Nom de la Fanfiction:

Study in Violin

Chapitre 2:

Since you are gone

Disclamer:

Oui oui la BBC tout ça tout ça on leur dira XD

Note de l'auteur:

Veuillez noter que, comme beaucoup de séries, je regarde « Sherlock » en VO, certaines phrases seront écrites en anglais, notamment les jurons (John passe notamment son temps à jurer avec les mots « bloody » « god » et « jesus » je ne sais pas comment ils ont traduit ça dans la VF et je ne veux pas le savoir XD) donc ne vous étonnez pas si ça vous fait bizarre. Je tacherai de les mettre en italique


Ses jambes se dérobèrent soudainement sous lui, il entra en collision avec le sol. Il devait être en train de faire un autre cauchemar, c'était la seule explication plausible. Pourtant un gémissement de douleur s'adressa au sergent Donnovan lorsqu'elle pressa énergiquement une écharpe roulée en boule contre l'épaule du détective. Lestrade tourna la tête vers lui et cria vers l'escalier où Mycroft réapparaissait.

« Holmes ! Il est en bas !. Docteur Watson... Ah non s'il faut vous réanimer aussi on ne va pas s'en sortir, réagissez bon sang ! »

Réagir... Le mot tournait en boucle dans l'esprit complètement vide de John... Réagir... mais réagir comment ? Sherlock était mort ! Il en était sûr... il l'avait vu, couché sur les pavés de ce trottoir. Il avait ses cheveux tremper dans son propre sang, son visage maculé de rouge. Il avait pris son pouls, qu'il n'avait pas pu sentir. Les infirmiers l'avaient emmené loin de lui … puis lui avait annoncé sa mort dans ce couloir glacé. Mycroft avait reconnu le corps à la morgue... Mycroft … La lumière se fit... Il n'avait plus vu le corps de Sherlock après qu'il ait quitté ce maudit trottoir... même le jour de l'enterrement le cercueil était resté obstinément clos. Avant même d'avoir fini de mener sa réflexion, son regard croisa celui du détective. Il se leva, et ses réflexes de médecins reprirent le dessus, il attrapa en vitesse sa trousse d'urgence et écarta Donnovan, prenant sa place au dessus du corps.

« Sherlock, je te jure que si tu claques maintenant, c'est moi qui te tue ! »

Un rire étouffé par la douleur, quelque chose qui ressemble à un « pas logique » qui lui valut une pression douloureuse sur la paie en guise de représailles. Mycroft faisait à présent les cents pas au pieds de l'escalier et Lestrade passa un genoux sous la tête de Sherlock pour l'aider à respirer.

« Il faut appeler une ambulance. »

« On ne peut pas faire ça, Watson. »

« Pourquoi ? »

« Le fait qu'il soit en vie ne relève pas exactement du domaine publique ! »

Un juron grossier échappa au médecin alors qu'il tirait un fil chirurgical à l'intérieur de son aiguille. Il ne savait pas exactement comment il avait retiré la balle et endigué l'hémorragie mais il avait réussi. Sally revint de la cuisine avec une serviette humide et commença à éponger le sang qui s'étalait sous la chemise du détective, que le médecin avait déchirée à la hâte. Une fois la peau albâtre débarrassée du liquide vital mais poisseux, John put commencer ses points de suture, et manifestement, se faire recoudre à vif ne devait pas être des plus agréables. Mais à part des compresses stériles et du désinfectant, il n'était pas vraiment équipé pour sauver la vie de quelqu'un et Sherlock pouvait s'estimer heureux que son colocataire ait fait l'Afghanistan.

« Il est hors de danger ? »

« Il lui faudrait une perfusion sanguine …. Mais il se remettra de toute façon... » bredouilla John.

« Je vais demander à Molly de nous fournir le nécessaire... » dit la voix blanche de Mycroft. « Je file à Barts. »

Il remit prestement son chapeau sur sa tête et sortit de l'appartement d'un pas mal assuré.

« Emmenons le sur le lit. »

Il passa les bras sous les aisselles de son ami tandis que Lestrade soulevait ses pieds et ils hissèrent Sherlock sur sa couche. Ils restèrent un instant silencieux, seulement bercés par la respiration difficile du blessé. Les mains de John se mirent alors à trembler, et sans un regard à Lestrade... Il s'entendit prononcer ces mots :

« Ai-je le droit à une explication ? Ou bien ce que le fait que mon meilleur ami ait imbibé le sol de son sang une deuxième fois ne relève pas du domaine public ? »

Grégory soupira doucement et se tourna vers lui, le sergent préféra aller nettoyer les linges qu'elle avait dans les mains.

« Je ne savais pas non plus... je vous le promets. Pas plus que Mycroft... Nous vous l'aurions dit si nous savions que Sherlock était en vie. » Il fit une pause, Watson ne le regardait toujours pas, son regard était fixé sur Sherlock, qui s'endormait petit à petit. « Quelqu'un... semblait faire le ménage. Comme nous savions qu'il restait des hommes de Moriarty en Angleterre, nous avons collaboré avec le MI-6 pour tenter de les trouver et de les retrouver et de les mettre hors d'état de nuire. Mais chaque fois que nous avions un nom, le concerné était tué ou livré à la police... ou expatrié aux États-Unis par la C.I.A... Alors nous avons cherché qui nous devançait et nous nous sommes retrouvé la semaine dernière nez à nez avec des agents d'Interpole ... Qui nous ont informé qu'ils poursuivaient un certain Moran... Et qu'ils étaient aidés par une espèce de fou furieux avec un cerveau aussi efficace qu'un ordinateur... »

Il fit une autre pause. John digéra l'info... Une semaine... Il essayait de se convaincre qu'il aurait pu se préparer à la réapparition de Sherlock s'il avait su... Mais il n'y arrivait pas. Il resta silencieux.

« Ils vous expliqueront mieux que moi ce qui c'est passé exactement... je n'ai pas tout compris mais ...Pour le moment ils doivent s'assurer que Moran est mort. Ils viendront ici ensuite. »

John acquiesça et Sally revint avec des linges propres. John les prit machinalement, se leva, retira sa chemise à Sherlock et termina de nettoyer sa gorge et son torse rougis. Ses yeux accrochèrent son visage et sa main releva quelques mèches de cheveux humides pour dégager son front et sa tempe... aucune cicatrice. Sherlock avait donc organisé son suicide, sa disparition. S'il avait réellement heurté le sol, neuf mois au par avant, son visage serait encore marqué par la blessure. Donc ce n'était pas Sherlock qu'il avait vu tomber... ou du moins pas jusqu'au bout. Il réalisa alors que de là où il était, il avait entendu le choc au sol mais lorsqu'il avait vu le corps, il était déjà par terre. Il n'avait pas vu le choc en lui-même. Sherlock lui avait demandé de rester derrière le building qui lui avait caché la scène. C'était sûrement volontaire. Mais il n'aurait pas pu réussir ce tour de passe-passe tout seul.

« Qui était au courant ? » dit il en s'asseyant sur le bord du lit

« Molly. Les agents américains nous ont dit qu'elle les avait aidé eux aussi. Apparemment elle a aidé Sherlock à disparaître. »

Molly qui était inconsolable. Molly qui ne voulait pas entendre parler de Sherlock. Molly qui quittait les pièces en courant lorsqu'on parlait de lui. Molly qui avait refusé de venir à son enterrement. Molly qui ne lui avait rien dit. John fouilla dans les poches de Sherlock et en sortit un blackberry dernier cri. Il l'alluma et se retrouva face à une demande de mot de passe. Instinctivement il essaya quelque chose de simple, trop simple pour que son ami l'utilise. « 221B ». Et le téléphone se déverrouilla sans faire d'histoire. Est-ce que Sherlock avait choisi son mot de passe lui-même ? Peu probable. Il tira la chaise du bureau près du lit et s'assit en fouillant dans la mémoire du téléphone. Rien. Il n'y avait que quelques sms sans signification pour lui, des suites de chiffres et de lettres qui devaient correspondre à un code. Puis il tenta d'entrer dans les e-mail. Un nouveau mot de passe... en six caractères. Animé par un instinct qu'il ne se connaissait pas, il se dit que si le premier avait été aussi simple, celui là devait l'être aussi. Il essaya « holmes ». Message d'erreur. Presque sans réfléchir il écrivit « Watson » dans les cases blanches. « password accepted » … il émit un rire sans joie. Il y avait quelque chose d'affreusement douloureux dans le choix de ces mots de passe et de leur facilité. Mais connaissant Sherlock Holmes, qui aurait pensé à taper des choses aussi stupides et évidentes ?

Il y avait des messages de la C.I.A principalement. D'autres, envoyés par des expéditeurs inconnus et qui étaient codés. Enfin, il trouva les messages de Molly. De longs messages... Qui racontait tout ce qui se passait à Londres. Une ou deux lignes sur les gens de Scotland Yard, une ou deux autres sur elle. Puis des paragraphes entiers sur John. Ce qu'il faisait, comment il allait, ses observations sur le retour de sa claudication. Il apprit même qu'elle avait parlé avec Sarah, et que les deux femmes s'échangeaient régulièrement des messages à propos de lui. Elle lui faisait part du désespoir qui l'animait, le suppliait de révéler à son meilleur ami qu'il était vivant. « Je sais que tu ne peux pas faire ça, mais ce n'est pas juste ! Il a le droit de savoir ! » écrivait-elle. Il chercha les réponses de Sherlock mais ne trouva rien, même dans l'onglet des messages supprimés. Il soupira et mit le téléphone dans sa poche. Sa tête entre les mains, John ne savait plus quoi penser.

Des voix qu'il ne connaissait pas résonnèrent dans la cage d'escalier.

« Moran est mort, Mlle Hooper est restée à la morgue pour constater son décès. Il l'a eut. Une balle dans la hanche. Il est tout simplement tombé dans la Tamise. On l'a retrouvé quelques dizaines de mètres plus loin, il essayait de s'extirper de l'eau. Nous avons attendu qu'il soit sur la berge et nous l'avons achevé. »

« Radical... »

« Effectivement. Je crois que quelqu'un là haut attend une transfusion sanguine, Mr Holmes. »

Il y eut un silence puis Mycroft monta les marches d'un pas lourd et précipité, avant d'apparaître dans la chambre. John prit la perfusion et retourna le bras que Sherlock face contre le plafond. Ce qu'il fit le fit bloquer. Visiblement, il n'était pas le seul à piquer ce bras... Elles n'étaient pas quotidiennes manifestement, mais elles étaient assez nombreuses tout de même. Son regard dévia sur un énorme hématome sur ses côtes, les bosses irrégulières suggéraient qu'il y en avait plusieurs de cassées et rien n'avait été soigné. D'autres marques, qui avaient virées au jaune, sur son estomac et sur sa hanche... Jesus... qu'il était maigre... Sherlock n'avait jamais beaucoup mangé... mais présentement, il ressemblait fâcheusement à un cadavre... John repoussa cette pensée et s'appliqua à mettre la perfusion en place. A vue d'œil, Sherlock avait dû perdre une dizaine de kilos. Il se retourna vers la porte de la chambre, deux gars en costard, à l'allure sévère, l'observait avec respect.

« Docteur John Watson, je suppose. »

« …. vous êtes ? »

« Billy Crow et Patrick Wilson. Interpole. Nous avons beaucoup entendu parler de vous au cours des six derniers mois. »

« Ah oui ? » son ton était un peu raide, il en avait conscience mais il s'en fichait.

« Si vous aviez le nombre de fois où nous nous sommes fait traités d'imbéciles juste avant d'entendre que si vous étiez là nos affaires iraient dix fois plus vite.»

« Étonnant... » Il eut un rire jaune.

« Les explications attendront demain matin, vous êtes épuisé … Pouvons nous rester ici pour la nuit ? »

« Faites ce que vous voulez... »

Il s'assit près du lit, tirant la chaise si près que ses genoux touchaient le matelas. Il écouta ses « invités » quitter la pièce et fermer la porte derrière eux. Dans un mouvement machinal, il remonta le draps pour couvrir Sherlock. Pour la deuxième fois en quelques heures... John s'assoupit dans la chambre de Sherlock.