas du tout. Il y a des tas de témoignages de gens aux yeux arrachés par Bloody Mary.
- Mais c'est stupide !
- Va te faire foutre.
- Je t'aime, Tony.
- Va te faire foutre quand même. Avec moi, de préférence. Et sous la douche, tant qu'on y est.
