Chapitre II.
Ulfric Sombrage s'éveilla en sursaut et mit plusieurs minutes à se souvenir de l'endroit où il se trouvait. Il s'assit dans son lit, de la sueur perlant sur son front. Toujours la même rengaine, le même cauchemar. Tullius trouvant une force sans précédent, écrasant mille soldats à lui tout seul, et le tuant lui même d'un seul revers de main. Il n'était pas homme à s'émouvoir pour si peu, mais ce cauchemar était le plus éprouvant qu'il ait jamais connu.
Il décida de se lever, les jambes tremblantes. Il s'avança vers le récipient rempli d'eau sur sa commode et s'aspergea le visage. Du coin de l'oeil, il aperçut une lueur dorée tourbillonner. Il releva la tête rapidement, renversant le bassin d'eau par la même occasion, juste à temps pour voir la lueur dorée s'évaporer. Il s'assit sur son lit et frotta ses yeux d'une main lasse. S'il commençait à avoir des hallucinations, il devrait sérieusement s'inquiéter.
Une demie-heure plus tard, habillé de pied en cap et installé sur son trône, il écoutait Jorleif faire son rapport sur la situation à Vendeaume sans vraiment s'y intéresser. Galmar, son fidèle lieutenant, se rendait compte qu'il regardait le sol plus que de raison et fit un signe au chambellan qu'il valait mieux qu'il s'arrête. Tandis que Jorleif se retirait, Galmar s'approcha d'Ulfric et le saisit par les épaules.
« Eh bien, mon Jarl, que vous arrive-t-il ? Vous étiez bien plus actif il y a une semaine.
- Je n'en sais rien Galmar.. Toujours ces cauchemars, et voilà qu'en plus j'ai des hallucinations.. Je n'en peux vraiment plus, et ce n'est pas bon pour la guerre, soupira Ulfric en prenant sa tête entre ses mains.
- Vous en faîtes trop Ulfric, la dernière bataille envers les Impériaux vous a épuisé, et vous n'avez pas arrêté ensuite.
- Et que puis-je faire d'autre ? Je suis un meneur d'hommes, Galmar, je commande le destin de milliers d'hommes. Je ne peux m'arrêter parce que je suis.. fatigué, termina Ulfric avec répugnance.
- Il n'empêche que si vous mourez à la tâche, ça n'aura pas servi à grand-chose. Balgruuf nous nargue depuis trop longtemps et il est temps de prendre sa ville, mais dans votre état je ne voulais pas déplacer le combat..
- Ce qu'il nous faudrait c'est.. de l'aide. Depuis que l'Enfant de Dragon a rejoint les Impériaux ils sont de plus en plus féroces..
- Exactement, de l'aide. Simplement, à part une aide de tout les Aedra.. Bon, je rassemble les hommes et nous nous mettons en route vers Blancherive. »
Galmar frappa sa poitrine avec le poing en signe de salut, et partit vers la caserne. Ulfric resta un moment immobile, puis s'effondra sur son trône de pierre.
Analia s'avança vers le portail menant droit sur Tamriel que Shor avait érigé en son honneur. Elle soupira, puis, avec un dernier regard noir au maître des morts et à son compagnon d'armes Ys', elle sauta.
Une longue chute l'attendit, dans le noir le plus complet, puis la sensation de mortalité s'insinua de nouveau en elle. Elle sentit de nouveau ses muscles, ses battements de cœur, et finit par atterrir.. dans une toundra glacée, la tête dans la neige.
Pestant contre l'accueil un poil glacial qui lui était réservée, elle observa les alentours. A moins de 30 m, une écurie avec un chariot posté devant et des escaliers menant dieu sait où lui faisaient face. De loin, les hauts remparts de la ville lui semblèrent vaguement familier, et elle s'avança vers les escaliers.
Le blizzard dans le visage, elle s'arrêta devant un garde qui l'observa avec un intérêt limité. Elle s'éclaircit la gorge et demanda :
« Bonjour mon brave. Dans quelle ville sommes-nous s'il vous plaît ?
- Vous êtes à Vendeaume madame, répondit le garde sans excès de zèle.
- Ah.. Et en quelle année sommes-nous ?
Le garde l'observa un moment, se demandant si elle se payait sa tête ou pas. Puis, voyant qu'elle ne plaisantait pas, il répondit, avec quelques notes d'inquiétude dans la voix :
- En.. l'an 201 de l'ère Quatrième, madame.
Analia ne cacha pas sa surprise. Elle était morte exactement à la même date, en l'ère Troisième. Ceci dit, sa mort ne valait plus grand chose, vu que Shor s'était littéralement assis dessus en l'obligeant à retourner sur Nirn.
- Je vous remercie mon brave..., murmura-t-elle en s'avançant vers l'immense double porte. »
Elle entendit vaguement le garde dire une réponse, puis elle se glissa dans l'entrebaillement des portes.
A peine arrivée à Vendeaume, elle fut assaillie par des cris qu'échangeaient deux hommes et une elfe noire. Analia préféra passer son chemin, et s'enfuit en courant plus loin dans la ville. Elle découvrait la cité avec des yeux grands ouverts, s'arrêtant admirer un reflet du soleil dans une vitre, un bouquet de fleurs des champs fleurissant entre les pavés, tant et si bien qu'elle finit par se prendre quelqu'un de plein fouet. Elle ressentit une horrible douleur lorsqu'elle atterrit sur son fondement.
« Oh pardon ma p'tite dame, je vous avais pas vu ! »
Elle se sentit relevée par deux grosses mains puissantes et l'instant d'après elle se trouvait en face de l'homme le plus charmant qu'elle n'ait jamais connu.
« Vous ne vous êtes pas fait mal au moins ? Demanda-t-il. Je suis le Capitaine Vendermite, je suis un ancien marin de Vendeaume. Et vous êtes ?
- Je.. Analia. Je m'appelle Analia.
- Hmf, joli. Et qu'est-ce qui vous amène à Vendeaume ?
- Je... je dois rencontrer Ulfric Sombrage. Vous savez où il peut être ?
L'ancien marin partit d'un grand rire et tout en se tapant sur les cuisses, il désigna l'immense bâtiment qui occupait le fond de la cité.
- Il n'y a qu'un seul endroit où vous pourriez le trouver ; c'est le jarl mam'zelle, il ne va pas se promener avec la plèbe ! »
Puis, tout en continuant de rire, il s'éloigna. Analia resta interdite un moment, puis soupira et continua sa course vers ce fameux palais. Elle passa en courant devant les quelques gardes en fonction et poussa le battant de la porte ouvragée qui donnait accès au palais.
Une fois à l'intérieur, ses oreilles bourdonnèrent légèrement car l'agitation de la ville avait laissé place à un silence pesant. Elle se concentra légèrement, reprit sa forme sovngardienne et ce faisant devint invisible aux yeux mortels, beaucoup plus pratique pour une telle mission.
Analia explora le palais en long, en large et en travers, et finit par tomber sur la chambre du fameux Ulfric Sombrage, qui était en train d'observer une carte de la contrée. L'envoyée de Sovngarde soupira, et se matérialisa aux yeux des mortels, ce qui ne fit pas plus réagir Ulfric que si elle avait éternué. Elle leva les yeux au ciel, et toussota, faisant faire un bond au chef Sombrage.
« Qui est là ?! S'écria-t-il en se retournant. Qui êtes-vous ?
- Minute papillon, prend le temps de respirer. Je suis Analia, ancienne guerrière du 3ème Âge nouvellement ressuscitée pour te servir de chaperon. Et toi, tu es Ulfric Sombrage, ajouta la jeune femme en le pointant du doigt, son aura dorée l'entourant d'une manière aveuglante.
- Quoi ? Vous me faîtes une blague ? Vous savez ce qu'il en coûte de vous payer la tête d'un jarl ?
- Crois-moi, je viens de me farcir un retour à la vie vitesse grand v, si jamais j'avais un seul moment où je n'avais aucune envie de faire de l'humour, c'est bien maintenant, dit-elle en perdant son sourire.
- Et comment pourrais-je vous croire.. Analia?
- Dieu que les mortels sont devenus suspicieux en un âge, soupira Analia en sautant de la commode où elle s'était assise.
- Peut-être que nous sommes suspicieux, mais nous ne sommes certainement pas attardés au point de croire la première illuminée venue ! Maintenant, cessez cette plaisanterie et sortez de ma chambre, et accessoirement sortez de ma ville ! Hurla-t-il en montrant la porte d'un geste large.
- Je ne peux pas, tant que ma mission ici n'est pas terminée, souffla Analia.
- Les dieux de Sovngarde me haïssent-ils donc tellement pour avoir envoyé une gamine pour me secourir ? Railla Ulfric.»
Il y eut un mouvement sec, un immense bruit de mâchoire brisée et Ulfric se retrouva par terre, sous le choc du coup de poing qu'Analia venait de lui administrer. Il se releva avec difficulté, dû à son extrême fatigue et à la puissance du coup. Il la fixa avec des yeux ronds, incapable d'articuler quelque chose. Voyant l'efficacité de son traitement, le fantôme croisa les bras, et regarda Ulfric s'asseoir.
« Alors écoute mon petit bonhomme, on va la jouer cartes sur table. J'étais peinarde sur mon banc en Sovngarde, je n'avais plus à me soucier des misérables petits aléas de la vie mortelle ! Et il a fallu qu'on me désigne comme .. NOURRICE pour aider un pauvre bonhomme incapable de gérer sa vie tout seul comme un grand ! Alors si en plus, cet homme en question me renvoie chier, ça va pas aller DU TOUT ! Déblatéra Analia, en colère.
Ulfric se releva d'un bond, croisa les bras et s'avança d'un air menaçant. Il ne s'arrêta que lorsqu'il fût à deux centimètres du visage d'Analia, qui tressaillit imperceptiblement.
- Je ne me laisserais pas faire par une femme à peine sortie de l'enfance, gronda le jarl.
- Pourtant, il va bien falloir, répliqua la jeune femme avec un sourire en coin.
- Comment pourriez-vous m'aider, vous n'y connaissez rien en arts de guerre !
- Si je résidais au Panthéon de Shor, il va s'en dire que j'étais une guerrière, résidu de draugr !
- Ah oui ? Et comment êtes-vous morte ? En vous tordant le genou sur une marche d'escalier? »
Les deux protagonistes continuèrent inlassablement leur dispute jusqu'à ce qu'ils aient épuisés tout les arguments possibles et imaginables. A la fin de l'échange, Ulfric se recula et observa de haut en bas la revenante, qui fit de même, et soupira.
« Je te propose quelque chose. Je te laisse faire ta « mission », à savoir m'aider, et en échange je ne te conteste absolument pas. Comme ça, tu retourneras en Sovngarde le plus rapidement, et on sera tout les deux soulagés. Qu'en dis-tu ?
- J'en dis que je ne suis pas totalement sûre que tu ne me contesteras pas, mais allons-y. »
Ils se serrèrent la main en bonne et due forme, quand la porte de la pièce s'ouvrit à la volée.
« Ulfric ! Il faut que.. Qu'est-ce que vous foutez avec cette gamine au juste ? »
Voilà voilà, ce chapitre II.. peu d'inspiration je l'avoue, j'essaierais de m'améliorer ^^.
Sinon, n'hésitez pas à reviewer, ça fait toujours plaisir de voir que ça intéresse quelques personnes :).De toute façon si vous ne reviewez pas, je viendrais chez vous, et je vous ferais la tête du Chat Potté : A_A.
Non plus sérieusement, je ne vais pas m'amuser à me balader aux quatre coins de la France ^-^.
Enfin bref, j'espère que ce chapitre vous aura plu, et le 3ème bientôt ! :D
