Chapitre 1 : Bal et Akumas

Ou

Fiancée ? Plutôt mourir !

PDV Juliette

De ma chambre, j'entendais déjà les violons, la musique me vrillait les tympans, cette musique que j'avais bien trop entendue. Une valse, encore. Je sentais déjà l'odeur entêtante des parfums de ces dames, toutes parées de leurs plus beaux atours, être vue et admirée étant leur principale occupation. Je voyais déjà les hommes dans leurs élégants costumes gris faire la cour aux pauvres brebis égarées dans ce monde de vautours, discuter affaire, ou plutôt essayer d'escroquer des nobles eux-mêmes escrocs.

« - Il est l'heure, ma tendre.

-Oui, Maria. Dis-je en me levant. »

Je jetais un dernier coup d'œil à mon reflet dans le miroir. Parée d'une lourde robe en soie bleue nuit, accompagnée d'assortiments de bijoux d'or et de pierreries, Je me sentais mourir à petit feu.

Je me composais rapidement un masque de jeune fille bien élevée, gracieux et hautain, et me dirigeai rapidement vers les enfers.

Arrivée en haut des escaliers, je me plaçai aux côtés de mon père, la main dans la sienne, étouffant dans mon corset.

« - Mesdames et Messieurs, le Duc d'Ormonde et sa fille, Juliette d'Ormonde. Clama notre majordome.

La foule se tut, et se tourna vers les escaliers.

Mon père m'entraîna à ses côtés jusqu'au milieu des escaliers, où il entonna d'une voix forte :

-Chers amis, bienvenue. J'ai organisé cette réception, bien sûr, dans le but de vous distraire, mais aussi pour célébrer les fiançailles de ma très chère fille Juliette, à Lord Tyki Mikk.

Un homme en costard s'approcha de mon Père, et se posta à mon côté.

-Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée.

Nous descendîmes des escaliers, et ma Mère nous rejoignit.

-Juliette, repris mon Père. Je te présente ton fiancé, le marquis Tyki Mikk.

-Bonsoir, Lord Mikk. Le saluais-je, d'une gracieuse révérence, un sourire collé au visage.

[Mon dieu, alors ça y est, me voilà condamnée.]

J'observais plus attentivement mon (non-désiré) futur époux. Il était beau, avait… la vingtaine, et avait tout de l'aristocrate parfait. Un cauchemar.

Il s'inclina devant moi, et m'invita à danser. Je lui répondis d'une légère révérence et pris sa main, intérieurement révulsée par sa personne.

-Vous êtes d'une beauté sans pareil, mademoiselle, Me souffla-t-il à l'oreille. J'ai bien fait d'accepter la proposition du Duc, votre père.

-Vous n'êtes pas laid non plus, Marquis, lui répondis-je, d'une courtoisie feinte à la perfection.

[Quel aristocrate banal à en pleurer. Toujours les mêmes phrases prédéfinies, aucune originalité.

C'est à ça qu'on veut me marier ?]

Nous continuâmes de danser, jusqu'à ce que la musique ne finisse. J'étouffais dans cette grande pièce, entourée de tous ces pantins sans émotions. Je m'excusais auprès de mon fiancé, et sortis prendre l'air, dans la roseraie. Les dernières lueurs du jour accompagnèrent un soupir las, portant en lui toute la frustration que le bal avait accumulée en moi.

-Quel soupir, Juliette, Fit une voix, derrière moi.

-Pourquoi m'avez-vous suivie, Marquis, si je puis me permettre ?

-Oh, mais vous le pouvez. J'aurais simplement voulu discuter, mais...

Il me fit pivoter, m'attira à lui, et m'embrassa.

Je le repoussai vivement, le rouge aux joues.

-Que les choses soient bien claires entre nous, espèce de sale noble arrogant, lâchais-je, laissant tomber mon masque de bienséance. Je ne me marrie avec vous que par obligation, et je n'ai nullement l'intention de me comporter comme votre petite soumise d'épouse, me suis-je bien faite comprendre ?

-Vous avez un caractère de feu, ma tendre. Je…

-Ne m'appelez pas comme ça, vous n'êtes ni mon ami, ni l'homme que j'aime, et je suis encore moins votre ''tendre '' !

-Comme vous le voudrez, mais vous serez bien obligée de rentrer dans le rang, mademoiselle.

Oh, une dernière chose : vous êtes une aristocrate. »

Il s'en retourna dans la salle, causer argent et baratiner avec les autres ordures de son espèce.

Je m'assis sur un banc et contemplais le ciel étoilé. La nuit venait à peine de tomber.

Ce fut la première nuit.

Je frissonnai, je n'avais pas remarqué à quel point la brise s'était rafraîchie.

Il y eut des bruits de pas dans les allées autour de moi, ma gorge me faisait mal.

Les bruits de pas se rapprochaient, tandis que je portais mes mains à mon collier, le déchirant pour laisser apparaître l'étrange cristal vert incrusté dans ma gorge.

La douleur était devenue lancinante, le cristal s'était mis à briller. Des créatures effrayantes sortirent des bosquets, je pris peur. Je ne pouvais pas crier, ma gorge ne me répondait plus.

Et comme une litanie, une voix me répétait dans la tête :

Fuis, Juliette, fuis !

Mes jambes restaient inanimées, sur le sol, tellement lourde, que l'angoisse me monta au cerveau à l'idée que je ne puisse plus jamais les bouger. Je levais la tête, pour voir l'étrange créature pointer ses canons vers moi. Deux secondes, pause !… Des canons ? C'est quoi c'bordel ?

Je n'eus pas plus de temps pour réfléchir, les monstres se mirent à tirer.

Je fermais les yeux, attendant la douleur, mais rien ne vint.

Lorsque je repris contact visuel avec l'extérieur, une paroi de cristal verte m'entourait, repoussant les tirs des créatures.

[C'est bien beau, mais avec un mur, j'fais comment pour les faire dégager ?]

Commence pas à te plaindre, c'est vachement pratique d'être protégée. Et puis, a-t-on déjà vu une exorciste se plaindre d'une innocence qui la protège de sa propre volonté ? C'est un comble !

[Je deviens schizophrène en plus de ça !]

On devrait tous demander une augmentation, nous les innocences.

Je fis taire la voix, dans ma tête, alors que des coups de feu se faisaient entendre sur ma gauche. Les créatures explosaient les unes après les autres. Un homme plutôt grand, roux, vêtu d'un long manteau noir et or tirait sur les monstres, cigarette en bouche.

Soudain en grand manque d'énergie, je m'évanouis.

Lorsque je me réveillai, plus tard, je n'ouvris pas les yeux tout de suite, et écoutais la conversation de ce que je devinais être ma belle-mère, mon père, et un inconnu.

« - Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Quelles étaient ces créatures dans notre jardin ?

Apparemment, ma belle-mère avait assisté à une partie de la scène, peut être même à son intégralité.

-C'étaient des Akumas, madame, et votre fille est une exorciste, comme moi. Je vais vous demander d'abandonner toute idée de futur pour votre fille, car elle va rejoindre la congrégation de l'Ombre.

[Congrégation de l'Ombre, hein ? Pourquoi c'est jamais ''congrégation des canards roses en caoutchouc'' ou ''Congrégation des joyeux lapins bleus'' ?]

Graaand silence de la mort qui tue. J'ouvre les yeux, et j'aperçois ma belle-mère, mon père, et l'inconnu au pistolet et au manteau noir ouvrir de grands yeux en me fixant.

[Soit j'ai un énoorme bouton sur le nez, soit j'ai pensé tout haut]

Je porte la main à mon nez.

[Ah, non, j'ai pensé tout haut.]

L'inconnu fut le premier à se remettre de sa surprise.

-Ah, ceci, mademoiselle, est un des grands mystères de l'univers. Mais enfin passons. Je vaisfaire court, clair simple, et adapté à votre QI…

-'Faut pas pousser, non plus, le coupais-je, piquée au vif.

-Les monstres qui vous ont attaquée sont des Akumas, vous êtes une exorciste, la pierre dans votre cou…

-cristal

-Oui, peu importe. Donc, c'est votre innocence, ou arme anti-akumas, et vous allez me suivre à la Congrégation de l'ombre, après avoir abandonné toute votre vie actuelle, et ce que vous possédez.

-Vous êtes sûr que ce que vous fumez c'est pas toxique ? Qui vous dit que j'ai envie d'vous suivre ?

-Juliette ! Quel est ce langage ? Ou, ma belle-mère, l'art de casser l'ambiance.

-Il est hors de question, contra mon Père, que ma fille abandonne ses responsabilités et parte je ne sais où risquer sa vie !

-Elle viendra, qu'elle le veuille ou non. Je pourrais demander directement à Monsieur Luberrier (palissement de mon Père) de venir chercher votre fille…

-Mais si elle meurt, la famille n'auras plus d'héritier…

-Votre fille s'arrangera pour ne pas mourir, n'est-ce pas, Juliette ?

-Il y a des conditions à son départ, Maréchal.

-Oh, j'oubliais, je ne me suis pas présenté à notre nouvelle recrue ! Maréchal Marian Cross, pour vous servir.

-Je disais donc, coupa mon Père. Qu'il y avait des conditions à son départ. Tu devras revenir au manoir de temps en temps pour assister à des bals, tu devras aussi te marier avec Lord Mikk.

Et il est Hors de question, tu m'entends ? Hors de question que tu ne meures avant de nous avoir donné un héritier.

Je baissai la tête en signe d'obéissance, et répondis :

-Bien, Père.

-Tu emmèneras Maria, avec toi. Oh, et quand tu seras en missions pour je ne sais quoi, tâche de ne pas te faire reconnaître.

J'acquiesçai et partis en direction de mes appartements, où m'attendait ma nourrice.

-Fais tes bagages, Maria, nous partons.

-Où donc, ma Juliette ?

-A la Congrégation de l'Ombre. Et envoie-moi une femme de chambre.

Elle sortit, me laissant seule. J'ouvris un placard et en sortit une petite valisette, que j'ouvris sur mon lit. J'y mis la bourse que ma belle-mère m'avait tendue avant que je ne sorte du bureau de mon père. Elle était plutôt lourde, tant mieux. J'y déposai ensuite Roméo et Juliette, mon journal intime, la boîte à musique de ma mère, et la boule à neige représentant des enfants qui jouaient dans la neige, que ma chère et défunte mère m'avait offerte.

La femme de chambre entra, et s'inclina devant moi.

-Prépare mes bagages, je pars pour plusieurs semaines. N'y mets qu'une robe de bal, je ne risque peut-être pas d'en avoir besoin.

-Bien, mademoiselle.

Elle s'affaira pendant dix minutes, à empiler mes vêtements dans des malles.

Lorsqu'elle eut finit, elle s'inclina une nouvelle fois devant moi et sortit.

Plus rien ne me retenait dans ce manoir, je sortis à mon tour de la chambre, après avoir appelé un serviteur par la sonnette au dessus de mon lit, pour qu'il porte mes valises dans le hall.

J'entrai une nouvelle fois dans le bureau de mon père, avec Maria. Celui-ci riait allègrement avec le maréchal, autour d'un verre d'alcool.

Je toussotai pour leur faire remarquer ma présence.

-Maréchal, je suis prête.

-Alors qu'attendons-nous pour partir ? Plus vite j'y serais, plus vite je pourrais repartir !

Nous montâmes dans le carrosse qui nous attendait devant le manoir, et nous partîmes.

Fin de la première Nuit.

Héhé ! Et voila ! Prochain chapitre en plusieurs PDV, exterieur, Juliette, et peut être Cross.

Qu'ai-je à dire, à part ça ?... Commentez !

Bye,

TsukiyomiKyoko