Auteur : kitsu34
Origine : Saint Seiya
Genre : Yaoi, bien sûr
Couple : Aiolia x Milo et Milo x Camus
Disclaimer : rien à moi, malgré beaucoup de caprices…
Réminiscence
Chapitre 2
« -Ca ne te dérange pas, tout ça ? »
Il avait réussi à modérer le son de sa voix, à la rendre presque machinale. Comme la voix de quelqu'un qui fait la conversation. Casuelle. Désintéressée.
Il désigna d'un vague mouvement de tête ennuyé l'essaim de filles qui tournait autour de Milo, le visage levé et les yeux adorateurs.
Evidemment que ça devait le déranger. Forcément. C'est juste qu'il ne le montrait pas. Qu'il faisait si bien semblant de rien, comme à son habitude. Aiolia n'avait jamais rien pu lire dans ses yeux, comme s'ils n'étaient qu'une façade, un paravent sans fond.
Décidément, il ne l'aimait pas.
Son regard se perdit sur les chevelures brunes, blondes et châtaines qui se pressaient autour de son meilleur ami. Etonnant comme Milo, où qu'il aille, avait toujours réussi à attirer immédiatement l'attention et l'affection de tout le monde. Comme une évidence.
« -Je ne sais pas comment tu fais. Moi, je ne pourrais pas supporter ces greluches. »
Un frémissement de l'air imperceptible pour tout autre que pour un aspirant chevalier d'or le fit se retourner vers son compagnon. Il croisa deux yeux sombres, de cette teinte rougeoyante si particulière que prend la roche tourmentée par le souffle brûlant des entrailles de la terre lorsqu'elle refroidit.
La réponse fusa, sur un ton bas, calme, rendue presque dangereuse par la douceur de la voix.
« -Mais tu n'as rien à supporter. Cela n'a rien à voir avec toi. Ou avec moi d'ailleurs. Ta remarque n'a pas lieu d'être. Milo est notre ami. Notre ami. Rien d'autre. »
Aiolia sentit comme une vague glacée le parcourir. Comme une gifle froide que lui aurait assenée l'autre. Comment pouvait-il parler de Milo ainsi ? Comment pouvait-il avoir aussi peu de sensibilité ? Etait-il seulement humain, ce… cet espèce de… de… Il ne trouvait même plus ses mots, trop choqué pour réfléchir posément.
« -Camuuus ! Aioliaaa ! Pfiouuu ! J'ai bien cru ne jamais me débarrasser d'elles ! Quelle barbe, ces touristes, je vous jure. Photo, please, photo, please, franchement, j'ai une tronche de Grec local ou quoi ? Pourquoi tu te marres , Aio ? Bon, on va manger ? J'ai faim ! »
Le sourire d'Aiolia, heureux d'avoir retrouvé son ami, se figea soudain, puis s'affadit et s'effrita. Milo, parti en avant, comme un jeune chien fou gambadant et faisant le pitre, venait de se retourner en souriant. Sur l'avenue Syntagma, au milieu de la foule pressée des citadins en costume sombre, il se détachait à contre-jour, à l'angle de la rue Hermès.
La lumière vibrante de midi incendiait sa chevelure blonde, donnant à ses boucles le relief et la profondeur de celles des statues antiques. Il semblait couronné d'or. Par contraste, sa peau mate semblait plus sombre encore, parcourue de reflets fauves étranges, lui donnant une apparence presque animale. Mais dans ce clair-obscur ce qui frappait le plus était sans conteste ses yeux bleu turquoise. L'alliance de la lumière et de l'obscurité conférait à son regard déjà frappant en temps habituel une intensité presque anormale. Hypnotique. En cet instant, Milo avait vraiment le regard du scorpion qui fixe sa proie.
Aiolia sentit une brusque bouffée de chaleur le parcourir tandis que son rythme cardiaque s'accélérait vertigineusement. La lumière s'accentua, comme si le soleil grec irradiait autour du corps de Milo. Le temps sembla se suspendre, le mouvement s'arrêter. Il eut vaguement conscience que tous ces changements bizarres devaient venir de lui et de sa perception anormalement distendue, mais une douce euphorie s'abattit sur lui, l'empêchant de penser correctement. Il ferma lentement les yeux.
Un sentiment de joie pure l'envahit. La sensation d'être seuls au monde tous les deux. Il n'avait jamais été aussi heureux qu'en cet instant.
Pas même lorsque son frère était encore en vie. Que se passait-il donc ? Il ne comprenait pas. Mais cela n'avait aucune importance : il était si heureux !
Il était avec Milo, en jour de repos, à Athènes. Il était avec Milo ! Il rouvrit les yeux. Milo était…
…Parti ?
Aiolia secoua soudain la tête, comme quelqu'un qui se réveille brutalement. Il était seul. Milo n'était plus là. Il regarda autour de lui dans la foule, le cœur battant de plus en plus fort, d'une angoisse diffuse.
La pensée le heurta d'un coup, violente, sans prévenir.
Camus !
Il l'avait complètement oublié, celui-là. Où pouvait-il bien être passé, lui aussi ? C'était lui sans aucun doute qui avait entraîné Milo pour l'éloigner. Sans lui, jamais Milo n'aurait laissé son meilleur ami en plan comme ça, ce n'était pas du tout son genre !
Aiolia les chercha longtemps ce jour-là, mais ne les retrouva pas avant de regagner le Sanctuaire. Ils ne rentrèrent qu'au petit matin, par le premier bateau, ce qui leur valut une rude punition à tous deux. Cela ne parut pas les impressionner beaucoup ni l'un, ni l'autre et malgré les nombreuses tentatives d'explications, Aiolia ne put jamais savoir ce qui s'était réellement passé, ni qui était à l'origine de la séparation.
Mais durant le long moment de solitude qu'il avait vécu sur le bateau le ramenant seul vers l'île sacrée, il avait eut le temps de comprendre enfin ce qui s'était passé l'après-midi à Athènes. La morsure de la jalousie à la pensée que Camus était seul à l'instant même avec Milo l'avait beaucoup aidé à comprendre ce qui lui arrivait.
Il avait laissé pesamment tomber sa tête dans ses mains, abasourdi par la révélation qui se faisait jour progressivement en lui.
Il était tombé amoureux de son meilleur ami… Un frisson l'avait parcouru : il devait d'ailleurs l'être depuis longtemps déjà.
Un profond sentiment de souffrance et de désespoir s'était emparé de lui quand il avait aperçu les contreforts rocheux se dresser dans la semi pénombre du couchant.
Il avait entamé la dernière station de son calvaire.
La plus douloureuse.
OoOoOo
« Alors tu l'aimes ?
-Oui.
-Depuis longtemps ?
-Depuis que je l'ai vu, ce matin-là, il y a sept ans, quand il est arrivé au Sanctuaire. J'en ai pas cru mes yeux. J'ai cru voir un ange.
-N'importe quoi ! Il était tout petit, pour ses six ans ! En plus il pleurait, comme une fille !
-Pourquoi tu parles de lui comme ça !
-Parce que c'est vrai ! Il est pas marrant, il sourit jamais, il fait tout le temps la gueule ! Il a aucun ami, personne l'apprécie ! Pourquoi tu l'aimes, justement lui ?
-Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi lui, mais je sais que c'est lui et personne d'autre. »
OoOoOo
Aiolia baissa la tête d'un air sombre, égaré dans ses souvenirs. Son regard se perdit un instant sur les dalles luisantes et usées de l'escalier monumental. Entre les pierres blanches, polies par les siècles et les milliers de pas qui les avaient parcourues, poussaient de petites touffes d'herbes chétives. La vie s'accrochait malgré la dureté et l'hostilité du lieu. Malgré l'inutilité de la lutte. Malgré la défaite finale inéluctable.
Comme lui.
Il savait qu'il perdrait au bout du compte. En réalité, il avait perdu dès le départ, depuis ce jour où un gamin de six ans était arrivé de France pleurnichant comme une fille.
Mais il restait un chevalier, et un chevalier d'or. Il devait lutter jusqu'au bout. Jusqu'au dernier souffle.
Et puis Milo était son ami. Son précieux ami, sa moitié d'âme. Il ne pouvait continuer à le laisser errer dans sa souffrance, dans les limbes de la folie. Il se devait de le ramener.
Même s'il n'était plus pour lui… Camus était mort pourtant et malgré cela, il s'interposait encore et toujours entre eux. Déesse, qu'il le haïssait et l'enviait à la fois, celui-là ! Il lui avait tout pris… Tout ce qu'il avait jamais voulu. Milo…
Même s'il n'avait jamais pu oublier ce jour d'été à Athènes où il avait compris qu'il l'aimait et que c'était sans espoir, il le ramènerait, l'aiderait à se reconstruire, à oublier. Et s'il le fallait, il le laisserait partir loin de lui.
Après tout, c'était à ça que servaient les amis, non ?
C'était son devoir. Et il l'accomplirait.
Aiolia reprit lentement sa marche sous le soleil écrasant de la fin d'après-midi. Dans la chaleur blanche et les crissements énervants des cigales invisibles, il sentit une lourde chape appesantir progressivement ses pas. Arriverait-il seulement au huitième temple ? Ce chemin qu'il avait parcouru tant de fois lui paraissait tellement au-dessus de ses forces aujourd'hui…
Mais comme souvent lorsqu'on voudrait que le temps s'arrête, et que malgré tout l'échéance se rapproche plus vite qu'on ne le désire, Aiolia se retrouva, le cœur battant, devant la lourde porte de la maison du Scorpion. La plainte déchirante du cosmos de Milo pulsait sourdement de l'intérieur. Depuis tant de jours et de nuits passés à hurler son désespoir, il devait être épuisé. Son énergie s'effilochait et ne parvenait plus que par à-coups, par bribes.
Aiolia sentit le remords et la culpabilité s'emparer de lui. Comment avait-il pu laisser son ami souffrir de la sorte, à cause de ses états d'âme ? Un élan de compassion et d'affection le poussa vers Milo et il ouvrit la porte d'un geste décidé.
Il ne rencontra qu'une faible opposition. L'énergie du Scorpion ne se dressa contre lui qu'un bref instant pour lui défendre le passage, vite balayée par le cosmos puissamment déployé du Lion. Les yeux verts s'assombrirent de tristesse. Milo était en bien piètre état en effet, incapable de protéger l'accès de sa maison.
Aiolia se dirigea vers les appartements privés, à l'arrière, d'où il sentait pulser la faible cosmo-énergie de l'hôte des lieux. Il frémit en pénétrant dans la pièce principale, dévastée.
Les meubles étaient renversés et jonchaient le sol. Certains étaient éventrés, déchiquetés, comme le canapé, dont la matière se répandait aux quatre coins de la pièce. La vaisselle qui provenait de la cuisine était brisée un peu partout et semblait avoir été projetée contre les murs. Par la porte qui ouvrait sur la cuisine, Aiolia apercevait de la nourriture répandue à terre et la même dévastation dans la pièce adjacente. L'odeur était suffocante.
Mais ce qui l'horrifia, fut la substance brunâtre sur les murs, se dessinant en giclées de gouttelettes plus ou moins larges. Un frisson de terreur rétrospective et de douleur secoua le Lion qui s'approcha presque craintivement du mur blanchi à la chaux.
Il porta ses doigts à sa bouche pour les humidifier puis comme dans un cauchemar avança peureusement la main et la passa sur la surface maculée de taches. Ses doigts humides se détachèrent du mur, recouverts d'un liquide brun rougeâtre. Les yeux verts s'agrandirent d'horreur incrédule, fixant les doigts sales comme s'ils refusaient de les voir.
Aiolia resta un long moment immobile dans le salon dévasté à fixer sa main. Un hoquet le secoua et il poussa un rugissement soudain avant de se précipiter comme un fou dans le couloir qui menait à la chambre de Milo.
Il défonça plutôt qu'il n'ouvrit la porte, haletant, le sang battant aux tempes, sentant la colère le submerger.
Il avait voulu mourir ! Il avait voulu le quitter, lui, Aiolia, son meilleur ami ! Et pourquoi ? Pourquoi ? Un rire amer lui monta aux lèvres. Un rire dément, violent. Plutôt pour qui, n'est-ce pas ? Il avait voulu le rejoindre ! Lui ! Encore lui ! Toujours lui ! Lui ! LUI ! Il était mort, bon sang ! Quand en serait-il débarrassé ? Quand ?
Il avait voulu mourir… Le quitter, lui. Le rejoindre, lui.
Il l'aimait donc à ce point… Au point de le trahir ? A quoi bon lutter ? Il avait perdu…
Un gémissement tira Aiolia de sa torpeur. Péniblement, du lit où il était couché, Milo se redressa sur un bras. Ses yeux turquoises semblèrent avoir du mal à ajuster leur vision, puis il reconnut son ami. Aucune joie ne s'afficha sur son visage. Au contraire. Il baissa la tête, laissant la masse de ses boucles sales et emmêlées venir le dissimuler aux regards d'Aiolia.
Celui-ci sentit son cœur se serrer et sa colère, un instant retombée à la vue de son ami, flamber à nouveau. C'était injuste ! Il était vivant après tout, lui ! L'autre était mort ! Mort ! Rien ne pourrait changer ça ! Milo serait à lui, un jour. Ça prendrait le temps qu'il faudrait. Il serait patient, voilà tout.
Il était un chevalier. Il lutterait jusqu'au bout. C'était ce qu'on lui avait appris. Pourquoi n'auraient-ils pas droit au bonheur, eux aussi ? Lui et Milo. Milo avait droit au bonheur. Camus, après tout, ne lui avait fait que du mal. Il n'y avait qu'à voir l'état dans lequel se trouvait Milo à présent. C'était la faute de Camus ! Il n'avait qu'à pas l'abandonner ! Oui, parfaitement ! Il avait choisi après tout. Entre Milo et son rôle de professeur, il n'avait même pas hésité ! Comment avait-il pu ? Il avait toujours su : aucun sentiment, pas la moindre trace… Et Milo qui l'aimait tellement…
Le regard d'eau verte se durcit. Les plis de la bouche d'Aiolia, face au lit où Milo gisait, s'abaissèrent tandis que les poings du Lion se serraient et que les jointures blanchissaient sous l'effort. Il fit quelques pas en avant, résolu.
Les choses allaient changer.
Avec douceur, Aiolia s'agenouilla aux côtés de son meilleur ami et écarta quelques boucles dorées et sales du visage ravagé bien connu. Il chercha à croiser le regard bleu intense qu'il aimait tant, mais celui-ci se déroba malgré ses efforts.
Avec un soupir douloureux et un serrement de cœur, le Lion s'apprêta au combat. Heureusement, dû à l'état d'épuisement du Scorpion, la lutte fut brève. Rapidement, Milo se rendit, cessant la lutte inégale et Aiolia le traîna hors du lit jusque sous la douche.
Sans autre forme de cérémonie, avec une pointe de sadisme réjoui, le malheureux Scorpion fut jeté sous le jet d'eau froide vigoureux sans même avoir le temps d'enlever ses vêtements.
Suffoqué par le froid, aveuglé par l'eau qui lui coulait en plein visage, malmené par la poigne puissante de son ami, sa réaction ne se fit pas attendre. Milo se mit à hurler et à se débattre avec l'énergie du désespoir. Son cosmos se ranima de plus belle. Aiolia sentit deux poings solides l'étreindre aux épaules et tenter de le repousser. Il sourit largement.
Un coup de genou dans le ventre lui coupa le souffle et la pomme de douche lui échappa. Il resserra sa prise sur les avant-bras de Milo et tenta de le repousser contre le mur de la salle de bain. Mais il n'en eut pas le temps. Une jambe souple se glissa entre les siennes et le faucha net. Il se sentit tomber lourdement, mais noua ses bras autour du corps qui venait perfidement de l'envoyer au tapis pour l'entraîner dans sa chute. Ils tombèrent tous les deux, l'un sur l'autre. Aussitôt, ils luttèrent pour asseoir leur domination, puis finirent par s'immobiliser après un long moment, allongés tous les deux sur le flanc à quelques centimètres l'un de l'autre, haletants, ruisselants et hilares.
Le sourire d'Aiolia s'accentua encore, se faisant carnassier. Enfin, Milo était Milo ! Il le reconnaissait !
Leurs épaules furent pareillement parcourues de soubresauts, leurs joues se gonflèrent et les turquoises de Milo s'animèrent de paillettes d'or, tandis que le regard vert se faisait plus brillant encore. Et soudain, ce fut l'explosion. Ils se mirent à rire à gorge déployée, à rire à ne plus pouvoir s'arrêter, à rire comme pour éviter de pleurer.
Ils rirent longtemps.
Puis les secousses qui agitaient leurs corps trempés sur le carrelage froid de la salle de bain s'espacèrent.
Et ils rirent moins.
Enfin, leurs vêtements mouillés qui leur collaient à la peau les firent frissonner et les ramenèrent à la réalité.
Et ils ne rirent plus du tout.
Milo regarda Aiolia et son visage s'assombrit à nouveau. Aiolia regarda Milo et son estomac se serra douloureusement. Il lui semblait lire sur ce visage plus sombre de secondes en secondes la déception et le reproche que son ami ne disait pas : « Pourquoi est-ce toi qui es là ? Pourquoi n'est-ce pas lui ? Pourquoi est-ce toi qui es vivant et lui qui est mort ? Si seulement tu avais pu mourir à sa place ? »
Un gémissement lui échappa tandis qu'il frappait sourdement le sol du poing pour évacuer la douleur cuisante qui venait de le fouailler brusquement.
L'effleurement doux et chaud d'une main hésitante sur sa joue lui fit rouvrir les yeux. Stupéfait, il vit Milo, la main tendue, presque tendre, lui caresser le visage d'un air inquiet.
« -Qu'y a-t-il Aio ? Tu as mal quelque part ?
-Ou… Ouais. On peut dire ça.
-Hem. Pauvre chaton va ! C'est que t'es fragile, petite nature tiens ! J'y suis pourtant pas allé fort, vu mon état. Qu'est-ce que ça aurait été si j'avais été en possession de mes moyens !
-Parlons-en un peu de ton état, insecte stupide ! Qu'est-ce qui t'a pris de te mettre dans des états pareils ! Et ton appart ? Tu te rends compte de la peur que tu m'as foutue ? Tu pense franchement que ça en valait la peine. Que lui, il…
-Non Aio ! Tais-toi. Ne dis pas des choses que je ne pourrai pas te pardonner. Pas toi, je t'en prie ! J'ai besoin de toi ! Les autres, je m'en fiche. Mais pas toi. Tu comprends, n'est-ce pas ?
-Mais oui, insecte débile ! Allez, debout ! Douche-toi et habille-toi correctement parce que franchement qu'est-ce que tu chlingues ! Après on ira bouffer quelque part.
-Ca marche ! Aio ?
-Hmm ?
-Merci. Mais t'en as mis du temps. »
La porte de la douche se fermant et le bruit de l'eau qui coule évita à Aiolia une réponse difficile et honteuse. Il sortit lentement de la maison du Scorpion dans la chaleur lourde du crépuscule estival. Au loin, tellement loin qu'il se confondait avec l'horizon, le continent grec s'allumait des lumières artificielles de la nuit, tandis que le soleil se noyait dans une mer bleue orangée.
Alors seulement, protégé par l'obscurité naissante et le portique dorique de la maison imposante, le Lion laissa sa réponse s'échapper.
« C'est vrai, Milo, j'ai mis si longtemps à te répondre et à venir te trouver. Pardonne-moi. Je n'ai pas été là quand tu as eu besoin de moi. Pardonne-moi. C'est fini. Je suis là maintenant. Je serai là, dorénavant. Tu peux compter sur moi. »
Ca prendrait le temps que ça prendrait. Mais il y arriverait. Milo se reconstruirait, redeviendrait entier et heureux. Sans Camus. Il réapprendrait à sourire, à lui sourire à lui, Aiolia.
Oui. Il serait patient. Il avait le temps, après tout. Il avait toute la vie devant lui, lui.
OoOoOo
Bon, finalement, il y a un troisième chapitre, en cours de correction et de réécriture.
