Me revoilà, en retard mais OSEF, avec la suite. Merci pour vos Reviews.
Chapitre pas Yaoi du tout, à mon grand désespoir croyez-moi, mais Sasori n'est pas un garçon facile :/ (remarquez que je ne parle pas de Deidara. Coquinou). Pour me faire pardonner, je vous ai mis les autres Aka-Boyz en guest star.
Le lendemain matin (en tout cas, ce que j'estimais être le matin puisqu'il n'y avait pas d'horloge chez moi) Deidara débarqua à nouveau dans mon atelier. Ses cheveux étaient plus ou moins rassemblés dans un chignon fait à la va-vite, il était tout débraillé et semblait encore un peu endormi. Quelle négligence navrante.
- 'Jour Danna.
- Quel est le mot que tu ne comprends pas quand je te demande de frapper avant de te permettre d'entrer ?
- Oh ça va. Pas dès le matin quand même, me pria-t-il avec un petit sourire.
- Ça ne me fait pas rire. Vie privée ça te dit quelque chose ?
Il soupira et s'installa sur mon plan de travail, de la même façon que la nuit dernière.
- Danna, honnêtement, ce que vous trafiquez, je m'en fous royalement. Croyez-moi, je n'ai aucune envie de mettre mon nez dans vos affaires glauques.
Sa réponse ne me satisfaisait qu'à moitié. N'importe qui aurait payé très cher pour n'obtenir ne serait-ce qu'un seul de mes poisons. Mais Deidara était tellement obnubilé par ses explosions qu'il n'était pas impossible que tout le reste passe au-dessus de lui. Fort de cette réflexion, je me remis à l'ouvrage, ignorant tout bonnement sa présence. De toute évidence, j'avais tout intérêt à m'y habituer. Je l'entendais pousser un long soupir ennuyé de temps à autre. Il gesticulait sans arrêt, toujours en train de changer de position. Désespéré par mon indifférence, il finit par lâcher :
- Je m'ennuie.
Que de parlotte inutile… Je ne me donnai même pas la peine de répondre. Il revint à l'assaut :
- Vous faites quoi la nuit ? Vous devez sérieusement vous ennuyer !
- Non.
- Ouah, quelle conversation, remarqua-t-il avec ironie. Mais je suppose que vous êtes plus à l'aise quand vous faites mumuse avec vos poupées plutôt que lorsque vous parlez à de vrais gens. C'est assez triste quand on y pense.
Je tressaillis. Il avait touché quelque chose. Un instant, mes yeux vitreux avaient pris une expression blessée. Mais la seconde d'après, j'avais déjà revêtu mon masque impassible. Je ne lui ferai certainement pas le plaisir de lui répondre. D'ailleurs, je ne lui parlerai qu'en cas d'extrême nécessité. Si c'était pour me faire injurier à longueur de journée, ne comptez pas sur moi.
- C'est vrai quoi. Vous passez vos journées enfermé ici. C'est depuis l'enfance que vous avez une vie sociale complètement nulle ? Faudrait vous faire suivre par quelqu'un, c'est peut-être un manque affectif ou un complexe d'Oedipe mal digéré. Faudrait chercher un traumatisme du côté de votre relation avec vos parents, c'est souvent de là que ça...
Ce type réussissait on ne savait comment à me mettre dans tous mes états. Il était juste à ma gauche. Un bon direct avec mon poing à armature en bois réussit enfin à lui faire fermer sa bouche principale. Je n'étais pas quelqu'un de spécialement sanguin, mais je ne supportais pas qu'on me manque de respect. Et qu'on appuie là où ça faisait mal.
J'y étais peut-être allé un peu fort car il perdit connaissance. Tant pis pour lui, il était trop fragile. Je poussai son corps inerte de mon plan de travail, le faisant tomber comme une masse sur le sol. Des remords ? Je n'en avais jamais.
Pain fit alors irruption (sous forme holographique, comme à son habitude) dans mon atelier qui, soi-dit en passant, commençait à ressembler plus à un moulin qu'autre chose à force que n'importe qui y entre et y sorte. De son ton menaçant, car il employait toujours un ton menaçant pour nous parler, à croire que ça lui donnait une impression de supériorité, il déclara :
- Il va falloir que tu amènes Deidara pour le présenter aux autres. On se rassemble à l'endroit dont on avait convenu la dernière fois. Ce soir.
- Ce soir ? Mais c'est loin ! On ne peut pas simplement être présents par hologramme ?
- Non, je tiens à ce qu'un maximum des membres soit présent en chair et en os. J'y serai moi-même.
- Ceci explique cela, marmonnai-je avec humeur.
- Ne proteste pas, cela nous permettra de faire le point sur un bon nombre de choses. Et Kakuzu a encore tué son coéquipier, il faudra qu'on discute de cela. Je me disais que tu aurais été idéal pour lui : difficile à tuer et pas dérangeant dans la vie.
- Vous m'avez collé un gamin pyromane je vous rappelle.
- Je sais bien, mais je t'ai dit qu'il avait un gros potentiel. Et en plus vous pouvez parler d'art tous les deux, ne te plains pas.
- Je ne me plains jamais. Maintenant si vous permettez, nous allons nous mettre en route de suite si nous voulons être au point de ralliement ce soir.
- Bonne attitude.
Pain disparut. Sa façon de me prendre de haut m'insupportait. Je jetai un œil à mon coéquipier qui gisait sur le sol, décidant de le réveiller d'un coup de pied :
- On part, grognai-je en m'éloignant pour enfiler Hiruko.
- Hn ?
- Ne me fais pas répéter. Lève-toi plus vite que ça, on va être en retard.
- Mais on va où ? demanda-t-il en se levant et se recoiffant.
Je ne répondis pas. Je n'avais pas avalé ses petites piques mesquines sur mon enfance alors qu'il ne savait absolument rien. Rien. Il n'avait aucune idée de ce que j'avais pu vivre.
Je le poussai à l'extérieur avant de verrouiller la porte, puis nous nous mîmes en route. Le voyage se fit dans le silence le plus complet, car il abandonna ses tentatives de m'extirper quelques mots en réalisant que je ne dirais rien. A mon âge, je n'avais plus envie de parler pour ne rien dire. Quoique, je n'avais jamais aimé parler pour ne rien dire.
Nous arrivâmes au point de rendez-vous en avance. Évidemment. Deidara ne disait plus rien. Alors que je me félicitais intérieurement pour avoir réussi à lui fermer son clapet, Kakuzu arriva, seul.
- Sasori, ça faisait longtemps.
- Pas tant que ça, grognai-je.
Était-il encore utile de préciser que je n'étais pas doué en relations sociales ?
- C'est qui ? demanda-t-il en désignant Deidara qui le regardait avec méfiance.
- Deidara, mon nouveau coéquipier.
Celui-ci, voyant que Kakuzu ne se présentait pas, le pressa :
- Et toi tu es… ?
- Kakuzu.
Je fus un peu surpris qu'il ne lui témoigne pas le même respect qu'à moi-même mais je ne relevai pas. Après tout, ce gamin me surprenait sur bien des plans. Kakuzu prit un air ennuyé :
- Je n'étais pas au courant qu'il y avait un nouveau. Je pensais que j'allais faire équipe avec toi Sasori, quand Pain m'a dit que j'aurais du mal à tuer mon nouveau partenaire sur un coup de colère.
- Si tu te maîtrisais un peu ce genre de choses n'arriverait pas, le sermonnai-je.
- Les gens m'énervent, qu'est-ce que j'y peux ?
- A qui le dis-tu…
Soudain, une nouvelle voix lança :
- Eh ! Vous faites partie de l'Akatsuki ?
Nous nous retournâmes de concert, découvrant un ninja aux cheveux gris pâles. Il portait le même manteau que nous. Son chakra était un peu étrange…
- Qui es-tu ? demanda brutalement Kakuzu, agacé par tous ces gens qu'il ne connaissait pas.
- Nouvelle recrue, Hidan, pour vous servir ! s'écria-t-il.
- Ça y va les nouvelles recrues, marmonnai-je. Kakuzu, si je ne m'abuse, ce doit être ton nouveau binôme.
- Pfuh. En quoi aurais-je du mal à le tuer, dis-moi ? Il a l'air stupide à pleurer.
- Je vous signale que j'entends tout ! se plaignit l'albinos. Et oui, devant Jashin je parie ce que tu veux que tu es parfaitement incapable de me tuer.
- Ah ouais ? siffla Kakuzu.
Je sentais la pression monter. Ce type s'emportait si rapidement… Deidara me donna un petit coup de coude :
- C'est qui Jashin ?
Fidèle à ma résolution, je ne lui répondis pas. En plus, je n'en avais pas la moindre idée.
Hidan et Kakuzu continuèrent à se chauffer pendant quelques instants, jusqu'à ce que Kakuzu lui transperce la poitrine avec une lame de chakra. Il l'avait bien cherché. Enfin, Kakuzu allait se faire sévèrement rappeler à l'ordre pour en avoir tué encore un.
- A part ça, les affaires vont bien ? m'enquis-je d'un ton morne.
- Plutôt. Il faudrait réduire un peu les dépenses mais dans l'ensemble, les derniers corps que j'ai vendus m'ont rapporté une sacré somme.
- C'est tout ce que tu peux faire ? lâcha Hidan, avant de partir dans une crise de rire démoniaque.
Deidara s'exclama :
- Eh ! Comment se fait-il que tu sois encore en vie toi ?
L'albinos se calma un peu et répondit avec fierté :
- Le grand Jashin m'a offert l'immortalité ! AH AH AH AH ! Tu ne m'auras jamais !
- Pain a fait du bon boulot, me contentai-je de remarquer. Celui-là, il risque de te faire plus longtemps que les autres. Deux immortels.
- Attendez, m'interrompit Deidara. Vous êtes tous les trois immortels ? C'est quoi ce bordel encore !
- Et oui, tu ne fais pas le poids, gamin, ricanai-je. Donc ne nous ennuie pas trop, c'est un conseil.
- Ouais enfin, pour vous, une explosion bien dirigée sur votre…
Je le fis taire d'un coup de queue (sans commentaire). Pas la peine de crier sur tous les toits que j'avais un point faible. Non mais quel abruti fini.
- De quoi parle-t-il ? demanda Kakuzu avec intérêt.
- De rien du tout.
- Kakuzu ! Ça fait une paye.
Kisame et Itachi venaient de nous rejoindre. Deidara se raidit à côté de moi. Pendant quelques secondes, mon animosité à son égard disparut. Itachi lança d'un ton méprisant :
- Alors, tu as réussi à le dresser ?
- NE PARLE PAS DE MOI COMME SI J'ETAIS UN ANIMAL ! cria Deidara en s'élançant vers lui.
Je le retins avec la queue d'Hiruko :
- Ça n'en vaut pas la peine. Et rassure-toi Itachi, Deidara est plus que satisfaisant. Il progresse à une vitesse phénoménale et il finira un jour ou l'autre par te rendre la monnaie de ta pièce.
Le brun haussa un sourcil mais ne dit rien, comme à son habitude. Il encaissait tout. Jamais je ne l'avais vu s'énerver à la manière de Kakuzu, ou même défendre sa propre fierté. Il avait l'air de se foutre de tout, comme si nous étions tous insignifiants.
- Battre le Sharingan ? intervint Kisame, ça m'étonnerait.
- Ce n'est pas parce que tu n'as aucun talent et aucune sensibilité artistique que c'est le cas de tout le monde, rétorquai-je.
- Ah ouais ? Tu veux qu'on en parle de mon talent ?
Sa main se posa sur sa stupide épée.
- Tu tiens vraiment à me défier ?
- Sasori, Kisame, ça suffit.
La voix de Pain avait claqué.
Nous nous reculâmes tous pour le laisser passer. Konan le suivait en silence. Un bout de Zetsu sortit du sol et la réunion put commencer.
Après avoir évoqué l'arrivée de Deidara, celle de Hidan, puis quelques problèmes de trésorerie et autres, Pain mit fin à notre petite assemblée. Il me prit à part :
- Je t'ai entendu le défendre. J'avais raison à son propos, n'est-ce pas ?
- C'était plus pour faire taire Kisame et Itachi qu'autre chose.
- Menteur. Depuis quand tu n'aimes pas Itachi ? Vous vous compreniez bien avant.
- Avant quoi ?
- Avant qu'il ne maltraite ton petit protégé, rétorqua-t-il, satisfait. Il te tire de ta solitude maladive, tu es moins apathique qu'avant.
- Si tu le dis. Je m'en fiche, claquai-je sèchement. Maintenant si tu permets…
Il hocha brièvement la tête et je pris congé de lui. Je me mis à la recherche de Deidara et le retrouvai assis avec Kakuzu, en pleine discussion. Ça avait l'air sacrément philosophique, vu l'air grave de mon coéquipier. Quant à Kakuzu, je ne pouvais pas vraiment juger de son expression à cause de son masque… Lorsque j'arrivai à leur hauteur, ils se turent brusquement. Ils parlaient de moi ? Kakuzu en savait pas mal sur moi, y compris une grosse partie de mon passé ce qui intéresserait sans doute Deidara. Il s'apercevrait alors qu'il avait vu juste sur moi, que j'avais été misérablement seul et que je m'étais renfermé sur mes marionnettes… Hors de question qu'il sache tout ça. Je lui donnai un coup d'épaule et grognai :
- On y va. On n'a plus rien à faire ici.
Il acquiesça et lança :
- A plus Kakuzu !
Puis il me suivit sans faire d'histoires. Nous marchâmes un moment dans le même silence que pour l'aller. Soudain, il décida de le rompre :
- Je suis désolé.
- De quoi ? répliquai-je abruptement.
- Pour ce que j'ai dit, l'autre fois. Ce qui vous a mis en colère. Je pensais pas mettre dans le mile comme ça…
- J'ai pas envie d'en parler. T'avais raison, c'est bon t'es content ? Je suis un névrosé, un psychopathe, qui n'est pas capable d'avoir des relations saines avec des humains normaux. On peut passer à autre chose ?
Il resta bouche bée quelques secondes, puis il commença lentement :
- Psychopathe ? Hn… Je crois qu'on l'est un peu tous ici… Entre Uchiwa qui a massacré son clan, Kakuzu qui a des troubles bipolaires et un souci avec l'argent, Hidan qui est un fanatique pathologique et masochiste, Kisame qui est… un poisson, Zetsu qui a une double personnalité, Pain qui aime s'enfoncer des bouts de métal un peu partout et Konan qui est obsédée par les pliages… Sans parler d'Orochimaru, sale pervers fasciné par les serpents, allez savoir pourquoi, et par les corps des jeunes garçons… Bon et moi, on me qualifie parfois de pyromane à tendances destructrices, bien que j'émette quelques réserves sur ce terme. A côté, simple fétichiste des marionnettes, vous passez pour le moins taré de la bande. Des fois, je me dis que j'ai eu de la chance de tomber sur vous, danna.
- Je dois prendre ça pour un compliment ? finis-je par demander après un court silence circonspect.
- J'imagine, répondit-il rêveusement.
Ce gamin avait réussi à nous analyser en un temps record. Il était loin d'être stupide visiblement. Je lui donnai un petit coup d'épaule :
- Tu caches bien ton jeu. Tu es moins bête que tu n'en as l'air.
- Comment ça ! J'ai pas du tout l'air bête, hn ! s'offusqua-t-il.
Je laissai échapper un bruit grinçant, un peu effrayant. Quelque chose qui devait s'approcher d'un rire.
- Danna ?
- Hum.
- Si vous voulez, je veux bien être votre premier ami humain.
J'eus un petit moment de flottement, surpris une fois encore par ses élucubrations subites.
- Même pas en rêve, finis-je par rétorquer mollement.
Qu'aurai-je pu dire d'autre ? Akasuna no Sasori ne se fait pas des amis comme un gamin d'école primaire. Je n'ai pas besoin d'amis. A quoi cela me servirait ?
- Ça m'ennuie un peu, reprit soudainement Deidara. Parce que, je sais bien que ce n'est pas de votre faute, mais je me retrouve tout seul avec vous maintenant. Alors si on n'est même pas amis, on va trouver le temps long. Enfin, moi en tout cas.
- 'Pas mon problème.
- Et puis je voulais vous parler d'autre chose. Je sais que c'est un sujet sensible alors je n'ose pas vraiment, Hn…
- Très bien, tais-toi alors.
Apparemment, il s'attendait à une autre réponse de ma part puisqu'il se lança quand même :
- Bon tant pis, je le dis. Vos marionnettes me font vraiment flipper.
- Je ne vois pas pourquoi.
- Parce que c'est des cadavres transformés, Hn !
- Et alors ? Tu l'as dit, transformé. Je les ai façonnées, je leur ai enlevé toute leur vitalité, toute cette chaleur poisseuse qui courrait dans leur corps mou. Maintenant ce sont des objets d'art, des armes. Mais des objets. Tout ce qu'il y avait d'imprévisible et de souillé dans ces corps a disparu. Je contrôle tout. Et si tu dois avoir peur de quelque chose, ce n'est pas d'elles mais de moi.
Deidara frissonna :
- Ça devrait me rassurer ?
- Peut-être pas.
Je sentis vaguement un coup de coude complice :
- Okay ! Je m'y ferai, promis ! Mais en échange, il va falloir que vous m'aidiez.
- Oh hé ! Je ne m'engage jamais, vu ?
- Mais je ne vous ai même pas dit en quoi, Hn, gémit-il en m'implorant de son grand œil bleu.
- Justement.
- Je voudrais que vous m'aidiez à m'entraîner pour qu'un jour je puisse battre Itachi Uchiwa !
- Impossible, lâchai-je d'un ton catégorique.
- Mais, vous l'avez dit vous-même que j'en étais capable !
- Bluff.
- Quoi ? Mais je peux le faire, je le sais !
Je décidai de lui montrer l'étendue de son impuissance. J'invoquai une de mes marionnettes et le plaquai contre un tronc d'arbre avant qu'il n'ait le temps de finir sa phrase. Une pointe saturée de poison sortit de ma marionnette et se rapprocha dangereusement de sa gorge.
- Tant que tu ne sauras pas éviter ça, n'imagine même pas toucher Itachi.
Puis ma marionnette disparu et je repris mon chemin. Il resta longtemps inerte, appuyé contre le tronc d'arbre, me regardant sans doute m'éloigner pas à pas. Puis il revint à ma hauteur, perché sur un grand oiseau d'argile. Intéressant.
- C'est pour ça que je dois m'entraîner, reprit-il.
- Tu ne comprends pas, gamin. Tu n'as pas les capacités physiques pour le contrer. Même moi je doute de mon aptitude à le neutraliser.
- Alors il faut trouver un autre moyen ! insista-t-il.
- Toi alors, t'es borné. On verra.
Cette réponse vague parut le satisfaire. Qu'on s'entende bien, je ne comptais rien faire pour lui, c'était juste pour qu'il me laisse la paix.
Nous arrivâmes chez moi. Enfin. Tout cela me fatiguait terriblement, et je me sentais lourd comme une pierre. Pourtant, ce n'était évidemment pas du sommeil. Il arrivait presque à me donner la migraine, alors que je ne suis pas censé ressentir la moindre douleur ! Je le laissai entrer avant moi et je me retirai discrètement dans mon atelier. Malheureusement, il me vit et me rejoignit immédiatement.
- Danna ! J'ai faim.
- Effronté. Je ne suis pas ta gouvernante, débrouille toi avec ce qu'il y a.
Un peu vexé, il me laissa seul. Je pus enfin respirer. Et je me trompais puisqu'il réapparut immédiatement, quelque chose de comestible à la main.
- Vous voyez, je peux être rapide quand je veux, hn !
Je lâchai un soupir à fendre l'âme. Pour un peu j'aurais pleuré, je me serais roulé par terre en cognant le sol de mes poings de marionnette et en appelant à l'aide. Au lieu de cela, je marmonnai dans mon coin :
- Va falloir mettre un sceau à cette porte. Maudit gamin. Crever. Décapiter. Démembrer…
- Vous dites ?
- Va au diable.
- Ah, je croyais que vous disiez quelque chose d'intéressant, fit-il avec désinvolture, en parsemant mon atelier de miettes de nourriture.
- Va manger ailleurs, tu me déranges.
- Vous êtes du genre calme vous, hn ?
Je pris le parti de ne plus répondre à aucune de ses stériles provocations. Ce que j'aurais dû faire plus tôt étant donné qu'il se tu presque immédiatement. Mais j'entendais toujours les ressacs incessants de sa respiration. Je sentais son regard posé avec intensité sur moi, ne me quittant que pour se porter sur la marionnette sur laquelle je travaillais. C'était un sentiment flou, une répulsion latente qui flottait dans la pièce comme une odeur nauséabonde. Il était là. Et sa présence, insolente et ostentatoire, m'irritait autant que sa voix.
- Tu n'as donc rien à faire ? claquai-je soudainement.
- J'ai perdu ma raison de vivre.
Sa réponse me déstabilisa un peu. Encore. Mais cela ne se vit pas, naturellement.
- Et c'était quoi, ta raison de vivre ?
- L'Art.
- Mais fais-toi plaisir, va faire exploser tes bestioles dehors, personne ne viendra te déranger.
- Justement. Il n'y a pas d'Art sans public, objecta-t-il en penchant la tête sur le côté.
- Ridicule.
Il sauta de mon plan de travail et s'écria :
- Ah oui ? Vous ne ressentez rien en montrant vos créations ?
- Non, répondis-je du tac au tac.
- Menteur. La preuve, vous vous énervez quand je dis qu'elles sont moches.
- Je ne m'énerve jamais.
- C'est tout comme, hn ! Vous m'insultez et vous grognez dans votre barbe de papy ! Et puis de toute façon ce n'est même pas la peine de discuter.
- Bien d'accord avec toi.
Il frappa rageusement dans le mur et sortit de mon atelier. Je ne ressentais aucune culpabilité à être absolument hermétique à toutes ses remarques. Après tout, nous n'étions pas amis, juste contraints à coexister un peu trop près l'un de l'autre.
Promis, j'arriverai à placer des situations plus ambigües dans la suite. Mais faut leur laisser le temps ^^ Enfin, ne vous attendez pas à du lemon, je le dis tout de suite. Petite question juste comme ça pour ma curiosité personnelle. Sasori, il est monté comme Ken ? (vous voyez de quoi je veux parler, ne faites pas vos prudes XD)
