Disclaimer : Les personnages et les lieux appartiennent à J. K. Rowling.
Auteur : Sebarrya (Ou Seb' pour les intimes).
Note : J'avais oublié de précisé UA sans magie. Bonne lecture !
Chapitre 1 :
Treize
Il y a des mots qu'on n'ose prononcer. Des silences qui nous brisent. Et des gestes qui nous tuent.
03h13, Tour d'Astronomie de Poudlard, treize Septembre :
Treize. Treize. C'est un chiffre obsédant. Un chiffre qui posséde. Qui me posséde. Comme cette marque ineffaçable au creux de mon poignet. Treize. Espoir ou désespoir. Espoir pour moi. Désespoir pour vous.
Et je suis là. Seule. La solitude est mon alliée. La multitude ma damnation. Car quand vous êtes là. Autour de moi. Quand vous riez. Souriez. Pleurez. Moi je ne pense qu'à la meilleure façon de vous détruire.
Et je tire sur cette cigarette. Qui n'en est pas vraiment une. Bravant les interdits. Cela faisait dix-septs ans que je ne l'avais pas fait. Que je m'étais brimée. Alors que briser les interdits. Il n'y a rien de plus jouissif.
La nuit est belle. Claire. Trop à mon goût. Mais je ne dirige pas les astres. A mon plus grand désarroi.
Mes anciens amis ne le sont plus aujourd'hui. Il a fallu treize jours. Treize jours pour qu'ils comprennent. Que plus rien ne sera jamais pareil. Que la joie en moi est morte. Que ma douceur n'est plus qu'un souvenir. Ce fut dur. C'était des amis fidèles. A la vie. A la mort. Dommage pour eux. Je ne suis fidèle qu'à moi.
J'ai dû les insulter. Leur montrer mon pire reflet. Rien n'y faisait. J'ai dû frapper. Hurler. M'énerver. M'entêter. Et j'ai fini par réussir. Ils ne me parlent plus. Et une joie secréte s'est emparée de moi. Quand l'incompréhension est née en eux.
" Hermione, je crois que pour le moment nous ne pouvons plus être amis. Tu as trop changé. Je suis désolé. Et les autres aussi."
Pas moi. Je suis heureuse. Oh oui ! Voyez le Bonheur brut qui s'est emparé de moi. La première étape est franchie. Les derniers liens coupés. Je ne suis plus enchaînée. Libre à moi de me déchaînée. Mais il est encore trop tôt. Je dois encore ronger mon frein. Et nul ne peut savoir à quel point c'est difficile.
J'exhale l'illicite fumée. Et je regarde fascinée les volutes qu'elle forme. Avant de s'effacer. Comme un Paradis qu'on ne ferait qu'approcher. Des pas dans l'escalier. Et un sourire danse sur mes lèvres. Les gentils ne s'avanturent pas dans les couloirs si tard.
Une porte qui s'ouvre. Pas de lumière. Mon impression se confirme. Les gentils ne se promènent pas dans le noir. Une silhouette. Et une voix.
"Granger ?"
Je suis demasquée. Lui aussi. Cela ne me dérange pas. J'assume celle que je suis désormais.
"Malefoy."
Une affirmation. Et une confirmation. La silhouette se rapproche. Et s'assoit à mes côtés. Sur le sol de la tour. Adossée à ses remparts. Pas de disputes ce soir. La nuit est trop calme. Empli de mystère. Et d'un parfum de trêve.
"Tu as changé, Granger."
Il ne sait même pas encore à quel point. Mais bientôt. Bientôt vous saurez tous.
"Ton don d'observation m'étonnera toujours. Une latte, peut être ?"
Je lui tends mon joint à demi entamé. Un gentil garçon aurait refusé. Mais ce n'en est pas un. Il le prends et tire dessus. Bien. Ce n'est pas un gentil garçon que je voulais rencontrer cette nuit.
"Tu es quelqu'un de surprenant."
Et détonnant. Mauvais jeu de mot. Je vous l'accorde. Mais je ne l'ai pas dit à haute voix. Vous me le pardonnerez donc.
"Et toi de prévisible."
Une attaque. Qui n'en est pas vraiment une. Une simple constatation. A lui de l'interprêter. Et de s'emporter. Si il pense que cela en vaut la peine.
"Nuit étrange, n'est ce pas ?"
Il prend le parti de changer de sujet. Ce n'est pas une nuit à conflit. Lui aussi le sait. Le sent.
"En effet."
Pas besoin de plus. Je n'ai jamais aimé developpé. Il a commencé. A lui de finir. Ce n'est pas mon rôle. Cela n'a jamais été le mien.
"Alors comme ça Potty et les autres t'ont lâché ?"
Les nouvelles vont vite. C'est toujours comme ça en internat. Personne n'a de secret pour personne. Après à chacun de décider de les dévoiler au grand jour. Ou pas.
"Pour être plus exacte, j'ai tout fait pour qu'ils me lâchent."
Juste une rectification. Pas plus. S'il veut en savoir plus il me demandera. Sinon je me tairais. Il n'a pas besoin de savoir.
"Pourquoi ?"
Une invitation a dévoloppé. Je pourrais la refuser. Mais ce ne serais pas drôle, n'est ce pas ?
"Crois moi, ils ont l'air bien gentil et heureux de l'extérieur. Mais de l'intérieur, ils ne sont rien d'autre qu'un ramassis de con se prenant les uns les autres pour des cons."
Des faits simples. Exposés. Sans pudeur. Ni gêne. Ni honte. Juste l'exacte vérité. Sans amertume. Ni rancune. Il est surpris. Je reprends mon joint rêveusement.
"Saint Potty et les autres seraient donc humains ?"
Un rire. Bref. Court. Sans une once d'amusement. Une moquerie en réalité. Il le sait. Mais il ne le prendra pas mal. Pas ce soir.
"Bien trop à mon goût. Leur pureté fictive a fini par me donner la nausée."
C'est à son tour de rire. Un rire cynique. Et un peu triomphant. Il a la preuve de ce qu'il a toujours soupçonné. Tous les êtres humains sont corrompus.
"Tu n'as jamais été comme eux, n'est ce pas ?"
C'est plus une affirmation qu'une question. Je dévoile mon jeu. Il ne fait que lire les cartes. Et il semble assez doué pour bien les interprêter.
"Non."
Pas besoin d'en dire plus. Il sait. C'est un homme malin. Manipulateur. Un bon allié. Dont il faut craindre la trahison.
"Tu as bien sû cacher ton jeu. Je ne m'en doutais pas un seul instant. Félicitation Granger."
Et cela sonne comme une raillerie. Je tire encore une bouffée. Je plane. Et lui aussi. Au dessus des règles. Et des haines antérieures. Je lui tends à nouveau mon joint. Il ne le refuse pas. Une fois de plus.
"Merci. Je te pensais pourtant quelqu'un d'assez lucide."
Un remerciement. Une insulte cachée. Les meilleurs amis sont en réalité les meilleurs ennemis. Savoir recevoir les coups. Et les rendre.
"Et je te pensais quelqu'un de sage. Egalité Granger."
Non. J'ai gagné. Mais il ne le sait pas. Il ne l'imagine même pas. Je lui laisse croire qu'on est a égalité. Rien n'est plus facile à abbatre qu'un ennemi qui croit avoir de l'avance.
Je reprends mon bien. Tire quelques bouffées. Et le jette par dessus les remparts. Sans une once de regret. Il se lève à son tour.
"Bonne nuit Malefoy.
- Bonne nuit, Granger."
Et comme une promesse. Il sera là demain aussi. C'est une certitude. Et elle plane autour de nous.
Juste une nuit de trêve. Juste un pacte entre le Diable et Lucifer. Juste une alliance. Reste à savoir qui la brisera en premier. Il suffit d'anticiper les mouvements de l'autre. La façon dont il avance ses pions. J'ai une longueur d'avance. Je connais son jeu depuis septs ans. Lui vient juste de découvrir le mien. A moi de conserver cette avance. Et à lui de la rattraper.
Il y a des sourires qui nous blessent. Des rires qui nous écorchent. Et des paroles qui nous achèvent.
A suivre ...
Merci à tous les reviewers. Contente que vous ayez aimé mon court prologue. J'espère que vous avez aussi aimé ce premier chapitre. Pour me le faire savoir, rien de plus simple. Il vous suffit de me mettre une petite review.
Bisous et à bientôt,
Seb' (qui se fait honteusement virée de l'ordi. Une petite review pour la consoler ? =p)
