Bonjour à tous, comment allez-vous ? Moi super, il fait trop beau et ça fait trop du bien xD Merci pour vos reviews & mise en favoris, ça fait plaisir ! Voici le 1er chapitre, j'espère qu'il vous plaira !
Pour le rating, j'ai mis M parce que ce sera parfois un peu violent et parfois un peu « citronné » comme on dit ; des personnes me l'avaient demandé pour l'autre alors voici (pas dans ce chapitre, quand même pas xD)
RRA :
Guest : merci ! j'espère que la suite te plaira tout autant
Benedicte : merci beaucoup, j'espère que cette fic te plaira !
Rose : merci :)
Juls : merci beaucoup ! Bisous !
Merci à Emilie & Aude
Chapitre 1
Le soir était tombé sur le QG de l'Ordre du Phœnix. Une énième réunion venait de se terminer et chaque membre rangeait ses affaires pour partir. Certains parlaient de leurs missions du moment, de la santé de l'un, de l'autre. Beaucoup se taisaient parce que la situation était grave. Ils n'avaient pas eu de nouvelles de certains membres partis en mission depuis plusieurs jours et cela les inquiétait. Un peu las, Ron Weasley retourna vers ses appartements en compagnie de son père qui avait également assisté à la réunion. En quelques mois, Ron avait l'impression d'avoir pris dix ans. Il se sentait vieux, las, dépité. Il mangea avec plaisir le repas que sa mère avait préparé à ceux qui habitaient à Poudlard.
Avec la longueur de la guerre, ils avaient du s'organiser et Ron avait participé activement à cette réorganisation. Poudlard était devenu à la fois le QG de l'Ordre, un lieu de protection pour les plus faibles ou ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient se battre. De nouvelles protections y étaient rajoutées régulièrement. Le Square Grimmaurd était devenu un lieu de préparation des missions et parfois également de lieu de réunion. Au Terrier, la protection avait été agrandie jusqu'à la maison des Lovegood. Entre les deux, de nouvelles maisons s'étaient construites où des sorciers, membres de l'Ordre ou des familles moldus de sorciers habitaient. Même si certains trouvaient dangereux une trop grande concentration de sorciers, Ron et quelques autres pensaient que c'était au contraire un avantage. Aussi, il existait à travers le pays, plusieurs points d'ancrage pour les sorciers et moldus, s'ils le voulaient.
Après un repas animé, Ron partit se coucher. Les réunions l'épuisaient toujours. Kinglsey étant en mission, c'était lui qui l'avait organisé. Bien que cela fasse plus d'un an qu'il était devenu aussi important dans l'Ordre, certains avaient encore du mal à l'accepter et pinaillaient sur chaque point qu'il exposait. Heureusement qu'il avait le soutien de ceux qu'il considérait comme les plus grands : Maugrey, Kingsley et Lupin.
Même si aujourd'hui était un jour sans trop de motivation, Ron se plaisait beaucoup à cette place. Il aimait décider, organiser les missions, se plonger dans des discussions stratégiques pour éliminer un peu plus de Mangemorts. Il y était doué, il le savait maintenant. Les débuts avaient été difficiles. D'habitude, il écoutait parler Harry et Hermione. Mais sans eux, il avait du se mettre en avant, parler, donner son avis. Souvent, il imaginait les conversations entre ses deux amis et il décidait en fonction de ça. Il les connaissait assez bien pour savoir ce qu'ils auraient dit ou pensé.
Penser à Harry et Hermione le plongea un peu plus dans sa morosité. Cela faisait maintenant plus d'un an qu'il ne les avait pas vus. Il avait de leurs nouvelles régulièrement. Tous les mois. Pas plus sinon cela se révélerait trop dangereux, il le savait. Mais l'inquiétude demeurait toujours en lui. Leurs missions étaient tellement risquées !
Il se déshabilla pour se mettre en pyjama, appliquant avant cela un baume sur ses dernières cicatrices qui barraient son torse dues à sa dernière rencontre avec Blaise Zabini. Ce dernier en était reparti encore plus blessé. Ron n'était plus le gentil Ron de Poudlard. C'était maintenant un soldat, un membre de l'Ordre au même titre que les autres et si certains ne l'acceptaient pas encore tout à fait dans son rôle de dirigeant, personne ne pouvait nier sa capacité sur le champ de bataille. Il n'avait jamais été mauvais, mais n'était pas à la hauteur des plus grands. Après de nombreux entraînements, beaucoup organisés par Kingsley qui était devenu son mentor, il s'était largement amélioré.
Enfin, il se mit au lit et ne mit pas beaucoup de temps pour tomber dans les bras de Morphée. Il fut réveillé par le son habituel des quelques coups toqués par sa sœur contre la porte de sa chambre. C'était le dortoir dans lequel il avait passé sept années de sa vie. Heureusement, il avait pu modifier certaines choses : déjà, il n'y avait plus qu'un lit. Il prit son petit-déjeuner rapidement avant de retourner dans son « bureau » pour organiser une mission pour quelques jeunes du groupe. Il s'installa avec son père et lesdits jeunes pendant deux bonnes heures avant de ressortir de la salle.
-On a bien travaillé, ils sont prêts, fit Arthur en les voyant partir.
-Oui, je pense. Enfin le petit Johnson n'en fait qu'à sa tête parfois !
-Il me faisait un peu penser à toi pourtant.
Ron grimaça, avouant à demi ce qu'Arthur pensait.
-Peut-être bien.
-On a ce problème en potions.
-Quel problème ?
-On ne sait pas justement. Les jeunes ont fait comme Rogue l'avait marqué mais ce dernier est en mission et ils sont pourtant sûrs d'avoir fait comme il faut mais rien ne marche et ils sont bloqués.
-Je vais essayer de contacter un autre maitre de potion qui travaille pour nous parfois. Autre chose ?
-Non, on a fait le tour pour cette mission. Je vais avec Rémus pour organiser la mission de lundi.
Sur ce, Arthur partit. Ron chercha alors un spécialiste de potions, en vain, avant d'aller voir Maugrey pour des membres suspectés de vouloir déserter. Toute la journée, il organisa des missions. Il était pressé de voir Kingley revenir pour pouvoir y repartir lui-même. Il aimait l'administratif mais il avait également besoin d'action.
Dumbledore était parti depuis longtemps maintenant et heureusement l'Ordre avait réussi à survivre sans lui même si les débuts avaient été difficiles. Beaucoup avaient perdus en motivation, surtout qu'Harry, Hermione et lui étaient partis un an à la recherche des horcruxes, en vain. Ils étaient entrés bredouille et avaient décidé, pour la première fois, de désobéir à Dumbledore et de demander de l'aide. C'est comme ça que l'ordre avait retrouvé le nerf de la guerre.
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La maison était perchée sur la colline ; elle ne payait pas de mine. Elle était toute simple, comportait un salon, une cuisine, deux chambres, un bureau et un immense jardin qui surplombait une colline. A l'intérieur, deux habitantes : une jeune fille de 16 ans qui, une fois n'est pas coutume, s'ennuyait et sa grand-mère qui aurait aimé donné plus à celle qu'elle appelait sa petite fille et qui ne l'était pourtant pas. En cette journée automnale, Hannah s'était plongée dans un livre policier et elle s'entêtait à trouver le meurtrier. Deux heures après, elle l'avait fini et proposa à sa grand-mère d'aller se promener. Les paysages se dessinaient à perte de vue.
-Grand-mère, pourquoi je ne peux pas aller voir mes amis ?
-Tu sais pourquoi, Hannah. Je n'aime pas ça.
-Oui, je sais, je sais. Mais j'ai besoin de les voir, de sortir… et cette classe de neige !
-J'ai dis non, Hannah.
-Tu as peur mais… cette guerre… je ne la vois pas moi.
-Je sais une chose : je veux te protéger et c'est comme ça que ça marche. Je sais que tu attends autre chose de la vie et j'aimerais pouvoir te l'offrir, ma chérie. Ce n'est pas possible pour le moment.
-Alors quand ?
-Cesse de poser des questions.
Hannah se mordit la lèvre pour s'empêcher de pleurer. Elle savait qu'il y avait surement plus à plaindre qu'elle. Elle avait quelqu'un qui l'aimait, elle ne manquait de rien… mais elle se sentait enfermée sous une bulle de protection.
Susan vit bien qu'elle avait vexé sa petite fille et se renfrogna. Combien de temps encore cette guerre allait-elle durer ?
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La pluie ne cessait de s'abattre sur cette prison du Sud de l'Angleterre. Elle regardait les nuages se noircir de plus en plus, comme si c'était encore possible. A ses côtés, Charlotte tremblait. Elle encadra ses frêles épaules de son bras et croisa le regard de la femme assise en face, comme si elle essayait de lire en elle. Elle allait ouvrir la bouche quand un Mangemort entra, faisant claquer la porte du baraquement. Toutes les femmes présentes se levèrent, comme elles y étaient obligées. Le soldat, elle le connaissait bien et elle l'aurait tué de ses propres mains si cela ne voulait pas dire se condamner elle-même. Il s'arrêta devant Charlotte et sourit.
-Toi !
-Non ! Souffla-t-elle.
Les autres femmes grognèrent. C'était la première fois qu'elle était choisie. Elle n'avait que 14 ans. Elle savait qu'elle risquait beaucoup mais elle ne pouvait décidément pas laisser faire ça.
-Elle est trop jeune, affirma-t-elle d'une voix éraillée.
-Et alors ? Tu te portes volontaire, peut-être ?
-Oui, souffla-t-elle.
-Non Ella, ne fais pas ça, supplia Charlotte, terrifiée, en se tournant vers elle.
Le soldat rit et empoigna son bras violemment. Elle entendit Charlotte s'excuser et pleurer et elle ferma son cœur et sa tête. Elle devait se concentrer sur ce qui l'attendait. Elle n'avait jamais été prise non plus, son statut moldu n'était pas engageant pour les sorciers qui passaient par ici. Le soldat lui dit des grossièretés qu'elle ignora ; elle n'était pas là pour ça. Il s'arrêta à une porte et elle se mit malgré elle à trembler. Il frappa et on lui dit d'entrer. Elle examina le Mangemort dans la pièce et se figea en le reconnaissant ; elle baissa la tête.
-Malefoy. Te voilà une distraction.
Drago Malefoy se tourna vers la porte d'entrer et remarquer une jeune fille toute frêle près de la porte.
-Une distraction ?
-Un rituel si tu veux. Fais en ce que tu veux. En plus, elle s'est portée volontaire pour sauver une petite fille.
Drago faillit refuser mais le garde était déjà reparti. Il ignora la jeune fille et continua de sortir ses affaires dont il aurait besoin pour la nuit. Il n'aimait pas venir dans ses baraquements, il les évitait au maximum mais on le lui avait demandé et il n'avait pu refuser. Ni son père, ni le Seigneur des Ténèbres ne l'auraient permis. Il ne voyait pas l'intérêt de garder autant de prisonniers mais on ne lui avait pas demandé son avis et il ne le donnait pas. Il se retourna enfin vers la jeune fille qui baissait toujours la tête.
-Comment t'appelles-tu ?
-Ella.
Drago fronça les sourcils.
-Lève la tête.
Drago eu un mouvement de recul en la reconnaissant. Elle avait des cheveux courts, coupe obligatoire pour les prisonnières ici. Sinon, il l'aurait surement reconnu bien plus tôt.
-Granger !
Elle fronça les sourcils, sembla surprise.
-Comment ?
-Tu… joue pas à ça avec moi, Granger. Qu'est-ce que tu fous là ? Je n'ai pas entendu que tu avais été fait prisonnière !
-Je, je m'appelle Ella.
-Non, tu t'appelles Hermione Granger.
-Je, non. Ella.
-Comme tu veux.
Drago sortit de la pièce et alla au bureau du surveillant général.
-Je veux le dossier de cette Ella que vous m'avez ramené.
-Je vous le chercherais.
-Maintenant !
De mauvaise grâce, il se leva pour farfouiller dans ses dossiers. Au bout de dix minutes, il le trouva enfin. Drago ne le remercia même pas et repartit vers ses appartements. Elle n'avait pas bougé. Sceptique, il parcourut sa chambre du regard pour voir si elle avait bougé quelque chose. Il semblait que non. Il s'assit sur son lit et feuilleta le dossier. Ella avait été transférée ici il y a six mois ; elle avait juste donné son nom, elle avait pu faire de la magie mais ils avaient vu un tatouage sur sa peau qui laissait penser qu'elle était née-moldue.
-Six mois, Granger. Et t'as rien tenté. Si tu me disais ce que tu faisais vraiment là ?
-J'ai été enlevé et on m'a amené ici.
-La dernière fois que j'ai entendu parler de toi, tu étais aux mains des Mangemorts et tu avais réussi à t'échapper. Comment ?
-Je ne sais pas. Je ne m'en souviens pas.
-Tu te souviens de quoi ?
-Je m'appelle Ella, répéta-t-elle comme une automate.
-Tu t'appelles Hermione Granger. Dis-le.
-Je m'appelle Ella, s'entêta-t-elle.
Drago plissa des yeux pour lire en elle. Granger n'avait jamais été une bonne menteuse mais ça faisait presque sept ans qu'ils avaient quitté Poudlard. Elle avait pu apprendre. Il utilisa la légimancie. Rien. Son cerveau était presque vide. Aucune protection. Juste son prénom, Ella, qui flottait dans sa tête et le visage d'une petite rousse avec qui elle passait visiblement du temps ici.
-Tu sais pourquoi tu es ici ?
-Je suis une mauvaise sorcière, dit-elle sobrement.
-Dans ma chambre je voulais dire, ajouta-t-il en souriant, reconnaissant les mots qu'on leur faisait apprendre.
-Je, pour votre plaisir.
-Tu as envie de me faire plaisir ? Réponds.
Des larmes se mirent à couler sur ses joues et une nouvelle fois, Drago se mit à douter. Il était certain que c'était Granger. Malgré ses cheveux courts, il connaissait son visage. Il l'avait connu pendant sept ans, il l'avait détesté pendant sept ans. Néanmoins, il l'avait rarement vu pleurer. Il se leva et s'approcha d'elle ; elle refusa de croiser son regard. Il leva son menton d'un doigt.
-Réponds.
-Non.
-Non, tu ne veux pas me faire plaisir ?
-Non.
-Tu sais ce qu'ils font les autres ?
Elle hocha la tête, frissonnante.
-Tu as pris la place de quelqu'un d'autre. Pourquoi ?
-Elle n'a que 14 ans.
Drago serra la mâchoire. 14 ans ? Révoltant. Mettant de côté son écœurement, il leva un peu plus le menton de son ancienne ennemie.
-Et pourquoi tiens-tu tant à elle ?
-Elle n'a que 14 ans.
-Et pour la protéger de quelques jours encore, tu vas me faire plaisir ?
-Vous êtes des ordures ! Cracha-t-elle. Elle n'a que 14 ans !
-Et quoi, je peux pas protéger toutes les gamines de 14 ans et toi non plus, Granger. Alors pourquoi elle ? Tu finiras par me le dire.
Il relâcha sa pression sur son poignet et se dirigea vers la salle de bain attenante à la chambre. Ella resta debout sans rien faire, ce qui l'amusa fortement. Elle n'avait pas du tout le comportement de Granger mais c'était le but, pensa-t-il. Granger ne se serait jamais fait attraper comme ça. Pourquoi était-elle là ? Il allait devoir se renseigner sur ce qu'il s'était vraiment passé. Il revint dans la chambre et lui montra un fauteuil.
-Dors-la. Que les autres croient à ces choses.
Sur ce, il se mit lui-même au lit, pensant à ce qu'il était venu faire là et ce qu'il avait trouvé. Devait-il dire qu'il avait retrouvé Hermione Granger même si elle faisait semblant de ne pas s'en rappeler ?
Sur son fauteuil, ladite Ella soupira le plus simplement possible. Ces derniers six mois avaient été pénibles et longs. Mais elle avait un but qui ne la quittait pas et qui la motivait à faire ce qu'elle faisait. Ce soir, tout aurait pu basculer. Elle n'était pas sûre de l'avoir convaincu mais elle l'avait mis en doute et c'était le principal. Peut-être ne la vendrait-il pas avant qu'elle ait pu se sortir de là. Elle connaissait bien Drago Malefoy et elle connaissait sa réputation de Mangemort : insensible mais « juste », disait-on, il ne s'en prenait jamais aux enfants. Jamais. Charlotte en était encore une. Peut-être pourrait-elle se servir de lui. Il voudrait des réponses ; elle lui accorderait ce qu'elle voudrait bien. Foi d'Hermione Granger.
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L'amphi était bondé. Le professeur n'était pas encore là ; aussi, les conversations allaient bon train autour de lui. Lui, était concentré, impatient que le cours commence. C'était le premier cours avec ce professeur et Harry avait hâte de l'entendre.
-Salut, je peux me mettre à côté ?
-Oui, répondit-il machinalement sans se retourner vers celle qui avait dérangé le cours de ses pensées.
-Tu sais quand ça va commencer ?
-Ça ne devrait pas tarder, répondit-il en jetant un œil à sa montre.
-Merci !
Ce n'est qu'à la fin du cours qu'il prit soin de la regarder, quand elle lui souhaita une bonne soirée avant de partir. Blonde avec de grands yeux bleus, elle lui sourit chaleureusement avant de tourner les talons. Harry sortit de l'amphi et retourna chez lui pour se préparer pour la soirée. Il avait finalement accepté de sortir avec d'autres étudiants pour une soirée. Depuis presque un an qu'il fréquentait l'Université de Boston, il ne pouvait rester aussi seul. Il y a des jours où il ne parlait à personne et ça avait commencé à devenir pesant. Il en avait parlé à Ron dans une de ses lettres et il lui avait conseillé de sortir, de profiter un peu de la paix qui s'offrait à lui. Harry s'en voulait. Sa mission s'embourbait et il avait l'impression de passer du bon temps alors que les autres prenaient tous les risques.
Ne voulant pas y penser pour ne pas gâcher sa soirée, il se coiffa comme il put et ressortit de son appartement dans le centre de Boston. L'appartement de Dany était à deux pas et il y entra sans frapper. Avec la musique, personne ne l'aurait entendu. Il y avait une quinzaine de personnes dans l'appartement. Il en reconnut la plupart de ses cours. Il repéra Dany et Mick, les deux étudiants avec lesquels il s'était lié, plus ou moins, d'amitié.
-Ah, Harry ! T'es venu, c'est génial !
-Y en a une qui va être contente, ajouta Mick avec un clin d'œil en montrant du menton un coin de la pièce.
Harry repéra Jenny, une amie de Dany, qui en pinçait visiblement pour lui selon ses deux amis. Harry haussa les épaules ; il n'était pas là pour ça. Il repéra alors avec qui elle était : la fille de son amphi qui lui avait parlé. Il croisa brièvement son regard avant d'accepter la bière proposé par Dany.
-On pensait que t'allais pas venir, avoua-t-il. C'est cool que tu sois là.
-C'est cool, répéta Harry.
Il se plongea dans la soirée, se surprenant même à rire, à écouter avec plaisir Dany parler de son enfance loufoque. Harry était sûr qu'il en rajoutait bien trop.
-Comment tu la trouves ?
Harry se tourna vers Mick qui lui montrait Jenny et la blonde, toujours en train de parler.
-Qui ça ?
-La nouvelle. Elle est avec Jen en cours. Elle est… juste canon.
-C'est l'effet blond, plaisanta Dany.
-Pff, tu dis ça parce que tu préfères les bruns.
Dany haussa les épaules et Harry sourit. Les deux amis étaient un bonheur à entendre, leurs joutes, leur amitié, il avait l'impression de retrouver un peu celle qu'il partageait avec Ron. Bien sûr, il y avait bien longtemps que l'humour avait disparu de leur amitié à cause de la guerre.
-C'est quoi ton style à toi, Harry ? Demanda Mick.
Il pensa brièvement à Ginny, espérant qu'elle se porte bien.
-Plutôt les rousses, admit-il alors.
-Les rousses ! Dis-nous tout.
Harry haussa les épaules et se laissa convaincre d'en dire un petit peu.
-On est sorti ensemble pendant deux ans et puis… on vivait des trucs pas faciles en même temps. Avec sa famille, improvisa-t-il. On s'est juste lassé.
C'était ça. Il avait arrêté de penser à elle, de se préoccuper de leur couple. La guerre avait une partie trop prenante dans leur vie. D'autres avaient réussi et il avait alors pensé que leur amour était plus fort, que ce qui les liait, lui et Ginny, c'était autre chose, moins important. Elle lui manquait parfois, mais pas autant qu'il l'avait cru et il s'en voulait. Il n'avait pas beaucoup de ses nouvelles, Ron le lui disait rapidement dans les quelques lettres qu'ils réussissaient à échanger.
Il rentra chez lui au beau milieu de la nuit, ce qui ne lui était jamais arrivé. Il se laissa aller à sourire, pensant que s'il n'avait jamais connu la magie, peut-être est-ce ce qu'il aurait vécu… ou peut-être pas. Comment savoir ce que les Dursley auraient fait de lui si Hagrid et Dumbledore de ne l'avaient pas sauvé de cette triste vie, si la magie n'avait pas illuminé sa vie. Illuminé et noirci horriblement. Il aimait la magie, mais elle l'avait entraîné bien loin de ce qu'il aurait aimé. Il avait parfois l'impression que ses parents s'étaient sacrifiés pour rien. La guerre s'intensifiait, tuant bon nombre de gens et ils étaient perdus.
Dans son appartement, il sorti les liasses de travaux qu'il avait regroupé pour le moment. Des légendes qui étaient des prophéties parfois pour le monde sorcier et l'assurance qu'une d'elles les servirait pour gagner la guerre, en plus de celle qui le destinait à tuer lui-même Voldemort.
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Le château commençait à se réveiller, elle le sentait. Les Elfes devaient être au travail depuis quelques bonnes heures et les adultes commençaient à se lever. Bientôt, ce serait au tour des enfants de se réveiller et elle devrait être prête. Elle se leva de mauvaise grâce, comme tous les matins, il lui fallait plusieurs minutes pour se réveiller et pour penser que finalement, elle avait de la chance d'être là, à Poudlard, en vie. D'accord elle devait supporter les enfants, d'accord elle devait supporter d'être sous la coupe de vieux gryffondors qui se prenaient - et étaient - les chefs de l'Ordre, supporter de voir les regards moqueurs, méprisants ou carrément haineux de ses anciens camarades de classe. Mais ça, elle pouvait passer au dessus. Et elle n'était pas seule, il y avait Daphné avec elle. Daphné qui se levait également, le teint frais. Pansy finit rapidement de s'habiller et commença à réveiller les enfants qui dormaient dans les cachots de Serpentard. C'étaient, pour la plupart, des orphelins ou des enfants des membres de l'Ordre. Mais ces derniers étaient souvent dans les autres dortoirs. Daphné était responsable des enfants de 3 ans. Quant à Pansy, elle préférait les plus grands, elle avait en charge ceux entre 8 et 10 ans. Elle en avait huit sous sa coupe et elle devait avouer que depuis presque un an qu'elle était là, elle s'était attachée à certain.
Après les avoir réveillé, elle mena son groupe à la Grande Salle pour le déjeuner. Il n'y avait pas beaucoup de monde mais beaucoup de mouvement, entre les membres de l'Ordre qui partaient en mission, les enfants orphelins et ceux qui, comme Daphné et elle, étaient protégées.
-On va faire quoi Pansy aujourd'hui ?
-On peut faire du quidditch?
Pansy regarda par la fenêtre pour voir la pluie tomber. Du quidditch ? Par ce temps, c'était bien un garçon ! Lucas voulait toujours faire du quidditch, qu'importe le temps.
-Pas aujourd'hui mon grand, regarde le temps!
-Et alors ? On n'est pas un sucre, on va pas fondre, dit-il en insistant sur le dernier mot.
-C'est non et puis le matin, il faut faire les activités ! Lecture, écriture!
Ils soupirèrent tous de concert, leur vie ici n'était pas drôle mais n'était pas malheureuse non plus. Tous les matins, ils apprenaient à lire, écrire, compter. Pansy s'était rendue compte que malgré son impatience, elle était plutôt pédagogue. Cette tranche d'âge lui plaisait. Elle se demandait souvent comment Daphné pouvait supporter les petits pleurnichards dont elle s'occupait. Elle les préférait plus autonome. Ils ne faisaient pas encore vraiment de magie mais ils commençaient à la développer et Pansy trouvait ça fascinant à voir. Elle soupira en pensant que dans quelques mois, elle perdrait ses deux plus grands. Ils allaient intégrer les cours réglementaires de Poudlard. Ce qui signifiait, en gros, s'entraîner pour la guerre.
-Cet après-midi, on pourrait faire de la cuisine, lança-t-elle.
-Oh ouais!
-Pff, c'est nul !
-Mais non, et sache que les potions, c'est comme cuisiner. Apprendre à cuisiner maintenant t'aidera fortement pour les potions, tu verras.
-Mais les elfes aiment pas qu'on soit là.
-Mais si ! Ils n'ont pas l'habitude mais ils aiment nous aider. C'est décidé, mangez maintenant !
Ils lui obéirent, ce qui la fit sourire. Elle avait de l'autorité quand il fallait... Elle leva les yeux et aperçut les deux plus jeunes Weasley en pleine discussion, elle grimaça. Elle les détestait toujours autant. Pourtant, elle savait que si elle était là, c'était aussi en partie grâce à Weasley qui avait soutenu Kingsley dans sa décision de les garder et de les mettre à contribution. Il était apparemment devenu l'un des grands chefs de l'Ordre. Par contre, aucune trace de Potter ou Granger... elle comprenait que cela ne devait pas être facile pour lui. En prenant la décision de quitter le camp de Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom, elle avait quitté définitivement famille et amis, et parfois, ils lui manquaient. Elle ne savait rien de ce que devenait Blaise ou encore Drago, encore moins Millie. Elle ne savait pas s'ils étaient vivants ou morts. Ayant fini son petit déjeuner, elle se leva en frappant des mains. Il était temps de commencer véritablement la journée.
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Salvia haussa les sourcils avant de pouffer mais elle continua de se regarder dans le miroir en mimant des poses, en tournant sur elle-même. Elle était plutôt jolie avec ses longs cheveux noirs, ses yeux tout aussi noirs et sa peau pâle. Mais comment le montrer quand on ne voyait personne ? Comment le juger surtout. Si ça se trouve, dehors, il y avait beaucoup plus belle qu'elle.
-Qu'est-ce que tu fais ?
Salvia se retourna vers sa mère, son portrait craché, et grimaça.
-Je m'admire.
-Je vois ça, dit-elle en souriant.
-Je m'ennuie, ajouta-t-elle.
-Je sais, viens m'aider pour la potion.
-J'en ai marre de faire des potions, j'ai envie d'autres choses, moi.
-Je sais mais c'est ça qu'il faut faire.
-Qui le dit ? Papa ?
-Oui.
-T'en as pas marre d'être enfermée ici ? Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça ?
-On a eu de la chance, on pourrait déjà être mortes si ton père ne nous avait pas sauvées.
-Je sais qu'il n'est pas mon père.
Elle vit sa mère écarquiller des yeux de surprise.
-Comment tu le sais?
-Ça se voit, que vous ne vous aimez pas et que vous ne vous êtes jamais aimés, malgré mon manque flagrant d'expérience de la vie sociale.
-Pourquoi tu me dis ça maintenant ?
-Je sais pas. Pour comprendre pourquoi on fait tout ça ? J'aimerais juste voir d'autres gens que mes parents.
-Il t'aime quand même...
-Je sais et je m'en fiche, vous êtes tous les deux présents et c'est bien mais je veux sortir d'ici, voir le soleil, aller me baigner, rencontre des gens. Des garçons. J'ai presque 16 ans.
-Je sais mais c'est impossible.
-Pourquoi ?
-Parce que. Allez Salvia, viens m'aider.
-Il est qui alors pour moi si ce n'est pas mon père ? S'entêta-t-elle.
-Ton oncle.
-Vraiment ?
-Oui, il est mon frère.
-Oh.
-Peu de gens connaissent mon existence et c'est bien mieux comme ça.
-Et qui est mon père ?
-Je croyais que tu t'en fichais.
-S'il te plait, j'ai le droit de savoir, non ?
-C'est... quelqu'un que j'ai aimé vraiment fort quand j'étais jeune mais qui ne m'aimait pas. Il n'a jamais su que j'étais enceinte. Mon frère a tout fait pour ça.
-Pourquoi m'avoir menti ?
-on a essayé, de te le faire appeler tonton mais tu t'entêtais à l'appeler papa alors on a laissé tomber. Quelle importance ça avait de toute façon?
-Oui, puisque je ne connaîtrais jamais quelqu'un d'autre!
-Mais si, un jour, on sortira.
-Mais quand?
-Un jour. Suffit maintenant Salvia.
Salvia se tut et se leva pour suivre sa mère ; elle savait quand il ne fallait pas abuser de la patience de sa mère. Vivre à huis-clos lui avait au moins appris ça.
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Voili voilou, découverte du contexte et des personnages. J'attends votre avis avec grande impatience !
Bisous, bisous !
