Titre : Le voleur d'enfants – partie 1
Auteur : Aélane

Résumé : où les frères Winchester se retrouvent face à un cas d'enlèvement d'enfants qui rappelle à Dean de forts mauvais souvenirs... et le fait que tout cela se passe au sein d'une communauté Amish n'arrange vraiment mais vraiment pas les choses...

ATTENTION !
Cette fic se situe entre l'épisode 12 (Jus in Bello) et 13 (Ghostfacers) de la saison 3, SPOILERS donc jusque là !

Disclaimer : série créée et inventée par E. Kripke et son équipe (diffusion US : CW – diffusion française : M6 and co.)

Genre : gen – angst/monstre-de-la-semaine
Rating : PG-13

O'o'O

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Tout avait commencé avec la petite aux Günter.

On avait eu beau brûler leur maison, concasser ses fondements calcinés jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres emportées par l'eau du fleuve, purifier l'emplacement par moult prières, ça avait continué. Bien qu'à l'autre bout de la rue, les Klaus avaient été touchés quelques jours après.

Le curé avait aussitôt ordonné une grand-messe suivie d'une procession à travers tout le village puis par tous les chemins de la paroisse, consacrant les champs, les bois, les portes, les toits, les adultes et les enfants. Tous avaient consciencieusement respiré l'encensoir. Tous avaient déposé des fleurs à chaque oratoire, à chaque Christ en croix, offert des offrandes à chaque Vierge Marie, s'inclinant à genoux devant chaque saint.

Ça progressa, comme si de rien n'était.

Un pigeon fut envoyé à l'évêque. Un messager fut envoyé à la cité voisine. Aucun ne revint. Même si l'on racontait que les routes étaient bloquées, que le bourgmestre avait appelé le guet, que l'on tirait à vue sur les fuyards, certains empilèrent toutes leurs maigres possessions et tentèrent de passer de nuit par les sentiers cachés de la forêt ou par les rapides du fleuve. Nul ne les revit.

Ça se répandit, tel un feu de broussailles sur une terre en jachère laissée sans surveillance, abandonnée par les cieux, abandonnée par tous.

Le bêta de la Grande Frida, le vieux rebouteux vagabondant à la frontière de la forêt, le bec-de-lièvre né l'année dernière chez les Bornschein, tous ceux qui attiraient le mauvais œil furent immolés par le feu, immolés par le sang. En vain.

Lorsque le curé lui-même s'effondra au milieu de la mise en terre d'un quarantième cercueil, l'on eut beau se convertir en masse à la plus austère des sectes protestantes, nommer un pasteur, hurler ses péchés sur la place publique, se traîner en s'écorchant les genoux, implorer le Pardon divin, les rats pullulèrent de plus belle. Ils dévorèrent les récoltes pourrissant sur pied, dévorèrent les greniers, dévorèrent les visages des orphelins dans leur berceau, dévorèrent les cadavres là où ils étaient tombés car nul n'avait plus le cœur de les toucher. La Mort Rouge les emporterait un à un en Enfer. La Peste était en leurs murs.

Lorsque le Chasseur arriva, tous étaient prêts à lui promettre tout ce qu'il désirerait. Or, femmes, enfants, terres, âmes, leurs plus précieux trésors.

Lorsque le Chasseur les libéra, ils rechignèrent, ils murmurèrent, ils accusèrent. En une nuit, tous les rats avaient disparu, aucune fièvre n'avait réapparu, ce n'était pas normal, ce n'était pas humain. Cet homme surgi de nulle part à la tombée de la nuit commandait-il au fléau ? Et s'il le commandait, n'était-il pas celui qui avait lâché sur eux ce fléau pour mieux en profiter ensuite au plus noir de leur désespoir ? Un Suppôt de Satan, profitant de leur faiblesse ?

Lorsqu'ils lapidèrent le Chasseur, en une nuit, le village perdit toute innocence.

À suivre...