Chapitre 2

Le fils aîné des Luthor, Alexandre, était finalement rentré de croisade. On lui laissa à peine le temps de se reposer avant de lui annoncer la grande nouvelle. Et bien évidement il n'en fut pas enchanté. Quelques jours plus tard un messager fut envoyé à Rivenstone pour annoncer le retour d'Alexandre. De chaque côté on prépara donc le mariage mais sans grand entousiasme. Et lorsque la date fatidique arriva, Chloé rassembla ses dernières affaires, en laissant une grande partie derrière elle, son père ne les jugeant pas utile pour une jeune mariée. Quelques heures plus tard elle se mit en route en compagnie de son père et de quelques autres personnes. Le voyage fut long et pénible, de par son statue de future mariée, Chloé fut contrainte de voyager en litière et non de chevaucher comme elle en avait l'habitude, aussi le voyage fut particulièrement ennuyeux. Mais malgré tout elle aurait préféré qu'il soit sans fin.

Et voilà, maintenant elle était là, devant cet immense château de pierres noires, épuisée par deux jours de voyage, avec la peur au ventre. Une angoisse sourde avait peu à peu grandit au creux de son être au fur et à mesure qu'ils approchaient de ce qui serait désormais chez elle. Chez elle rien que cette pensée la rendait malade. Malgré tout elle aurait voulu que ce voyage n'est jamais de fin, quite à passer sa vie sur la route en compagnie de son père. Mais voilà, maintenant c'était fini, elle était là et elle devait affronter son destin.

Une fois arrivé, Chloé et son père prirent le temps de se changer et de se reposer un peu avant d'être présenté au maître des lieux, Lionel, et surtout à son fils Alexandre. Ils furent introduit dans la grande salle du château, où ils furent accueilli par Lionel et sa femme Liliane. Alexandre quant à lui attendait un peu plus loin, leur tournant le dos, regardant par une fenêtre, comme s'il pensait à s'enfuir. Chloé eut un sentiment étrange quand elle l'aperçu, cette silhouette, cette tête chauve ne lui était pas inconnues. Non cela ne pouvait pas être lui, c'était impossible. Lorsqu'il se retourna et confirma ses soupsons, Chloé ne put retenir la colère qui l'habitait désormais. Il lui avait menti, il savait parfaitement qui elle était et il lui avait caché son identité. De plus il avait osé lui faire la moral, alors que lui aussi vivait dans le luxe et l'oppulence. Il l'avait humiliée dans sa propre maison. Elle s'avança vers lui et arrivé à sa hauteur, elle le gifla violemment. Dès l'instant où il avait appris son mariage et surtout le nom de son épouse, Alexandre savait qu'elle réagirait comme celà. Il laissa à tour sa colère s'exprimer et l'agrippa voilemment par les épaules.

-Comme on se retrouve Dame Chloé !

-Vous, c'était vous ! Comment avez-vous pu me mentir, vous comporter de la sorte dans ma propre maison ? Comment avez-vous pu me reprocher ma richesse, alors que vous même vivez dans une plus grande opulence ?

-Ce n'est pas votre richesse que je vous reproche, c'est votre pseudo-générosité.

Elle se dégagea violement, il la relâcha.

-Croyez-moi chère "amie", cette situation ne me plait pas plus qu'à vous, moi non plus je n'ai pas le choix. Si vous m'aviez laissé crever sur le bord de ce chemin nous n'en serions pas là.

-Vous peut-être mais moi si. Si vous n'êtiez pas revenu, c'est votre demi-frère que j'aurai du épouser. Mais sans doûte, aurait-ce été moins pire.

Le reste de l'assemblé les regardait étrangement, comment diable se connaissaient-ils alors qu'ils étaient sensé ne s'être jamais rencontre et surtout pourquoi se détestaient-ils autant. Liliane se décida à intervenir :

-Lex, tu connais cette jeune fille ?

-Oui, elle m'a ramassé sur le bord d'une route à moitié mort de faim, sans elle je serais sans doûte mort.

Liliane s'approcha alors de Chloé et l'enlaça chaleureusement. Celle-ci fut surprise par ce geste.

-Merci de m'avoir rendu mon fils, merci infiniment.

L'ambiance était tendue au château, les futurs mariés ne dégnaient pas s'adresser la parole et les vieux conflits, les veilles rancunes étaient toujours présente entre les deux familles. Le mariage eut lieu cependant, bien que réduit à son minimum. Les familles étaient présentes, le roi qui avait ordonné ce mariage et quelques membres de la noblesse, afin d'éviter qu'un trop grand nombre de personnes soient présentes en cas de débordement de la part de l'un des deux mariés. La cérémonie et la fête qui suivit furent par conséquent relativement courtes. Mais Chloé, elle, aurait préféré qu'elles ne cessent jamais, car elle savait que le soir, une fois la fête terminée, elle devrait se retrouver dans l'intimité d'une chambre avec celui qui était désormais son époux et qu'elle devrait alors consommer son mariage, qu'elle devrait se donner à cet homme qu'elle détestait sans pouvoir protester.

Ce soir là, Chloé se rendit donc dans sa nouvelle chambre, elle passa à la hâte ses vêtements de nuits et se glissa dans le lit, s'enfonçant dans les couvertures, comme pour se protéger. Et elle attendit, la peur au ventre, l'arrivée de son mari. Lorsque celui-ci entra dans la chambre, il ne lui décrocha pas un regard. Il ne la regarda pas plus lorsqu'il se changea et se coucha sans un mot, sans un geste, dans l'ignorance la plus totale. Ce comportement troubla
Chloé au plus haut point. Avant qu'il ne parte pour la croisade, Alexandre avait la réputation d'être un coureur de jupon et elle ne comprennait pas pourquoi celui-ci ne profitait pas de la situation pour l'ajouter à son palmarés.

Alexandre avait certes connu beaucoup de femmes, mais jamais il ne s'était abaissé à en prendre une de force, et épouse ou pas, ce n'est pas avec elle qu'il allait commmencer. Il pouvait sentir sa peur et son dégout, ils étaient presque palpable. De toute façon il ne la désirait pas ni elle ni aucune autre, les femmes ne l'intéressait plus. Il avait vu trop d'horreur au cour de cette fichue croisade pour retrouver la futilité de sa vie d'avant. Finalement il aurait presque préféré y rester, sa vie était au passé et le monde n'avait plus de saveur.

Les premiers temps de leur mariage furent particulièrement difficile pour Chloé. Lex partait au petit matin et ne rentrait qu'une fois Chloé couchée.Ils partageaient la même chambre mais elle ne le voyait pas de la journée et se retrouvait donc dans la solitude la plus totale. En un mois c'est à peine s'ils échangèrent quelques mots. Seule Liliane lui témoignait un peu d'intérêt, mais malgré la tendresse qu'elle temoignait à Chloé, celle-ci se laissait dépérir. Liliane comprit vite que sa compagnie seule ne suffirait pas à rendre le sourire à sa bru et elle ne supportait pas de la voir aussi malheureuse. Elle aurait aimé en parler à son fils mais il n'était jamais présent et les rares moments où elle le voyait il lui était impossible d'aborder le sujet. Aussi se tourna-t-elle finalement vers le père de Chloé. Elle lui fit porter une missive afin de savoir s'il savait ce qui pourrait remonter un peu le moral. Particulièrement concerné par le bien être et sa fille et se sentant un peu responsable de son malheur, Gabriel lui fit immédiatement porter les seule choses auxquels elle tenait vraiment, sa harpe et ses livres. Le mariage et le départ de Chloé ayant était un peu précipité, celle-ci n'avait emporté que le minimum c'est à dire quelques vêtements, son père n'avait pas fait emporté ses livres et sa harpe ne les jugeant pas utiles pour une femme mariée.

Ce présent de Liliane mit un peu de baume au cœur de Chloé et apaisa un peu son malheur. Il créa aussi une bulle d'oxygène dans la vie de Chloé en lui permettant de retour une activité familière qui brisait un peu sa solitude. Hormis les hommes d'église très peu de personne savait lire et encore moins de femmes, mais Chloé, elle, avait appris. C'était un vieux moine qui s'était réfugié au château de son père après la destruction de son monastère, qui lui avait enseignait la lecture ainsi que la musique. L'apprentissage de la lecture avait permis à Chloé d'ouvrir et d'aiguiser son esprit déjà curieux de nature. Aussi était-elle devenue une femme très intelligente, sans doûte plus que la majorité des gens, et qui pouvait parfaitement penser par elle même. De ce fait les travaux répétitifs et abrutissants que l'on réservait aux femmes, filer, tisser, coudre, lui pesait et reforçait sa solitude.

Certe l'arrivée de ses livres lui permit de se sortir de la létargie dans laquelle elle s'était plongé, mais il lui manquait toujours quelque chose, la présence de son époux. Les jours s'écoulaient mais il n'était jamais présent, quelques rares fois elle le croisait aux repas mais ils n'avaient aucun contact, si ce n'est qu'ils dormaient ensemble. Parfois la nuit elle l'entendait s'agiter lorsque des cauchemars agitaient le sommeil d'Alexandre, mais elle n'osait intervenir. La situation devait insolvable, Alexandre refusait d'imposer sa présence à Chloé qu'il lui croyait insupportable et Chloé ne savait pas comment atteindre cet homme dont elle était persuadé qu'il la haïssait.