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Obscurité, tension, silence.

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Severus ne savait que penser : sa situation était... étrange.

Son accès à la Magie était bloqué.

D'une ferme étreinte, quelqu'un le retenait prisonnier contre lui mais ne semblait pas vouloir lui faire de mal.

Et les secondes fuyaient, sans que rien ne change.

Réfléchis, voyons, puisqu'on t'en laisse l'occasion !

Rappelle-toi...

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Les disparitions successives, tant dans le corps enseignant que parmi les élèves, et même les Familiers.

Cette impression que Poudlard les trahissait, engloutissant le moindre indice et permettant à la créature qu'il avait vu de s'évaporer sans laisser de traces.

L'inquiétude qu'il avait éprouvé quand Minerva elle-même s'était volatilisée, chose qu'il n'avouerait jamais, même sous Doloris.

Et cette fichue prophétie faite par Trelawney qui se vérifiait à chaque seconde :

Quand mourra le huitième jour...

On était même le neuvième, depuis une poignée de secondes,

le neuvième jour de ce mois.

OH MERLIN !

Pourquoi... pourquoi n'avait-il pas fait le rapprochement ?

Sans doute parce que, pour lui, cela n'avait pas d'importance, les années précédentes et même maintenant. Et quelqu'un avait décidé que ça devait changer.

Il était - il avait toujours été la seule cible de cette histoire.

Ils l'avaient amené ici sans qu'il ne se doute de rien.

Il avait tout manigancé.

Celui par qui les emmerdes arrivent sera là quand mourra le huitième jour...

Une seule personne correspondait à cette définition.

Celle qui l'avait piégé en ce 9 janvier.

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"Alistair ?!" souffla-t-il.

Le torse sur lequel il était eut un soubresaut - un rire mal réprimé, sans doute - et en réponse à sa question deux lueurs apparurent au-dessus de lui. Son gardien le relâcha et il put se tourner.

Son cher ami Minotaure se tenait devant lui, ses cornes générant des flammèches qu'elles communiquèrent à des bougies flottant autour d'eux, tout en laissant dans l'ombre le reste de la pièce.

Il souriait, et ses yeux souriaient aussi, ravi de son petit effet.

"C'est à toi que je dois ce piège diabolique ?" poursuivit le Potionniste.

L'Homme-taureau hocha la tête et précisa :

"Je ne pouvais pas ne pas être ici en ce jour spécial, mon cher Sev..."

Et il le souleva dans ses bras, l'enveloppant dans une étreinte aussi douce que solide.

"... JOYEUX ANNIVERSAIRE !"

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"YEEEEEEESSS ! On va enfin pouvoir passer aux choses sérieuses."

C'était la voix d'Albus qui avait jailli des ténèbres et, l'instant d'après, une multitude de néons enchantés chassèrent jusqu'au souvenir de l'obscurité.

Et un Severus à nouveau au sol les vit.

Outre les trois autres Directeurs de Maisons, le Siphonné au Citron, son Phénix désabusé et les Familiers de Poudlard il y avait...

"Charlie ?!

- En personne, fit le rouquin dont le pétillement des yeux concurrençait celui de Dumbledore, j'ai pu me libérer au dernier moment... enfin, je veux dire qu'Alistair est venu me chercher par la peau du cou. Mes collègues roumains auront du mal à s'en remettre.

- Nemo, Lydie, vous êtes là aussi ?!

- Oui, cher ami ! Pour toi, nous avons fait des sacrifices. J'ai fermé le Bar des Louchébems pour le Week-End, et Lydie...

- ... a mis de côté ses révisions pour les Partiels."

La réflexion de la jeune fille amena un demi-sourire sur le visage du Maître des Potions, tandis que le Capitaine la regardait d'un air peu amène. Ah, ces deux-là !... Ils étaient vraiment ses Français préférés.

Mais... il manquait un Français d'adoption au tableau.

"Vous n'avez pas emmené Flûtiau avec vous ? fit-il, vaguement déçu.

- Bien sûr que si ! répliqua le vieil homme, tu l'as même aperçu tout à l'heure.

- Hein ?! Où ça ?"

Ce fut Albus qui répondit :

"Il était juché sur les épaules de Dobby et avait déployé ses ailes, tous deux jouant le rôle de la Créature qui t'a échappé. Il s'est beaucoup amusé à le faire.

- Je veux bien vous croire, mais où..."

est-il maintenant ? resta coincé dans la gorge du Potionniste. Un GROOOWW d'un ton plus grave que dans ses souvenirs lui parvint juste avant d'être percuté par une masse de poils et d'écailles.

Ouch, quel choc !... Le jeune Hybride avait grandi en taille et pris du poids, depuis qu'il ne l'avait pas vu. Peu importait, l'élancement dû à la collision fut vite oublié quand le Féli-Dragon le noya sous les câlins, finissant par se lover autour de son cou.

"Paaarfait ! réitéra Albus, puisque nous sommes au complet, nous allons pouvoir faire la Fiesta.

- Qu'entendez-vous par là ? demanda un Severus alarmé.

- Eh bien... j'ai demandé un effort exceptionnel à la Salle sur Demande. Préparez-vous, dans un instant, nous allons nous retrouver à la fête foraine de Coney Island du temps de sa splendeur !"

Et le Directeur sautilla vers le fond de la salle qui se modifiait déjà.

"Al ?! murmura le Potionniste d'un ton beaucoup trop calme pour être snapien.

- Voui, Sev de mon coeur ?!

- Tu étais au courant ?

- Ben, oui. J'lui ai laissé le choix du thème et du décor... Il est chez lui, après tout.

- La prochaine fois, assomme-le avant qu'il n'ait ouvert la bouche !"

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Et les deux amis plongèrent dans un univers de néons colorés, de foule compacte et de hauts-parleurs poussés au maximum.

La seule compensation qu'en eut le Maître des Potions, ce fut de voir la tête d'Albus quand un marchand de barbe à papa lui signifia qu'il n'en faisait pas de parfumées au citron.

Ça valait presque la torture visuelle et acoustique qu'ils subissaient.

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Des heures plus tard.

La quasi-totalité des Humains et des animaux était partie. Ne restait dans la Salle sur Demande qu'Alistair, le Maître des Potions et le jeune Flûtiau sommeillant sur un coussin que le Minotaure avait gagné dans un stand de tir à la carabine. Le calme et le silence qu'ils avaient retrouvés engourdissaient leurs sens.

"Tu sais, Sev...

- Hmm ?!

- Je voulais te donner un cadeau, mais...

- Al, répondit le Potionniste, ta présence... votre présence est déjà un cadeau. Rien n'est mieux que cela."

Et il était sincère.

En l'espace d'un mois, ses nouveaux amis l'avaient changé du tout au tout.

Il se souvenait quand ils étaient revenus au bar des Louchébems, après leur aventure chez les Divinités.

Leur groupe avait fait sien la devise des Mousquetaires, d'Alexandre Dumas :

"UN POUR TOUS ET TOUS POUR UN

... et chacun pour soi pour le dessert !" avait ajouté Alistair, espiègle, avant de se précipiter sur la crème brûlée.

Tout ça pour dire que le Severus solitaire avait disparu sans l'aide d'un Evanesco.

L'amitié faisait des miracles.

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Encore plus tard...

Severus et Alistair ne quittèrent pas leur refuge. A cause du Minotaure.

Celui-ci avait apporté -clandestinement - le fond de vodka polonaise de Nemo et ils entreprirent de le faire disparaître.

Résultat ?

Le soir les trouva étalés sur le sol, donnant une nouvelle fois raison à la prophétie de Trelawney.

... et vous finirez à terre sans pouvoir vous relever.

Bah !

Ils s'en remettront.

Jusqu'à la prochaine...