Avant-propos : Kirua et Ging se rencontrent ici, et la tension est à son comble.
Réécriture effectuée aussi.
Enjoy ! ~
Chapitre 2 : Secret
Depuis que Gon avait été placé dans la chambre d'hôpital, Kirua était resté avachi contre le mur, le regard vide. Aucune parole ni aucun geste ne pouvait le réconforter. Personne ne parvenait à le faire ne serait-ce que frissonner. Le garçon arrogant d'autrefois n'était plus qu'une carcasse dénuée d'émotion.
Il refusait d'y croire. Croire que son meilleur ami avait bel et bien l'intention de partir sans lui. De le laisser à l'arrière, comme s'il n'était rien d'autre qu'un jouet désormais inutile. Toutes les aventures qu'ils avaient pu vivre, toute l'expérience accumulée jusqu'à présent, tous les moments de joie et de peine, tout ceci fut balayé d'un revers de la main. À cause d'une erreur stupide, qui aurait pu être évitée s'ils avaient fait preuve de davantage de prudence.
Kirua en voulait à Kaito de s'être sacrifié pour les sauver. Et il s'en voulait de l'avoir écouté en fuyant avec Gon. Sa couardise était responsable du craquage psychologique de son meilleur ami. Cependant, ce n'était pas ce qu'il le blessait le plus. Kirua avait espéré que Gon accepterait son aide, sa présence. Qu'il le laisserait combattre à ses côtés. Mais son égoisme avait repris le dessus sur leur amitié, une fois encore.
Son acte suicidaire, Kirua le considérait comme une trahison. Malgré tout, il aimait toujours Gon. Cet îlien surenjoué qui n'abandonnait jamais. Son premier ami. Et en réfléchissant, Kirua comprenait un peu mieux la souffrance que celui-ci avait pu ressentir. La douleur de perdre un être cher, de voir ce dernier perdre la raison, de se retrouver impuissant face à sa propre faiblesse.
Kirua visualisait encore la scène. Ce petit garçon se transformant en géant monstrueux, les larmes qui coulaient sur ses joues, cette lumière intense et brûlante, et ses paroles, « c'est fini, Kirua ». Il ignorait comment sa conscience n'avait pas succombé à la folie en voyant une scène pareille. En voyant son soleil exploser sous ses yeux.
Toutefois, tout n'était pas perdu. Gon pouvait encore être sauvé. Et Kirua s'en chargerait, dans le but d'avoir des excuses de sa part. Qu'importe si Gon ne regrettait pas ses actes, et qu'importe s'il ne l'aimait pas. Il n'aurait d'autres choix que de se faire pardonner, quitte à devoir y être contraint. Kirua était lui aussi capable de se montrer tout aussi borné que son meilleur ami.
Il ferait en sorte que la naine noire brillerait de nouveau.
Une volonté ardente poussa Kirua à se relever et à se rapprocher de la grande vitre. Il colla sa tête contre le verre. Une lueur emplie de détermination brillait dans son regard bleuté. Oui, il allait le faire. Car Gon restait son ami, et jamais il ne se permettrait de l'abandonner.
Perdu dans ses pensées, il ne put éviter une aura hostile qui le frappa sans crier gare. Il recula d'un pas, prêt à se défendre. Cela provenait de la chambre de Gon.
Sans plus tarder, un homme d'une trentaine d'année sortit de la pièce, l'air sérieux. Ses yeux s'écarquillèrent. La tenue proche d'un nomade du désert de l'homme ressemblait à celle du type qu'il avait aperçu sur une photo que Gon lui avait montré. L'étranger le regardait d'un oeil sévère. Ses pupilles noisettes lui rappelaient ceux de son meilleur ami, en plus sombre.
Avant de pouvoir poser la moindre question, une vague de nen le traversa. Son coeur faillit s'arrêter. Tout son être se retrouva paralysé en un instant. Il pouvait sentir sa peau être tiraillée de toute part. Kirua comprit le message. Le moindre mouvement et plus jamais il n'aurait l'occasion de sauver son meilleur ami.
« Tu es un ami de Gon, n'est-ce pas. »
Le ton glacial laissait à penser qu'il ne s'agissait pas d'une question.
« Explique-moi tout. Que s'est-il passé une fois que vous avez rencontré Kaito ?
Le Zoldyck ne répondit pas immédiatement. Il ravala sa salive, puis dit d'une voix stoïque :
- Vous êtes le père de Gon, non ? Je croyais que vous ne vouliez pas le voir.
- Réponds à ma question.
- Huh ! On s'est fait attaquer par une chimère, puis il s'est sacrifié pour nous sauver. Gon n'a pas supporté.
Kirua s'efforçait de préserver son calme. Au fond de lui, le chagrin le rongeait. Il désirait hurler et fondre en larme. La tension insoutenable n'arrangeait pas la situation.
- Pourquoi tu es encore en vie ?
Cette question blessa Kirua, bien plus qu'il ne le pensait.
- Je... Je sais pas. Gon voulait... il s'arrêta un instant, Gon voulait s'en charger seul.
- Et tu l'as laissé faire ?
- Je suis arrivé trop tard...
Kirua morda ses lèvres. Ses yeux commençaient à piquer. Il allait craquer.
Avant que Ging n'en rajouta une couche, Kirua hurla :
- Tout est de ma faute ! On était trop faibl- j'ai rien pu faire ! Il cogna la vitre, la fracturant légèrement. Cette saloperie l'a tué merde !
Kirua réprima un sanglot. Tout de suite après sa petite pause, il continua et laissa s'exprimer sa frustration :
- QU'EST-CE QUE TU VEUX À GON ESPÈCE D'ENFOIRÉ ! QU'EST-CE QUE KAITO À AVOIR AVEC TOUT ÇA ? RIEN NE T'EMPÊCHAIT DE TE MONTRER !
Toute sa haine à l'égard de cet homme irresponsable pouvait se lire sur son visage. Son regard d'assassin brûlait d'amertume. Il était prêt à lui arracher le cœur, tout comme Gon avait arraché le sien.
Malgré l'état du Zoldyck, le double hunter ne broncha pas. Kirua reprit son calme, puis continua :
- Gon n'a peut-être pas votre niveau, mais ça veut pas dire qu'il est faible pour autant.
- Vous aviez l'intention de mourir ?
Une sensation de malaise s'empara de Kirua. Ging ignorait la plupart des remarques qu'il faisait. Comme s'il ne l'entendait pas, ou plutôt comme s'il n'entendait que ce qu'il voulait. L'attitude du hunter ramena à la surface des souvenirs d'un Gon distant et glacial face à Pito, prêt à tuer une innocente pour sauver Kaito.
- Qu'est-ce que ça peut vous foutre.
Ging se rapprocha de lui, et posa sa main sur son épaule. Un frisson traversa Kirua. Son expression figée le dérangeait. Il avait un mauvais pressentiment.
- Tu avais réellement l'intention de laisser ton ami mourir ?
Le Zoldyck se sentait mal à l'aise. Cette sensation de déjà-vu le troublait énormément. Ce regard perçant, empli de rage, le sondait au plus profond de son être. Il s'attendait presque à entendre un « ça doit être bien de pouvoir garder son calme quand on est pas concerné, n'est-ce pas Kirua ? ». Comme si cet homme n'était ni plus ni moins qu'une version adulte de Gon. Un alter-ego qui lui reprochait de l'avoir abandonné.
- Non, je... »
Son corps tremblait sans qu'il en eut conscience. Il savait que sa réponse n'allait pas plaire à l'homme.
Kirua n'avait jamais voulu voir Gon mourir. Ce dernier était complètement détruit après avoir vu Kaito à l'état zombifié. Il désirait seulement se venger de l'horreur que son ami avait pu subir. Du moins, c'était ce que pensait la majorité de leur compagnon de guerre. Mais Kirua avait compris que Gon culpabilisait au point de vouloir rejoindre Kaito si jamais il échouait à le sauver. Et puisqu'il avait remarqué que Kaito n'était plus de ce monde depuis le début, il savait qu'il allait mourir. Et personne n'aurait pu l'en empêcher. Alors, secrètement, dans un coin de sa tête, il se persuada de partir avec lui. Et il espérait que Gon aurait compris le message et le laisserait disparaître à ses côtés.
Malheureusement, l'histoire fut différente une fois le moment venu. Gon l'avait mis en retrait. Donc, juste pour se venger, il décida de vivre et de le sauver.
Kirua ne termina pas sa phrase. Ging approcha alors son visage près du sien. Ce dernier ne voyait plus un homme en face de lui, mais une ombre noire aux orbites blanches. Un flash le traversa.
Le Zoldyck se souvint des histoires effrayantes que lui racontait Gotoh avant de s'endormir. Notamment une concernant un des monstres qui le terrorisaient le plus, celle du croque mitaine, « si tu n'obéis pas, il te mangera. Et il mangera tout ce que tu aimes ». Dans son imaginaire, la seule créature capable de tuer toute sa famille, tellement terrifiante que même Gotoh semblait mal à l'aise quand il la mentionnait.
Et cette chose était juste sous ses yeux. Le croque mitaine.
Par instinct, il lui donna un coup de poing au visage, se libérant de son emprise, et recula le plus loin possible.
Sa respiration était haletante. Il se pinça fortement le cou, dans le but de récupérer ses esprits. Cela ne devait être qu'une hallucination, puisque Ging avait repris (ou plutôt avait toujours eu) son apparence originelle.
« Bordel, mais qu'est-ce que c'était qu'ça ? »
Le croque mitaine n'existait pas, et Ging ne pouvait pas incarner cette créature. Les Freecss n'étaient pas lié à cette légende. Gon, aussi étrange était-il, n'avait rien à voir avec ceci. Kirua se trouva stupide sur le coup. Il se faisait tout simplement manipuler.
« Ne le prends pas comme ça, il plaça sa main là où Kirua l'avait frappé, tu ne dois jamais laisser un ami mourir. Surtout pour une raison aussi stupide.
Kirua le regardait avec méfiance. Ging essayait-il de lui faire passer un message ? Ou le traumatisme provoqué par l'auto destruction de Gon était si fort qu'il empiétait sur sa santé mentale ? En tout cas, le malaise ne l'avait pas quitté.
- Tu peux sauver, Gon, n'est-ce pas ? Alors ne perds pas de temps et vas-y.
Le concerné le fixait avec de grand yeux. Ging était-il au courant du secret des Zoldyck ? Impossible, seuls les membres de sa famille ainsi que les majordomes le connaissaient. Ce n'était pas le genre d'information à pouvoir fuiter. De peur d'attiser sa curiosité ou de confirmer ses soupçons, il joua le jeu :
- Évidemment que je peux le sauver ! Je sais pas comment encore, mais j'vais bien trouver !
- Tu n'as pas intérêt à échouer, sa voix se fit de nouveau menaçante, puis s'adoucit, je crois en toi.
Sans en ajouter davantage, Ging partit dans la direction opposée. Kirua frissonna. Non seulement cet homme se montrait farfelu, mais en plus il en savait trop. Il était dangereux, trop dangereux. Tout comme Gon. Au moment où le Zoldyck allait lui poser la question fatidique, Ging disparut complètement. Il se retrouvait incapable de sentir sa présence. L'étrangeté était visiblement génétique chez les Freecss.
Cela signifiait-il que le père de Gon était de son côté et pourrait être susceptible de l'aider si la situation tournerait mal ? Kirua l'ignorait, mais il s'était déjà fixé cet objectif avant sa rencontre avec lui.
C'était donc avec détermination qu'il s'en alla remplir son devoir.
Tiens le coup Gon, j'vais te sauver. Et je t'obligerais à t'excuser !
Alors, qu'en pensez-vous ? Les choses sérieuses vont pas tarder à commencer !
