Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de Hayseed. Je ne fais que traduire…
2. Une soirée bien remplie.
De toute évidence, le Professeur Snape ne lui faisait pas confiance. Il avait apporté une pile de copies à corriger dans la salle de classe et il l'observait pendait qu'elle nettoyait méticuleusement les chaudrons dégoûtants qu'il lui avait désignés. Hermione ne savait pas si elle devait être amusée ou insultée par l'insinuation qu'elle ferait moins bien son travail si jamais il lui tournait le dos. Probablement un peu des deux, en fait.
« Veuillez arrêter de siffloter si horriblement,» lui lança t'il d'un ton glacial, sans même lever les yeux de derrière son bureau.
« Je suis désolée, Monsieur, » s'excusa Hermione. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle sifflait. Il valait mieux qu'elle se fasse discrète. Pour occuper son esprit, Hermione commença à se réciter mentalement du Shakespeare pendant qu'elle continuait à frotter. Dans son école primaire moldue, les élèves commençaient à apprendre des récitations à un âge bien tendre, mais c'était quasiment toujours la même chose, des passages de Shakespeare, deux par trimestre.
Hermione soupira. Il faut bien faire avec ce qu'on a.
Commençons par les sonnets. Le soixante et onze, celui-là n'était pas si mal. Ne me pleurez pas…Une tache rebelle… Après ma mort… Hermione frottait avec vigueur.
Elle en avait fini avec la poignée de sonnets qu'elle connaissait en arrivant au deuxième chaudron. Jules César, maintenant. Ça l'occupa pendant trois chaudrons supplémentaires, et à ce moment, elle suait à grosses gouttes. Elle repoussa ses cheveux de son visage, maudissant la façon dont ils restaient collés sur son front, et continua à frotter, ignorant résolument Snape et commençant à réciter Macbeth.
Vingt chaudrons, la moitié des tragédies de Shakespeare, et un nombre incroyable d'heures plus tard, Hermione jeta son dernier chiffon sale et décida qu'elle en avait fini. « Professeur, s'il vous plait ? »
Snape grogna et leva les yeux de la copie qu'il était en train de corriger.
« J'ai fini. Je peux y aller ? »
Snape se leva en jetant sa plume sans ménagement. « Venez, je vous raccompagne à votre salle commune. Les élèves ne sont pas autorisés à circuler seuls dans les couloirs à cette heure de la soirée. » Il avait l'air presque aussi contrarié qu'elle par cet arrangement.
Ils marchaient côte à côte en silence, aucun des deux n'ayant envie de lancer une conversation. Hermione avait mal aux mains – elle savait qu'elle s'était fait quelques belles ampoules, et elles commençaient à gonfler. Avec un léger tressaillement, elle essaya de plier les mains, pour évaluer les dégâts. Malheureusement, cela fit éclater une des plus larges ampoules, celle de son pouce. Hermione poussa un petit cri, et essaya de ravaler les larmes qui lui montaient aux yeux.
Snape la regarda. « Qu'est-ce qu'il y a ? » aboya t'il.
« Ce n'est rien, Monsieur, » mentit lamentablement Hermione en cachant sa main derrière son dos. Des larmes commencèrent à rouler sur ses joues et elle jura intérieurement.
« Vous vous êtes blessée, » affirma Snape. « Laissez-moi voir. »
Hermione lui lança un regard noir. « Je vais bien. »
« Ne soyez pas idiote. » Snape tira sur son bras sans ménagement, pour voir sa main. « Petite imbécile, pourquoi n'avez vous pas mis de gants ? »
« Ne m'appelez pas comme ça, » siffla t'elle. « Et lâchez ma main. »
Ils arrêtèrent de marcher. Ils étaient au milieu du couloir d'entrée dans la tour de Gryffondor. « Je retire cinq points à Gryffondor. Il faut soigner ça, » répondit tranquillement Snape, sans lâcher sa main.
« J'irai voir Madame Pomfresh demain, alors, » répondit résolument Hermione. « Professeur, nous sommes arrivés à la Tour de Gryffondor. Laissez-moi… »
Un 'boum' dans le couloir l'interrompit.
Hermione et Snape échangèrent des regards surpris. « Pas un bruit, » ordonna Snape à voix basse, en sortant sa baguette.
En acquiesçant, Hermione sortit sa propre baguette.
En ne communiquant que par le regard, elle et Snape avancèrent prudemment dans le couloir, en marchant aussi silencieusement que possible. Alors qu'ils approchaient, Hermione distingua une silhouette solitaire devant eux. Ils avancèrent encore et elle put reconnaître un visage. Harry Potter.
Snape se détendit et poussa un soupir de soulagement quasi inaudible. « Potter, » dit-il avec irritation. « Est-ce que je veux vraiment savoir ce que vous faites dans les couloirs après le couvre-feu ? »
Mais Harry avait une drôle d'expression sur le visage, et une curieuse façon de se tenir. « Je n'ai pas le droit d'en parler, Monsieur, » répondit-il tranquillement, en jetant un léger coup d'œil sur sa gauche.
Snape cilla lentement. « Je retire cent points à Gryffondor, Potter, et vous aurez une retenue avec moi, » dit-il d'un ton monocorde, sans l'emphase moqueuse habituelle. Puis il fit quelque chose qu'Hermione trouva assez bizarre. Il fronça les sourcils et secoua un peu sa baguette.
Harry secoua légèrement la tête. « Je ne trouve pas ça juste, Monsieur, » répondit-il. « Vous ne donneriez pas de retenue à Malefoy s'il était là. »
C'est à ce moment qu'Hermione comprit. Harry n'était pas seul, et il était à coup sûr en grave danger. Quelqu'un se tenait à sa gauche – peut-être un Malefoy. Et plus grave, Harry n'avait pas sa baguette.
« Est-ce que vous cherchez à gagner plus de retenues, mon garçon ? » demanda Snape sur le même ton monocorde. « Combien en voulez-vous ? Trois ? Quatre peut-être ? »
Harry s'éclaircit la gorge. « Trois, c'est bien assez, Professeur. » Il écarquilla les yeux, trahissant sa frayeur.
Snape ferma les yeux et Hermione sentit la bile lui monter au fond de la gorge. Trois assaillants armés ?
« Oh, bien joué, Severus, » commenta une voix suave venue de l'ombre. « Vraiment bien joué. » Hermione étouffa un petit cri quand Lucius Malefoy lui-même se glissa hors de l'ombre en pointant fermement sa baguette sur la gorge de Harry.
« Lucius, » salua Snape. « Puis-je m'enquérir de ce que tu fais dans les couloirs de Poudlard à une heure si tardive ? »
« Tu peux, mon ami, » confirma Malefoy, toujours mielleux. « Et puisque tu poses la question, je te répondrai que ça ne te regarde en rien. Ah ah, » continua t'il, en pointant maintenant sa baguette sur Hermione, qui avait profité de la distraction pour essayer de s'éloigner. « Ne bouge pas, petite sang-de-bourbe. Nous ne voudrions pas que quelqu'un nous entende, si ? Maintenant, et si tout le monde baissait sa baguette pour qu'on puisse avoir une petite conversation amicale ? »
Hermione raffermit sa prise sur sa baguette.
« Et si nous ne sommes pas de cet avis ? » demanda Snape en pointant sa baguette sur Malefoy.
« Eh bien… Je pourrais toujours tuer le jeune Potter, » ronronna Malefoy, « Mais non. J'ai peur que vous ne fassiez pas grand cas de cette menace. Vous savez tous les deux que mon Maître est désireux de s'occuper lui-même de Potter. Par contre, je n'aurais pas de scrupules à tuer la petite sang-de-bourbe. » Il adressa à Hermione un sourire glaçant.
« Laissez-les partir, » demanda soudain Harry. « Vous m'avez, et si vous les laissez partir, je me tiendrai tranquille. »
« Oh, non, Harry Potter, » répliqua Malefoy. « Je ne peux pas faire ça. Tu vois, aussitôt après notre départ, Severus irait geindre auprès du vieux fou. Et ne gaspille pas ta salive à protester, Severus. Il y a un moment que mon Maître et moi sommes au courant que tu n'es pas ce que tu parais être. Ne t'en fais pas, tu nous le paieras. Mais pas ce soir, malheureusement. »
Snape plissa les yeux, mais resta incroyablement immobile.
Hermione cilla quand une idée soudaine lui traversa l'esprit. Harry avait parlé de trois assaillants. Jusqu'ici, elle n'avait vu que Malefoy. Où étaient les deux autres ? Probablement pas sous des Capes d'Invisibilité – elles étaient trop mal adaptées aux mouvements brusques. Mais elle ne pouvait pas se souvenir d'autres moyens de se rendre invisible. La seule autre possibilité était…
Avant que Malefoy ne puisse réagir, Hermione pointa sa baguette vers le plafond et s'écria « Revelo ! »
Deux colosses – l'un avec une cicatrice qui lui barrait le visage, et l'autre avec les épaules les plus larges qu'Hermione ait jamais vu à un être humain – apparurent, un peu flous, de chaque côté de Harry, à mesure que leur Sortilège de Dissimulation prenait fin. Chacun d'entre eux agrippait fermement une épaule de Harry.« Oh, » dit Malefoy d'un ton moqueur en regardant vers Hermione. « Quelle petite fille intelligente nous avons là ! C'est dommage, vraiment. Endoloris. »
Avant qu'elle ne puisse dire ouf, Hermione était au sol, avec l'impression que chacun des os de son corps était broyé, encore et encore et encore. Elle serra les dents, refusant de crier. Des larmes roulaient sur ses joues.
La douleur s'intensifia et elle ne tint pas plus longtemps. Elle poussa un long hurlement de souffrance, chaque centimètre de son corps était parcouru de décharges de douleur.
Et puis plus rien.
C'était fini. De la douleur extrême à l'absence totale de sensation.
Hermione accueillit l'évanouissement qui menaçait à bras ouverts.
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Les yeux d'Hermione s'ouvrirent de leur propre chef. Si elle avait eu son mot à dire, elle serait restée inconsciente. Des parties de son corps dont elle ignorait l'existence jusque là la faisaient souffrir. Même ses ongles parvenaient à être douloureux.
« Arghh, » marmonna t'elle, en refermant les yeux.
« Ah, bien, » dit une voix douce près d'elle. « Vous êtes réveillée. »
Et tout lui revint en même temps. La retenue. Le couloir. Le Doloris. Harry. « Harry ! » s'écria t'elle, en se redressant, et en poussant un petit cri de douleur.
« Miss Granger ! » l'interpella la voix, certainement celle de Madame Pomfresh. « Vous devez vous calmer. Vous souffrirez plus si vous combattez la douleur. »
« Il faut que je prévienne… Harry, les Mangemorts, Malefoy ! » Les pensées d'Hermione étaient floues et désordonnées à travers la douleur. Non sans effort, elle jeta ses jambes hors du lit et essaya de se lever.
Vacillante, elle tentait de se maintenir debout, mais ses jambes cédèrent sous elle. A sa grande surprise, cependant, une paire de bras la saisit et l'empêcha de tomber. « Vous feriez bien, Miss Granger, d'obéir aux ordres de Madame Pomfresh, » siffla Snape dans son oreille.
Hermione, choquée par la réalisation soudaine qu'elle était blottie dans les bras de Snape, se laissa remettre au lit sans protester.
Madame Pomfresh la borda soigneusement, puis pivota pour faire face à Snape. « Et vous, qu'est-ce que vous pensez faire hors de votre lit ? On se recouche ! Allez ! »
Si Hermione n'avait pas eu si mal, elle aurait éclaté de rire en voyant l'air désespéré de Snape quand Madame Pomfresh commença à le palper et à le forcer à se recoucher dans un lit tout proche.
« Ni l'un ni l'autre n'êtes suffisamment en forme pour… Je veux dire, tous les deux, vous avez subis des sorts violents… » Marmonnant toujours pour elle-même, Madame Pomfresh faisait la navette entre les deux lits, pour regarder leurs pupilles, lancer des sorts de diagnostic, et autres comportements étranges.
« Doloris, » croassa Snape. « tous les deux. »
« Ça expliquerait les contusions sévères que vous présentez tous les deux. Mais dites-moi, Severus, d'où viennent ces horribles écorchures ? Et les saignements internes ? » interrogea Pomfresh, sans dissimuler son inquiétude.
« Lestrange m'a jeté contre le mur une paire de fois, » admit Snape. « J'ai lâché ma baguette. »
« D'accord… » continua Madame Pomfresh dans ce qui aurait pu sembler un ton de conversation ordinaire, s'il n'y avait eu son regard. « Tenez… Mangez ça, tous les deux. » Elle tendit de gros morceaux de chocolat à Snape et à Hermione. « Vous vous sentirez mieux. Et j'ai soigné vos coups à la tête, comme ça vous pouvez dormir un peu. »
Hermione fit la grimace en voyant tout ce chocolat. L'idée d'en manger était en ce moment aussi attirante que l'idée d'embrasser un Malefoy. Mais sous le regard sévère de Madame Pomfresh, elle en prit une bouchée et la mâcha sans conviction. « Il faut que je parle au Directeur, » dit-elle entre des bouchées. « Il faut que je lui dise… »
« Oui, oui, Miss Granger, » l'interrompit Madame Pomfresh avec impatience. « Severus nous a expliqué que Potter s'était fait enlever avant de s'évanouir. Je suis persuadée qu'on s'occupe de ça. Mange ton chocolat, ma chérie. »
« Mais Harry n'a pas sa baguette, » s'entêta Hermione, en avalant son chocolat. « Et Malefoy a quasiment avoué qu'ils le menaient à Voldemort ! Il sera tué avant le lever du jour. »
« Le Directeur s'est mis en relation avec le Ministère. Ne vous faites pas de soucis, Miss Granger. Vous devez vous reposer maintenant. » Le ton de Madame Pomfresh signalait clairement qu'elle ne voulait plus entendre un mot à ce sujet. La matrone tourna les talons et sortit de la pièce, tamisant les lampes d'un mouvement de sa baguette, laissant Hermione seule avec le Professeur Snape.
A contre-cœur, Hermione finit sa part de chocolat, sentant son estomac se nouer en protestation. Mais la douleur s'estompait, c'était vrai, et sa vision redevenait plus nette. Elle tourna les yeux vers Snape, qui semblait manger son chocolat aussi lentement qu'il était humainement possible. « Qu'est-ce qui s'est passé ? » lui demanda t'elle timidement. « Après que… euh… »
« J'ai essayé de pétrifier Malefoy pour interrompre son sort, et Potter s'est presque libéré de Lestrange et Nott. Nott a alors pétrifié Potter et Lestrange s'en est pris à moi. Quand j'ai rouvert les yeux, ils avaient disparu, et Potter aussi. » Snape baissa les yeux sur le chocolat qu'il avait dans les mains. Ses cheveux qui faisaient rideau dissimulaient son expression.
« Est-ce que vous savez où ils peuvent l'avoir emmené ? » demanda Hermione.
Snape fit la grimace. « Probablement directement vers Vous-Savez-Qui. Dernièrement, il a décidé de s'installer dans l'ancienne maison de son grand-père. Heureusement, il est encore plus cinglé qu'avant – il ne tuera pas Potter immédiatement. Il voudra s'amuser avec lui avant. Peut-être que quelqu'un pourra arriver à temps. »
« Qui ? » demanda amèrement Hermione. « Le Ministère ? Je ne crois pas… »
Snape inclina la tête, en signe d'agrément.
« Grrrr, » grogna t'elle de frustration. « J'ai horreur de rester assise ici sans pouvoir rien faire ! Je voudrais aller l'aider. »
« Vous vous feriez probablement tuer si vous essayiez, » commenta Snape sans méchanceté.
« Oh ! Vous êtes un véritable rayon de soleil vous, vraiment ! » ironisa t'elle.
Il releva la tête pour afficher sa désapprobation. « Je retire trente points à Gryffondor. »
Elle agita la main, en signe de désintérêt. « Vous pouvez retirer toutes les saletés de points que vous voulez, je m'en fiche. Harry va mourir aujourd'hui, et je suis clouée ici pendant que mes nerfs retrouvent leurs réactions normales. Quelque part, les points sont le cadet de mes soucis. »
« Et des retenues jusqu'au jour de votre diplôme, ça vous dit ? » demanda Snape, pince-sans-rire.
Hermione était bouche bée. Il avait un soupçon de malice dans le regard, et l'ombre d'un sourire sur le visage. « Est-ce que cous venez de faire une blague ? » lui demanda t'elle, incrédule.
Il haussa les épaules. « Pas forcément. Je pourrais vous garder en retenue jusqu'à la fin de l'année. »
« Non, non, merci, je vais passer mon tour. C'est juste que… »
« Vous ne saviez pas que votre horrible Professeur était physiquement capable de plaisanter ? » finit Snape.
Hermione écarquilla les yeux. « Non… Ce n'est pas… Enfin, si, » finit-elle par admettre.
« Je trouve que l'habitude d'Albus de détendre la situation par une blague ne manque pas de mérite, » expliqua Snape.
Se rallongeant contre son oreiller avec un soupir, Hermione laissa ses yeux se fermer, et s'endormit avant de pouvoir penser à quoi que ce soit d'autre.
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Elle fut réveillée par un léger frou-frou. Remuant les orteils, elle se rendit compte que la douleur avait finalement diminué et qu'elle serait certainement capable de marcher sans assistance maintenant. Elle ouvrit les yeux avec précaution, cherchant à voir quelque chose dans l'obscurité de la pièce.
Le Professeur Snape était debout à côté de son lit, en train d'enfiler ses robes.
« Où allez-vous ? » demanda Hermione, toujours ensommeillée.
Il ne se retourna même pas. « Rendormez-vous, Miss Granger. »
Elle se redressa. « Vous allez à Sa recherche, pas vrai ? »
« Je me suis souvenu qu'il y avait un autre endroit où Voldemort pouvait avoir emmené Potter. Je n'ai pas le temps de prévenir quelqu'un. Albus doit déjà être parti. Il faut que j'y aille. » Snape se retourna finalement pour lui faire face. Il avait les traits tendus, et une émotion qu'elle ne parvenait pas à identifier faisait briller ses yeux.
Hermione prit sa décision. « Emmenez-moi, » demanda t'elle, se glissant hors de son lit avec relativement peu de mal. Elle enfila ses robes par dessus son pyjama d'hôpital.
« Ne soyez pas ridicule, » protesta t'il.
« Pourquoi ne voulez-vous pas de moi ? Je peux vous être utile, vous savez. » Hermione croisa les bras.
« Vous n'êtes qu'une gamine. Et blessée, de surcroît. » Snape fit un pas vers elle. Elle pouvait sentir son haleine – du chocolat, et un parfum inconnu.
« Si mes souvenirs sont bons, votre soirée n'a pas été de tout repos non plus, Monsieur, » répliqua Hermione. « Et je ne suis pas une simple gamine. Et puis, vous ne devriez pas y aller seul. »
Snape leva les yeux au ciel. « Je ne peux pas croire que j'envisage une chose pareille. »
Elle lui fit un grand sourire. « Alors c'est décidé. Où sont nos baguettes ? »
« Là, » répondit Snape, en lui tendant la sienne. « Je les avais mises dans ma poche avant de vous amener ici. »
« On y va, alors ? » demanda Hermione avec enthousiasme. Elle enfila ses chaussures, et les laça sans problème.
« Encore une chose, Miss Granger, » dit Snape, en pointant sa baguette sur elle. « Enervatum. »
Une bouffée d'énergie traversa Hermione – elle n'avait jamais fait l'expérience de l'Enervatum en étant consciente. Immédiatement, elle se sentit plus alerte, et ses dernières douleurs disparurent totalement.
« Wow ! » chuchota t'elle. « Encore mieux qu'une caisse complète de Jolt cola. Vous aimeriez que je vous retourne la faveur, j'imagine ? »
« Si ça ne vous ennuie pas, » répondit t'il en abaissant sa baguette.
« Enervatum, » énonça Hermione. Snape se tint immédiatement plus droit.
« Bien, » dit-il. « Maintenant, allons-y. »
Rapidement et en silence, ils se glissèrent hors de l'infirmerie.
« Vers la forêt, » chuchota t'il, en posant une main sur son bras. « Nous pourrons Transplaner en toute sécurité une fois que nous serons en dehors du périmètre de l'école. »
La Forêt Interdite avait l'air encore plus sinistre que d'habitude. Hermione avait l'impression que des centaines d'yeux observaient le moindre de ses mouvements. Elle se contenta de baisser la tête et de suivre Snape, espérant qu'ils atteindraient bientôt le point de Transplanage.
Il s'arrêta brusquement et passa un bras autour de son épaule, tout en conservant une distance prudente entre eux. « Contentez-vous de Transplaner sans destination précise en tête, » indiqua t'il. « Je vous guiderai, aussi longtemps que nous resterons en contact. J'ai raison de penser que vous savez comment Transplaner ? »
Acquiesçant, Hermione ferma les yeux et se concentra sur le Transplanage. Techniquement, elle n'était pas encore autorisée à le faire – elle n'avait pas son permis ou quoi que ce soit. Mais pendant sa sixième année, elle avait appris toute seule. Même Ron et Harry ignoraient qu'elle en était capable.
Mais elle apprit rapidement que de Transplaner sans connaître sa destination était une expérience à donner la nausée. Hermione chancela un peu quand ils réapparurent, se tenant à Snape pour ne pas tomber. Il la regarda, impassible.
« Où sommes-nous ? » demanda t'elle quand elle s'en sentit capable.
Il haussa les épaules. « Je ne sais pas exactement. Voldemort utilise cet endroit pour beaucoup de ses réunions les plus importantes. Mais il est moins connu que le Manoir Jedusor. »
Elle jeta un regard alentour. Il faisait nuit noire, bien entendu, et il était très difficile de se rendre compte, mais apparemment ils étaient quelque part en rase campagne. Elle n'avait pas d'indication précise sur le lieu exact. Au loin, un mouton bêla, et son cri porta loin dans les champs. Hermione écarquilla les yeux, et essaya de déterminer la source du bruit. Quelque chose attira son regard. « Là ! » s'exclama t'elle doucement.
« Qu'est-ce que vous voyez ? » souffla Snape, levant sa baguette.
« De la lumière. Faible, mais elle est là. » Hermione aussi sortit sa baguette, se tenant prête, seule sa volonté empêchant sa main de trembler.
D'un signe de tête silencieux, Snape lui indiqua de le suivre alors qu'il se glissait plus près de la source de lumière. Hermione s'exécuta, ses mouvements tout aussi discrets.
De plus près, Hermione vit que la lumière venait d'une sorte de maison. Une bien grande maison, en fait, pour se tenir ainsi au milieu de nulle part.
Snape, un doigt sur les lèvres, lui fit signe d'aller jusqu'à une fenêtre. Hermione jeta un œil à l'intérieur, avec précaution, et dut se plaquer une main sur sa bouche.
Harry Potter était étendu, immobile, devant une cheminée crépitante. Faisant les cent pas devant lui, Voldemort en personne. Ses yeux rouges étaient réduits à de simples traits, et il tenait négligemment sa baguette entre ses longs doigts.
« Maintenant que tu es là, Potter, » siffla Voldemort d'une voix qui donna à Hermione la chair de poule. « Je trouve que c'est beaucoup moins amusant de te tuer que je n'aurais cru. »
Soit Harry répondit trop bas pour qu'elle l'entende, soit plus probablement il ne répondit rien.
« Allons, mon garçon, tu t'avoues déjà vaincu ? » demanda Voldemort. « Endoloris. »
Le corps de Harry se mit à convulser sans répit sur le tapis, et ses cris assaillirent les oreilles d'Hermione. Elle remarqua avec horreur que du sang coulait du nez et des oreilles de Harry. Croisant le regard de Snape, Hermione vit que lui aussi avait l'air horrifié. Que faisons-nous ? articula t'elle.
Il fronça les sourcils et lui désigna un arbre au loin. En silence, ils avancèrent jusque là. Hermione fut pour une fois ravie de porter son habituelle robe noire de Poudlard. Avec ses cheveux foncés, elle était relativement peu visible à un éventuel observateur.
« Il ne tiendra pas beaucoup plus longtemps, » murmura t'elle, la gorge nouée. « Il faut qu'on le sorte de là maintenant. »
« Cette maison est hérissée de barrières magiques, » répondit Snape. « Je ne sais vraiment pas comment nous allons pouvoir entrer. C'était déjà assez compliqué comme ça d'accéder à la fenêtre. »
« Et si… » commença Hermione, doucement. « Et si vous vous cachiez sous un Sortilège de Dissimulation ? Ils ne pourraient pas vous voir. »
« Oui, et pour qu'ils m'ouvrent, il me suffira de frapper à la porte, » répondit-il d'un ton sarcastique, mais toujours à voix basse.
Hermione eut un grand sourire. « Je m'occupe de créer une diversion, Professeur. Ne vous en faites pas. La porte sera ouverte. »
Il en resta bouche bée. « Je vous l'interdis, » s'exclama t'il. « Vous ne pouvez pas faire ça, Miss Granger, ce sont des Mangemorts. C'est Voldemort qui est dans cette maison, et pas un de vos pauvres camarades de septième année qui fait son intéressant ! S'ils vous voient, ils vous tueront. »
« Pas avant qu'Il ne leur en donne l'ordre, » répliqua Hermione, « et en ce moment, Il est plutôt occupé, je pense. Ne vous ne faites pas, Professeur Snape. »
Sur ces mots, elle se précipita de nouveau vers la maison, sans se préoccuper de savoir si quelqu'un la voyait ou non.
