... Bon, on va dire que j'étais sur une lancée, et donc j'ai voulu écrire autre chose sur Kaamelott. Donc autant rentabiliser en postant ici. C'est un genre de suite, ou le début d'un recueil d'O.S peut-être ? Je verrais, ça dépendra de si ça plait.


Il savait qu'il n'aurait pas dû tenter ça. Mais c'était plus fort que lui. Combien le Roi Arthur tenterait d'arrêter de se faire du mal, jamais il ne parviendrait à laisser Perceval dans le doute concernant quelque chose qu'il ne comprend pas. Même si, à chaque fois qu'on lui expliquait quelque chose, avec autant de simplicité et de temps possible, cela ne servirait finalement à rien.

En plus, la Dame du Lac continuait à le suivre pratiquement partout où il allait, afin de donner une bonne raison aux Dieux de continuer de lui faire confiance. Sauf qu'à ce train-là, le Roi Arthur doutait lui-même de la confiance qu'il accordait à la Table Ronde et à son efficacité.

Il faudrait d'ailleurs qu'il songe, à la fin de cette maudite et habituelle conversation de table avec Perceval, demander à la Dame du Lac d'où le Chevalier incapable de se rappeler son nom et connu dans le Languedoc comme Provençal le Gaulois pouvait avoir une « grande destinée ». Parce que, franchement, là, le Roi était dans le flou. Le Gros Faisan du Sud ou Ducon paraissaient bien plus approprier...

— Perceval, pour la énième fois... de quoi me parlez-vous ? demanda le Roi aussi gentiment et calmement qu'il le pouvait.

— Ben, de ce que je vous cause.

Cette fois, le Roi ne se retenu pas de soupirer bruyamment en levant les yeux au ciel.

— Mais de quoi, bon sang ?

— Eh bien... Je sais plus, répondit le Chevalier.

— Fantastique, nous sommes bien avancés.

— Mais je vous l'ai dit. Vous devez vous en rappeler Sire, non ?

— Bien sûr que non, vu que je n'ai aucune idée de quoi vous causez.

— Je crois que je vais vous laisser discuter entre vous.

Le Roi se tourna vers la Dame du Lac, dont, l'espace d'un instant, il avait oublié la présence. Un des seuls avantages à discutailler avec Perceval, sans doute...

— Ah non, vous, vous restez là ! Déjà que vous me collez les miches toute la journée, alors vous supportez tout ce que je dois supporter, c'est clair ?

Par le regard foudroyant qu'il lui envoya, la Dame du Lac se tut, prenant un air attristé, comme un enfant puni. Mais actuellement, le Roi Arthur s'en moquait éperdument : il avait déjà assez à faire avec Perceval pour s'encombrer de détails avec la Dame du Lac. Surtout que, officiellement, elle était libre de partir quand elle le désirait, puisqu'il n'avait aucun contrôle sur ses pouvoirs. Mais apparemment, elle n'y pensait pas – comme quoi, il n'y avait pas que les Chevaliers qui semblaient aussi bêtes que leurs pieds... – et cela l'arrangeait beaucoup : c'était à cause d'elle qu'il devait se farcir les pires cas de Bretagne, alors il fallait partager un peu la souffrant, histoire qu'elle voit le quotidien atroce qu'il vivait à cause de la Quête du Graal.

— Sire ?

— Oui, Perceval ? Vous vous rappelez ce que vous tentiez de me dire ?

— Non ce n'est pas ça. C'est juste que je me demandais si vous attendiez votre cousine.

Arthur soupira et fronça les sourcils.

— Ma cousine ? répéta-t-il lassement. C'est-à-dire ? Qu'est-ce qu'elle vient faire dans l'histoire, cette fameuse cousine ?

— Ben votre cousine qui est facilement impressionnable en société.

— Ah, elle !

Oui, en effet, sa cousine qui n'était absolument pas sa cousine, et tout ça...

— Vous voulez que je vous rappelez pour la centième fois que ce n'est pas ma cousine mais une personne que vous ne pouvez pas voir ?

— Cela me dérangerait pas mais quel rapport avec le fait qu'elle soit facilement impressionnable en société ?

— Je vais vous sortir Excalibur et vous frappez avec et on verra après, avec cette histoire de cousine.

— Je vous l'ai déjà dit, je ne crois pas que ça soit nécessaire d'insister, intervenu doucement la Dame du Lac.

— Non, vous croyez ? Mais si je me borne pas à tenter de lui entrer quelque chose dans la tête, il retiendra jamais rien ! protesta le Roi Arthur. Déjà qu'il ne comprend pas grand-chose, alors ça sera encore pire. Et puis...

— Sire ! Sire !

Les deux Chevaliers se tournèrent vers la porte, où apparut Bohort, celui-ci très essoufflé. Alors que Perceval regarda sans rien dire, toujours avec son air perdu, le roi de Bretagne regarda le nouvel entré avec de grands yeux.

— Bohort ? Mais depuis quand vous venez ici ? Il y a un problème, une attaque ?

— Non Sire, c'est bien pire que ça !

— Pire ? répéta le Roi Arthur en haussant d'un ton. Quoi, pire ? Il y a un mort ?

— Non.

— Quelqu'un à découvert le truc du c'est pas faux ?

L'espace d'un instant, le Roi Arthur, Bohort et la Dame du Lac regardèrent étrangement Perceval, qui haussa les épaules.

— Vous ne connaissez pas ?

— Non, répondit le Roi Arthur. Et on s'en fiche. Alors, Bohort, cette mauvaise nouvelle ?

— A...

— Ah, une attaque ! C'est bien ce que j'ai dit ! s'exclama le roi.

— Non, le flé...

— Flé... flan ? rectifia Perceval.

— Vous, vous fréquentez trop Karadoc, je crois, déclara le Roi Arthur. Bon, Bohort, vous la crachez cette nouvelle ?

— Attila, le fléau de dieu est de retour !

Le Roi Arthur cligna des yeux.

— C'est tout ?

— A-attendez, vous pouvez pas dire ça, s'exclama la Dame du Lac, tandis que Bohort prit un air outré. C'est Attila, tout de même.

— Sauf que le fléau des dieux, ça doit faire trois fois qu'on l'a roulé. On connait, maintenant, défendit Arthur.

— Mais, Sire, Attila le Hun !... protesta faiblement Bohort.

— Mais vous me gonflez avec Attila ! Je n'ai aucune envie d'aller me casser les pieds à le rouler encore une fois, moi...

Alors que Bohort et la Dame du Lac commencèrent à protester pour tenter de faire changer d'avis le roi, celui-ci eut une idée et se tourna lentement vers Perceval, qui semblait complètement paumé, se demandant sans doute qui était Attila.

— Perceval, vous vous y connaissez en diplomatie ?

— Euh... C'est pas faux.

Le roi leva un sourcil. Etrange réponse, mais bon, à ce rythme-là, qu'est-ce qu'il s'en moquait royalement.

— Bien ! Bohort, accompagnez Perceval. Il va se charger de gérer Attila.

— Mais Sire ! protesta Bohort. Vous n'y pensez pas !

— Ah si, si, j'y pense et, encore mieux, je vous l'ordonne. Vous voulez que je vous rappelle qui est roi, ici ?

Face à ça, Bohort ne put que soupira, admettant sa défaite.

— Bon, Perceval, allez-y, ordonna le Roi Arthur.

— Hein, aller où ?

— Avec Bohort, dans la salle du trône, pour marchander avec Attila le Hun. Vous savez qui s'est ?

— Euh... C'est pas faux.

— Fantastique. Alors débarrassez moi le plancher. Ah, et lorsque vous marchanderez, faites gaffe à ce qu'on ne perde rien, sauf éventuellement du cerf mariné dans du miel ou la plus belle dame de Camelot. Pour le dernier, faites demander Grüdü, mon garde du corps. Vous inquiétez pas, il comprendra.

Il renvoya Bohort et Perceval, ne faisant pas attention à l'air confus de celui-ci. Une fois seul – enfin, presque – dans la salle à manger, il soupira. Quand ce n'était pas sa famille, sa belle-famille ou des boulets, il fallait que ça soit le fléau des dieux qui vienne les lui casser...

— Ahem...

— Quoi encore ? s'écria le Roi Arthur en se tournant vers la Dame du Lac.

— Vous êtes certain que c'était une bonne idée d'envoyer Perceval en diplomate ? demanda la Dame du Lac avec hésitation, probablement en appréhension à la réaction du roi.

Le Roi Arthur aurait pu l'envoyer boulet, en lui disant de se mêler de ce qui la regarde, qu'il était roi et qu'il faisait ce qu'il voulait – enfin, les arguments classiques qu'il envoyait à ceux qui lui faisaient chier à contester ses choix, mais à la place, il se contenta d'hausser les épaules.

— Vous avez dit qu'il a une destinée exceptionnelle ? Eh bien rouler Attila le Hun sera déjà un bon début. Sans compter que ce n'est pas très dur.

Et puis les légendaires sauraient faire paraitre ça plus que ce n'était dans la réalité : Perceval de Galle affronta vaillamment la colère d'Attila le Hun et son immense et redoutable armée.

Sauf si il confond son nom et que la légende retienne plutôt Provençal le Gaulois...


Si vous désirez plus d'O.S, n'hésitez pas à me le dire, ça me dérangerait pas du tout (loin de là) d'en écrire d'autres, c'est très amusant à faire.