Bonjour à tous et à toutes pour ceux qui me suivent encore - oui vous devez tous êtres partis - ou ceux qui me rejoignent. J'avais encore dit que ce serait un OS en deux parties... raté, j'ai encore trop écrit, et me retrouver encore avec un chapitre 2 de 20 000 mots, ce n'est pas pour moi. Donc avant de tout terminer, je vous livre le deuxième chapitre, un peu plus petit que le premier vous m'en excuserez.
Petit à petit les éléments se mettent en place et je pense que vous pouvez désormais aisément comprendre ce que trame notre cher Albus !
En attendant, merci à vous tous pour vos reviews, vos favoris, vos follows, et même vos lectures fantômes. Je ne réponds que rarement aux reviews et je m'en excuse. Déjà parce que j'ai plus tellement le temps et déjà parce qu'après longtemps, je ne sais plus à qui j'ai répondu... Mais sachez qu'elles réchauffent les coeurs, que ce soit trois mots ou un pavé, c'est extrêmement enrichissant d'avoir un contact avec vous aussi maigre soit-il.
Avant de commencer ce chapitre, j'aimerai vous dire que j'ai vieilli... WOUAH. Mon profil dit que j'ai 17 ans... maintenant j'en ai 20. Le temps passe vite. Alors ne soyez pas si choqués si le ton de cette fic parait changeant, fluctuant ou qu'importe. Il y a bien plus d'un an qui s'écoule entre le début de l'écriture et aujourd'hui. Entre temps j'ai changé, j'ai vécu des choses, je me suis apaisée. En espérant que ça ne soit pas trop choquant ou même que je ne sois pas devenue trop nulle.
Bref, arrêtons tout ce blabla ! Place au chapitre !
Bonne lecture !
Scorpius rentra exténué après ce qu'il venait de se passer dans les toilettes du deuxième étage. Quelques traces de sang jonchaient ses affaires et il avait un teint à faire peur les fantômes de l'école. Il ne dit bonsoir à personne, même à ceux qui lui faisaient quelques petits signes discrets, il avait juste envie de rentrer dans sa chambre de préfet et de s'y enfermer jusqu'au lendemain matin. Il traversa rapidement la porte, balança ses affaires dans la chambre, enfouit sa tête dans son oreiller avant de se rappeler que le livre de son père était fragile.
Il voulut se relever rapidement avant de se stopper immédiatement quand il vit la personne qui tenait son sac dans les mains. Les petites mains avaient délicatement déboutonné le sac magique et avait sorti le livre poussiéreux. Elle posa le sac sur le côté et s'approcha doucement du lit sans faire un bruit. Scorpius la laissa effectuer son petit manège. Elle avait le droit de toucher à ses affaires, elle avait le droit de se retrouver dans sa chambre sans qu'il le sache, elle avait le droit de s'approcher de son lit comme elle le faisait maintenant.
Quand elle s'assit enfin à sa hauteur, il put voir ce visage qu'il appréciait tant. Lily Potter. Des cheveux roux à tomber par terre, un visage triangulaire hérité de sa mère, des yeux marron cadeaux de sa grand-mère maternelle. Elle n'avait pas grand-chose à voir les Potter, elle avait principalement hérité des traits physiques des Weasley. Même son caractère enflammé, elle l'avait directement pris de sa mère. Mais sa magie, sa douce et tendre magie, tous les professeurs s'accordaient à dire qu'elle l'avait héritée de sa grand-mère paternelle. Un don, un cadeau de son père qui faisait d'elle une des meilleures élèves de l'école.
Avec son petit sourire espiègle, elle souffla franchement sur la couverture qui laissa apparaître son titre. « Potions et Sortilèges, Asphodèle Bacchus » Elle fit une petite moue qui fit craquer le blond devant elle, même s'il se sentait honteux. Tout le monde connaissait ce potionniste de génie, qui n'avait pas inventé que des potions pouvant servir le bien. Elle soupira et posa le livre sur le côté avant de le regarder droit dans les yeux.
« J'ai toujours été très respectueuse de ta vie privée, Scorpius. Tu es un Serpentard particulièrement indépendant, qui a besoin de son espace intime, mais depuis quelques temps, tu m'inquiètes. J'aurai pu attendre que tu m'en parles directement, mais mon frère m'inquiète aussi. Et là je ne peux supporter de penser mon frère en danger » dit-elle d'une voix sobre et posée.
Les yeux chocolat brillaient d'inquiétude pour les deux hommes de sa vie. Scorpius ferma vigoureusement ses yeux pour chasser ses dernières larmes. Il avait promis à Albus de ne dire à personne ce qu'il préparait et encore moins à sa petite sœur qu'il voulait inquiéter le moins du monde. Ca partait mal, cette gamine insupportable avait un instinct redoutable. Surtout pour les gens qu'elle aimait. Le blond cendré posa délicatement sa main sur la joue de sa compagne, la caressa avec la pulpe de son pouce comme pour tenter de la rassurer.
Lily posa sa main à son tour sur la main blanche diaphane. Elle savait très bien que son petit ami lui cachait quelque chose, et elle savait également que s'il le faisait c'était parce que c'était par nécessité. Il avait toujours tout partagé avec elle, depuis qu'elle était devenue sa protégée lors de sa première année. A l'époque Scorpius était alors en deuxième année et venait de rencontrer son frère. Elle les regardait de loin devenir de plus en plus proche, lorsqu'un jour certains Serpentard de première année décidèrent de la coincer dans un coin, parce qu'il était amusant de martyriser la plus jeune enfant des Potter. Scorpius était intervenu à temps pour la sortir de ce pétrin. Elle l'avait alors tendrement remercié ce jour-là, un peu impressionné de voir en chair et en os, le fameux sang pur de la maison Malfoy. Scorpius pour seul réponse à son remerciement, lui avait dit de remercier son frère, parce que s'ils n'étaient pas amis aujourd'hui il n'aurait jamais fait attention à elle.
Quelques années plus tard, Scorpius lui avait avoué le mensonge éhonté qu'il lui avait dit ce fameux après-midi, il l'avait trouvée magnifique la première fois où il avait croisé son regard praline. Mais il avait également avoué que si Albus ne l'avait pas aidé, il n'aurait surement pas eu le courage de venir la sortir de là. Leur relation un peu plus amicale avait débuté suite à cette conversation à cœurs ouverts. Et aujourd'hui, ils se retrouvaient dans la même chambre, plus amoureux que jamais. Ils se connaissaient quasi par cœur, elle arrivait à lire dans son regard la profonde détresse qu'il essayait de cacher.
Il portait sur ses paroles sa douleur mais aussi la douleur de quelqu'un d'autre. Elle savait aussi très bien qu'il ne lui dira jamais rien, toujours et encore pour la protéger. Comme si elle était encore une enfant, incapable de vivre des moments douloureux. Elle décida que cette fois-ci, il n'en serait pas ainsi. Que cette fois-ci, c'est elle qui protégerait Albus et Scorpius, peu importe ce qui était en train de réellement se passer.
Comme pour changer de sujet et pour montrer à Scorpius qu'elle ne chercherait pas à en savoir plus, elle se pencha vers les lèvres de son bien aimé et les embrassa tendrement. Scorpius remercia Lily de le laisser tranquille pour ce soir. Pourtant il avait envie de lui expliquer, au moins à elle, il voulait lui expliquer à quel point c'était dur de mener à cette issue son meilleur ami, de voir son sang couler à travers le carrelage du deuxième étage.
Lily et Scorpius passèrent la soirée à parler d'autre chose, des Aspic's qui approchaient mais aussi de la fête que préparait le Ministère à Poudlard pour fêter la Victoire. Le 2 mai, une grande fête se déroulera à Poudlard. Elève, enseignants, parents et Ministère seront conviés à cette soirée. Leur conversation dérivaient sur d'autre chose, Lily avait toujours cette aisance à parler de tout et n'importe quoi. Elle arrivait à distraire sans trop de difficulté Scorpius, si bien qu'à force de parler, il finit par tomber de fatigue après toutes les émotions subies quelques heures plus tôt.
Lily ricana à la vue de son petit ami qui n'en menait pas large. Où était passé l'arrogance et la classe du Serpentard ? Elle était bien loin. Elle appréciait particulièrement le fait qu'il s'autorisait ce genre de comportement seulement avec elle. Elle attrapa tant bien que mal ses épaules pour le remettre correctement dans son lit, quand elle remarqua quelque chose d'étrange sur les manches de sa robe. De profuses taches rouges imbibaient tout l'ourlet. Elle approcha son doigt tremblant dessus, toucha et n'eut aucun mal à reconnaitre la texture du sang séché.
Elle eut soudain envie de vomir. Prise de panique, elle retourna dans tout les sens le corps de son compagnon en faisant attention de ne pas le réveiller. Aucune trace d'éraflure, même de coupure qui pouvait avoir été refermée avec de la magie. A qui pouvait bien appartenir ce sang ? Elle se rappela le livre qu'elle avait pris du sac de Scorpius – on ne se balade souvent avec une sacoche à Poudlard, à part lorsqu'on a quelque chose à cacher dedans – et se pencha de l'autre côté du lit pour le prendre. Son cœur battait un peu trop vite à son gout, elle savait que ce qu'elle allait découvrir ne lui plairait pas du tout.
Elle fit défiler les pages à l'aide de sa baguette jusqu'aux dernières cornées. Les autres n'avaient pas été lues depuis bien longtemps. Surement les dernières pages lues par Scorpius. Ses yeux scannèrent la page à une vitesse qui égalait celle de sa tante lorsqu'elle voulait apprendre rapidement quelque chose. Ses larmes montèrent et voilèrent ses yeux chocolat quand elle comprit à quoi servait cette potion. De profonds sanglots la secouèrent quand elle lut les différentes étapes de la potion. Elle ferma douloureusement les pages et serra fermement le livre contre sa poitrine.
Elle n'y croyait pas. Elle ne pouvait pas y croire. Ce n'était pas Scorpius qui donnait son sang pour cette potion, il ne pouvait y avoir qu'une seule personne, une seule personne qui était de plus en plus fuyante en ce moment. Son grand frère adoré. Elle ne comprenait pas pourquoi, pourquoi il faisait tout ça ? Elle était si loin de son frère pour ne même pas savoir pourquoi il faisait cette potion, cette horrible potion qui allait le …
Lily sauta du lit, prit son manteau et partit en courant dans les couloirs des Serpentards. Elle croisa quelques élèves encore debout qui ne prirent pas la peine de la regarder, ayant trop l'habitude de la voir par ici. Elle avait envie de pleurer et de faire demi-tour pour aller retrouver son frère. Mais ce n'était pas la bonne solution. Déjà Scorpius allait lui en vouloir d'avoir lu le livre sans sa permission et Albus ne voulait surement pas qu'elle soit au courant. Le plus intelligent était pour l'instant de réfléchir. Et d'utiliser ce qu'elle avait de plus précieux, son instinct.
Si déjà elle retournait à l'endroit où ils faisaient cette potion, peut être que ce serait un bon début ? Ils ne pouvaient pas cacher un chaudron aussi volumineux pendant plusieurs semaines sans que personne ne s'en rende compte. Soit ils avaient une bonne cachette, soit quelqu'un pour surveiller le chaudron. Ou les deux. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour se diriger vers les toilettes des filles du deuxième étage. Elle savait que le lieu secret des deux adolescents était ces toilettes depuis leurs premières années Poudlard. Personne n'osait s'y aventurer après ce qui s'était passé depuis son père. Et Mimi Geignarde était devenue quasi insupportable au fil des années
HPHPHPHPHPHPHPHP
Lily était désormais seule dans le couloir, un seul Lumos pour la guider dans cette aile quasi abandonnée du château. Elle serrait le livre contre son cœur, comme s'il allait la protéger. L'air froid s'engouffrait dans ses vêtements, cette partie n'étant plus chauffée depuis longtemps. Essentiellement pour que les bêtes qui rongent les os du Basilic ne remontent pas dans les canalisations. Elle entra sans faire de bruit dans les toilettes qui étaient seulement éclairées par les rayons lunaires. Elle ne se sentait pas très à l'aise dans cet endroit. Surtout lorsque la voix d'une jeune fille vint l'agresser en faisant sursauter son cœur.
« Que fais-tu ici jeune fille ? On ne t'a jamais appris dans le règlement que ces toilettes étaient désormais interdites d'accès le temps qu'on les condamne définitivement ? » grinça la voix qui paraissait pourtant jeune.
Lily écarquilla les yeux. C'était la première fois qu'elle voyait le fantôme de la légendaire victime du Basilic du Voldemort. Elle se sentait toute petite ainsi défigurée par les grands yeux derrière les lunettes. Le fantôme s'approcha un peu plus, Mimi avait l'impression de connaître ce visage. Elle ressemblait étrangement à cette gamine qui était venue l'agresser alors qu'elle était sous le contrôle de Voldemort. Les mêmes cheveux roux et le même regard impétueux. Un fin sourire arrogant se logea sur ses lèvres.
« Allons bon, tu es la benjamine de la fratrie Potter. Ne me regarde pas comme ça, tu ressembles énormément à ta mère qui m'a laissée un souvenir très marquant. Je ne te chasserai pas d'ici violemment puisque tu es la fille d'Harry, mais tu ne devrais pas rester » dit-elle gentiment en remontant virevolter près de la fenêtre.
Lily se rapprocha de l'éclat lunaire. Elle n'arrivait plus très bien à distinguer Mimi qui était cachée par les reflets de la Lune. Elle prit son courage à deux mains et fit porter sa voix. De toute manière, personne ne l'entendrait.
« Je me suis dit que les toilettes du deuxième étage était le meilleur endroit pour cacher un chaudron » déclara-t-elle sûre d'elle. Le visage de Mimi se tourna immédiatement vers elle. Elle sursauta mais sut qu'elle était sur la bonne voie. « Je me suis également dit, que tu étais surement la plus apte à garder quelque chose qui devait rester caché puisque tu fais peur à absolument tout les élèves de l'école » cria-t-elle encore plus fort.
Mimi eut l'air de se vexer puisqu'elle vola rapidement en direction de la jeune rouquine. Elle se logea pile devant Lily qui eut un petit mouvement de recul. Ce fantôme n'était pas méchant, juste qu'elle était depuis un peu trop longtemps dans ces toilettes.
« Tu ne sais pas ce que tu dis, Potter ! Mimi a promis de garder le secret, elle le gardera aussi longtemps que ce chaudron serra sous sa protection
- Tu me confirmes donc bien qu'il y a un chaudron ici, Mimi » susurra Lily, fière d'avoir gagné cette petite bataille. Elle devait maintenant convaincre Mimi à tout expliquer. Ce qui n'allait pas être facile vu comment le fantôme s'en voulait désormais.
Mimi était partie se refugier après avoir compris la gaffe qu'elle avait faite. Personne n'était jamais venu lui poser de question sur ce chaudron. Pourquoi ce soir ? Cela devait justement être le dernier soir avant la fin de la potion. Le fantôme vit s'approcher d'elle la jeune fille pleine de vie qu'elle n'était plus. Les reflets de la Lune se reflétaient sur sa peau diaphane, ce qui n'était plus son cas. Elle avait toujours trouvé ça très beau sur Albus, elle trouvait ça encore plus magnifique sur Lily et ses cheveux. La benjamine de la famille fit bien attention de se mettre à côté du fantôme et s'assit délicatement sans entamer son espace vitale. Même s'ils n'ont plus d'entité corporelle, il fallait les respecter, ils ont encore énormément de sentiment.
Lily sourit tendrement. C'était son grand frère qui lui avait appris cela, puisqu'il cotoyait depuis longtemps le fantôme des cachots qui avait été son professeur l'année dernière. Severus Snape. Ce fantôme au caractère particulièrement acariâtre qu'Albus affectionnait tant. Lily porta sa main à sa bouche. Pourquoi n'avait-elle pas compris plus tôt ? Pourquoi n'avait-elle pas fait attention au regard tellement brillant de son frère ?
Jamais elle ne se serait doutée que cette affection pouvait aller jusque là. Pourtant elle reconnaissait bien là son grand frère. Elle comprit pourquoi cette potion, pourquoi cette torture, pourquoi Scorpius ne pouvait strictement rien faire. Ses larmes perlèrent de nouveau dans le coin de ses yeux, mais son cœur s'était réchauffé. Il y avait peut être encore un espoir. Un infime espoir que la réponse de Mimi conditionnerait.
« Dis-moi, Mimi. Mon frère a-t-il terminé sa potion tout à l'heure ? » murmura-t-elle tout doucement.
Le fantôme retira ses yeux qu'il avait enfoui sous ses mains. Des larmes coulaient également. Les yeux de Mimi étaient ouverts de surprise. Les rumeurs étaient donc vraies, cette petite avait réellement un instinct hors de commun. Elle secoua vigoureusement la tête pour lui signifier que non. Elle s'en voulait de cette trahison, mais elle espérait de tout son cœur de fantôme qu'elle fasse quelque chose pour sauver Albus. Elle, elle ne pouvait plus rien faire, coincée dans ces toilettes, mais elle pouvait continuer à prier que quelqu'un vienne le sauver.
Un large sourire illumina les traits de la rouquine. Elle embrassa la paume de sa main et la positionna délicatement au dessus de la main de Mimi. Elle ne pouvait la toucher mais elle espérait que sa gratitude pouvait au moins l'atteindre. Elle la remercia délicatement et lui dit de faire comme d'habitude, de continuer à veiller sur le chaudron comme si de rien était. Lily ramassa le livre qu'elle avait posé à ses côtés, vérifia l'idée qu'elle venait d'avoir et referma fermement le livre. Ca devrait marcher. Ca devait marcher.
Elle quitta d'un pas décidé les toilettes du deuxième étage. Maintenant, elle devait prévenir de toute urgence son père. Un hibou ne serait pas suffisant, elle allait devoir utiliser son Patronus.
HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP
Albus était sceptique en empruntant les longs couloirs qui le menaient au cachot. Il était revenu le lendemain soir comme prévu avec Scorpius pour recommencer une nouvelle fois la dernière étape cruciale. Scorpius avait été de meilleure humeur, prétextant que sa petite sœur lui avait remonté le moral. Albus avait fait comprendre dans un rire qu'il n'avait pas du tout envie de savoir les détails. C'était sur cette discussion presque anodine qu'ils étaient entrés dans les toilettes des filles du deuxième étage.
Mimi les avait accueillies dans un grand sourire, ce qui l'avait surpris. Elle avait toujours l'air triste quand ils venaient continuer cette potion, même à la limite des pleurs ces temps-ci maintenant qu'elle était quasi prête. Dans un sourire, le fantôme leur avait certifié que personne n'était venu, qu'elle avait veillé toute la nuit et que le chaudron était bien à sa place. Scorpius qui n'avait pas relevé son changement d'humeur était parti levé le sortilège d'invisibilité.
Albus avait été interrompu de ses pensées par un cri venant de son ami. Il s'était approché de lui en grandes enjambées inquiet de l'état de sa potion. Les yeux gris du Serpentard était empli d'une surprise non feinte, et il était rare de surprendre autant un vert et argent. Eux normalement si vifs et pragmatiques. Albus n'avait donc pas attendu plus longtemps pour observer le chaudron. Son souffle s'était coupé dans la seconde qui avait suivi. Il n'y avait pas cru, c'était tout bonnement inconcevable.
Il s'était doucement approché, presque pour la toucher, même s'il savait que l'intégrité de sa potion était en jeu. Devant lui et devant les yeux ébahis de son meilleur ami, se tenait la mixture d'un pourpre étincelant. Elle n'était pas grasse, ni trop liquide, le rouge de la potion était parfait. Légèrement violacée, montrant que l'opacité de la couleur ne venait que du sang veineux humain. Albus s'était alors penché pour respirer la potion. Ferrique, avec une arrière odeur qu'aucun sorcier n'avait jamais pu identifier. Cette odeur qui faisait que ce sang n'appartenait qu'à un sorcier.
Les deux jeunes sorciers s'étaient alors tournés en même temps vers le fantôme des toilettes. Sa bonne humeur non feinte cachait quelque chose. Mais elle leur répéta plusieurs fois qu'il ne s'était rien passé et que de toute manière elle ne pouvait pas vaincre leur sort d'invisibilité d'Albus. Ce dernier avait levé un sourcil interrogateur qui avait doucement fait ricaner son ami. Tellement Snapien. Il avait pris ses habitudes corporelles sans s'en rendre compte. Albus l'avait doucement remis à sa place en lui faisant comprendre que tout ça n'était qu'âneries. Même si sans l'avouer il était malgré tout un peu d'accord avec lui.
Très vite ils se concentrèrent sur la mise en fiole de la potion, avec chance ils avaient pensé à en prendre quelques unes. Scorpius tout en faisant consciencieusement son travail demanda à Albus comment il allait faire boire cette potion au gout étrange à Snape. Albus s'était déjà posé longuement la question et il avait décidé d'en administrer un peu partout dans sa nourriture. Il allait recevoir l'aide des elfes des maisons pour ça. Le blond avait fait remarquer que ça allait être un travail de longue haleine puisque un palet aussi fin que Snape allait forcément sentir un peu le gout ferrique de la potion derrière ses aliments.
Albus avait souri suite à cette remarque. Il y avait pensé également. C'est pour cela qu'il allait commencer avec de très petites doses puis qu'il allait augmenter pour habituer le maître de potions. Et pour le dernier jour, pour la dernière fois où il allait le voir dans cet état, il allait mettre tout ce qui restait dans une des coupes qui ne servaient que pour les grandes réceptions.
Son plan était bien rodé. Mais il partait du principe qu'il devait se jouer d'un espion et d'une personne attentive à tout ce qui l'entourait. Ce n'était pas gagné d'avance. Albus pouvait malgré tout compter sur la confiance que lui accordait cet homme.
Très vite il se retrouva devant les portes du cachot pris devant le fait accompli qu'il allait devoir « empoisonner » l'homme qu'il aimait. Il ne put qu'avaler difficilement sa salive devant cette constatation. Il toqua doucement la porte avant de se souvenir qu'il n'avait pas du tout l'habitude de faire ça. Il frappa son esprit devant tant d'idiotie et entra dans les cachots sans attendre de réponse. Il ne fit aucun bruit et vit que seul le salon était allumé. Un sourire illumina son visage. Malgré le peu de temps qui s'était écoulé depuis sa dernière visite, il se sentait déjà en manque des odeurs de ce lieu, de sa chaleur. Mais il était surtout en manque de son occupant.
D'un pas de loup, il fit irruption dans la pièce avec un petit sourire que le maître de potion vit à travers le journal sorcier qu'il lisait en biais. Il ne l'avouerait jamais, mais il attendait avec impatience la visite du jeune sorcier qui l'intriguait ses derniers temps. Ce n'était pas dans ses habitudes d'arriver aussi tard et encore moins dans ses habitudes de toquer à la porte. D'un geste souple et entrainé, il abaissa la moitié de son journal pour observer son jeune serpent.
Il prenait comme d'habitude ses aises en essayant malgré tout de se faire tout petit pour ne pas empiéter sur l'espace personnel du maitre de potion. Il enleva sa cravate, étouffé par le tissu et partit se servir dans la réserve d'alcool personnelle de Snape. Un ricanement vint de la part de ce dernier. Depuis quand le petit se servait de l'alcool. D'un regard sur le côté il vit qu'en plus il n'avait pas pris la plus mauvaise des bouteilles. Un vieux whisky qui prenait à la gorge tout en laissant un gout délicat sur les papilles.
Albus appela deux verres et lui demanda dans un regard s'il voulait qu'il le serve. Snape ne put répondre que oui, il n'allait pas refuser de boire un bon verre. Il avait l'habitude depuis qu'il était dans cet état… fantomatique. Il ressentait moins les besoins. Il n'avait plus vraiment faim, plus vraiment soif, il n'était plus vraiment en manque d'alcool. Il le faisait juste par habitude. Il remerciait Merlin tous les jours de pouvoir encore sentir sinon il aurait arrêté de boire tout simplement.
Le plus jeune servit un fond d'alcool qui révéla sa douce couleur ambre à la lumière tamisée du salon. Snape reprit son journal et attendit son verre. La tête du brun fit un brusque mouvement dans le sens opposé pour vérifier que Snape ne regardait pas, prit rapidement la petite fiole qui se trouvait dans sa robe et versa deux trois gouttes dans son verre. Le pourpre du sang se mélangea rapidement dans le liquide et ne fut plus visible au bout de quelques secondes. Albus souffla de soulagement. Il ne savait pas du tout qu'elle aurait la réaction de cette potion avec l'alcool, mais c'était le meilleur moyen de la faire passer pour la première fois. Le gout fort du whisky allait cacher le gout métallique.
Il se retourna vers son hôte avec un grand sourire qui fit frissonner Snape. Il était rare qu'il voie ce genre de sourire sur le visage de ce garçon. Ce n'était pas un des sourires de joie pure qu'il avait l'habitude de voir coincés sur les lèvres de son protégé. Il cachait définitivement quelque chose et il croyait qu'il pouvait réussir à avoir un espion. Un espion qui avait été à la solde de Voldemort. Malgré tout, il vit dans ce sourire aucune intention malveillante, juste une profonde tristesse qui l'intrigua encore plus. Il prit le verre volontiers et laissa le plus jeune s'installer dans le fauteuil où il avait mis ses affaires.
Ils ne dirent rien pendant plusieurs secondes. Chacun se concentrant sur différentes choses. Albus était concentré sur chacune des réactions, si l'espion se doutait de quelques choses il pouvait dire adieu à des jours de travail et surtout il pouvait tirer un trait à sa relation si particulière avec Snape. Cet homme n'acceptant pas la trahison et surtout pas qu'on se joue de lui. Le jeune Potter retint de justesse un soupir de soulagement quand Snape finit la dernière gorgée de son verre avec avidité. Il avait toujours cette expression d'immense joie quand il buvait ce breuvage magique qui était un des derniers qui arrivait à laisser un goût sur son palais inexistant.
Snape posa sèchement le verre sur la table et releva un sourcil interrogatoire quand il sentit le regard inquisiteur du plus jeune. Celui-ci le regardait avec de grands yeux mystérieux, comme s'ils cherchaient à capter la moindre parcelle de son âme. Il rit presque de nostalgie. Albus faisait souvent cela quand il était plus jeune et qu'il se posait dans le canapé où il était actuellement. Il ramenait ses petites jambes quand son corps et posait sa tête contre ses genoux. L'enfant pouvait l'observer se mouvoir dans la pièce, corriger des copies, faire des potions pendant des heures et des heures. Le silence était de rigueur dans ses moments là sans qu'il soit vraiment dérangeant.
Albus ne savait pas, mais le fantôme remerciait chaque jour le ciel de la présence du petit brun dans sa vie morne. Même ses silences étaient réconfortants, sentir la chaleur de la puissance du regard émeraude était déjà extraordinaire en soit.
« J'ai peu l'habitude d'avoir des interrogations sur la vie personnelle des personnes qui m'entourent, puisque ça ne m'intéresse pas. Mais il serait malhonnête de vous dire que votre cas ne me concerne pas, Albus »
Snape fit doucement rouler le prénom du petit brun sur ses lèvres fines ce qui fit sursauter ce dernier. Il était rare qu'il l'appelle par son prénom, il ne put que ressentir un frisson de pur plaisir se glisser dans son échine. De pur plaisir seulement ? Il était aussi extrêmement anxieux que Snape ait pu remarquer quelque chose.
« Quelque chose vous tracasse-t-il en ce moment ? » termina Snape dans une voix ferme et sûre d'elle.
C'était clairement une question rhétorique. Snape connaissait son petit protégé par cœur, mais il ne voulait pas le forcer à se dévoiler. Albus soupira cette fois-ci pour reprendre ses esprits et planta ses yeux dans ceux de son homologue comme il avait l'habitude de faire. Il rassembla tout le self-contrôle qu'il avait acquis au contact du fantôme et se perdit dans les prunelles sombres. Il ne remarqua bientôt les sourcils éternellement froncés quand il capturait son regard, il ne remarqua plus cette interrogation perpétuelle qui animait les iris depuis quelque temps.
Une boule se ferma dans sa gorge. Il voulait tout lui dire, à quel point il était au bord d'un gouffre de douleur et à la fois de bien être. Il allait lui donner ce qu'il avait de plus cher et peu importe si Snape restait à ses côtés après, cela n'avait aucune importance tant qu'il pouvait toucher sa peau ne serait-ce qu'une demie seconde. Savoir ce que son âme à travers son corps charnel pouvait exprimer comme chaleur et comme vie. Il voulait juste que l'homme sente toute son affection à travers son acte même s'il allait surement le détester après cela.
Il ne put dire combien de temps il était resté là à fixer Snape, mais il fut coupé dans sa contemplation par une brusque sensation de vide qu'il pouvait sentir à travers ses veines. C'était très léger, mais présent et angoissant. Alors c'était cela ? Il avait l'impression qu'on lui arrachait une partie de son âme. Cela devint insoutenable, il ne pourrait pas s'habituer à cela alors qu'il devait continuer et vider tout le chaudron dans les verres de Snape. Albus brisa le contact visuel, chercha frénétiquement le verre d'alcool posé sur la table et l'avala d'une traite.
« Je pense que ma dernière année m'angoisse un petit peu, Snape. Poudlard a été un moment assez intense dans ma vie, toutes ces personnes rencontrées, toutes ces choses apprises. Cette école a forgé ce que je suis aujourd'hui » déclara Albus avec une voix douce et posée. Il ne put se détacher de la vision de son verre en train de tournoyer entre ses doigts. « Je dois avouer que je pense que ces cachots vont énormément me manquer… »
Snape déglutit à travers sa gorge inexistante. Il ne pouvait pas, ou plutôt ne voulait pas, mettre le doigt sur les sentiments qui traversaient les prunelles jades d'Albus. Il pouvait croire que le jeune homme éprouvait autant d'affection pour lui. Faisant écho aux multiples frustrations de sa condition fantôme, il dut refréner son envie de poser sa main sur l'épaule d'Albus. Il le traverserait tout simplement et son orgueil lui hurlait d'éviter une ultime humiliation. Il en avait déjà trop vécu quand il avait essayé d'attraper à multiple reprise le poignet ou le bras de l'enfant. Il avait pris la douloureuse habitude de savoir qu'il ne pouvait toucher de corps charnel. Il ne pouvait transmettre de chose que par la parole. Même son regard avait perdu de sa vigueur avec la couleur grisâtre de sa condition inerte.
« Vous savez, un jour j'ai discuté avec ma tante Hermione de votre condition de fantôme. Ne levez pas les yeux au ciel Snape, elle s'est beaucoup assagie parait-il sur son côté Miss-Je-Sais-Tout avec le temps » ricana franchement Albus au regard désespéré de Snape qui s'était accompagné d'un reniflement sarcastique. « Elle me disait qu'il était rare que des sorciers reviennent aussi longtemps après leur mort, normalement parce que leur magie quitte leur corps et se dissipe dans le monde sorcier pour alimenter notre monde. Il n'y a que des sorciers puissants qui peuvent revenir comme vous l'avez fait.
- Vous ne m'apprenez rien. Je savais que j'étais un sorcier puissant et relativement doué quand j'étais encore parmi le monde des vivants
- Je ne voulais pas blesser votre orgueil » rit franchement Albus. Snape trouva étrangement ce son réconfortant, comme s'il avait réussi en une seconde à briser l'atmosphère inconfortable. « Hermione m'a dit qu'on revenait sous forme de fantôme lorsqu'il nous reste encore quelque chose à accomplir sur Terre. Moi je ne pense pas que ce soit votre cas, vous avez donné au monde sorcier tout ce que vous pouviez donner, je crois sincèrement que vous avez eu une deuxième chance. Pour vivre tout simplement » marmonna-t-il presque gêné.
Snape l'écouta attentivement. Le discours qu'il pensait à la base sorti de nulle part le surpris. Le petit garçon qui lui faisait des déclarations et des aveux gênants et intimes était de retour devant lui. La dernière fois qu'Albus avait été ainsi c'était lorsqu'il lui avait avoué son homosexualité. Il avait essayé de faire bonne figure et de paraître sur de lui, mais il avait entendu sa voix légèrement déraillée comme aujourd'hui. Il observa attentivement l'adolescent avec son habituel froncement de sourcil. Il voulait bien avoir un sérieux handicap social de son vivant, il n'était pas espion pour rien. Il était capable les sentiments des personnes qu'il côtoyait. Et ce qu'il voyait dans Albus l'effrayait. Rarement dans sa vie il avait été effrayé, mais l'affection pure transcendait du corps du sorcier plus puissant.
Il ne pouvait pas lui répondre, il avait tout simplement envie de dormir. Ou de faire semblant de dormir. Il ne pouvait plus avoir envie de dormir et il en avait bien besoin en réalité. Doucement il attrapa le verre dans les doigts du plus jeune. Il fit attention de ne jamais « toucher » ses doigts, il en était assez des moments gênants pour ce soir.
Albus se laissa faire, il savait qu'il avait réussi à toucher l'homme en face de lui. Il n'était pas stupide, il savait que Snape avait plus ou moins compris quels étaient la nature des sentiments qui l'animaient. Un sourire au coin s'étira sur ses lèvres, il ne pouvait pas vraiment se douter de jusqu'où il irait pour cela. Il devait aller se coucher, des jours difficiles allaient arriver. Il avait déjà l'impression qu'on lui avait pompé toute son énergie et ce n'était pas fini. La voix grondeuse de Snape, qui se levait, lui signifia qu'il pouvait utiliser sa chambre. Il n'aimait pas vraiment cette chambre, il l'avait même détesté les premiers jours où il y avait dormi. Elle était totalement différente des chambres de ses parents ou de sa sœur. Elle n'avait aucune chaleur humaine, aucune odeur qui venait titiller ses sens quand il y entrait.
Il comptait bien changer cette condition dans quelques temps. Il se leva et grimaça quand il sentit ses jambes tremblotées sous lui. Il avait de moins en moins hâte à finir le chaudron, il voulait au moins être en état de voir Snape vivant. Au moins, cette sensation lui signifiait que la potion marchait parfaitement. Il adressa un dernier sourire au fantôme avant de lui souhaiter une bonne nuit même s'il ne croyait pas vraiment lui-même. Dicté par un instinct audacieux, il leva sa main pour s'approcher de celle du professeur de potion qui tenait le verre. Albus essayait d'imaginer encore et encore ce que ça pourrait être de le toucher, de ressentir la seule chaleur qu'il désirait frénétiquement. Snape écarquilla très légèrement les yeux mais n'eut pas le temps de réagir que la main fine et blanche était déjà retombée.
Albus disparut sans un bruit dans l'obscurité du cachot. Pris dans les émotions de la soirée, Snape et Albus n'ont jamais fait attention au léger sursaut de magie qui s'était dégagée de la main transparente de Snape.
C'est tout pour le deuxième chapitre. Je pense qu'il y en aura qu'un troisième en plus, voir un quatrième hypothétique si ça part trop loin.
Merci d'avoir lu ! J'espère vraiment que ça vous a plu et que vous avez passé un bon moment. Milles excuses je ne peux pas vous dire quand sortira le prochain chapitre. Mais n'hésitez pas à me hurler dessus dans vos reviews en disant que je suis la fille la plus lente du monde. Ou alors dites moi juste ce que vous en avez pensé aha !
Des bisous, bonheur dans votre vie et dans votre coeur.
