MISSION SECRETE
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Bon, ben là, c'est râpé.
Il y a des journées, comme ça, où les petites contrariétés s'accumulent. Johanna pensait avoir atteint son quota pour les trois années à venir, au moins.
Alors que Mrs Blum faisait mine de refermer la porte derrière elle, la jeune femme en bloqua le battant du bras.
« Je pense qu'il est inutile que je vous fasse perdre votre temps… » dit-elle d'une voix neutre.
Du coin de l'œil, elle vit Mrs Blum la fixer d'un air surpris.
« Mais pas du tout, Johanna, répliqua l'Indien goguenard, entrez, entrez, je vous en pris ! »
La jeune femme fronça imperceptiblement les sourcils, mais avança de quelques pas. Derrière elle, elle entendit la porte se refermer doucement.
OK. Pourquoi il faut que je me montre polie avec ce petit salopard qui se fout de moi et qui en plus se permet de m'appeler par mon prénom, déjà ? Ah , oui , pour trouver de quoi permettre à Harry de lui faire la peau. Ça devrait suffisamment me motiver.
« Ne soyez pas timide, approchez, venez vous asseoir ! »
Son sourire s'était fait moins moqueur, plus chaleureux. Il avait parlé doucement, presque dans un murmure. Avec son timbre grave, cela tenait presque du ronronnement. Il avait une jolie voix, il fallait le reconnaître.
Sans un mot, Johanna s'installa en face de lui. Ne se sentant toujours pas prête à ouvrir la bouche sans se montrer agressive, elle attendit patiemment la suite.
« Je tiens à renouveler mes excuses, pour ce qui s'est passé ce matin. Je suis réellement navré.
– Vous le cachez bien ! »
Aïe ! Mauvaise réponse ! Tiens ta langue, bon sang !
Mais Wolf ne parut pas se formaliser de la réponse acide de la jeune femme. Au contraire, son sourire s'élargit et fit apparaître ses dents, dont la blancheur ressortait agréablement sur son visage mat.
« Bien évidemment, je prendrai en charge vos frais de blanchisserie.
– J'ai une machine à laver le linge, merci. »
Mais tu vas arrêter, oui ? Tu vas lui sauter à la gorge dès qu'il ouvre la bouche ? C'est pas comme ça qu'il acceptera de t'embaucher ! Mets-la en veilleuse !
Apparemment, l'Indien en était venu aux mêmes conclusions, parce qu'il lui demanda :
« J'ai dit que vous ne me feriez pas perdre mon temps si on avait cet entretien, mais finalement c'est peut-être moi qui vous fais perdre le vôtre ? »
Il continuait à sourire, mais ça n'atteignait plus ses yeux si noirs qu'on ne distinguait pas l'iris de la pupille.
Johanna inspira et lui répondit d'un ton aussi courtois qu'elle en était capable :
« Non, ce travail, je le veux réellement. J'ai juste du mal à croire qu'après ce qu'il s'est passé ce matin, après ce que je vous ai dit, vous comptiez sérieusement m'engager. Je me dis que vous continuez à vous payer ma tête, et ça doit me rendre un petit peu agressive.
– Un petit peu agressive, murmura-t-il en hochant la tête, de nouveau amusé. Je vous rassure, Johanna, au vu de votre CV, vous êtes la personne qu'il nous faut. Je pense très sérieusement vous engager. Pour ce qui est de ce matin, votre colère était tout à fait justifiée. Je n'aurais pas dû rire quand je vous ai vue… pour ma défense, ce n'était pas de vous dont je me moquais, en plus !
– Vraiment ? Vous faisiez bien semblant, en tout cas !
– Dites, vous avez toujours ce comportement de pitbull, quand vous passez des entretiens, où ai-je le monopole de votre sale caractère ? »
La jeune femme se retint de répliquer trop rapidement. La réponse qui lui était venue spontanément à l'esprit n'était pas tout à fait politiquement correcte.
« Vous avez raison, je suis… un vrai roquet ! Je suis désolée… vous savez quoi ? Pour ce qui est de la blanchisserie, je décline toujours votre offre ; en revanche, je ne sais pas si mon I-pod fonctionne encore. »
Wolf leva un sourcil interrogateur.
« Oui, mon sac n'était pas fermé, et il a pris un peu l'eau… alors si l'I-pod est hors d'usage, je veux bien que vous m'en preniez un autre… ça ne vous coûtera pas plus cher. Et on sera quitte.
– Vous l'avez sur vous ? Oui ? Eh bien, essayez-le, pour voir… »
Johanna sortit le petit baladeur de son sac. Il s'agissait du modèle le plus simple, minuscule et sans écran. Elle glissa l'un des écouteurs à son oreille droite et alluma l'I-pod. La petite lumière témoin vira au vert et la musique lui parvint haut et clair. Il fonctionnait.
« Vous avez de la chance, ça marche.
– Je vous reste donc redevable.
– Engagez-moi, et nous serons quittes ! »
L'Indien sourit largement. Maintenant que la jeune femme n'était plus aussi remontée après lui, elle s'aperçut qu'il était vraiment très séduisant quand il souriait.
« Très bien, alors penchons-nous un peu sur votre CV, dit-il d'un ton professionnel. Diplômée d'une grande école d'informatique. Parlant couramment le français et l'espagnol. Quand vous dites couramment, c'est quel niveau, exactement ?
– Ma mère est Française. Je passe au moins un mois et demi en France chaque année. Et mes grands-parents ont une maison en Espagne, où on va une ou deux semaines en été…
– Votre famille habite où, en France ? A Paris ? »
Johanna sourit. Pour les Américains, la France se limitait à la capitale.
« Pas du tout. Ce sont des Catalans, ils habitent au sud de la France, près de l'Espagne, côté mer Méditerranée…. Je ne sais pas si vous situez…
– Oui, je vois à peu près… et vous-même êtes née en Louisiane ? Qu'est-ce qui vous amène à Seattle… si ce n'est pas indiscret ? »
La jeune femme inspira un grand coup : c'était parti pour la grande scène de la Sudiste en exil.
….
Johanna était de nouveau dans le bus, en direction de son studio. La jeune femme faisait mentalement le point sur son entretient avec Wolf. Dans l'ensemble, ça s'était bien passé, même la fameuse question : qu'est-ce qu'une jolie fille comme vous faites dans cet endroit, ou plutôt sa variante, pourquoi une Sudiste viendrait postuler pour un emploi se situant quasi sous le cercle arctique ? La jeune femme exagérait, mais c'était en gros ce qu'elle avait rétorqué à Harry, quand il l'avait appelée pour lui demander de se faire embaucher par l'entreprise LG dont le siège se trouvait dans la capitale de l'état de Washington.
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« C'est une blague ? s'était exclamée Johanna. Seattle ? Et pourquoi pas Anchorage, tant que tu y es ?
- Non, ce n'est pas une blague. Et il n'est pas impossible que tu fasses un saut en Alaska aussi, figure-toi… répondit posément Harry, du ton de celui qui sait déjà que la conversation risque de durer.
– Mais qu'est-ce que tu veux que j'aille y faire, dans cette boîte ?
– Je veux que tu craques leur système de sécurité informatique.
– Alors Jordy est celui qu'il te faut, rétorqua la jeune femme d'un ton sans réplique.
– Sauf que ton frère ne serait pas capable de se protéger comme tu pourrais le faire. Et rien de t'empêche de le mettre sur le coup quand tu seras dans la place.
– Mais bon sang en quoi elle t'intéresse, cette foutue entreprise ? s'énerva Johanna.
– L'entreprise en elle-même, en rien. Ce sont ses propriétaires, qui sont dans mon collimateur.
– Je peux savoir pourquoi ?
– Pour l'instant, je ne préférerais rien te dire. Je te mettrai au courant si tu arrives à te faire engager. »
La jeune femme respira un grand coup, histoire de ne pas envoyer paître l'homme qui lui avait sauvé la vie.
« Et d'abord, sous quels motifs tu t'occuperais d'une entreprise dans l'état de Washington, toi ? Tu as un mandat fédéral qui t'autorise à enquêter dans tous les Etats Unis, maintenant ?
– Il n'y a pas de bureau spécial similaire au mien, à Seattle… c'est l'autre raison pour laquelle je te le demande à toi, et pas à un de mes gars. C'est on ne peut plus officieux ! Mais d'après mon indic, c'est du gros poisson qu'on risque de pêcher…
– Si tu as besoin de mes talents particuliers, je suppose que ce ne sont pas des enfants de chœur… excuse-moi d'insister, mais j'aimerai quand même savoir dans quoi je mets les pieds ! finit-elle par dire, un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait souhaité.
– Je ne t'enverrai pas à l'échafaud comme ça, Johanna ! Aucun des gros pontes ne met jamais les pieds dans les bureaux du siège, d'après mes renseignements. Tu ne devrais pas les rencontrer. Je te le demande à toi plutôt qu'à Jordy juste au cas où…. Et puis tu es plus dispo que lui, en plus !
–… bon, inutile que j'insiste, pas vrai ? Tu ne lâcheras le morceau que si je décroche cet emploi ? maugréa Johanna.
- Ça veut dire que tu acceptes ? »
Harry parvenait presque à lui faire croire qu'il en avait douté. Un Oscar pour l'inspecteur !
« Est-ce que je t'ai déjà refusé quoi que ce soit ? soupira-t-elle.
- Je ne sais pas, Jo, je ne tiens pas de stats, ricana son mentor. Merci, je ne te l'aurais pas demandé si ça n'était pas important.
- Ouais, c'est ça… arrête la pommade, Harry, je t'ai dit que c'était bon….
- Ok. Je t'ai déjà dégoté un petit studio sympa, tu m'en diras des nouvelles ! »
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Johanna avait décidé de ne pas rappeler Harry avant d'arriver dans le meublé loué avec les fonds occultes du département des Affaires Particulières. Le point positif du côté marginal de la Brigade qu'il chapeautait, c'est que les affaires qu'il traitait sortaient tellement de l'ordinaire que le gouverneur de Louisiane avait préféré ouvrir un compte spécial pour que l'inspecteur ait les mains libres sur ses enquêtes. Que le fils du notable doive lui aussi sa vie à Harry et son équipe y était sans doute pour quelque chose…
Quand elle parvint devant la porte du studio, Johanna resta un moment interdite en essayant de tourner la clef dans la serrure, avant de se rappeler qu'elle était partie si précipitamment qu'elle n'avait pas pris la peine de verrouiller. Entrant en soupirant, elle constata que personne n'en avait profité pour y faire un tour. La jeune femme prit le temps de ramasser les affaires souillées qu'elle avait laissées traîner par terre, les jeta dans la corbeille à linge dans la minuscule salle d'eau, ôta ses chaussures et les rangea dans le placard en compagnie des escarpins à présent secs.
Puis elle s'octroya tout son temps pour se changer, troquant son ensemble gris contre un vieux jean clair qui était tellement usé qu'il menaçait de craquer par endroits ( son préféré, le plus confortable ) et un T-shirt noir ample qui lui descendait jusque en haut des cuisses. Le téléphone se mit à sonner pendant qu'elle sortait un yaourt du frigo. Il n'y avait qu'une seule personne qui avait le numéro du studio. Elle ne fit pas mine de décrocher.
« Tu ne risqueras pas de croiser les grands pontes, pas de souci, ils ne viennent jamais ! … Tu parles ! » pestait intérieurement la jeune femme.
Elle attendit une minute après la fin de la sonnerie et consulta le répondeur.
La voix légèrement inquiète de Harry se fit entendre :
« Heu, oui, Johanna… ? C'est Harry. Je n'ose pas appeler sur ton portable, j'ai peur que tu aies oublié de le couper et que tu sois encore en entretient avec Blum… rappelle-moi dès que tu rentres … »
Johanna raccrocha, resta quelques secondes à fixer l'appareil, puis fit preuve d'une grande maturité en lui tirant la langue. Elle s'installa ensuite sur le clic-clac bleu qui lui tenait aussi lieu de lit et finit consciencieusement son yaourt, avant d'aller jeter l'emballage à la poubelle. Elle entreprit ensuite de nettoyer la petite cuillère et enchaîna avec la vaisselle du petit déjeuner.
Elle hésita un instant à reprendre le cours de la lecture de son livre de chevet, mais finit par avoir pitié des nerfs de l'inspecteur de police.
Johanna prit son portable et lança le numéro mémorisé de Harry. Il faisait partie des trois numéros gratuits qu'elle pouvait appeler, avec son frère et sa meilleure amie.
L'inspecteur décrocha alors que la première sonnerie n'était pas terminée. La jeune femme eut un petit sourire sadique.
« Allô, Johanna ?
– Oui, c'est moi.
– Ah, enfin ! Je commençais à me faire du souci ! Tu avais rendez-vous à neuf heures et demie, et il est presque midi !
– Ben, j'ai eu quelques petits contretemps…
– Quels contretemps ? Tu n'as pas réussi à te faire embaucher ? » dit Harry d'une voix inquiète.
Johanna ricana en se calant confortablement sur le clic-clac, et répondit :
« T'as un petit quart d'heure devant toi ? Parce que je vais me faire un plaisir de te raconter ma matinée.
– Heu… vas-y, je t'écoute… ».
Harry paraissait circonspect. Il connaissait bien Johanna, il savait que la jeune femme ne le tenait pas en haleine innocemment, et au ton de sa voix, il avait comprit qu'elle était « légèrement » remontée.
« Eh bien , figure-toi que ce matin, je suis partie à l'heure exacte de chez moi ! »
Apparemment, Johanna attendait un commentaire à cette entrée en matière. Il était vrai qu'il s'agissait en soit d'un exploit, la jeune femme semblant ne jamais être sur le même fuseau horaire que son voisinage. C'est pourquoi Harry s'extasia ironiquement :
« C'est très bien, ça, je te félicite !
– Tu peux. Sauf que c'est juste à ce moment là qu'un abruti a roulé dans la flaque d'eau qui stagnait dans le caniveau et que je me suis retrouvée trempée de la tête aux pieds.
– C'est pas vrai ? !
– Si. Et le conducteur s'est arrêté et est descendu de voiture pour …. En fait je sais pas trop pourquoi, sûrement pour se payer ma tête parce qu'il était mort de rire ! Toujours est-il que je l'ai traité de tous les noms.
– Je m'en doute… et c'est tout ? Tu n'as fait que l'insulter ? »
La voix de Harry laissait paraître une légère anxiété. Johanna savait qu'il vivrait toute sa vie avec l'appréhension qu'un jour elle ne puisse pas se contrôler.
« Oui, je n'ai fait que ça. Je ne lui ai même pas collé une baffe, pourtant je peux te dire que ça me démangeait ! Enfin, encore eut-il fallu que je puisse l'atteindre… en sautant, peut-être….
– Qu'est-ce que tu racontes ?
– C'est un géant, ce type. Pas loin des deux mètres, à mon avis.
– Ouh là… estime-toi heureuse que ce ne soit pas lui, qui t'en ait allongée une, si tu l'as insulté…
– Tu parles ! Il était hilare ! Et tu peux être fière de moi, parce que ça m'a vraiment énervée, tu imagines bien ! Eh bien, self contrôle total, j'ai assuré grave.
– Super, ça, Jo !
– Bref, je l'ai laissé là en lui souhaitant quelque chose comme mourir dans un accident de voiture, ou un truc du style, et j'ai filé me changer. Je te le passe en accéléré pour arriver au moment où j'ai été reçue par Rosanna Blum.
– Tu étais très en retard ?
– Pas vraiment. Surtout que ce n'est pas elle, en fait, qui m'a fait passer l'entretient…
– Ah ? Elle n'était pas disponible ?
– Si. Mais comme je suis née sous une bonne étoile, c'est un des grands pontes qui a fait mon entretient d'embauche. Tu sais, un de ceux qui ne mettaient soi-disant jamais les pieds à leur bureau ! dit Johanna d'un ton acide.
– Quoi ! s'exclama Harry. Tu plaisantes ! Tu as vu un des patrons ? Comment il était ?
– Comme le gars qui m'a arrosée ce matin.
– Hein ?
– C'était le même. Le crétin que j'ai insulté. C'était lui.
– C'est pas vrai ?
– Ben si. Autant dire que pour me faire engager, c'était pas gagné !
– Comment il était ? Physiquement ? »
Johanna resta interdite. Elle avait perçu dans la voix de Harry un mélange d'excitation et d'appréhension.
« Comment ça, physiquement ? Tu veux que je te le décrive ? finit-elle par demander.
– Oui !
– Ben, très grand, comme je te l'ai déjà dit, les cheveux longs et noirs, mat de peau… un Amérindien, à mon avis….
– Mat de peau ? Tu es sûre ?
– Je viens de te dire qu'il doit être amérindien ! T'as déjà vu des Westerns dans ta vie, non ? ironisa la jeune femme, qui ne comprenait pas vraiment où Harry voulait en venir.
– Ok, ok… Tu m'as dit qu'il était sorti de sa voiture, tout à l'heure ?
– Oui…
– Il pleuvait ?
– Pardon ?
– Il a roulé dans une flaque, c'est qu'il devait pleuvoir, non ?
– Heu… non… en fait non, il ne pleuvait plus… mais bon sang, c'est quoi toutes ces questions tordues, à la fin ? Ça ne t'intéresse pas de savoir si oui ou non j'ai décroché le poste ?
– Si, si, mais…. T'as réussi ? Il t'a prise, malgré ce qui s'est passé ce matin ? dit-il, stupéfait.
– Oui, et j'en suis la première étonnée !
– Tu commences quand ?
– Demain…
– ….
– Allô ? Harry ?
– Comment il s'appelle, ton boss ?
– Wolf. Je ne connais pas son prénom.
– Ok. Attends une minute. »
Johanna entendit son interlocuteur poser le téléphone, et un bruit de touche de clavier qu'on pianote. Au bout de quelques minutes, Harry reprit le combiné.
« Johanna ?
– Oui ?
– Je pars tout de suite pour Seattle, j'arriverai demain à 10 heures du matin. A quelle heure tu dois être à ton travail ?
– Neuf heures.
– …. je suppose que ça ne serait pas cool d'arriver en retard pour ton premier jour… »
Johanna faillit avaler sa salive de travers.
« Pardon ? Arriver en retard ? Non mais je rêve, là ! C'est toi qui me dis ça ? » s'insurgea la jeune femme.
Comme il ne répondait pas, elle poursuivit :
« Allez, crache le morceau, maintenant, Harry ! Tu m'avais dit que tu me mettrais au courant si je me faisais engager !
– … j'aimerais mieux t'expliquer ça demain, de vive voix…
– Harry… » fit-elle, en appuyant bien sur le « i », menaçante…
L'inspecteur soupira.
« Ok…d'après mon informateur, ceux qui possèdent la firme LG ne seraient pas… heu … humains. »
Johanna repensa à son patron. S'il n'était pas humain, c'était un super imitateur.
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
– Tu vois, Jo, il vaut mieux que je te raconte tout demain.
– …d'accord, capitula-t-elle.
– Je peux te retrouver à ta pause déjeuner ?
– Heu… oui… mais je ne sais pas où, je n'ai aucune idée de l'endroit où je vais manger…
– Je t'appellerai pour te donner rendez-vous.
– Ça marche. A demain, alors !
– A demain. »
Mais avant que Harry ne raccroche, Johanna ne put s'empêcher de lui demander :
« Attends, attends !
– Quoi ?
– Dis-moi juste : s'ils ne sont pas humains, qu'est-ce qu'ils seraient ?
– …
– Allez, juste ça, et je raccroche, promis !
– … des vampires. »
La jeune femme resta bouche bée à fixer son téléphone bien vingt secondes après que Harry ait raccroché.
