Yo tout le monde !

Merci pour l'ajout en followers et en favoris =)

mimi70 : 1 ère review de cette nouvelle fiction ! Je suis ravie de te retrouver pour cette nouvelle aventure.

Hinata des bois : merci ! j'espère faire aussi bien que l'Aube bleue (j'ai un peu la pression je t'avoue =)

Kizzie Ann : merci et bienvenue à toi, je partage ton adoration pour Bucky, je trouve qu'il amène un peu de profondeur à l'univers lisse de Captain America !

Bonne lecture !


Muse - Isolated System : watch?v=AdIDxFTgBJM


Chapitre 1 : confusion

Bip Bip Bip.

Je grogne au son insupportable de la sonnerie. Les yeux toujours fermés, je tâtonne un moment avant de trouver mon portable et d'ignorer l'appel. Je n'ai aucunement la force de décrocher pour l'instant. Je soupire et finis par ouvrir les yeux. La lumière vive du jour m'éblouit et il me faut un moment pour m'y habituer. Je suis toujours vautrée sur mon canapé, enveloppée dans mon plaid. Je me perds dans la contemplation du plafond d'un blanc étincelant tandis que mon esprit encore embrumé par le sommeil et l'alcool replonge dans mes souvenirs...

Deux semaines plus tôt :

- Et toi, Eva, comment s'est passée ta réunion avec le grand patron ?

- Assez bien, j'ai récupéré le dossier Crawford, dis-je non sans fierté avant d'avaler une nouvelle bouchée de ma salade verte.

- C'est super ! Tu le mérites amplement, me répond Stacy en souriant.

Comme tous les midis depuis deux ans, je déjeune avec des collègues à la cafétéria de mon entreprise. Je travaille dans le plus grand cabinet d'affaires de la ville, KMV & Associates, au service des audits. Je suis chargée d'expertise sur les différentes entreprises souhaitant nouer un partenariat avec nous. Le siège du cabinet se situe dans l'un des plus anciens immeubles de Penn Quarter, le quartier des affaires de Washington.

Fort de sa réussite, l'entreprise s'est nettement agrandie depuis quelques années, engageant des travaux d'extension et embauchant de nouveaux employés, dont j'avais eu la chance de faire partie, fraichement diplômée et à vingt-quatre ans à peine.

La cafétéria se situe au dernier niveau de l'immeuble, dans la nouvelle extension contemporaine. C'est un vaste open space où règne entre midi et deux un brouhaha incessant. La salle est entourée de baies vitrées laissant apparaître les toits des bâtiments de bureaux, baignés de soleil. Il fait un temps resplendissant pour un début de mois d'avril.

Stacy et Mary continuent de discuter de différents dossiers. Elles travaillent toutes les deux au service financier, et nous avons pour habitude de nous retrouver une demi-heure pour déjeuner. En les regardant, je me dis que je leur ressemble depuis que j'ai commencé à travailler ici : cheveux parfaitement coiffés, maquillage travaillé, tailleur sur mesure et escarpins Louboutin.

Je mange silencieusement, réfléchissant à ma prochaine réunion. Une fois par semaine, souvent les jeudis après-midi, mon équipe s'agglutine en salle de réunion pour faire un point sur les différentes études en cours. Je croise distraitement le regard de Brad, assis à une table un peu plus loin. Ses cheveux blonds sont plaqués en arrière, son costume anthracite est parfaitement ajusté à son corps et son visage dégage une certaine assurance.

A quarante ans à peine, Bradley Brewin est l'un des hommes les plus importants de tout le cabinet. C'est mon supérieur au service des audits et c'est en partie grâce à lui que j'ai réussi à récupérer le dossier Crawford qui me tenait tant à cœur. Mon portable vibre sur la table, me tirant de mes pensées. Sûrement un message de ma secrétaire ou d'un collaborateur. Une bouffée de chaleur m'envahit lorsque je reconnais le numéro.

- Tu es très sexy aujourd'hui... Tu veux passer ce soir ? xx

Je sens mon cœur s'emballer mais ne laisse rien transparaître. Je relève la tête et aperçois Brad me faire un clin d'œil. Je me retiens de ne pas sourire et entreprends de lui répondre :

- Ta femme n'est pas chez toi ?

Alors que je lui envois le message, un tremblement secoue la salle, accompagné d'un bruit sourd. Les discussions cessent. Je lance un regard paniqué à mes collègues, et m'accroche inconsciemment au rebord de la table. La première pensée qui me traverse est mêlée d'étonnement. Depuis que j'habite à Washington, c'est-à-dire depuis ma plus tendre enfance, jamais il n'y a eu de tremblement de terre. Je reste assise, ne sachant pas quoi faire dans ce genre de situation, jusqu'à ce que finalement, le tremblement cesse. J'ose enfin respirer. Les discussions reprennent peu à peu, toutes dirigées sur cet étrange événement.

- Mais qu'est-ce que c'était ? Demande alors Mary d'une voix percée par l'inquiétude.

- Aucune idée.

Mais à peine ais-je répondu qu'un nouveau tremblement se fait ressentir, plus bref cette fois. Mes mains n'ont pas quitté la surface lisse de la table, et mes jointures deviennent blanches à force de serrer trop fort le rebord.

- Regardez !

Mes yeux se plantent sur l'homme qui vient de crier, debout face à l'une des baies vitrées. Certaines personnes se lèvent et se joignent à lui, si bien qu'il m'est impossible de voir à l'extérieur depuis ma place. La chaise de Stacy recule dans un raclement sonore. Poussée par la curiosité, je me lève moi aussi, et nous nous dirigeons vers l'amas de foule, d'où provient des cris d'étonnement et de panique. Je me faufile rapidement jusqu'au premier rang et reste sans voix.

A quelques centaines de mètres, entre les immeubles victoriens, j'aperçois un nuage de fumée noire envahir le ciel. Derrière, un bâtiment que je reconnaitrais toujours parmi les autres semble partiellement détruit. Mon cœur rate un battement.

C'est le Triskel, siège du SHIELD, agence de défense et d'espionnage reconnue dans le monde entier. Mais ce qui me coupe le souffle, ce sont les deux énormes vaisseaux en train d'exploser et de tomber au sol, juste à côté de la tour blanche.

- C'est une attaque terroriste !

- Oh mon dieu !

Je suis incapable de bouger et regarde impuissante les vaisseaux s'écraser dans le Potomac, provoquant des vagues hautes de plusieurs mètres et détruisant encore au passage une partie du Triskel. Le sol tremble une nouvelle fois sous mes pieds.

Je manque presque de perdre l'équilibre, mais suis rattrapée par une poigne forte derrière moi. C'est Brad. Personne ne prête attention à notre échange, la foule étant trop absorbée par le spectacle morbide. Je dégage mon bras de sa main et mes jambes me dirigent inconsciemment vers la sortie. J'entends ses chaussures claquer sur le sol, avant de ressentir une nouvelle fois sa poigne sur mon épaule. Il me retourne et je découvre son regard confus.

- Eva, où est-ce que tu vas ?

- Il faut que je parte, dis-je enfin capable de parler. Mon père travaille là-haut !

Bip Bip Bip.

Un gémissement rageur s'échappe d'entre mes lèvres à l'entente du rappel de ma sonnerie. Quelqu'un cherche vraiment à me joindre ! Une chaleur moite recouvre mon corps, et je chasse la couverture avant de me lever. Mais à peine suis-je assise qu'un violent mal de crâne surgit, accompagné de nausées. Je retiens un cri plaintif avant de parvenir à lire le numéro d'appel.

Brad.

Une vague de soulagement m'envahit, enfin quelqu'un pour me réconforter.

- Allô ? Dis-je d'une voix rauque et pâteuse.

- Eva, enfin ! J'essaie de te joindre depuis ce matin !

- Je suis désolée, Brad, dis-je surprise par son ton pressé. Je n'avais pas mon portable sur moi...

- Comment vas-tu ? Me demande-t-il alors plus adouci.

- Ça peut aller...

Je n'ai même pas la force de rougir de mon mensonge et tente de garder un ton calme, alors que les souvenirs ressurgissent à nouveau. Je m'apprête à lui proposer de passer chez moi, ressentant le besoin de l'avoir auprès de moi, de m'abandonner dans ses bras pour surmonter ces moments difficiles.

- Pourrais-tu venir cette après-midi au bureau ? Me devance-t-il. C'est au sujet du dossier Crawford... J'ai essayé de te couvrir toute la semaine, mais comprends- moi, ça devient compliqué...

- Bien sûr, je serai là à quatorze heures, dis-je la voix nouée.

- Très bien, à tout à l'heure ma chérie.

Je raccroche et laisse misérablement s'écraser mon téléphone sur le canapé. La journée romantique tombe à l'eau. Je soupire en me massant les tempes. Rien de tel qu'une bonne gueule de bois pour commencer la journée...

Les rayons du soleil emplissent mon salon. Il doit être dix heures du matin. J'ai dormi longtemps. Ce n'est pas dans mes habitudes. Mais pour la première fois depuis deux semaines, aucun cauchemar n'est venu troubler mon sommeil alcoolisé. Prenant mon courage à deux mains, je parviens à me lever et à me trainer jusqu'à ma salle de bains, ignorant au passage la pile de courriers envahissant ma table de salle-à-manger.

J'étouffe un cri en découvrant mon reflet dans l'immense miroir surplombant mon lavabo. Mes cheveux blonds, d'ordinaire si brillants et parfaitement coiffés, ne ressemblent plus qu'à une masse informe et emmêlée. Des cernes violacées soulignent mes yeux, dont le bleu paraît plus embué que d'habitude, comme perdu derrière le brouillard de ma tristesse. Mes joues sont recouvertes de trainées sombres de mascara séché, contrastant avec la pâleur de ma peau. Dégoutée, je me détourne et entreprends de me faire couler un bain.

Je reste allongée contre la faïence brillante de ma baignoire pendant ce qui me semble être des heures. Jusqu'à tant que ma peau claire se fripe et que l'eau devienne froide. Alors que les dernières bulles de mousse disparaissent, je me sens enfin la force de me lever. Je réveille mon corps endormi à coups de jets d'eau glaciale, et je sors enfin.

Après une demi-heure supplémentaire, je suis redevenue moi-même. Cacher toutes traces de ma décrépitude de ces derniers jours n'a pas été facile, mais j'y suis parvenue à grand renfort de crèmes, correcteurs, maquillages et autres produits pour cheveux au prix exorbitant.

Après cela, j'erre dans mon appartement, ne sachant pas quoi faire jusqu'à quatorze heures. Je finis par jeter un regard à ma table recouverte de courriers et m'y dirige en soupirant. Il faudra bien s'en occuper un jour de toute façon. Je m'assois lourdement sur une de mes chaises en plexiglas et attrape une des lettres encore fermée. Le bruit du papier se déchirant vient troubler le silence devenu pesant. Je déplie fébrilement le courrier et parcours rapidement son contenu. Une lettre de condoléances, venant d'un certain Vermis. Je la pose parmi le tas de courrier déjà ouvert et fait voler au passage l'une des lettres par terre. Agacée, je la ramasse et reconnais le logo du SHIELD, une silhouette d'aigle géométrique. La lettre de condoléances est signée de l'agent Hill. Je me souviens d'elle. Je l'ai rencontré i peine deux semaines.

Un ricanement sarcastique m'échappe. Comment ne pas être dégoutée par l'homme qui me servait de père ? Je sens une nouvelle vague de nausées m'envahir et me lève, incapable de continuer à lire tous ces papiers. Je ressasse pour la centième fois les événements des semaines passées, trop faible pour les fuir ne serait-ce que quelques heures...

Deux semaines plus tôt :

Une odeur âcre de brulé envahit mes narines lorsque je quitte l'immense hall de KMV & Associates. La fumée a commencé à envahir le quartier. De nombreuses personnes sortent dans la rue, quittant leurs bureaux pour mieux observer ce qui reste du Triskel. Le bâtiment n'est qu'à quelques centaines de mètres, sur les rives du Potomac. Je m'y dirige, courant presque, le sang tapant dans mes oreilles.

L'adrénaline envahit mon corps à mesure que je me rapproche des lieux. De la poussière flotte dans l'air et quelques débris métalliques jonchent le sol de la rue. Encore deux immeubles à passer et je parviendrais au Triskel. Un convoi de camion de pompiers me dépasse dans un bruit de sirènes assourdissantes, bientôt suivi par des voitures de police. Je presse le pas, ignorant la douleur de mes pieds frottant dans les semelles de mes escarpins.

J'arrive enfin à l'embouchure de la rue. Face à moi s'étend le fleuve sombre et fumant, devant lequel se tiennent des centaines de personnes. Je m'approche d'elles. Certaines paraissent blessées et choquées.

Leurs yeux sont rivés vers le Triskel de l'autre côté du pont endommagé, sur l'île Theodore Roosevelt. Je repère un badge sur la veste d'un homme, avec le logo du SHIELD. L'angoisse m'envahit alors que je tente de trouver mon père parmi les personnes évacuées.

- Est-ce qu'ils l'ont eu ? Ont-ils attrapé cet enfoiré ?

- Le Captain est mort ! Il était dans l'un des héliporters...

- Oh mon dieu, c'est un cauchemar !

Je me fraye un chemin parmi la foule et les discussions inquiètes, et parviens aux barrières de sécurité. Plusieurs agents du SHIELD et quelques policiers tentent d'organiser les lieux. Des ambulances sont stationnées et accueillent toujours plus de blessés. Je hèle l'un des agents.

- Excusez-moi ! Je cherche mon père.

L'agent s'approche de moi, tenant fermement son arme contre lui.

- C'est Alexander Pierce ! Il travaille ici, l'avez-vous vu ?

L'homme m'envoie un regard surpris et étrange alors les discussions cessent autour de moi. Du coin de l'œil, je vois une femme plaquer sa main contre sa bouche pour étouffer un hoquet de stupeur. L'incompréhension me gagne. Devant moi, l'agent ouvre la barrière et m'attrape l'avant-bras.

- Venez avec moi.

Un frisson me parcourt l'échine en entendant son ton sans appel. Je le suis, sous les regards de la foule qui chuchote dans mon dos. Il me conduit derrière les ambulances et je découvre une sorte de campement établi par le SHIELD, ou du moins ce qu'il en reste.

Les agents s'affairent avec des papiers et des cartes. Un hélicoptère arrive et se pose à l'embouchure du pont, faisant voler mes cheveux. Une femme brune vêtue d'une combinaison sombre en descend et se dirige vers les agents. Je suis entrainée par l'homme, à l'écart.

- Attendez ici, me dit-il avant de s'éloigner.

Je ne comprends rien, mais je sais qu'il est arrivé quelque chose à mon père, sinon le SHIELD ne ferait pas autant de manières avec moi. La réaction étrange des gens autour de moi m'angoisse au plus haut point. Mes yeux contemplent le bâtiment dévasté.

- Mademoiselle Pierce ?

Je suis tirée de mes pensées par la femme de l'hélicoptère. Elle se tient face à moi.

- Agent Hill, m'indique-t-elle avant de me tendre sa main.

Je la serre après un moment d'hésitation.

- Je cherche mon père...

- Il est arrivé quelque chose à votre père, me dit-elle alors. Je suis navrée, il est décédé.

Mon sang quitte mon visage à mesure que ses paroles font écho dans mon esprit.

Non, c'est impossible.

Ma vision se trouble alors que j'entends vaguement la voix de l'agent Hill me proposer de m'assoir. Mais il est trop tard, je me sens sombrer dans l'obscurité. A cet instant, j'ignorais encore que l'homme qui me servait de père était à l'origine d'actes monstrueux qui auraient pu tuer des millions de gens.

Fin du chapitre.


L'histoire s'installe doucement mais surement, en espérant qu'elle vous plaise =) Ciao !