voici donc la suite, j'espère qu'elle vous plaira!


J'écris pour ne plus oublier… j'ai tout oublié.

Cette jeune femme est donc ma sœur, cet homme est donc l'un de mes meilleurs amis : je ne me souviens pas. Un sentiment horrible m'envahit en repensant à l'angoisse qui a saisi Julia quand elle a compris. J'avais oublié ma propre sœur. C'est une étrange sensation que ce vide dans mon esprit, je ne sais plus qu'une chose : je m'appelle Lisa Cuddy.

Elle parle avec les médecins de l'autre côté de la vitre alors que je jette ces quelques mots sur le papier. Tout écrire pour tout retenir. L'homme aux cheveux châtains est là aussi, il semble parler avec un autre homme mais je ne le vois que de dos. Sa silhouette m'intrigue, comme si elle m'était familière.

Julia revient vers moi, interrompant mes méditations. Elle entre les yeux rougis de larmes et demande timidement si elle peut s'assoir à mes côtés. Sa prudence envers moi est étrange, elle avait pourtant l'air tellement heureuse quelques instants auparavant. Doucement, elle relève la tête et commence à me raconter.

« Tu as eu un accident de voiture, on t'a renversé devant chez toi. »

Voilà qui explique mon poignet plâtré et cet horrible mal de crâne qui refuse de partir.

« Le choc a été brutal et tu es restée plusieurs jours dans le coma, notamment à cause de l'anesthésie que tu as mal supporté. Les médecins pensent que ta tête a heurté le sol trop violemment, ça expliquerait ta perte de mémoire, ils vont faire de nouveaux examens.

- Va-t-elle revenir ?

- Ils ne savent pas Lisa »

Une larme coule sur sa joue et mon cœur se serre, comme si une part de moi ressentait sa douleur. Elle me lance un regard désolé avant de poursuivre.

« Tu t'appelles Lisa Cuddy, tu travailles dans cet hôpital. En fait, tu le diriges. Tu as une petite fille, Rachel. Elle a trois ans. »

Mes yeux ronds la pousse à s'interrompre.

Une petite fille.

Je suis maman.

À l'écoute de son prénom un sentiment de bonheur m'envahit et me rassure, peut-être qu'au fond mon passé est encore là, quelque part. Peut-être n'ai-je pas tout oublié de façon définitive. Julia me tend une photo et je découvre le visage radieux de ma fille, ses grands yeux clairs et son sourire malicieux. L'espace d'un instant je suis simplement heureuse mais très vite les questions m'assaillent à nouveau.

Quand est-elle née ? Qui est son père ? À quoi ressemble sa voix ?

Julia semble deviner mon trouble et attrape ma main du bout des doigts. Nous avons visiblement beaucoup de choses à nous dire….

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Je découvre ma vie comme si je lisais un roman. Les évènements y sont comptés avec précision mais je ne eux qu'imaginer celle que j'étais. Je suis contrainte de rester à l'hôpital où ma famille me rend visite chaque jour. Tout comme Wilson d'ailleurs. Sa façon de me parler est curieuse, comme s'il cherchait à éviter certains sujets. Les médecins lui auront sans doute conseillé de me ménager.

Je n'ai toujours pas pu voir Rachel mais Julia a promis que ça ne tarderait plus. Il fallait simplement attendre que j'aille mieux. En attendant je dois être placée sous tutelle, le rendez vous a lieu demain. Tout cela me passe un peu au dessus, j'aimerais simplement pouvoir sortir, prendre l'air, voir à quoi ressemble le monde en dehors de cette chambre étroite.

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Alors que le juge venait de me placer sous la tutelle de ma mère, il est arrivé en trombe dans le bureau où nous étions. Dès qu'il est entré, j'ai été littéralement captivée.

Ses cheveux poivre et sel,

Ses yeux d'un bleu intense,

Son look faussement négligé,

Mon cœur s'est emballé sans que je puisse l'expliquer. Je le connais, j'en suis désormais certaine : il est quelqu'un. Une sorte d'aura émanait de lui et un poids libéra soudainement ma poitrine.

Qui était-il ? Que voulait-il ? Je m'en fichais, il était là.

Je le regarde désormais fondre sur ma mère avec un air menaçant. Il semble très en colère et pourtant je n'ai pas peur. Instinctivement je sais qu'il est là pour moi.

« Je ne vous laisserai pas faire ça ! »

Ses mots résonnent encore dans ma tête, il les avait criés avec rage, avec désespoir même. Devant tant de détermination, je m'oblige à suivre la scène qui se déroule devant mes yeux, laissant pour un temps ma contemplation. Ils s'insultent et se font face. L'homme se dresse de toute sa hauteur et assène chaque phrase avec force.

« Si vous l'enfermez là bas elle est perdue.

- Vous n'avez pas été capable de vous occuper d'elle quand ça allait, ne venez pas me dire comment faire aujourd'hui sombre idiot.

- Elle a souffert toute sa vie de vos décisions à la con. Je ne vous laisserai pas la détruire.

- Tout ça c'est votre faute ! Une fois de plus ! Vous ne la reverrez pas House. »

House.

Ce nom résonne dans ma tête sur mille et une intonations.

House.

Ce nom m'est tellement familier qu'il me parait presque mélodieux.

House.

Un éclair de désespoir vient de traverser ses yeux bleus et enfin il m'accorde un bref regard. Pendant quelques secondes, nos yeux s'accrochent et je sens un flot de sentiments étranges m'envahir. Il essaie de me dire quelque chose mais je ne comprends pas, j'ai trop oublié. Je me contente de l'observer avec des yeux remplis d'espoir mais déjà la sécurité du tribunal, alertée par les cris, s'empare de lui. Il proteste, se débat et hurle au juge de ne pas écouter ma mère, de ne pas me faire subir ça.

J'ignore encore de quoi il parle tandis qu'il semble jouer sa vie. Sentant que les agents prennent le dessus, il se retourne brièvement vers moi et m'offre un autre de ses regards, toujours aussi intense. Dans un souffle à peine audible, il prononce ces simples mots qui me font encore frissonner.

« Je ne te laisserai pas »

La discussion reprend son cours mais je suis ailleurs : cet homme m'obsède. J'aurais dû écouter davantage, je viens d'être placée en clinique spécialisée pour retrouver la mémoire. Je n'ai pas eu le temps de dire ouf, je n'ai rien vu venir. Cette conclusion me terrifie tout à coup, me tirant ainsi de ma rêverie. A peine avais je commencé à réaliser qu'un autre drame se jouait sous mes yeux. Ma mère venait de demander une mesure d'éloignement contre Grégory House.

TBC