Chapitre I
Gabrielle entendit la voix de sa sœur l'appeler plusieurs fois puis elle entendit un drôle de son … Une sorte de cri. Elle se sentit déposée sur le sol froid, à moitié consciente, puis elle entendit Lila crier. Sur qui, elle ne le savait pas. Une voix grave, posée, mais glaciale répondit à sa sœur. Celle-ci cria à nouveau. Elle ne prit pleinement conscience de ce qui arrivait que lorsque sa vision redevint claire et qu'elle reprit connaissance. Ce qu'elle vit la fit trembler. Une multitude de guerriers se battait autour d'elle. Se battre était un bien grand mot. Les villageois n'avaient aucune chance de ne pas être capturés ou tués. Tout le village allait être détruit. Toute son enfance. Lila était devant elle et lui tournait le dos, bras écartés. Elle faisait face à une guerrière aux cheveux de jais et au regard aussi glacial que sa voix. Elle frissonna. La guerrière sourit sadiquement à Lila et lui lança un regard de braise malgré les deux saphirs froids qu'elle avait à la place des yeux. Lila ne trembla pas. Gabrielle, elle, sentit sn cœur battre à une vitesse inimaginable. Elle sentit une goutte de sueur couler entre ses seins. Elle commença à trembler devant ce sourire sournois et ces yeux tueurs. Elle fût bien contente d'être déjà au sol. Si elle n'y était pas déjà avant l'apparition de la terreur aux yeux bleus, elle y aurait de toute façon été après.
L : Je ne te laisserai pas la prendre comme esclave Xena. On te connait. Quand ils deviennent tes esclaves, ils le restent jusqu'à leur mort.
X : Comme tous les esclaves. Je ne vois pas ce que je fais en plus ou en moins. En plus, mes esclaves sont bien traités. Pas comme certains autres seigneurs de guerre.
Gabrielle avait déjà entendu ce nom quelque part … Mais oui. L'impératrice elle-même ! Elle avait même entendu qu'elle prévoyait de se marier avec César dans quelques mois. Ses crimes étaient odieux. Elle rasait des villages entiers qui avaient osé lui résister, ne laissant aucune âme qui vive, tuant hommes, femmes et enfants.
L : Je ne te laisserai pas prendre notre liberté.
X : (Xena laissa échapper un rire et fit tourner son épée) Alors, ce sera votre vie. C'est bien dommage car la petite derrière toi m'aurait rapporté gros.
Gabrielle devait réagir. Elle voyait bien que si Lila continuait à provoquer cette Xena, elles mourraient toutes les deux.
Elle se releva alors et fit face à la terreur elle-même. Elle posa ensuite la main sur l'épaule de sa sœur et parla de sa voix tremblante.
G : Arrête Lila !
L : (se retournant vars sa sœur) Mais Gab …
G : (elle la coupa) Non ! Je ne te laisserai pas te faire tuer.
Xena baissa son arme et mit sa tête de côté, amusée par cette petite blondinette.
G : (à Xena) Prenez-moi comme esclave. Je vous jure que je ne tenterai jamais de m'échapper. Mais laissez Lila, ma famille, mes amis et le village en paix.
Xena demanda à ses guerriers d'arrêter le combat et Gabrielle fit de même avec les villageois.
X : Tu m'en demande beaucoup … Intéressant mais pas aussi amusant ! Ta famille et tes amis peuvent se négocier mais tout le village, non.
G : Bien. Je vous écrirai sur un parchemin le nom de ma famille et de mes amis.
X : Je n'ai pas dit que j'acceptais ! Mais si tu dis que tu n'essayeras jamais de t'échapper ou de te retourner contre moi, je veux un document écrit.
Normalement, elle ne se laissait pas avoir aussi facilement. Mais l'idée d'avoir une esclave qui ne se rebellerait pas et de, pour une fois, épargner quelques personnes – ce qui remonterait sa côte auprès de son peuple - la décida à signer le parchemin qu'avait fait Gabrielle et à le donner aux villageois. Celle-ci signa en retour un autre parchemin qu'elle remit à Xena. Cette dernière prit prestement le bout de papier et le rangea entre ses deux seins, dans son armure.
X : Tu es à moi maintenant et tu vas me suivre gentiment avec le reste du village.
G : Mais …
X : (elle la coupa) Oui je sais. Que ceux qui ne sont pas de tes amis ou de ta famille.
Elle fit signe à ses soldats de prendre ceux qu'elle avait négociés et de les attacher.
G : Je veux dire au revoir à ma famille.
X : Fais … mais vite. Je n'ai pas que ça à faire.
Gabrielle regarda tristement sa sœur, la prit dans ses bras, puis dit au revoir à chaque personne qu'elle aimait et qu'elle n'allait probablement plus jamais revoir. Elle avait peut-être fait une bêtise mais elle avait sauvé une grande partie du village en agissant de la sorte. Oui. Elle l'avait fait pour le bien d'une grande majorité. Maintenant, elle allait voir ce que la terreur aux yeux bleus allait lui faire faire. Laver le sol ? Sûrement. Lui apporter à manger lors des dîners ? Peut-être. En tout cas, à partir de ce moment, elle n'était plus libre …
Donnez-moi vos impressions s'il vous plait ...
