Bonjour à tous ! Ah, doux et charmant lundi, début de semaine, début des problèmes !! Ma semaine est super chargée et j'ai vraiment couru un marathon pour terminer ce chapitre. J'ai eu des réponses très positives dès son premier jour d'existence et je ne compte pas m'arrêter là pour vous, mes chers lecteurs et lectrices :D. En espérant que ce chapitre vous ravira. Tout d'abord, réponse aux review

Little Grumpy,

Un grand merci pour ta review, la première d'ailleurs, haha :). Je poste aujourd'hui en grandes pompes le premier chapitre (aussi, héhé) de cette fic. J'espère qu'il te plaira !

Siriana2526,

Merci pour ta réaction ! Je suis ravie que mes persos te plaisent. Moi j'aime bien les ZoSan mais je trouvais que les histoires que je lisais impliquaient plus l'équipage que la famille Vinsmoke. Et donc j'ai décidé de jouer sur les deux tableaux ! J'espère que la suite te plaira :)

Conteuse,

Waaah. Les review constructives comme la tienne, je suis preneuse, et pas qu'un peu ! D'habitude les gens n'aiment pas être corrigés mais moi, je vois plutôt ça comme un avantage d'avoir des regards critiques. Surtout, ne t'arrête pas, petit coeur :D. Bon. Pour le ZoSan, tkt, Zoro survivra haha :) et pour Sora et les Vinsmoke, je me suis fait un point d'honneur de respecter le plus fidèlement les caractères originaux. Replacer la famille dans un contexte plus humain n'est pas insurmontable, mais disons que j'y réfléchis encore bien. Mais l'idée de la force, j'ai voulu la garder, parce qu'à part ça, je ne vois pas vrmt en quoi ils sont si supérieurs à notre Sanji chéri ;)

Alors la voilà la suite ! J'espère qu'elle te plaira.

Bonne lecture à tous !

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Chapitre 1

—HAHAHA ! Et qu'est-ce qu'il a fait ensuite ?!

—Si tu savais papa, s'ébroue tel un cheval Niji en faisant de grands mouvements de main. «Il s'est reculé comme le parfait imbécile qu'il est, et il a fini dans un énorme fût de pétrole, et encore brut s'il te plaît...! Si tu l'avais revu après qu'on l'ait sorti de là, on aurait dit une putain de mouette couverte de mazout sur une plage pendant une marée noire !»

Immédiatement après la fin de la boutade, les quatre hommes aux chevelures toutes plus farfelues les unes que les autres—sauf tout de même le père, qui a une longue crinière blonde flamboyante—éclatent bruyamment de rire, si fort et si durement que Sanji en aurait presque l'impression que les murs de pierre, les cadres photos des illustres Vinsmoke passés et les meubles sont entrain de trembler de terreur.

Et après une petite remarque d'Ichiji, le père de la petite famille n'en peut tellement plus de son hilarité qu'il frappe avec toute la violence dont il est capable la table en bois avec sa main énorme et puissante. Cette dernière vrille littéralement, mais heureusement, elle en a connu de bien pires et telle une vaillante mamie toute courbée déjà, elle résiste à l'adversité de ses propriétaires.

Ce petit amalgame dont est familier le littéraire dans l'âme qu'il est n'est pas suffisant pour lui arracher un petit sourire comme à chaque fois. Les propos tenus par son frère et la réaction des autres est tout simplement abhorrante. Comment peut-on s'amuser ainsi du malheur d'un homme, tout comme celui d'un animal par la suite ? Ces images de marée noire toxique pour ces pauvres bêtes arrachent souvent des larmes amères à l'apprenti chef, qui subirait sans doute tout sauf de voir quelqu'un ou quelque chose souffrir de quelque chose qu'il ne peut pas contrôler. Cette mouette comme Niji le dit, n'avait certainement aucune idée de la mouise dans laquelle elle était déjà toute engluée, condamnée sans même le savoir à une mort prochaine et inévitable du fait de toute cette pollution contre et dans elle.

Et lui, il s'en amuse...lui qui, en tant que haut responsable d'une firme prospère s'illustrant dans la vente de cette matière première d'un autre temps, devrait tout faire pour éviter de pareilles catastrophes et s'en désoler si malgré tout elles arrivent, raconte des malheurs comme si de rien n'était à table, avec sa famille de petits monstres, qui en rient à coeur joie.

Sanji détourne les yeux, sentant des larmes traîtresses embuer ses yeux et flouter sa vue. On lui dit toujours qu'il est bien trop sensible pour un Vinsmoke. Mais ce n'est pas de sa faute. Il ne supporte tout simplement pas les émotions négatives. Et encore plus quand elles sont détournées pour en devenir un sujet de moquerie honteuse.

Il soupire ensuite lourdement, sourcils froncés, en fouillant dans la poche de sa veste pour en tirer un mouchoir, le tout sous le regard en coin de son géniteur, qui pour la peine a commencé à écouter d'une oreille distraite les commentaires de ses autres enfants.

Le blond passe ensuite le mouchoir sur son visage, s'attardant sur ses yeux, et Judge fulmine de rage intérieurement. Cet enfant, quelle honte, quelle souillure...!

—Encore entrain de chialer, Sanji ? ironise ensuite Yonji en lui faisant une grimace, mimant grossièrement le mouvement. «Vous avez vu ce que vous avez fait, les mecs ? La fillette à sa maman pleurniche à cause de vos histoires archi-flippantes sur le pétrole et le mazout ! Ouin, ouin, ouiiiin !»

Les deux autres frères explosent encore une fois de rire, puis Sanji, rouge de honte, colle une gifle magistrale à son cadet, ce qui fait tomber un silence lourd dans la pièce. Ce dernier garde tout d'abord la tête retournée, sa joue rosissant lentement à vue d'oeil. Le blond fronce durement les sourcils, puis se lève brutalement de table.

—Je suis ton grand frère, espèce de sale petite merde ! crache t-il ensuite sur Yonji, qui avait mis sa main gantée sur la joue incriminée. «Je suis né avant toi, alors tu me dois le respect ! Que je ne te prenne plus à me parler de la sorte, tu m'as bien compris ?!»

Tandis que Judge reste passif, se contentant de fixer avec un air mauvais son rejeton, les trois autres commencent à reprendre des couleurs, lâchent des hoquets amusés, puis éclatent de nouveau de rire encore plus violemment que précédemment. Sanji se contente de rester là, debout devant la table presque vide de mets à présent, se sentant de plus en plus aussi ridicule et burlesque qu'une bête de foire bizarre.

Après avoir croisé l'espace d'une seconde le regard froid et sec de son père, il ne comprend pas du tout cette énorme pression affreusement douloureuse qui s'est tout à coup abattue sur sa propre joue à lui. En sentant que la pommette est en passe d'être touchée par ce poing qui semble être littéralement fait de fer, il tourne la tête, échappant de peu à l'apparente destruction totale de cette dernière. Il va alors ensuite s'écrouler au sol de tout son long et de tout son poids, les mains sur le visage, qui lui fait horriblement mal désormais, tellement qu'il en tremble, transpirant comme un boeuf malade. Une autre vague de douleurs aiguës quelques secondes plus tard le force à se recroqueviller en deux, perdant son souffle et haletant. Visiblement, il est touché encore plus profondément qu'il ne l'a cru.

Derrière lui, encore assis, ses frères ne s'arrêtent plus de rire. Yonji, apparemment en colère parce qu'humilié, se lève de son siège, et lui assène un violent coup de pied dans le gosier. Sanji crache alors péniblement sa salive, se sentant déjà partir tellement la douleur est forte. Et le pire dans tout ça, c'est que son petit frère n'est vraiment pas prêt de s'arrêter, vue l'aura de pure fureur flamboyant dans son regard.

—Toi, le raté, tu me colles une baffle ! s'insurge le vert en le rouant de coups de pied toujours plus rudes. «Une putain de baffle ! Tu te rends compte de la parjure que tu m'as causée, imbécile ?! Tu penses peut-être que c'est un putain d'honneur pour moi d'être né après le raté ! Hein, espèce de sale con...! Tu te rends compte que je pourrais te tuer là, tout de suite ?!»

Les rires euphoriques d'Ichiji et Niji cessent peu à peu lorsqu'ils sont frappés de plein fouet par les paroles de leur cadet, et quand il assène un énième coup à Sanji et que ce dernier crache une flopée rougeâtre mélangée à sa salive de plus en plus pâle, Judge tonne fortement sur la table en bois travaillé avec son poing serré. Yonji comprend le message, s'arrête de frapper, puis crache sur le corps totalement endolori de son aîné, tout en larmes et en sueur maintenant. Il va se rasseoir avec les autres, toisant toujours du coin de l'oeil ce dernier.

Des domestiques entrent ensuite, et si certaines ne prêtent aucune attention au jeune homme en sang au sol, d'autres, les recrues encore fraîches, sont tout bonnement horrifiées et manquent de peu de pousser des cris effarés, si ce n'était le regard d'avertissement muet que leur renvoient les anciennes. Puis sans plus un bruit, elles se mettent tous à la tâche, celle de débarrasser la table puis de servir le café à leurs patrons. Sanji, les yeux gonflés et toujours aussi flous, voit juste des jambes défiler. Des œillades indifférentes, méprisantes parfois, se poser sur sa personne, qui doit être bien pitoyable à cet instant.

De toute façon, Sanji n'en a cure. Ce n'est pas la première fois, et sûrement pas la dernière, qu'il est autant rabaissé et passé à tabac par l'un, ou même parfois par tous ses frères.

Mais quelqu'un s'arrête. Une jeune femme, grande et mince, ses belles jambes fines et blanches éclairant le regard du blessé au sol. Elle prétexte de faire tomber quelque chose et de se pencher pour la ramasser. Elle se place ensuite à son niveau, et lui tend un mouchoir imbibé d'eau. Le blond écarquille faiblement les yeux lorsqu'elle la met rapidement dans sa main encore tremblante.

Le mouchoir est bien trop humide, dégoulinant carrément...puis il comprend. Ce n'est pas pour se nettoyer, non, ça ce n'est pas important. C'est pour qu'il puisse l'enfourner rapidement dans sa bouche, et en cueillir l'eau. Il doit s'hydrater. Il a perdu du sang. La jeune fille lui lance un autre regard concerné, puis lui sourit gentiment en se relevant. Elle s'en va ensuite. Judge a demandé du sucre dans son café.

Sanji s'exécute alors, ne pouvant empêcher des larmes de reconnaissance de ruisseler sur son visage. L'eau, même s'il doit la boire d'une manière si dégradante, lui fait tellement de bien. Il se sentirait presque revivre. Grâce à elle...Cette fille, qui a eu pitié de lui là où les autres n'ont même pas eu assez de coeur pour lui adresser un regard compatissant. Cette fille...elle est si gentille...un vrai ange tombé du ciel...

—C'EST QUOI ÇA, HEIN ?!

—AAAAAH !

Le cri déchire les tympans du blond, qui fait alors un effort monstre pour se relever légèrement sur ses bras. Même s'il ne l'avait encore jamais entendue, il sait d'instinct que c'est la voix de sa bienfaitrice. Qui est l'enflure, se dit-il en tendant le plus loin possible le cou pour pouvoir entrevoir quelque chose de la scène. Qui est l'ordure qui a osé...qui est la pourriture qui a pu lever une main, un seul doigt, sur cette fille, et lui faire du mal...qui...?

Avec horreur, il voit tout d'abord les autres domestiques qui continuent à travailler sans même faire attention à ce qui se passe derrière elles. Puis la fille dont les pieds ne touchent déjà plus le sol, ses longs cheveux blonds détachés et allant dans tous les sens, tenus fermement dans la main de Niji, qui est maintenant debout de toute sa hauteur, ayant entraîné avec lui cette dernière. Le coeur de Sanji manque un battement lorsqu'il peut enfin voir le visage et les grands yeux beiges effarés de la pauvre victime de son frère. Du sang et des larmes, comme lui. La peur et la soumission sans conditions dans son regard. Le corps tremblant toujours de la poigne de son bourreau, qui au fur et à mesure que le temps s'écoule dans la salle à manger se fait de plus en plus robuste. De plus en plus, les longs cheveux s'étirent dans sa main, et...

Le blond met une main moite sur son torse endolori. Oh non, pas ça. Cet air sur le visage du bleuté, il le connaît. Il le connaît trop bien, même. Oh non. Il s'est trouvé un nouveau jeu, macabre et horrible comme à leur triste habitude. Oh non. Pas elle, pas cette fille...elle ne s'en remettrait pas, elle ne s'en remettrait jamais, comme lui. Oh non. Il faut qu'il se lève...qu'il puise dans ces dernières ressources...il faut...il faut qu'il fasse quelque chose...

—Par nos valeureux ancêtres Niji, s'exclame ensuite Ichiji, une pointe d'amusement dans la voix, en croisant les bras sur son torse puissant. «Tu veux arracher de sa tête les tifs de cette nana ou quoi ?»

—Excellente idée, minaude sombrement l'autre en serrant plus fort sa main, amenant la domestique à hurler plus fort. «Au moins peut-être après ça, elle saura comment on sert du café à son maître ! Hein petite garce que tu le sauras ?!»

—O-oui...Mon-mon-monsieur...halète la concernée, brisant le coeur de Sanji, qui tend désespérément la main vers la table. «Je vous en supplie...ça, ça, ça ne se re-re-reproduira plus...AAAAH !»

—Mais non, roucoule avec un sourire hypocrite son vis-à-vis. «Si je ne te punis pas maintenant, tu recommenceras sûrement. Tu sais, on dit souvent que les blondasses dans ton genre sont le summum de la connerie. Il faut bien que je te débarrasse de cette si triste nature, n'est-ce pas...?»

—Tu aurais pu attendre qu'on soit hors de table pour faire ton petit spectacle, réplique ensuite Judge en tournant sa petite cuillère dans son breuvage noir.

—T'en fais pas papa, sourit le concerné en saisissant brusquement la hanche de la jeune fille, se délectant de son air tout simplement horrifié lorsqu'il sent qu'elle a compris ce qu'il veut lui infliger. «J'en aurais terminé avec cette belle chevelure de pétasse avant que tu n'aies même terminé ton café. Eh vous autres, regardez bien ce que je fais aux imbéciles qui ne me servent pas comme il faut ! J'vous préviens, celle qui me fait encore chier c'est pas ses cheveux que j'arrache, ce sont ses ongles !»

Les domestiques encore toutes présentes répriment tous des nausées, et lancent simultanément des "Oui, bien compris monsieur" morbides. Sanji parvient enfin à faire tomber près de lui ce qu'il voulait. Le bruit métallique, si assourdissant aux siennes, ne semble pas atteindre les oreilles de son frère aux cheveux verts, trop occupé à tourner le lait dans sa tasse. Il se redresse alors, et de ses yeux bouffis calcule exactement la trajectoire. Il ne sait pas si ça va marcher...mais il faut qu'il essaie...il doit faire quelque chose pour cette fille...

—Eh bien, sans plus attendre, je vais de ce pas procéder à la nouvelle coiffure de notre grande amie la connasse !

Judge tourne avec une mine indifférente la page de son journal, Ichiji et Yonji discutent calmement autour de leurs boissons chaudes, se lançant de temps en temps des boutades et des blagues insouciantes. Sanji se mord la lèvre. La suppliciée n'arrête plus de crier sa douleur, et il sent l'air lui manquer lorsque des mèches commencent à effectivement se détacher avec une violence inouïe de sa tête. Il doit agir, ici et maintenant ! C'est le moment !

Surpris, Niji se décale légèrement pour laisser passer le couteau aiguisé, qui va ensuite se loger dans une fissure du mur. Le silence retombe dans la vaste pièce. Judge et ses deux autres fils se retournent vivement sur Sanji, éberlués, qui a toujours le bras tendu faiblement en l'air.

La jeune domestique est déjà lourdement tombée au sol, ses longues mèches toujours dans la main du bleuté, qui les regarde distraitement, avant de s'en débarrasser avec un tic nerveux. Les mèches blondes volettent doucement jusqu'aux autres employées, qui ont toujours toutes la tête fermement baissée, la stupeur se lisant néanmoins dans les yeux écarquillés et craintifs.

Un ange passe. Puis deux.

Le blond retombe ensuite au sol, essoufflé, puis sous la table, à travers les jambes de son grand frère aux cheveux rouges carmin, il peut voir que la fille respire encore, même si ses épaules tressautent toujours. Elle est entrain de pleurer...

Et elle a en prime une coupe courte maintenant.

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Zoro passe une main lasse sur son visage. Ça va faire des heures maintenant qu'il est au campus, et franchement il commence à en avoir marre. Il est proche de la fin déjà, mais il a l'impression que les cours se font de plus en plus longs et ennuyeux. En choisissant le génie civil comme filière, il n'en attendait pas moins d'une éducation de qualité, mais bon...là, il en a tout bonnement marre. Plus que marre. Et vu le silence radio de son amoureux au téléphone depuis le matin qu'ils se sont séparés en bons termes pourtant, impossible de se détendre ou de penser à autre chose. Les cours sont déjà tellement chiants que l'amphi est presque vide d'étudiants. Les quelques qui ont fait preuve de présence sont installés en petits groupes de deux ou de trois, plus les quelques solitaires égarés ça et là comme lui. Bien entendu, personne de tout ce joli monde ne l'intéresse particulièrement. Il a juste envie d'empocher son diplôme universitaire, essentiel pour pouvoir se frayer un coin de soleil dans la jungle féroce qu'est le marché du travail, pour enfin pouvoir se barrer de là. Il ne manquera certainement à personne ici, et la réciproque est encore plus vraie.

Il peste en constatant que les aiguilles de l'horloge murale ont à peine bougé depuis tout ce temps, puis se met à jouer en désespoir de cause avec son compas et son rapporteur, sur une feuille qu'il a juste tiré au hasard comme ça, dans son sac. Après avoir fait distraitement des angles droits, des cercles complets et d'autres figures franchement mornes au rythme de la voix du professeur dispensant ses explications sur tel ou tel module mal ou pas du tout assimilé par ce binoclard assis tout seul sur une rangée entièrement vide comme un con à l'avant, il se rend compte qu'il est entrain de faire joujou sur une carte géographique dessinée de façon minutieuse à la main. Et qui a tellement de détails tous tellement plus précis les uns que les autres qu'il y a un joli A et une appréciation très bonne écrits dessus, en hauteur.

Le vert cligne des yeux, un peu largué. D'où il fait géo lui maintenant, au point de tracer aussi bien des cartes et avoir une super note en plus ? Totalement dingue.

Ses pupilles sombres dévient sur le papier, cherchant une explication à ce phénomène impromptu, puis un prénom écrit en bleu attirent irrémédiablement ces dernières. Et là, son sang fait un cent mètres complet dans son cerveau.

Nami.

Merde.

Il se souvient de tout maintenant...

Pas plus tard qu'hier, il a accompagné la jeune fille à vélo jusqu'à son propre amphi, pédalant comme un dératé tellement Nami lui beuglait ne pas vouloir être en retard pour recevoir son résultat tant attendu. Et ça a pris une bonne trentaine de minutes, pour faire tout le trajet...Ils sont dans la même université, mais cette dernière pourrait bien faire la superficie d'un quartier urbain.

Donc, il l'a accompagnée, et comme elle était déjà de toute façon bel et bien à la bourre, elle n'est arrivée qu'à la remise des notes. Pour une deuxième année, sa carte était tout simplement incroyablement bien faite. Tellement que sa professeure principale, une blonde à la mine sévère avec un grand front et une paire de petites binocles bleutées, a voulu immortaliser le bout de papier.

L'ovation forcée des autres étudiants n'a pas suffi, elles ont aussi pris une photo avec le chef-d'œuvre et tous les autres membres du département à tour de rôle puis tous ensemble, et bien entendu Nami a tiré son pote de toujours dans ces conneries niaises. En faisant la gueule comme d'habitude, Zoro avait finalement accepté de poser sur toutes les photos avec les deux femmes.

Souriante donc, elle avait ensuite (enfin !) récupéré en mains propres son devoir, et la prof lui avait demandé la permission de faire encadrer sa carte et de l'afficher dans quasiment tous les bureaux du département concerné. A titre de quoi...? avait soupiré le vert. Ce n'est qu'une vulgaire carte putain. Il y en a des tas et des tas, mieux définies même, qui circulent aux prix les plus bas...

La rouquine, un rouge inhabituel et donc suspect aux joues, avait bien sûr accepté de vive voix, et les deux avaient alors échangé un rire content mais un peu embarrassé quand même avant de finalement réussir à se décoller l'une de l'autre. Et de lui refiler ensuite l'oeuvre d'art, sans aucune raison valable maintenant que Zoro y réfléchit bien. Et de lui dire en s'en allant qu'il devra la rapporter aussi impeccable qu'à la première minute de son triomphe à 15 heures pour la "cérémonie" de passation.

Et là, il est 14 heures pétantes, et la carte géographique est purement et simplement bousillée, avec les formes qu'il a dessinées et tous les autres gribouillis additionnels. Le temps de chercher à réparer sa bourde, puis celui d'arriver au département de géo, il en aura pour beaucoup plus qu'une petite heure à se pointer...

Bordel. Nami va le tuer.

Mais bon, il n'y a donc plus de temps à perdre. Il s'empresse ensuite de prendre son téléphone dans son sac, puis entre rapidement dans l'application de messagerie Internet. Puis d'entrer dans le groupe de conversation qu'il tient avec—entre autres—la concernée. Il tape frénétiquement un message, et n'attend pas de voir les réponses avant d'en sortir. Puis après un dernier coup d'oeil dans le profil privé de Sanji, il se lève, bougon, puis sort de l'amphi sans un mot et laissant dans un silence stupéfait les autres.

Où est ce satané cook quand on a besoin de lui ?!