Coucou!

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont lu, commenté et mis dans leurs favoris ou dans leurs "à suivre" cette petite histoire ;-)

Merci également à Athina! J'adore quand tu viens manifester bruyamment!^^

Voici donc la suite qui est "découpée" en plusieurs morceaux ;-)

Bonne lecture!


Chapitre 2

Rien n'avait changé dans le comportement de Rogue qui aurait pu laisser supposer qu'il s'était produit quelque chose de délicieux et de défendu dans ses cachots cette nuit-là.

Il avait conservé son masque d'impassibilité et traitait toujours ses élèves de la même façon : il privilégiait ses Serpentard, leur accordait des points et fermait les yeux sur leurs fautes et il rabaissait, humiliait et punissait tous les autres.

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Environ deux semaines plus tard, au cours de sa ronde nocturne habituelle, Severus tomba une nouvelle fois sur Ella, qui s'était assise sur les marches d'un escalier et semblait pensive, son regard bleu clair voguant au loin, bien loin de Poudlard et de son règlement.

Il s'approcha de la jeune fille, qui leva son regard vers lui en souriant, et s'installa à ses côtés avant de lui demander de sa voix froide et basse :

« Que faites-vous encore hors de votre dortoir, Miss Stuart ?

- J'avais besoin de réfléchir et de changer d'air, répliqua-t-elle simplement en haussant les épaules.

- Au moins, vous avez suivi mes conseils et avez enfilé un gilet par-dessus votre pyjama, cette fois-ci, remarqua-t-il, moqueur.

- Vous êtes de bons conseils, Monsieur, alors je les suis, approuva-t-elle en hochant la tête.

- Voulez-vous bien me dire ce qu'il se passe aujourd'hui ? » interrogea-t-il en haussant un sourcil noir.

La Serpentard l'observa dans les yeux, touchée qu'il lui demande une fois encore ce qui la préoccupait, elle esquissa un sourire et résuma brièvement :

« Éric est venu s'excuser auprès de moi pour l'affreuse lettre qu'il m'a écrite et il m'a demandé de lui pardonner.

- Je vous avais bien dit qu'il s'apercevrait vite de l'énorme bêtise qu'il commettait, répondit Rogue.

- Oui… acquiesça-t-elle. Il m'a expliqué que ses parents lui mettaient beaucoup de pression concernant ses études, sa future carrière et sa vie maritale après Poudlard. Il a cru que son père et sa mère s'attendaient à ce qu'il épouse une Indienne, comme lui, et Sang-Pur de surcroît. Mais quand sa mère a appris qu'il m'avait quittée, elle est entrée dans une belle colère et lui a dit qu'il n'était qu'un imbécile, expliqua-t-elle avant de pouffer de rire et d'observer la réaction de son professeur de potions.

- Madame Shafiq me semble être une femme tout à fait charmante et avisée, déclara Rogue en esquissant un sourire en coin.

- Oui, elle est super… confirma-t-elle, mélancolique.

- Alors, il vous supplie de lui pardonner et de lui offrir une seconde chance ? interrogea-t-il pour confirmer ses soupçons.

- Oui, acquiesça-t-elle. Il m'a dit qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il avait écrit, qu'il m'aimait toujours et que je lui manquais énormément. Il a aussi ajouté qu'il avait été stupide et idiot.

- Et que comptez-vous faire ? demanda-t-il, poussé par la curiosité.

- Je ne sais pas… avoua-t-elle en secouant la tête de gauche à droite. C'est pour ça que je suis ici…

- Vous vouliez réfléchir au calme ?

- Non, je voulais que vous me trouviez, répondit-elle en plongeant ses yeux bleus dans les siens. À votre avis, professeur, qu'est-ce que je dois faire ? »

Rogue observa son regard océan, surpris par la confession qu'elle venait de lui faire et par sa sincérité, et il répondit simplement :

« Je ne peux pas décider pour vous, Miss Stuart. Il s'agit de votre vie.

- S'il vous plaît… insista-t-elle.

- Ne m'aviez-vous pas dit que vous l'aimiez ? interrogea-t-il alors après plusieurs secondes de silence, après avoir poussé un soupir.

- Si, confirma-t-elle.

- Est-ce toujours le cas ?

- Oui, je crois que oui…

- Pensez-vous que ce garçon est digne de vous et mérite une seconde chance ?

- Je pars du principe que tout le monde mérite une seconde chance, Monsieur, rétorqua-t-elle aussitôt.

- Vous avez un bien grand cœur dans ce cas… répondit-il. Saurez-vous lui pardonner son erreur ? questionna-t-il encore.

- Oui, je saurai le faire, affirma-t-elle une nouvelle fois.

- La réponse me semble évidente alors…

- Mais… et vous, professeur ? demanda-t-elle en fronçant ses sourcils clairs.

- Comment ça, moi ? rétorqua-t-il, surpris.

- Eh bien, je… je pensais que peut-être, après Poudlard, nous aurions pu… voulut-elle expliquer.

- Non, Miss Stuart, l'interrompit-il en secouant la tête. Je suis seul et je dois le rester.

- Pourquoi ? interrogea-t-elle directement, incrédule.

- Ma vie est compliquée, Miss, et, même si je vous apprécie beaucoup, je ne saurais jamais prendre soin de vous comme vous le méritez.

- Vous m'appréciez ? releva-t-elle, étonnée qu'il lui ait confié cela.

- Cela me semble évident au vu de ce qu'il s'est produit l'autre soir… répondit-il en la regardant.

- Ça aurait pu être juste comme ça, dit-elle en haussant les épaules.

- Ce n'est jamais "juste comme ça", il y a toujours quelque chose en plus… dit-il simplement. C'est pour cette raison que je vous conseille de retourner avec Monsieur Shafiq. J'espère seulement que, cette fois, il se montrera plus digne de vous et qu'il ne vous fera plus souffrir.

- Vous en êtes sûr ?

- Absolument, affirma-t-il, sûr de lui. Vous méritez d'être heureuse et d'avoir une belle vie, Miss Stuart.

- Vous aussi, professeur, répondit-elle alors.

- Non, pas moi.

- Je n'arriverai pas à vous faire entendre raison, c'est bien ça ?

- Non, Miss. Vous avez un bien grand cœur, un cœur en or, mais mon histoire est déjà toute tracée.

- Comment pouvez-vous en être aussi sûr ?

- Je le sais, c'est tout.

- Bon, d'accord… approuva-t-elle finalement, vaincue. Si jamais un jour nous nous marions et que nous vous envoyions une invitation, vous viendriez ? interrogea-t-elle ensuite.

- Je viendrai avec plaisir à condition que vous me promettiez une seule chose, Miss Stuart, répondit-il en l'observant dans les yeux.

- Laquelle ?

- Soyez heureuse. Soyez heureuse à ma place. Soyez suffisamment heureuse pour deux personnes. Ainsi, je serai heureux par procuration.

- Je ferai de mon mieux, professeur.

- N'oubliez pas que je compte sur vous, l'avertit-il avec un air incroyablement sérieux.

- D'accord, approuva-t-elle en souriant.

- Je vous reconduis jusqu'à votre dortoir ? proposa-t-il en désignant des yeux le couloir.

- Oui, professeur, merci pour tout », répondit-elle avant de l'embrasser sur la joue.

Ella guetta la réaction du directeur des Serpentard qui se contenta de sourire légèrement et de déclarer en provoquant un éclat de rire de sa part :

« Cinq points pour Serpentard, Miss Stuart. Venez, à présent », ajouta-t-il avant de se lever des marches et de la raccompagner jusqu'à sa salle commune.

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Six mois plus tard…

« Monsieur et Madame Rajech Shafiq ainsi que Monsieur et Madame Paul Stuart ont le plaisir et l'honneur de vous convier au mariage de leurs enfants :

Éric & Ella

La cérémonie se tiendra au Château de Framlingham

Le 1er juillet en présence d'un employé du Ministère de la Magie.

Vous êtes cordialement invité à la cérémonie d'engagement qui se tiendra

à 17 h 30 dans le parc du château.

Prière de nous envoyer votre réponse par retour de hibou, le 1er février au plus tard.

En espérant vous compter parmi nos invités,

Cordialement,

Famille Shafiq & Famille Stuart

Éric & Ella »

Rogue esquissa un mince sourire en repliant soigneusement son parchemin d'invitation, termina de déjeuner tranquillement puis il descendit dans ses cachots pour enseigner les potions à ces stupides cornichons de Poudlard.

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1er juillet 1993…

Severus se trouvait dans le parc du château de Farmlingham.

Il avait assisté à la cérémonie magique, dégusté les délicieux plats proposés au buffet, discuté avec quelques élèves et connaissances, observé l'ouverture du bal, mais, avec le nombre d'invités, il n'avait pas encore eu l'occasion de féliciter les jeunes mariés.

Voyant une brèche se profiler dans la foule de personnes qui souhaitaient leur faire par de leurs meilleurs vœux, Rogue en profita et s'y faufila pour aller congratuler ses anciens élèves pour leur mariage.

« Monsieur et Madame Shafiq, félicitations, déclara-t-il simplement en arrivant derrière eux.

- Professeur Rogue, vous êtes venu ! s'exclama Ella en se tournant vers lui et en le reconnaissant, un incroyable sourire aux lèvres.

- Je vous ai répondu que je serai là.

- Oui, mais je ne vous avais pas vu avant maintenant. En même temps, avec tout ce monde, ce n'est pas très étonnant, répliqua-t-elle, amusée.

- C'était un très beau mariage, affirma-t-il, les mains dans le dos.

- Merci, professeur, répondit Éric. Je suis content que vous y ayez assisté.

- Je vous en prie. Je l'avais promis à Miss Stuart ou plutôt Madame Shafiq, se corrigea-t-il en plaisantant.

- C'est vrai ? demanda le jeune homme, étonné.

- Oui, en dernière année, j'avais demandé au professeur Rogue s'il viendrait à notre mariage, si jamais nous nous mariions, et il m'avait promis de venir, expliqua brièvement Ella.

- Waw ! Je ne savais pas… C'est sympa en tous cas ! rétorqua-t-il.

- Bon, je ne vais pas vous accaparer plus longtemps, décréta soudain Rogue. Je vous laisse à vos autres invités.

- Vous ne partez pas déjà ? demanda Ella en le retenant par le poignet, tandis qu'il s'apprêtait à s'en aller.

- À vrai dire, si. Les soirées dansantes, ce n'est vraiment pas pour moi…

- Dansez avec moi, juste une danse, l'implora-t-elle en plongeant ses yeux océan dans les siens. Après vous pourrez vous en allez, si vous le voulez.

- Je ne voudrais pas déjà vous enlever à Monsieur Shafiq, répondit-il, légèrement troublé par sa demande.

- Oh, allez-y ! rétorqua ce dernier en faisant un geste de la main. Aujourd'hui, tout le monde me l'enlève ! Ils veulent tous danser avec elle dans sa belle robe.

- Alors, vous venez ? demanda-t-elle alors qu'elle n'avait toujours pas lâché son poignet.

- Je ne sais pas danser sur ce genre de musique, tenta-t-il encore de se défiler.

- Éric va aller demander un slow, décréta-t-elle fermement, résolue. Tout le monde sait danser un slow, il suffit de bouger un peu les pieds et de tourner sur soi-même.

- C'est parti pour un slow ! s'exclama le jeune homme en s'éloignant d'eux.

- Un slow ? Mais… dit le directeur de Serpentard, encore plus confus qu'auparavant.

- Allez, faites-moi plaisir, s'il vous plaît ! » ordonna-t-elle en l'entrainant sur la piste de danse.

Mis au pied du mur par l'époux de la jeune femme, Severus suivit Ella, qui fendait la foule d'invités pour gagner la piste de danse, contraint et forcé, priant Merlin et Morgane pour qu'il ne se débrouille pas trop mal et qu'il n'ait pas l'air ridicule.

Lorsque son ancienne élève s'arrêta, elle releva son visage vers lui, souriante, prit ses grandes mains blanches pour les poser sur ses hanches et mit les siennes sur ses épaules en commençant à bouger et à tournoyer légèrement au rythme de la musique.

Observant son beau sourire et ses yeux bleus qui pétillaient de joie, Rogue poussa un soupir et déclara à voix basse :

« Décidément, vous serez parvenue à tout me faire faire, Miss Stuart… »

La jeune femme éclata de rire avant de répondre :

« Vous avez toujours eu la possibilité de dire non.

- Ah ! Non n'est pas une réponse que vous acceptez aisément ! rétorqua-t-il, amusé.

- Je suis rusée et déterminée. Ce sont des qualités appréciées chez les Serpentard…

- En effet », approuva-t-il en hochant la tête.

Ils dansèrent en silence puis Rogue déclara encore juste avant la fin de la chanson :

« Vous êtes vraiment magnifique dans votre belle robe blanche et vous rayonnez de bonheur. Rien ne pourrait me faire plus plaisir.

- Merci, professeur, répondit-elle, les joues roses. Je vous ai promis de faire de mon mieux.

- Eh bien, continuez comme cela, dans ce cas.

- D'accord, mais ne m'oubliez pas, professeur, répliqua-t-elle en l'entourant de ses bras et en se blottissant contre son torse.

- Il n'y a aucune chance pour que cela arrive, Ella », chuchota-t-il contre son oreille, une main dans le haut de son dos et l'autre sur sa nuque pour la serrer brièvement contre lui.

La jeune femme se détacha de lui en souriant quand la musique s'arrêta, heureuse de l'avoir entendu prononcer son prénom pour la toute première fois de sa vie, elle se haussa sur la pointe de ses pieds et déposa un baiser sur sa joue avant de le laisser retourner chez lui.

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Vacances de Pâques 1998…

Toc, toc, toc, toc, toc…

Toc, toc, toc, toc, toc, toc, toc…

Toc, toc, toc, toc, toc, toc, toc, toc, toc…

« Bon sang ! Mais qu'est-ce que c'est que tout ce raffut ! » s'exclama Rogue, furieux d'avoir été réveillé, en repoussant vivement ses couvertures et en se levant de son lit.

Il descendit rapidement les escaliers de sa maison de l'Impasse du Tisseur, où il était revenu passer quelques jours de vacances, épuisé par la direction de Poudlard, les demandes du Seigneur des Ténèbres, les exactions des Carrow et les petites rébellions ponctuelles des élèves, traversa le salon et atteignit le hall avant d'ouvrir brusquement la porte d'entrée, baguette à la main, en beuglant :

« Quoi encore ?

- Professeur… Rogue… murmura faiblement une jeune femme, le visage tuméfié, qui portait un petit enfant en pleurs dans les bras, avant de s'effondrer à ses pieds.

- Mais qu'est-ce que… » s'exclama-t-il, les yeux ronds, avant de s'interrompre pour lui porter secours.

Il dégagea d'abord l'enfant de l'étreinte de sa mère, qui s'était écroulée sur lui, et le porta dans le salon pour le déposer sur le canapé.

« Ne bouge pas, bonhomme, je reviens », déclara-t-il alors que le garçonnet brayait de plus bel.

Il retourna dans l'entrée, souleva la jeune femme dans ses bras, referma la porte en lançant une série de sorts de protection supplémentaires et vint la coucher sur son fauteuil tout près du petit métis.

Rogue examina rapidement le visage de la jeune femme et, bien qu'il fût couvert de coups, de plaies et de sang, il reconnut aisément son ancienne élève de Serpentard, Ella Stuart-Shafiq.

Il jeta un œil à l'enfant, qui ne pouvait être que son fils, et, ne distinguant aucune trace de blessure, il en conclut qu'il devait seulement être choqué et terrorisé par ce qu'il avait vécu et décida de s'occuper d'abord de la jeune femme, qui était dans un sale état.

Il détacha sa cape de ses épaules afin de découvrir un peu plus son corps à la recherche d'autres blessures et se figea en tombant sur son ventre rond sous sa robe tachée de sang et déchirée.

Elle était enceinte…

D'un geste prompt de sa baguette, il lança un sortilège de diagnostique afin d'essayer de déterminer plus précisément de quoi elle souffrait et de pouvoir identifier l'emplacement de ses plaies, son visage blanchissant de plus en plus en voyant la liste s'allonger au rythme des secondes qui s'égrenaient.

Alors qu'il était en train de se dire qu'il ferait peut-être mieux d'endormir le petit pour qu'il n'ait pas peur de le voir soigner sa mère, la jeune femme se réveilla soudainement et saisit son poignet dans sa main en s'écriant, en pleurs :

« Mon fils ! Ils… Ils ont lancé le Doloris à mon fils !

- Quoi ?

- Soignez-le ! Donnez-lui quelque chose ! Je vous en supplie… Ils lui ont lancé le Doloris ! Le Doloris… à mon fils de trois ans… »

Rogue réagit immédiatement en faisant venir à lui une fiole de potion anti-douleur, qu'il déboucha et approcha des lèvres de l'enfant.

Comme le petit secouait la tête frénétiquement et refusait d'écouter quoi que ce soit, Severus le prit dans ses bras pour l'empêcher de bouger et le força à avaler la potion orangée.

Les pleurs du garçon se calmèrent à mesure que la substance s'infiltrait dans son corps et propageait son effet et il caressa légèrement sa tête pour tenter de l'apaiser encore un peu plus.

« Je… Vous êtes dans un sale état. Il vaudrait mieux que votre fils ne voie pas ça, expliqua-t-il en reportant son attention sur la jeune femme, ses sourcils froncés par l'inquiétude. Je voudrais l'endormir.

- Oui… approuva-t-elle en hochant la tête. Faites-le… »

Après avoir obtenu son consentement, Rogue administra alors une dose de potion pour un sommeil sans rêve au petit garçon, qu'il coucha dans un second fauteuil, tout près d'eux, et qu'il recouvrit d'une couverture.

« À combien de mois êtes-vous ? interrogea-t-il en revenant vers elle.

- Ah… Six… Six mois… répondit-elle en tentant de se redresser et en grimaçant de douleur.

- Essayez de ne pas trop bouger, conseilla-t-il en s'agenouillant à ses côtés et en posant sa main sur sa tête pour la caresser doucement.

- Mon bébé… Comment va mon bébé ? demanda-t-elle, anxieuse, en agrippant son autre main et en la serrant de toutes ses forces dans la sienne.

- Chut… Ça va aller, maintenant… Je vais m'occuper de vous… Je vais vous soigner et je vais faire tout mon possible pour vous sauver, tous les deux… promit-il en tentant de la rassurer et en continuant de caresser sa tête, sa main tremblant légèrement malgré lui et ses yeux noirs reflétant malgré tout une partie de ses craintes. Où est votre mari ? demanda-t-il ensuite.

- Mort… Il est mort… répondit-elle en éclatant en de gros sanglots. Ils l'ont tué…

- Qui ?

- Les… Mangemorts… »

Severus, qui avait des milliers de questions qui se bousculaient dans sa tête, fut ramené à la réalité présente en entendant Ella, dont les larmes roulaient sur ses joues, déclarer, le souffle court, en posant une main sur son ventre meurtri :

« C'est… une petite fille… »

À cet instant, Rogue se gifla mentalement pour se reprendre, secoua la tête pour chasser ses doutes et ses peurs et retroussa ses manches afin de la soigner.

D'un simple coup de baguette magique, il fit venir à lui une nouvelle fiole de potion anti-douleur, qu'il lui donna aussitôt et qu'elle but d'une seule traite grâce à son aide, il fit disparaître ses vêtements salis et déchirés puis, d'un Récurvite, il nettoya toutes les traces de sang qui maculaient son corps et brouillaient les pistes.

Patiemment, il s'occupa d'elle, plaie après plaie, lançant tantôt un sortilège de guérison, employant tantôt une potion médicale, qu'il l'aidait à ingurgiter, ou étalant l'un de ses baumes sur ses bleus ou encore de l'essence de dictame sur ses plaies sanglantes.

Ayant soigné toutes ses blessures visibles, comme elle était enceinte, il écarta légèrement ses cuisses pour l'examiner et découvrit un petit filet de sang qui s'écoulait de son entrejambe. Il blêmit fortement et demanda, d'une voix blanche :

« Vous ont-t-ils… violée ? »

La jeune femme se contenta de hocher la tête de manière affirmative, incapable de prononcer le moindre mot pour lui répondre, et Rogue crispa ses mâchoires et serra ses poings avant de souffler un bon coup pour garder son calme.

Il fit de son mieux pour stopper l'écoulement de sang ainsi que pour soigner et stabiliser le fœtus, sachant qu'il n'était pas bon non plus de trop s'acharner sur lui et que sa santé dépendait en grande partie de celle de sa mère.

Enfin, jugeant qu'il ne pouvait rien faire de plus pour l'aider, Rogue l'habilla avec l'une de ses chemises de nuit grisâtres et étendit un plaid sur elle, qui tremblait de tous ses membres.

« Christian… Il… Il a tout vu… et entendu… Faites… Faites quelque chose… s'il vous plaît… Effacez… Effacez sa mémoire… le supplia-t-elle en pleurant.

- Mais il… il est trop petit… Si je fais cela, il risque d'oublier son père, expliqua-t-il en grimaçant et en jetant un œil au garçonnet.

- Je vous en supplie… Faites-le… Il ne doit pas se souvenir de ça… C'était horrible… Je vous en prie… Je vous en prie… répéta-t-elle, inconsolable.

- Calmez-vous, demanda-t-il en posant doucement sa main sur sa joue. Ce n'est pas bon pour votre bébé. Je vais le faire. Rassurez-vous. Il ne se rappellera de rien, lui promit-il ensuite.

- Merci… soupira-t-elle en fermant ses grands yeux bleus.

- Je vais d'abord vous monter à l'étage, tous les deux, décréta-t-il en se levant. Vous serez mieux dans un vrai lit », ajouta-t-il avant de se pencher vers elle et de la soulever dans ses bras.

Rogue la mena à l'étage et la coucha dans son propre lit puis il redescendit pour prendre le petit garçon et le plaça à côté de sa mère, qui l'entoura aussitôt de ses bras.

« Prenez ça, ordonna-t-il en lui montrant une potion pour un sommeil sans rêve.

- Vous effacez sa mémoire ? s'assura-t-elle encore.

- Oui, confirma-t-il en hochant la tête. Buvez », ajouta-t-il en approchant la fiole de ses lèvres et en lui faisant ingérer la potion.

Rogue observa la jeune femme rejoindre rapidement les bras de Morphée puis il reporta son attention sur le garçon.

Il voulait savoir ce qui s'était passé avant de lui effacer la mémoire. Non, il devait savoir précisément ce qui s'était passé et qui étaient les responsables.

Il dégaina alors sa baguette magique, la pointa sur le front du petit et murmura :

« Legilimens ! »

Severus pénétra facilement dans l'esprit du garçonnet et remonta quelques heures avant qu'Ella ne frappe désespérément à sa porte en pleine nuit.

Ella et Éric étaient tous les deux dans la cuisine et la jeune femme semblait réellement furieuse.

« Je ne sais pas ce que tu trafiques avec les Mangemorts puisque tu refuses de me dire quoi que ce soit, mais tu vas arrêter, Éric ! Et tout de suite ! s'exclama-t-elle, hors d'elle.

- Il n'y a aucun risque, je sais ce que je fais et tu n'as pas à me dire comment me comporter ! rétorqua le jeune homme, sourcils froncés.

- Aucun risque ? répéta-t-elle, incrédule. Aucun risque ? Tu te moques de moi ? Bien sûr qu'il y a des risques ! Des risques énormes ! Ce sont des Mangemorts, pas des enfants de chœur !

- Arrête de me faire la morale ! C'est moi qui subviens aux besoins de cette famille, pas toi ! Alors, laisse-moi faire comme je l'entends ! Si nous vivons aussi bien, c'est grâce à mon "trafic" comme tu l'appelles !

- Alors, ça, c'est vraiment mesquin, Éric ! Je t'ai dit que je voulais travailler et tu m'as répondu que je devais rester à la maison pour élever les enfants !

- C'est ainsi que mes parents m'ont éduqué ! répliqua-t-il.

- Les temps changent ! rétorqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Bon, peu importe ! Donne-leur ce qu'ils veulent et dis-leur de partir, s'il te plaît ! Je n'aime pas savoir qu'ils sont dans la maison… ajouta-t-elle, craintive, en regardant vers la porte et en se frottant le bras.

- Non, ce n'est pas ce qui était convenu ! Je veux ce qu'on m'a promis !

- Et moi je veux que mon fils et mon mari soient en sécurité ! répondit-elle, les larmes aux yeux. Je t'en prie, fais ce qu'ils te disent, on n'a pas besoin de cet argent… On en a suffisamment…

- Non, c'est hors de question ! » refusa-t-il, catégorique, avant de se diriger vers la porte de la cuisine.

Il ôta le sortilège d'Impassibilité, ouvrit la porte et disparut dans le couloir.

Severus vit à travers les yeux du petit garçon Ella souffler un bon coup pour tenter de se reprendre, essuyer grossièrement ses yeux, puis se diriger vers son fils pour le prendre dans ses bras en lui offrant un sourire rassurant.

Elle se dirigea vers la buanderie et posa son fils sur un tapis de jeu avant de se mettre à repasser et replier magiquement le linge de sa famille.

Une dizaine de minutes plus tard, elle entendit son mari l'appeler depuis le salon :

« Ella ! Viens, s'il te plaît ! »

La jeune femme fronça les sourcils, se demandant sans doute ce qu'il voulait et si les Mangemorts étaient finalement partis, elle posa sa baguette, reprit son enfant contre elle et se rendit dans le salon.

Arrivée dans la pièce, elle se figea en découvrant Éric à genoux devant les trois Mangemorts, que Rogue identifia comme étant Yaxley, Dolohov et Rowle, elle resserra inconsciemment son étreinte autour de son fils et ne les lâcha pas des yeux en essayant de garder son calme.

« Ton mari n'a pas accepté notre arrangement, chérie, déclara Dolohov qui le menaçait de sa baguette magique. Il est un peu suicidaire, si tu veux mon avis…

- Je ne sais rien des affaires que vous entretenez avec Éric, répondit-elle, sincère. Je vous en prie, prenez ce que vous voulez et partez.

- Non, ça ne va pas comme ça, ma belle, intervint Yaxley en secouant la tête. Ton homme nous a gravement offensés.

- Il nous a pris pour des idiots, ajouta Rowle en le fusillant du regard.

- Veuillez accepter toutes nos excuses, déclara-t-elle alors. Je suis certaine qu'il ne voulait pas vous manquer de respect.

- Oh, bien tenté… Tu as l'air plutôt intelligente contrairement à lui, répondit Dolohov en désignant de la tête son mari qui était toujours à genoux.

- Je ne veux pas de problèmes… murmura-t-elle, la gorge serrée.

- Malheureusement pour toi, c'est déjà trop tard… dit Yaxley en caressant sa baguette du bout des doigts.

- Mais ton mari va avoir le choix, décréta Dolohov en tirant sur les cheveux d'Éric pour lui faire relever la tête vers eux. Soit tu meurs maintenant, comme un homme, et on te promet de laisser ta femme et ton fils tranquilles, soit on te permet de filer mais ta petite famille va beaucoup souffrir avant de mourir, proposa-t-il en s'adressant au jeune homme.

- Je… Je… balbutia Éric, pris de court, sous le regard terrifié de la jeune femme. Je ne veux pas mourir… déclara-t-il finalement en baissant la tête au bout de plusieurs secondes de bégayement.

- Ah ! se moquèrent les trois Mangemorts.

- On dirait que tu as tiré le gros lot, ma jolie ! s'exclama Rowle en pouffant de rire.

- Tu es sûr de toi, lopette ? » interrogea Yaxley.

Voyant son mari acquiescer vivement sans oser jeter un regard dans sa direction, Ella qui tremblait de tous ses membres en songeant à ce qu'ils pourraient leur faire subir à son fils et à elle, les implora, désespérée :

« Je vous en supplie ! Laissez notre fils partir avec lui ! Ce n'est qu'un enfant… Il… Il n'a que trois ans…

- Non, ma belle ! Ton mari est un lâche et il a choisi de vous sacrifier pour sauver sa misérable peau ! rétorqua Dolohov.

- Vas-y alors ! Pars, mauviette ! » ordonna Yaxley en le poussant dans le dos.

La jeune femme, dont les larmes roulaient sur ses joues, observa son époux se relever et se diriger vivement vers la porte-fenêtre du salon avant de commencer à courir pour s'éloigner de là le plus vite possible, sans un regard en arrière.

Les trois Mangemorts le regardèrent détaler comme un lapin en riant grassement, en se tenant les côtes et en tapant du pied puis Dolohov se reprit le premier et ordonna à Rowle et à Yaxley :

« Descendez-le. »

Choquée, Ella les vit se lancer à sa poursuite, le rattraper rapidement et lancer deux sortilèges de Mort qui le firent s'écrouler au beau milieu de la pelouse de leur domaine.

« Non ! s'écria-t-elle en mettant sa main devant les yeux de son enfant. Pourquoi ?

- Il vous a lâchement abandonnés et tu pleures quand même pour lui ? demanda Dolohov, surpris. Il n'a eu que ce qu'il méritait. Toi, par contre, ajouta-t-il en s'approchant d'elle et en passant sa main dans son cou, tu seras un dommage collatéral… Histoire que les petits cons de Sang-Pur et leurs familles ne pensent pas qu'on ne peut pas s'en prendre à eux.

- Je vous en supplie, pas mon fils… Ne touchez pas à mon fils… implora-t-elle seulement en secouant la tête de gauche à droite.

- OK… S'il reste bien sage, on ne lui fera rien… promit-il d'une voix horriblement douce et déplacée en un tel instant en voulant le lui ôter des bras.

- Non… refusa-t-elle en le serrant plus fort contre sa poitrine.

- Je vais le poser là, décréta-t-il en désignant un canapé de la tête. Histoire qu'il ne se prenne pas des coups par inadvertance… »

La jeune femme, effrayée et incertaine, observa dans les yeux l'homme, qui souriait dangereusement, regarda son fils, qui s'accrochait à elle, puis le laissa lui enlever des bras à contrecœur et le petit se mit aussitôt à pleurer en répétant maman.

Le Mangemort se contenta de le poser sur le fauteuil, comme il le lui avait dit, puis il revint vers elle en la détaillant des pieds à la tête avec un rictus pervers.

« Je… Je suis enceinte… murmura-t-elle en pleurant.

- J'ai vu. Pas de chance pour toi, répondit Dolohov. Je ne fais rien à celui-là, affirma-t-il en désignant son fils de la tête, mais pour l'autre, je ne peux rien te promettre… »

Ella hoqueta de terreur puis elle vit avec horreur les deux autres Mangemorts rappliquer avec le même rictus que le premier.

La scène qui suivit laissa Severus sans voix.

Ils n'y étaient vraiment pas allés de main morte avec elle et ils ne lui avaient épargné aucun supplice.

Il vit aussi comment son fils avait reçu le Doloris : en voulant porter secours à sa mère du haut de ses trois ans, terrifié par les horreurs qu'il voyait et entendait. Ella, qui était déjà bien amochée, parvint une fois encore à leur faire épargner son fils en leur demandant de le pétrifier afin qu'il ne soit pas dans leurs pieds, mais le petit resta néanmoins conscient et assista à tout, les yeux grands ouverts.

Une fois qu'ils jugèrent qu'elle avait eu son compte, les Mangemorts la laissèrent à demi-morte et gisant dans son sang et ils transplanèrent loin de là.

Après de nombreuses minutes passées à terre, Ella rassembla les dernières forces qui lui restaient, se redressa tant bien que mal en s'appuyant partout où elle le pouvait, partit chercher sa baguette magique en clopinant, mit sa cape autour d'elle et leva le sortilège de Christian avant de le prendre dans ses bras et de transplaner devant chez Rogue.

Severus sortit de l'esprit du garçon, choqué par tout ce qu'il avait vu, il observa la jeune femme dormir paisiblement grâce à la potion en serrant son fils contre sa poitrine, dirigea une nouvelle fois sa baguette magique sur le front du petit garçon et chuchota faiblement :

« Oubliette… »


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu!

A la prochaine!

Bisous ;-)