Période octobre/février…Rodney
Pourquoi ce coup de blues ? Il n'en savait rien. Tout l'ennuyait, tout le monde le saoulait, lui même en tête de liste. Peut être l'automne. Sur atlantis, pas de saisons, mais de savoir que l'automne pointait sur Terre, ça lui suffisait. Et puis les missions, c'était lassant, voir toujours les mêmes têtes aussi… Rentrer sur Terre ? Bof, non, ça ne lui disait pas grand-chose non plus. Pas plus que de rester là où il était. Du moment que John était avec lui…
Un peu marre d'aimer à sens unique. Un peu marre de devoir se cacher. Un peu marre de bosser tout le temps. Un peu marre de tout.
Actuellement, Sheppard était en train de lui caresser la poitrine du bout des doigts, en silence, comme il aimait le faire après l'amour. Rodney aimait sonder ses iris en même temps, les yeux du militaire étant un peu comme des livres ouverts. Pupilles dilatées par les endorphines, écarquillées car propriétaire songeur, car fatigue aussi… Moue contentée, bouche entrouverte, petits soupirs de bien être, tout cela était très intéressant à étudier.
Les premières nuits, ça avait été comme si un poids c'était envolé de sur son estomac. Il s'était sentit léger, vivant. Mais maintenant…il avait la désagréable impression que Sheppard se foutait de sa gueule. Si il devait se comparer à un circuit électrique, il avait été la pile et avait maintenant le sentiment d'être la résistance. Il avait participé activement à sa liaison avec le colonel, et maintenant il n'était plus qu'un…qu'un instrument de plaisir, un vibromasseur au masculin. A cette pensée, il ne put s'empêcher de pouffer de rire.
Surpris, John se releva sur un coude et lui sourit.
« Qu'est ce qu'il y a ? »
« Rien, rien… »
Son sourire se transforma en fou rire devant l'incompréhension du militaire. Celui-ci plaqua vivement une main du sa bouche.
« Vous allez attirer du monde ! »
Le canadien se calma et il retira sa main. Rodney lui lança un regard amusé.
« Je croyais que vous aviez fermé la porte… »
« Oh, mais je l'ai fait. C'est juste que… »
Il esquissa un sourire entendu et se pencha sur McKay pour l'embrasser doucement. Sa main gauche caressa doucement son bras et remonta jusqu'à sa nuque, rapprochant ce visage du sien afin de rendre le baisé plus passionné. Le scientifique posa la main sur sa poitrine et le repoussa faiblement.
« Vous ne voulez pas attirer l'attention sur ce qui se passe dans cette chambre et ailleurs. »
Ton cynique et moqueur, cela n'annonçait jamais rien de bon. John fronça les sourcils et se recoucha à coté de son partenaire.
Ils étaient dans une petite et rudimentaire chambre dans une sorte de maison de campagne sur une planète nommée Falowa. Une planète d'agriculteurs, c'était le blé (ou plutôt le manque de blé) qui les avait amenés ici. Le siége administratif de la planète était situé loin du stargate et les autochtones avaient refusés, par superstition, que les atlantes y viennent en Jumper. Ils avaient donc effectué un jour de marche, et ce jour devait marquer la rencontre du premier conseillé de Falowa avec Sheppard.
Ronon et Teyla étaient aussi de la partie et ne semblaient pas avoir remarqué avec quelle insistance le colonel avec demandé de partager sa chambre avec Rodney, sous couvert d'une économie de place. Même si le scientifique avait viré rouge tomate. Et avait eu raison de le faire, puisque le militaire, une fois la porte de la chambre verrouillée, lui avait littéralement sauté dessus. Quinze jours d'abstinence (en tout cas pour McKay) le rendaient visiblement fou. En effet, John refusait toujours d'avoir une relation autrement que professionnelle avec l'astrophysicien au sein d'atlantis, et même si il trouvait ça un peu bizarre, il s'en accommodait plutôt bien, vue la ferveur avec laquelle le colonel l'épuisait à chaque mission.
« Colonel ? »
L'autre répondit en grommelant.
« Vous avez déjà…fait ça avec d'autres coéquipiers auparavant ? »
« Mouais. »
Rodney haussa les sourcils. Il s'attendait à une réponse négative, il pensait au moins être le seul, mais non, Sheppard avait bien mérité sa réputation de coureur de jupons et lui celle d'handicapé sentimental. Il sentait bien que la jalousie allait le ronger, mais il continua à interroger son amant.
« Et dans cette expédition ? »
« Une personne. »
Ola, cette personne allait morfler. McKay se voyait bien lui arracher un à un les cheveux et les ongles, puis les yeux, pour ensuite le dépecer et le noyer. Oui, dans l'eau salée, l'eau salée sur une blessure ouverte, ça piquait horriblement.
« Qui ? »
Le militaire sourit. Il se tourna vers Rodney et le décoiffa tendrement.
« Ca m'étonne que vous ne soyez pas au courant… »
Sa voix était malicieuse, il le narguait. Le canadien détestait quand quelqu'un essayait de le narguer, quand quelqu'un détenait un savoir qu'il ne possédait pas et qu'il s'en vantait. Il adorer tout savoir, et la frustration était un des pires sentiments qu'il pouvait éprouver.
« Je croyais que vous vous disiez tout pourtant. Enfin, presque tout. »
« Qui est ce ? »
Son ton agacé fit sourire Sheppard de plus belle. Il était vraiment jaloux.
« Je vais vous donner un indice, c'est un de vos plus proches amis… »
Un de ses amis ? Rodney se mordit la lèvre inférieure. Il n'allait peut être pas avoir meurtre tout compte fait. Ce n'était pas très compliqué, il avait beaucoup de collègues qu'il aurait pus qualifié de camarades, mais de vrais amis il n'en avait que deux. Enfin peut être trois, il ne savait pas si Ford était toujours en vie. Ces deux personnes étaient Zelenka et Beckett. Et il n'imaginait vraiment pas l'un ou l'autre en compagnie de John. Cette idée lui paressait ridicule. Mais il se lança.
« Radek ? »
Le militaire sourit et se pencha sur son amant et lui caressa la joue en secouant la tête.
« Carson… »
Le canadien pâlit.
« Non ! Il me l'aurait dit ! »
« Vous lui avez dit pour nous ? »
« Non, mais… »
« Mais rien. Je n'avais rien dit à Carson de peur de sa réaction, et il avait du faire de même. Je sentais bien que John n'aurais jamais voulu que je divulgue notre aventure à qui que ce soit. Non, ça n'était pas honteux ni répréhensible, c'était juste inhabituel, inattendu.
Mais j'avais toujours perçu Carson comme quelqu'un de fort, un ami sincère sur lequel je pouvais m'appuyer. Et il s'avérait qu'il avait eu, tout comme moi, la faiblesse de ne pas résister à Sheppard. En était il tombé amoureux ? Pourquoi leur liaison s'était elle terminée ? Pour quelles raisons avait il cédé ?
J'étais en colère contre l'écossais. Il ne m'avait rien dit, il n'avait pas su résister et il avait eu l'homme que j'aimais avant moi ! Trois colères sur trois plans différents, mais qui demandaient quand même une bonne explication. »
McKay plongea son regard dans celui de John en se mordant la lèvre inférieure.
« Ca a duré longtemps ? »
La pommette du scientifique frémit légèrement. Irrité. Jaloux. Sheppard aimait vraiment ça. Sentir qu'il représentait quelque chose aux yeux de son ami, quelque chose d'unique…Il ne lui avait dit qu'une seule fois qu'il l'aimait, mais ses mots résonnaient encore dans son crâne. Il adorait cette idée. Rodney l'aimait, l'aimait…Et il était jaloux de ses précédents amants. Trop mignon, vraiment trop mignon.
Il ne pus résister plus longtemps, il saisi à deux mains la tête du scientifique et rapprocha son visage du sien pour lui octroyer un court baisé. Ce baisé une fois terminé arracha un sourire à McKay, qui dégagea une de ses mains pour caresser la tempe du militaire.
« Vous faites diversion parce que vous ne vous en souvenez plus ? »
« Non. On a fait ça trois ou quatre fois, pas plus. Il a voulu tout arrêter après ça. Tant pis. »
Ok, deux questions sur trois élucidées. Leur liaison s'était terminée parce que Beckett n'aimait vraisemblablement pas Sheppard, que ce soit sur le plan physique ou psychique. Il allait devoir demander la réponse à la troisième question au principal intéressé.
En attendant, la voix du colonel n'exprimait aucun regret. Tant mieux.
« Je vous préfère vous. Plus tendre, plus docile… »
Il l'enlaça tandis que le canadien s'éclaircissait la voix.
« Plus docile ? Pourquoi pas plus affectueux ? Vous me prenez pour un animal de compagnie ? »
Ne jamais oublier de prendre l'astrophysicien avec des pincettes ! Qu'importe, il savait exactement comment lui faire oublier ses indélicatesses. Avec douceur, il passa ses bras autours de son torse et colla son corps au sien.
« McKay… »
« McKay, McKay, toujours McKay, vous ne pensez pas qu'on est assez proche pour que vous m'appeliez Rodney ? »
« Arrêtez de râler…Rodney. »
Le ton suave du militaire s'accompagna d'un baisé.
« Rodney… »
« Colonel ? »
Il l'embrassa dans le cou avant de descendre jusqu'à son col.
« Oh non, pas deux fois dans la même soirée ! »
Rodney semblait s'amuser de la situation. Il aimait ces petits jeux amoureux, jouer à l'amant raisonnable alors qu'il avait une envie folle de recommencer à…
« Il y a une loi canadienne qui vous empêche de faire l'amour deux fois de suite ? »
« Pas à ma connaissance… »
« Heureusement, j'aurais détesté vous mettre hors la loi ! »
Cette fois-ci, il s'allongea complètement sur lui et l'embrassa avec fougue. Le scientifique le serra contre lui et déposa un baisé sur sa joue mal rasée.
« John… »
« Rodney ? »
Il hésitât un instant puis se rétracta. Se mettre en retrait pour exprimer ses sentiments, ça n'était pas trop son truc.
« Non, rien… »
« Intérieurement, je lui hurlais que je l'aimais. Il me rendait fou, j'en aurais presque perdu mon sang froid. Je n'aurais jamais pensé être un jour jaloux par amour, mais il m'y forçait.
J'aurais voulu qu'il reste avec moi pour toujours, j'aurais ainsi été sur qu'il aille bien. Rester dans son ombre ne me dérangeait pas, et puis, on formait une bonne équipe…
Quand il aurait pris un peu plus d'assurance, on aurait plus eu besoin de se cacher, de faire semblant. Avec le temps, il m'aurait aimé lui aussi. Ca aurait été si bien comme ça…
Le lendemain, je décidais de parler à Carson. Il fallait que je tire cette histoire au clair, sinon je serais frustré jusqu'à la fin de mes jours. Et puis, ce secret là me pesait un peu, si je pouvais en parler à un de mes meilleurs amis en étant sur qu'il ne le répète pas, j'en aurais été soulagé. »
