Primeval, la suite

Chapitre 2

Il était très tôt le matin, quand Casey entra dans un des laboratoires du CRA. Avec les événements de la veille, elle n'avait pas eu le temps de parler avec son oncle, et son comportement envers Jenny Lewis l'intriguait au plus haut point. Elle voulait en savoir plus. Et si, Nick n'était pas aussi fou que tout le monde le pensait ? Si Jenny Lewis était en fait la Claudia Brown dont son oncle leur avait parlé ? Et s'il s'était vraiment passé quelque chose de l'autre côté de l'anomalie, qui avait changé la ligne du temps, et le cours normal des choses ? Elle voulait savoir à quel point ils avaient été affectés. Tandis que Stephen était rentré chez lui pour se changer, elle avait décidé d'aller parler à Nick, et au vu de son récent comportement, il n'y avait qu'un seul endroit om elle pouvait le trouver. Elle s'arrêta net en voyant que Nick était assis à un bureau, l'air préoccupé. Il fixait Jenny du regard. Elle soupira. Elle se doutait bien de ce à quoi il pensait. Il voulait comprendre ce qui se passait. Elle ne put s'empêcher de repenser au moment où Lester leur avait présenté leur nouvelle collègue.


Flash back :

_ Laissez-moi vous présenter votre nouvelle collègue, Jennifer Lewis, dit Lester.

_ Jenny Lewis. Enchantée de vous connaître, dit la jeune femme, en souriant à l'équipe.

Casey la trouva tout de suite sympathique. Un peu guindée, mais sympathique.

_ Melle Lewis occupera un rôle clé dans l'équipe. Elle se réfère à moi, et vous vous référez à elle, poursuivit Lester.

_ Je croyais qu'on ne rendait de comptes à personne, dit Stephen, faisant sourire Casey, qui se trouvait à côté de lui.

_ Les scientifiques, soupira Lester.

Jenny laissa échapper un petit rire, et dit :

_ Ça va, James. J'ai l'habitude de travailler avec des créatifs. Appelez-moi tous Jenny.

_ Claudia, dit enfin Nick, qui était resté étrangement silencieux.

_ Je ne m'appelle pas Claudia.

_ Claudia Brown, insista le professeur.

_ Je pense que vous me confondez avec quelqu'un d'autre.

Les membres de l'équipe de Nick se regardèrent tous, se demandant ce qui lui arrivait. Casey regarda ses amis les uns après les autres, les suppliant du regard de trouver une excuse pour éloigner son oncle.

_ Non, je sais que vous pensez vous appeler Jenny Lewis, mais vous vous appelez en fait Claudia Brown. Il y a une bonne explication à ça.

Jenny commençait à montrer des signes de malaise, face à Nick. Il devenait vraiment urgent que quelqu'un intervienne. Une personne le fit, mais ce ne fut pas la personne que Casey espérait. Lester dit :

_ Voici le professeur Nick Cutter. Un sujet fascinant, pour étudier comment l'inspiration peut devenir folie.

Casey se mordit la lèvre, mais ce fut plus fort qu'elle. Elle lâcha :

_ Peut-être qu'une étude pourra montrer comment vous avez fait pour avaler un manche à balais.

Lester la fusilla du regard. Stephen mit une main sur le bras de la jeune femme, lui faisant comprendre par ce contact, qu'elle ne devait pas aller plus loin. La jeune femme soupira, et soutint le regard assassin de Lester. Leek demanda à Nick :

_ Tout va bien, professeur ?

_ Je sais que ça paraît fou, mais vous vous appelez Claudia Brown, dit Nick à Jenny, sans écouter Leek. Ecoutez-moi, insista-t-il.

Casey regarda à nouveau ses amis. Elle ne trouvait rien à dire qui pourrait détourner l'attention de Nick. Connor dit alors :

_ Le détecteur d'anomalies, professeur. Vous vous souvenez, on devait en parler. (Casey soupira de soulagement) On peut en parler maintenant?

Casey suivit Nick et Connor. Elle ne voulait pas rester avec Lester, afin d'éviter qu'elle ne lui lance une nouvelle raillerie qu'il pouvait lui faire amèrement regretter. Les trois compères marchèrent dans les couloirs, en direction des laboratoires. Nick s'arrêta, et dit à Connor :

_ C'est Claudia Brown.

_ Je sais, lui répondit le jeune homme.

_ Pourquoi t'as rien dit ?

_ Je sais que c'est ce que vous croyez, expliqua Connor. Moi, je n'ai jamais vu cette femme, de toute ma vie.

Nick regarda Casey, qui secoua la tête, lui signifiant qu'elle non plus n'avait jamais vu cette Claudia Brown, ou Jenny Lewis, ou peu importait comment son oncle voulait l'appeler.

_ Qu'est-ce qui se passe ? souffla Nick, déboussolé.

Casey entoura ses épaules de son bras, en signe de réconfort.

_ Professeur, vous ne pouvez pas vous relâcher maintenant, lui dit Connor. Il est à peine midi, et on va sûrement devoir encore sauver le monde avant de se coucher…

_ J'espère que non, gémit Casey. Tout ce à quoi je rêve en ce moment précis, c'est de mon lit.

Nick esquissa un sourire. Il comprenait qu'il effrayait les membres de son équipe. Des gens qui comptaient sur lui. Il devait se reprendre.

_ Désolé, dit-il.

_ Donc, plus de Claudia Brown ? dit Connor. Au moins tant que vous n'avez pas découvert ce qui se passe.

Casey et Nick regardèrent Connor s'éloigner. Puis, Casey regarda son oncle. Elle l'enlaça tendrement.

_ Je sais que c'est dur, lui dit-elle, en le serrant contre elle. Le monde que tu retrouves est complètement différent. Mais, s'il te plait, reprends-toi. J'ai besoin que tu te ressaisisses. Je ne sais pas si je pourrais faire face, si tu me lâches maintenant. (sans relâcher son étreinte, elle le regarda) Tu comprends que tu es mon roc ? Comment je vais faire, si tu t'effondres ?

Nick lui sourit, puis lui rendit son étreinte, en lui disant :

_ Je suis ton roc, et tu es le mien. Ça va aller, je te le promets.

Casey rit un instant, puis déposa un baiser sur sa joue.

_ J'aime mieux ça, lui dit-elle, retournant auprès d'Abby.

Nick se dirigea vers la salle des opérations, où Jenny, Leek et Lester étaient encore en train de discuter. Même si, à chaque fois qu'il regardait la jeune femme, il voyait Claudia Brown, la femme avec laquelle il aurait voulu construire quelque chose, il lui dit néanmoins :

_ Melle Lewis, veuillez accepter mes excuses. Je ne voulais pas vous effrayer.

_ Pas de problème, lui répondit Jenny. Maintenant, peut-être que vous pourriez m'expliquer ce que je fais là ? ajouta-t-elle, en se tournant vers Lester.

_ Votre travail est d'étouffer les rumeurs, lui dit Lester. Pour faire court, ça signifie que vous devez convaincre les gens qu'ils n'ont pas vu ce qu'ils ont vu.

Il lui expliqua rapidement ce qu'ils traitaient ici.

_ Garder le public en dehors de ça est la priorité du gouvernement, ajouta Leek.

_ Joliment dit, lui dit Lester.

Jenny sourit, croyant qu'on lui faisait une farce.

_ Des dinosaures… (elle laissa échapper un petit rire) Allons, dites-moi de quoi il s'agit vraiment.

_ Il y a une chose que je peux vous promettre, Jenny. Ce travail ne ressemble à rien de ce que vous avez fait avant.

_ J'en doute. Quand vous avez été dans les Relations Publiques aussi longtemps que moi, rien ne peut plus vous surprendre.

Après un haussement de sourcils, Lester dit à Leek :

_ Emmenez Jenny aux RH, pour finir les formalités.

Jenny partit avec Leek. Lester la regarda, puis dit à Nick :

_ Elégante. Très élégante.

Fin du flash back.


Casey vit Nick baisser la tête, en proie à une lutte intérieure. Elle soupira. Elle n'aimait pas voir son oncle comme ça. Elle se dirigea vers lui, et s'assit sur son bureau.

Nick leva les yeux. Il savait déjà qui venait de s'asseoir sur son bureau. Il ne connaissait qu'une seule personne qui avait la manie de faire ça.

_ Casey… dit-il.

La jeune femme se pencha, et déposa un baiser sur sa joue.

_ Salut, Nick ! dit-elle, d'une voix qu'elle voulait enjouée.

_ Arrête de t'inquiéter pour moi, lui dit son oncle, devinant les pensées de sa nièce.

_ Ça, tu vois, ça risque d'être dur. (elle lui prit la main) Ecoute, je vois très bien que tu ne vas pas bien. Tu ne peux pas me cacher ça. Pas à moi.

Nick choisit de changer de sujet :

_ Alors, ça avance avec Stephen ?

Casey rougit, et dit :

_ En fait, oui, tout va très bien entre nous.

_ Tu m'en vois ravi.

Casey fronça les sourcils, et dit :

_ Dis donc, toi, je vois très bien ce que tu essaies de faire. Tu changes de sujet pour que j'oublie que tu ne vas pas bien !

Nick sourit, et sans lâcher sa main, se leva.

_ Je vais très bien, ne t'inquiètes pas.

Il porta la main de sa nièce à ses lèvres, et l'embrassa. Puis, il se dirigea vers la sortie du labo.

_ Il va falloir qu'on en parle un jour ! lui lança Casey dans son dos. Tu n'y échapperas pas !

Nick leva la main sans se retourner, et répondit :

_ Un jour…

_ Je déteste quand tu fais ça !

_ Je sais, lui lança son oncle, en sortant du laboratoire.


Immeuble de bureaux, La City.

Un homme d'une trentaine d'années poussa la porte du bâtiment et pénétra dans le hall, d'un pas conquérant. Il se dirigea vers l'ascenseur, se retournant pour admirer une jolie fille portant une minijupe, puis entra dans la cabine. Une fois arrivé au 14ème étage, il se dirigea tout droit vers son assistante, et lui dit :

_ Tout est prêt, Shelley ? Comment ça va ?

_ Bien, merci, Terry.

_ C'est juste 5 millions de livres, et nos jobs qui sont en jeu. Je reformule : c'est 5 millions de livres, et VOTRE job.

_ Pas de pression, alors, hein ?

Terry, qui se dirigeait vers la salle de conférence, se retourna, et dit :

_ Aucun faux pas, aujourd'hui. Et j'insiste sur le « aucun ».

Ce qu'ils ne savaient pas, c'était qu'un étage plus haut, une anomalie venait de s'ouvrir, répandant une brume ressemblant à du soufre, dans tout l'étage. Un homme de la maintenance arriva au 15ème étage, et fut surpris de voir cette brume. Il ouvrit la porte menant au local technique, et vit l'anomalie. Quelque chose se trouvant dans la brume l'agrippa par les pieds, et le fit tomber.


Pendant ce temps, au 14ème étage, Terry et Shelley se trouvaient avec un assistant dans la salle de conférence. Ils étaient en téléconférence avec un client Japonais potentiel.

_ Lambert Smith a prouvé son expertise sur le marché des boissons, dit Shelley. Notre but est de faire de Nagata la première bière japonaise, sur le marché britannique d'ici trois ans.

_ Disons deux ans, corrigea Terry.

_ Deux ans, reprit Shelley. Nous pensons que ce produit va plaire aux jeunes femmes aisées.

L'alarme incendie se déclancha, interrompant la jeune femme.

_ Ne vous arrêtez pas, Shelley, lui dit Terry, en se couvrant la bouche de la main, afin que Nagata ne le voie pas. Vous arrivez au meilleur.

_ Quelque chose ne va pas ? demanda Nagata.

_ Non, juste une alarme incendie. Elle va s'arrêter dans une minute, lui assura le jeune homme.

Shelley continua d'exposer à Nagata leur plan de campagne publicitaire.


Pendant ce temps, le bâtiment fut évacué, et les pompiers arrivèrent sur place. Ils montèrent à l'étage où s'était déclenché l'alarme incendie. Deux pompiers, un homme et une femme, arrivèrent au local technique, et la jeune femme dit :

_ Qu'est-ce que c'est que cette odeur ?

_ On dirait du soufre. Il n'y a pas de feu ici.

Ils virent alors l'anomalie. La jeune femme demanda :

_ C'est quoi, ça ?

_ J'en ai aucune idée.

La jeune femme s'approcha de l'anomalie.

_ Chef ? dit-elle.

Ne recevant aucune réponse, elle se retourna, et vit que son supérieur avait disparu. Elle l'appela. Soudain, il bondit devant elle et lui agrippa les épaules.

_ Sors de là ! lui dit-il. Le brouillard, il y a quelque chose… Sors de là. Cours !

Il essayait de se retenir au chambranle de la porte, mais ce qui le tirait était plus fort. Il finit par lâcher, et disparut dans le brouillard.

_ Chef ! hurla la jeune pompier.


Centre de Recherche des Anomalies.

_ A chaque fois qu'une anomalie s'ouvre, les interférences radios se multiplient, dit Nick à Lester et Leek. On ne les a pas vues avant, parce qu'on ne les cherchait pas.

_ Vous pouvez construire un appareil qui les détecte ? demanda Lester.

_ Oui. C'est comme traquer une radio pirate. On peut aussi développer un détecteur portable à courte distance.

_ On pourra détecter les anomalies dès qu'elles apparaissent ? demanda Leek.

Visiblement, les deux hommes étaient sceptiques.

_ Et bien, oui, c'est l'idée.

_ C'est cher ? demanda Lester.

_ Que si on le fait bien.

Leek se pencha vers Lester, et lui dit :

_ Je pense que nous devrions y réfléchir sérieusement, monsieur. On dirait bien notre meilleure avancée à ce jour.

_ Je comprends bien les implications, Leek, répliqua Lester, que son subalterne exaspérait au plus au point. Très bien dites à Leek ce dont vous avez besoin, ajouta-t-il à l'attention de Nick.

_ Et bien, je veux que Connor supervise la construction.

_ Très bien… mais il est sous les ordres de Leek.

Cutter fut obligé d'accepter ce compromis. Il savait que s'il refusait, Connor serait écarté du projet. Il se retourna, ne pouvant s'empêcher d'observer Jenny, tant sa ressemblance avec Claudia était frappante.


Immeuble de bureaux, La City.

Pendant ce temps, Terry et Shelley avaient décidé de continuer la téléconférence avec le Japon, malgré l'alarme incendie.

_ J'ai planifié une campagne de pub innovante et osée, avec des femmes connues dans le monde entier, dit Shelley à Nagata. (elle se pencha vers Terry, et lui demanda tout bas) Vous ne sentez pas quelque chose ?

_ « Sentir » ? demanda Nagata.

_ Un instant, s'il vous plait, lui dit Terry.

_ Voulez-vous regarder un diaporama, M. Nagata ? lui dit Shelley, en envoyant le fameux diaporama, afin de pouvoir régler la gêne hors de la présence de leur client. (elle se tourna vers Terry) Faites quelque chose.

_ Je vais voir ce qui se passe.

Il se dirigea vers la porte coulissante vitrée, et l'ouvrit sur un bureau entièrement enfumé.

_ Y'a le feu ! s'exclama Shelley, paniquée.

_ Je vais voir, dit Terry. Occupez-le, ajouta-t-il en parlant de Nagata.

Il referma la porte derrière lui, et avança dans le brouillard, retenant à grand peine des haut-le-cœur. Shelley et l'assistant le regardaient, jusqu'à ce que le brouillard ne l'enveloppe. Ils le cherchaient du regard, lorsque Terry s'écrasa sur la porte vitrée. Tous deux sursautèrent violemment, et Shelley poussa un cri. Terry avait l'air de souffrir et de lutter contre quelque chose qui le tira brutalement en arrière, le faisant disparaître du champ de vision de ses collègues.


Pendant ce temps, Abby et Connor étaient au vidéo club, en train de choisir quel DVD ils allaient louer. Connor faisait défiler les DVD, tout en les éliminant d'office.

_ Je crois que c'est à mon tour de choisir, lui dit Abby.

_ De quoi tu parles ? T'as choisi la semaine dernière !

_ Tu crois vraiment que j'aurais choisi « Massacre à la tronçonneuse » ? Pourquoi pas quelque chose de romantique, pour changer ?

_ Romantique ? répéta Connor.

_ Ouais… Pourquoi pas « The Holiday » ? proposa Abby, en fouillant dans les présentoirs. (Connor leva les yeux au ciel) ça a l'air pas mal.

_ On dirait mon pire cauchemar, soupira le jeune homme.

Abby soupira.

_ Je ne sais pas, dit-elle, en continuant de faire défiler les DVD. Tu sais quoi, je rentre à la maison. Choisis.

_ Oui ?

_ Oui. Mais, pas de film d'horreur, ni d'action. Et sûrement pas de science-fiction. Bye.

_ Bye, répondit Connor, en se demandant ce qu'il allait bien pouvoir louer, avec de telles restrictions.

Une jeune femme derrière lui regarda Abby partir, puis s'approcha de lui. Avisant, le DVD qu'il venait de prendre, elle dit :

_ « Hôtel ». Un classique. Très bon choix. (Connor n'en revenait pas qu'une aussi jolie femme lui adresse la parole) Mais, celui-ci… il est vraiment très bon, dit-elle en prenant un autre DVD.

Le jeune homme, impressionné par cette jolie jeune femme, en fit tomber le DVD qu'il tenait. Il le ramassa précipitamment, en disant :

_ Désolé. (il prit un autre DVD) Vous avez vu celui-là ?

_ Pas mal, lui répondit la jeune femme. Je préfère l'original.

Connor était impressionné de voir qu'une femme à l'allure si sophistiquée pouvait avoir les mêmes goûts que lui pour les films.

_ Moi aussi, dit-il, la faisant rire.

_ J'ai pas envie de regarder un film d'horreur ce soir. Plutôt un truc…

_ Erotique… romantique ? se reprit Connor.

_ Fantasy, science-fiction, quelque chose dans le genre. Tu pourrais m'en recommander un ?

Le jeune homme n'en croyait pas ses oreilles. D'habitude, à chaque fois qu'il parlait de science-fiction avec le reste de l'équipe, il se faisait rabrouer dans la seconde, et là, cette femme qu'il ne connaissait pas, lui demandait des conseils en matière de films de science-fiction. Elle devait être une envoyée du ciel !


Appartement de Stephen Hart.

Le jeune homme ouvrit la porte de chez lui, le journal à la main. Il avançait dans son appartement, quand il avisa une traînée de sang, menant à la salle de bains. Il la suivit, et trouva Helen, assise par terre, contre la baignoire. Elle ne pouvait pas tomber plus mal. Il venait juste de recoller les morceaux avec Casey. En plus, la jeune femme lui avait téléphoné, pour lui dire qu'elle avait envie de prendre le petit déjeuner avec lui, et qu'elle achetait les croissants.

_ Helen ! dit-il, n'osant pas s'approcher d'elle.

_ Stephen. Désolée, je ne savais pas où aller d'autre. Je crois que j'ai besoin d'aide.

Stephen avisa sa blessure à la cuisse, et s'agenouillant à côté d'elle pour l'examiner, il demanda :

_ Qu'est-ce qui s'est passé ?

_ Avoir des œufs pour le petit-déjeuner n'était pas si facile au Crétacé.

_ Qu'est-ce qui t'a fait ça ?

_ Un ptérosaure.

Il se releva, pour prendre de quoi la soigner dans l'armoire à pharmacie, en disant :

_ Il te faut des antibiotiques.

_ Stephen, j'ai besoin de dormir. Une bonne nuit de sommeil sans rien qui essaye de me manger. Laisse-moi rester. Juste un peu.

Il la désinfecta, puis lui dit :

_ Tu survivras.

_ Tu te fais du souci ?

_ Ouais, répondit-il sans la regarder, tout en continuant de nettoyer la plaie.

_ Désolée pour ce qui s'est passé. J'étais en colère. Je voulais pas te blesser.

_ Raté. Tu as blessé tout le monde. Comme toujours, ajouta-t-il en la regardant.


Centre de Recherches des Anomalies.

Nick était toujours assis à un bureau, fixant Jenny. Il ne pouvait pas s'ôter de la tête qu'elle était Claudia. La jeune femme discutait avec Lester. N'y tenant plus, il se leva, et se dirigea vers eux. Mais, Leek, pour le devancer, courut vers son patron. Il lui tendit un papier.

_ Ça vient de la City. On dirait qu'il y a une nouvelle anomalie, dit-il.

Lester lut le papier, et répondit :

_ C'est un feu. Ça ne nous intéresse pas.

_ On a intercepté des appels depuis des portables dans le bâtiment, et ça parle beaucoup d'une odeur nauséabonde de gaz et d'une possible créature.

_ Quel genre ? demanda Nick.

Leek se tourna vers lui.

_ On a pas encore d'information, dit-il.

_ Une créature ? fit Jenny, incrédule.


Appartement d'Abby Maitland.

La jeune femme avait un lézard sur l'épaule, et donnait à manger à Rex, au moment où Connor rentrait, avec la jeune femme qu'il avait rencontrée au vidéo club.

_ Abby, dit-il. (Abby se retourna) Voici Caroline.

_ Salut, dit-elle, étonnée.

Caroline avisa Rex, t dit en s'approchant :

_ Qu'est-ce que c'est que ce truc ?

_ Ce truc, c'est mon lézard, répondit Abby, qui n'appréciait pas que Caroline ait osé traité Rex de « chose ».

_ C'est Rex, intervint Connor. Il est inoffensif. Il est très cool.

_ Bonjour Rex, dit Caroline, en tendant la main vers le lézard.

Rex voulut la lui mordre. Elle retira sa main, précipitamment.

_ Je suis désolé, dit Connor. D'habitude, il fait pas ça. (il se tourna vers Rex) Méchant lézard. Méchant Rex.

Le lézard s'envola. Abby regarda Caroline, et lui dit :

_ J'imagine qu'il fait ce que son instinct lui dicte.

Elle se détourna, et s'éloigna de Connor et de la jeune femme, pour remettre le lézard qu'elle avait sur l'épaule dans son vivarium. Le jeune homme lui dit :

_ J'ai invité Caroline à regarder le DVD avec nous. Ça te dérange pas ?

_ C'est que Connor et moi, on s'est tellement amusés, dit Caroline. Il est très drôle, pas vrai ?

Abby ne put s'empêcher de rire.

_ Ouais ? Ouais, ajouta-t-elle, en voyant l'air vexé de Connor.

_ Vous êtes ensemble, tous les deux ?

_ Moi et Connor ? Non, grands dieux, non. Comme si…

Elle s'éloigna vers la cuisine. Connor la rattrapa, et lui glissa :

_ T'es pas obligée de le dire comme ça.

_ C'est qui ? lui répliqua-t-elle.

_ Je sais pas. Elle m'a dragué au vidéo club.

_ Elle t'a dragué ?

_ Oui. Beaucoup de femmes me trouvent attirant. (Abby ne put retenir un sourire) Quoi ?

_ Rien.

_ Ecoutes, je crois qu'elle m'aime beaucoup, alors ne me bousille pas tout, Ok ?

_ Ok.

A ce moment là, leurs portables sonnèrent. Ils regardèrent leur message, et Connor soupira :

_ Pourquoi maintenant ? (Abby le regarda, un air faussement compatissant sur le visage) C'est pas drôle. (il se dirigea vers Caroline) Caroline, je suis vraiment désolé mais quelque chose vient de se passer. Je dois y aller. C'est… c'est le boulot.

_ Dommage. T'as un stylo ?

_ Un stylo ? Ouaip. (il se dirigea vers le bureau où se trouvait son ordinateur, et chercha des stylos) On a des stylos. (il finit par en trouver) Ah, voilà. Plein de stylos.

Il les tendit à Caroline, qui en prit un, et lui écrivit quelque chose sur la main. Il se tourna vers Abby, n'en croyant pas ses yeux.

_ C'est mon numéro. Appelle-moi.


Appartement de Stephen Hart.

Helen était nue dans le lit de Stephen. Il se tenait au pied de son lit, une tasse à la main. Elle le regarda, et lui dit :

_ C'est bon de savoir qu'on peut toujours être amis.

Il la regarda sans répondre. La porte de son appartement s'ouvrit, et il entendit Casey dire :

_ C'est moi. Pardon d'avoir été si longue mais la boulangerie a été prise d'assaut.

Elle s'avança dans l'appartement, et vit sa tante, nue dans le lit de son petit ami. Elle le regarda, blessée.

_ C'est pas ce que tu crois, lui dit-il. Elle était là quand je suis arrivé. Elle était blessée. Je l'ai soignée et…

_ Et tu l'as mise dans ton lit, en souvenir du bon vieux temps ?

_ Non ! Elle avait juste besoin de se reposer. Elle et moi, c'est fini depuis longtemps !

Helen dit :

_ Casey, ma chérie, on peut enterrer la hache de guerre, non ? Viens me faire un câlin…

_ Va au diable.

Stephen voulut la prendre dans ses bras, mais elle se dégagea. Elle prit son portable qui vibrait dans sa poche, lut le message qu'elle venait de recevoir, puis dit :

_ Je m'en vais.

Elle sortit de l'appartement sans un regard pour Stephen, et encore moins pour sa tante. Le portable de Stephen vibra à son tour. Il le prit et lut le message.

_ Je dois y aller, dit-il.

_ C'est Nick ? La voix du maître…

_ Je veux que tu sois partie quand je rentre, lui dit-il en partant.


Immeuble de bureaux, la City.

Nick gara sa voiture, et en descendit avec Jenny. Du coin de l'œil, il vit la moto de Casey. Il s'attendait à la voir avec Stephen, mais elle était seule. Allons bon, qu'est-ce qui s'était encore passé ? Sa nièce descendit de son engin, retira son casque, et le posa sur le guidon. Elle avait l'air en colère. Elle s'approcha d'eux, et Nick lui demanda :

_ Y'a un truc qui ne va pas ?

_ Non, tout va bien, mentit-elle.

Jenny fit le tour de la voiture, et leur dit :

_ Vous ne vous attendez pas à ce que j'avale cette histoire de dinosaures ?

_ Honnêtement ? Non, lui répliqua Nick, en la fixant, alors que tous trois marchaient vers le bâtiment.

_ Pouvez-vous arrêter de faire ça, s'il vous plait ?

_ Faire quoi ?

_ Me fixer comme ça.

_ Je ne peux pas vous regarder ?

_ Pas comme ça.

_ Comme quoi ?

_ Comme si vous me connaissiez.

_ Vous voyez, j'ai l'impression de vous connaître.

_ Ce n'est pas le cas, parce que sinon, je le saurais, non ?

_ Logique imparable, murmura Casey.

_ Pas forcément, répondit Nick à Jenny.

_ Lester m'a dit que vous étiez… bizarre.

_ N'accordez pas trop de crédit à ce que dit Lester.

_ Je ne vois pas pourquoi. Il a tout d'un grand homme.

Nick la regarda.

_ Si Nick est bizarre, vous, vous êtes dingue, dit Casey.

_ Vous avez raison, je ne vous connais pas, ajouta Nick.

Ils arrivèrent à la bande de police délimitant une zone à ne pas franchir autour du bâtiment. Jenny montra sa carte, et le policier souleva la bande pour qu'ils puissent passer dessous. Un pompier se dirigea vers eux, et leur dit :

_ Vous ne pouvez pas entrer.

_ Désolée, c'est une question de sécurité nationale, lui dit Jenny. Pouvez-vous demander à vos hommes de se retirer ? Je veux qu'ils se reculent d'environ 800 mètres. Et si un seul passe à la presse, il est viré.

_ Si j'étais vous, je ferais ce qu'elle dit, dit Nick.

_ Vous êtes toujours aussi autoritaire ? demanda Casey à Jenny.

_ Je fais ce qui doit être fait.

Elle s'éloigna. Nick et Casey marchèrent avec le pompier vers l'immeuble.

_ Alors, qu'est-ce qu'on a ? demanda Nick.

_ Une sorte de fuite chimique. Il y a quelques idiots qui ont ignoré l'alarme, coincés au 14ème étage. Deux de mes pompiers sont aussi là-haut.

_ Ok, dit Nick.

Le pompier s'éloigna. Casey regarda son oncle, et lui dit :

_ Super… J'adore quand, en plus de faire notre boulot, on doit aussi servir de baby-sitter…

Stephen les rejoignit à ce moment-là, en disant :

_ Désolé, je suis venu dès que j'ai pu.

Casey se rembrunit, mais retint la remarque acerbe qu'elle mourrait d'envie de lui jeter à la figure. Mais, Nick n'avait pas besoin de savoir que sa femme jouait encore avec eux. Elle garda donc le silence. Mais, Nick vit que quelque chose n'allait pas.

_ Qu'est-ce qui se passe, entre vous deux ? leur demanda-t-il.

_ Rien, tout va bien, répondirent-ils en chœur.

Les trois compagnons se dirigèrent vers l'immeuble. Dans leur dos, la voix de Jenny s'éleva :

_ Où allez-vous ? (ils ne répondirent pas, et ne la regardèrent même pas) Qu'est-ce que je suis censée faire.

_ Oh, vous trouverez bien quelque chose, lui répondit Nick sans se retourner.


Le brouillard qui cachait d'étranges créatures s'étendait rapidement dans l'immeuble. Nick, Casey et Stephen avaient pris les escaliers pour arriver au 8ème étage. Le brouillard commençait aussi à envahir la cage d'escalier.

_ S'il n'y a pas de feu, on aurait pu prendre l'ascenseur, dit Stephen, alors qu'ils arrivaient à l'étage qu'ils voulaient atteindre.

Stephen se dirigea vers la porte, se tourna vers ses compagnons, en grimaçant à cause de l'odeur. Il affronta le visage fermé de sa petite amie un instant, puis ouvrit la porte, avant de la refermer aussitôt, en disant :

_ Ça sent la m… quelque chose de pourri, se reprit-il.

_ C'est leur version de l'atmosphère, dit Nick. Sûrement au Précambrien. Concentré en soufre et en dioxyde de carbone.

Une voix se fit entendre de l'autre côté de la porte :

_ Au secours !

Ils s'entreregardèrent. Maintenant, ils n'avaient pas à hésiter. Ils allaient devoir y aller. Stephen ouvrit la porte à la volée, et tous trois entrèrent dans le couloir, essayant de ne prendre que de petites respirations. Ils se dirigèrent vers l'endroit d'où venait la voix, et trouvèrent la femme pompier, qui était venue pour le feu. Elle était accroupie sur un meuble, sa hache levée, pour parer à une attaque.

_ Ça va ? lui demanda Nick.

_ Il y a quelque chose dans le brouillard, répondit-elle.

Stephen s'avança dans la pièce qui jouxtait celle-là, et vit deux vers géants émerger du brouillard. L'un d'eux se redressa de manière agressive. Le jeune homme lui renversa une étagère dessus, et se recula précipitamment.

_ Donnez-moi votre hache, dit Nick à la jeune pompier.

Elle la lui lança, et Nick frappa le vers qui était devant lui. Cela eut pour effet d'énerver la créature, qui se dressa devant lui, et cracha une sorte de liquide noir visqueux. Nick se pencha sur le côté pour l'éviter, et frappa à nouveau le ver, mais cette fois-ci, plus fort. La créature tomba à terre et ne se releva pas.

_ Venez, dit-il aux autres. (la jeune pompier ne bougea pas, encore sous le choc) Tenez, dit-il en lui tendant sa hache. Faites votre boulot. Sortez-nous de là.

La jeune femme attrapa sa hache, sauta du meuble sur lequel elle était perchée, et leur dit :

_ Courez !

Les trois compagnons obéirent, et elle les suivit, tout en surveillant qu'aucune créature n'allait essayer de les attaquer.


Nick poussa la porte des escaliers, et jaillit du couloir, suivi par Casey et Stephen. La jeune pompier les suivait. Un ver lui attrapa la jambe, et elle tomba.

_ Ferme la porte ! cria Stephen à Nick, qui obéit, coinçant le vers entre la porte et le chambranle.

La jeune femme essaya de dégager son pied, en donnant de violent coups contre la porte pour que la créature lâche prise. Stephen vint l'aider à se dégager. La créature finit par la lâcher, et sembla s'asphyxier. Nick ramassa la hache que la jeune femme avait lâchée, et s'apprêtait à frapper le ver. Mais, il vit que celui-ci fut comme pris de convulsions, et finit par mourir. Stephen, Casey et lui se penchèrent pour l'examiner.

_ Il est mort, dit Stephen. Qu'est-ce qui s'est passé ?

_ Je ne suis pas sûr. Mais il vient peut-être d'encore plus loin que prévu. L'oxygène dans notre atmosphère doit l'empoisonner.

_ Il ne peut pas respirer en dehors du brouillard, compléta Casey.

_ On doit le dégager, acquiesça son oncle. (il regarda Stephen) Demande à Connor de trouver quelque chose.

Le jeune homme se leva, et s'éloigna. Casey le suivit. La jeune pompier dit a Nick, d'un air incrédule :

_ Ils ont dit qu'il y avait le feu au 15ème, dans la pièce des serveurs. Mais il n'y en avait pas. Rien que ce… brouillard. (Nick se releva) Et quelque chose de brillant.

_ L'anomalie. (elle le regarda sans comprendre) C'est une longue histoire. Restez dans les escaliers. Restez loin du brouillard en descendant.

_ Il y a toujours des gens coincés là-dedans ! protesta-t-elle.

_ Je sais. Vous en avez assez fait. Allez-y, dit-il en lui tendant sa hache.

_ Gardez-la. Vous en aurez besoin.

_ Merci.

Il la regarda descendre.


Stephen et Casey s'étaient un peu éloignés, pour pouvoir appeler Connor et lui faire un rapport de la situation sans que la jeune pompier ne les entende. Lorsque ce fut fait, Stephen voulut aller rejoindre Nick, mais Casey le retint. Il la regarda.

_ Euh, pour tout à l'heure… chez toi. Ce que j'ai dit… je le pensais pas. J'étais juste énervée de voir Helen chez toi, et qui plus est… nue dans ton lit. C'était stupide. Je sais bien que tu ne me ferais pas ça. En plus, j'ai réagi exactement comme elle le voulait. Après m'être juré de ne plus jamais entrer dans son jeu, j'ai fait exactement ce qu'elle espérait. Je me sens encore plus stupide.

_ Si je te prends dans mes bras, tu vas me repousser ?

_ Essaies toujours…

Stephen sourit, se rapprocha d'elle, et la serra contre lui. Elle enlaça sa taille, soupirant de bien être, son front reposant contre l'épaule du jeune homme. Elle redressa la tête, et l'embrassa.

_ Je t'aime, dit-il.

_ Je sais.

_ J'ai dit à Helen que je voulais qu'elle soit partie avant que je rentre.

Ils se regardèrent un moment, puis Casey finit par dire :

_ On devrait peut-être aller rejoindre Nick, maintenant.


La jeune pompier ouvrit la porte de l'immeuble, et sortit. Jenny vint à sa rencontre.

_ Vous allez bien ? lui demanda-t-elle. Que se passe-t-il ?

_ Vous ne me croiriez pas si je vous le disais.

_ Allez voir la police. Ne dites rien à personne, avant que je vous le dise. On vous débriefera plus tard.

_ Ok, répondit la jeune femme en s'éloignant.


Au 14ème étage, Shelley et l'assistant se trouvaient toujours dans la salle de conférence. Ils étaient assis par terre, serrés l'un contre l'autre, dans un vain espoir de se rassurer l'un l'autre.

_ On devrait juste courir, dit Shelley. On devrait bouger d'ici.

_ Si n va dehors… Regarde ce qui est arrivé à Terry ! répliqua le jeune homme, avec une voix qui frôlait l'hystérie.

La brume commençait à s'infiltrer sous la porte, et à envahir la pièce.

_ Personne pour nous sauver ? dit Shelley, désespérée. Pitié.


Jenny faisait les 100 pas devant le bâtiment, agacée que Nick ne réponde pas à ses nombreux appels. Elle parlait au téléphone avec Lester.

_ Ils sont à l'intérieur, là, dit-elle. Mais, honnêtement, James, je ne sais rien de ce qui se passe. Ils ne veulent pas me parler… Ok.

Elle raccrocha, et regarda à l'intérieur du hall vide.


Stephen et Casey avaient rejoint Nick, et tous trois montaient au 15ème étage, pour atteindre l'anomalie. Le téléphone de Nick se mit à sonner. Il prit son portable, et regarda qui l'appelait. C'était Jenny. Il l'envoya sur sa messagerie. Stephen et Casey s'arrêtèrent, et levèrent la tête.

_ Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Stephen.

_ On ne peut pas monter, répondit Cutter. La brume est trop épaisse. Les ascenseurs ?


Jenny commençait à en avoir assez de toujours tomber sur le répondeur des uns comme des autres.

_ Cutter, est-ce que quelqu'un va me dire ce qui se passe là-haut ? explosa-t-elle sur la messagerie.


Cutter et son équipe arrivèrent au 12ème étage.

_ Dix livres que j'y arrive avant toi, dit Stephen.

_ D'accord, dit Nick.

Ils ouvrirent la porte, et se mirent à courir vers les ascenseurs, Casey sur leurs talons, secouant la tête à cause de leur pari. Deux vrais gamins. Stephen arriva à l'ascenseur avant eux, et appuya sur le bouton d'appel. Ils se serrèrent contre le mur, attendant anxieusement que l'ascenseur descende jusqu'à leur étage. Le brouillard se faisait de plus en plus épais. L'ascenseur arriva enfin au 12ème étage, mais quand les portes s'ouvrirent, ils virent qu'il était complètement envahi par la brume, et devait cacher des créatures. Ils s'entreregardèrent, et commencèrent à avancer lentement vers l'ascenseur, mais s'arrêtèrent bien vite. Un ver venait de se dresser devant eux. Les deux hommes n'eurent que le temps de se pencher sur le côté pour éviter un crachat visqueux. Casey, qui se trouvait entre eux deux se baissa. Le ver se jeta sur Nick et le désarma.

_ On retourne aux escaliers ! cria Nick, tout en attrapant la main de sa nièce et en l'entraînant à sa suite.

Ils se mirent tous deux à courir vers les escaliers, pensant que Stephen les suivait. Mais, le ver lui ayant barré le passage, il lui fut impossible de rejoindre ses compagnons. Un deuxième ver était sorti de l'ascenseur, et tous deux lui faisaient face.

Nick et Casey arrivèrent devant la porte des escaliers. Nick s'arrêta et se retourna. Il vit que Stephen n'était pas derrière eux. Il essaya de le repérer, mais à cause de l'épaisseur du brouillard, il ne le vit pas.

_ Stephen ? appela-t-il.

Casey se retourna alors, et voulut repartir chercher le jeune homme. Son oncle l'en empêcha. Elle se débattit, en disant :

_ Il est là-bas, avec ces créatures ! On ne peut pas le laisser !

_ C'est trop dangereux, Casey ! Je ne te laisserais pas y aller !

Il la traîna de force dans les escaliers.


Centre de Recherche des Anomalies

Abby et Connor se trouvait dans la salle qui contenait les différentes armes qu'ils utilisaient pour contenir les créatures.

_ Rien d'utile, dit Connor en les examinant.

_ C'est ce qui ce fait de mieux en armement, répondit Leek, d'un ton las. Ces équipements feraient pleurer James Bond d'envie.

_ Je comprends, mais nous avons besoin de quelque chose qui repousse la brume, répliqua Connor, comme s'il parlait à un demeuré.

_ Bien, alors trouvez quelque chose qui repousse la brume, lui rétorqua Leek avant de quitter la pièce.

_ La jardinerie, dit Abby.

Connor la regarda en souriant, et lui dit :

_ Abby, tu es officiellement un génie.

Ils sortirent de la pièce, et marchèrent vers l'entrée du bâtiment. En chemin, ils croisèrent un des soldats de Lester. Connor le regarda, et lui dit :

_ Je vous connais, non ?

_ Je travaille ici. Vous m'y avez probablement déjà vu.

_ On a pas le temps pour ça, dit Abby.

Le soldat s'éloigna ; eux aussi. Connor souffla :

_ Abby, attends une seconde. T'as vu les cicatrices sur son cou ?

_ Non.

_ C'était comme… Je suis certain que c'était le gars du centre commercial, le nettoyeur. Il a disparu après l'attaque du raptor. Tu dois bien t'en souvenir.

_ Je l'ai pas vraiment regardé. Et puis, pourquoi un des soldats de Lester se ferait passer pour un nettoyeur ? (Connor hocha la tête. L'argument était bon) Viens.

_ Il lui ressemble vraiment, insista-t-il en la suivant.


Immeuble de bureaux, la City, 12ème étage.

Stephen progressait prudemment dans le couloir, tout en surveillant les créatures qui pouvaient se trouver autour de lui. Il arriva à hauteur d'un autre ascenseur, et s'arrêta. Devant lui, le brouillard était trop épais. C'était trop dangereux de continuer à avancer.

_ Cutter ? souffla-t-il, espérant que son ami ne soit pas loin.

Il vit alors un ver ramper vers lui, et se plaqua contre les parois de l'ascenseur. Il essaya d'ouvrir les portes sans faire de bruit, pour ne pas alerter les vers de sa présence. Ceux-ci ne semblaient pas l'avoir remarqué. Il s'immobilisa quand l'un d'eux émergea de la brume. Le voyant se tourner vers lui, il continua d'ouvrir les portes. Le ver était à quelques centimètres de son visage, et les portes n'étaient pas suffisamment ouvertes pour le laisser passer. Il tourna lentement la tête, tandis que le ver lui frôlait le visage, et vit que d'autres arrivaient. Alors, il activa l'alarme de sa montre, pour faire diversion, la détacha de son poignet, et la lança loin de lui. Son stratagème fonctionna, car lorsque l'alarme se déclencha, tous les vers se précipitèrent vers le bruit. Stephen en profita pour ouvrir entièrement les portes, et s'engouffrer dans la cage d'ascenseur. Il se retrouva en équilibre sur une sorte de plaque en fer, au-dessus du vide. Les portes se refermèrent derrière lui. Au moins ici, il n'y avait pas de brume, et donc pas de créatures. Il prit son portable dans sa poche, et appela Cutter.

_ C'est moi, dit-il, quand Nick décrocha.

_ T'es où ?

_ C'est pas important. Ecoutes, il y en a partout, donc ne viens pas me chercher. Et empêche Casey de venir. (il avisa l'échelle fixée à la paroi en face de lui) Je vais me débrouiller.

Il raccrocha, et rangea son portable dans sa poche.


Pendant ce temps, dans le hall de l'immeuble, Jenny réussit enfin à joindre Nick.

_ C'est moi. Pourquoi vous ne répondez jamais ?

_ Je suis un peu occupé, répliqua le professeur.

_ Ecoutez, je vous rejoins.

_ Surtout pas !

_ Je suis fatiguée de ça. Je veux savoir ce qui se passe, et franchement, vous ne pourrez pas m'en empêcher.

_ D'accord. Prenez l'escalier jusqu'au 12ème étage. Je vous y rejoins. N'utilisez pas les ascenseurs. Je répète, n'utilisez pas les ascenseurs.

_ Oui, d'accord. Si vous voulez. (elle raccrocha) 12 étages avec des hauts talons… Les hommes…

Elle leva les yeux au ciel, fit demi-tour et se dirigea vers les ascenseurs.


Stephen se jeta dans le vide, et se rattrapa à l'échelle. Un bruit le fit regarder en bas. L'ascenseur était en train de monter ? A défaut d'être mort dévoré par des vers géants, il allait mourir écrasé par un ascenseur. Il monta le plus vite possible, mais l'ascenseur arrivait vite. Il finit par arriver au bout de l'échelle. Lorsqu'il releva la tête, il vit qu'il n'y avait plus de barreaux pour continuer l'ascension. L'ascenseur montait toujours. Il se plaqua contre l'échelle, et ferma les yeux, priant pour que l'ascenseur s'arrête avant de l'écraser. Ses prières furent exaucées, car la cabine s'arrêta juste au niveau de ses pieds. Il entendit la sonnette indiquant que les portes s'ouvraient. Il regarda la cabine, se demandant qui pouvait être le dingue qui était monté au 12ème étage.


Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur une atmosphère très enfumée. Jenny sortit de la cabine en toussant.

_ Cutter ! appela-t-elle. Cutter !

Derrière elle, un ver se redressa doucement.


Dans la cage d'escalier, Casey et son oncle entendirent des cris. Ils se précipitèrent vers eux, et en entrant dans le couloir, ils virent Jenny, aux prises avec un ver, qui lui avait attrapé les cheveux.

_ Super… soupira Nick.

Casey ne put s'empêcher de rire devant ce spectacle. Jenny se cramponnait à un chambranle de porte, et le ver la tirait par les cheveux, qu'elle avait auparavant noués en un chignon serré. Nick lui jeta un regard désapprobateur, saisit un sabre qui servait de décoration dans le couloir, et après avoir dit à sa nièce de rester à l'abri, se précipita au secours de Jenny. Il coupa la partie du ver qui retenait les cheveux de Jenny, et tandis que la jeune femme s'écroulait par terre, il lui dit :

_ La prochaine fois que je vous dis de prendre les escaliers, vous prenez les escaliers !

Un ver cracha alors sur la jambe de Nick, et se jeta sur lui, en commençant à lui sucer la cuisse. Le professeur tomba à terre. Le ver était comme ventousé à lui. Il n'arrivait pas à lui faire lâcher prise. Tandis que Casey commençait à courir vers lui, Jenny se saisit du sabre qu'il avait fait tomber, et coupa la tête du vers. La lame passa très près de l'entrejambe de Nick, qui se redressa d'un coup, en criant :

_ Faites attention à ce que vous coupez avec ce truc !

_ La prochaine fois, vous vous débrouillerez tout seul ! lui répliqua-t-elle.

_ Très bien, c'est pas comme si j'avais demandé de l'aide ! dit-il, en se relevant et en reprenant le sabre.

_ Vous vous débrouilliez si bien !

_ Tout allait bien, jusqu'à ce que vous arriviez !

Casey s'était arrêtée quelques pas derrière eux, et était pliée en deux de rire. Nick se retourna pour s'éloigner, et la vit. Elle pleurait tellement elle riait.

_ On dirait un vieux couple, leur dit-elle entre deux éclats de rire.

_ Ferme-la, murmura Nick en se dirigeant vers les escaliers.

Casey le suivit, en essayant de réprimer son fou rire, et Jenny se pressa de les suivre. Elle ne voulait pas rester là, à la merci des vers. Nick ouvrit rageusement la porte des escaliers, et la referma derrière eux. Jenny s'appuya à la rambarde, essayant de reprendre ses esprits. Elle venait d'avoir la peur de sa vie. Nick s'en rendit compte, et s'adoucit. Il retira sa veste, et la posa par terre, en disant :

_ Ça va ?

_ Tout est vrai, dit-elle. Les créatures… les dinosaures… C'est mon nouveau boulot. Comment ?

_ Je vous expliquerai tout plus tard, mais là, j'ai un boulot à faire. Si vous ne pouvez pas gérer ça, vous feriez mieux de retourner en bas.

Connor et Abby arrivèrent à ce moment là, avec deux souffleuses à feuilles.

_ Vous avez pris votre temps, leur dit-il durement.

_ Vous avez déjà été dans une jardinerie, un vendredi après-midi ? lui répliqua Connor.

_ C'est une maison de fous, renchérit Abby.

_ Des souffleuses, pas bête, dit Casey.

_ Où est Stephen ? demanda soudain Jenny.

_ On a été séparés, lui répondit Nick.


Stephen força les portes de l'ascenseur, pour pouvoir sortir de la cage dans laquelle il était, et se hissa jusqu'au couloir. La brume s'étendait partout, mais il ne voyait pas un seul ver ; ce qui ne voulait pas dire qu'il n'y en avait pas. Il courut dans le couloir, jusqu'à une pièce qui contenait des bureaux. Il entendit alors un grouillement, et vit les meubles bouger. Le ver se dirigeait vers lui. Il monta sur un bureau, se mettant à l'abri de la créature. Deux vers grouillaient autour de lui. Il chercha une arme potentielle, et ne trouva qu'un crayon. Il s'en saisit. Puis, en y réfléchissant bien, ça lui sembla dérisoire, alors il le lâcha. Il chercha du regard une autre arme.


Pendant ce temps, dans la salle de conférence, le diaporama que Shelley avait passé à Nagata arriva à sa fin, et celui-ci dit :

_ C'est très impressionnant, Miss Mitchell. Je pense que Nagata Beer et votre compagnie sont vouées à travailler ensemble. Félicitations.

Shelley se releva, et se dirigea vers la table, et dit :

_ Merci, Mr Nagata. Je peux vous rappeler ?

Elle coupa la visioconférence. A ce moment là, un ver réussit à faire coulisser la porte.

_ Regarde ! cria l'assistant à Shelley.

La jeune femme prit son ordinateur portable, et frappa la créature avec.


Cutter et son équipe progressaient dans le couloir, repoussant le brouillard, à l'aide des souffleuses de Connor et Abby.

_ Avancez, leur dit Cutter.

Les deux jeunes gens évacuèrent le brouillard jusqu'à la salle de conférence. Nick, toujours armé de son sabre, dit à Shelley et l'assistant:

_ Suivez-moi. Quoi que vous fassiez, restez hors de la brume.

_ C'est quoi ces choses ? demanda Shelley.

_ Des vers. Ils sont juste un peu moins amicaux que ceux dans votre jardin. Venez.

Les deux collègues le suivirent, et la petite troupe repartie par où elle était arrivée, Abby et Connor les couvrant avec leurs souffleuses. Une fois dans la cage d'escalier, ils coupèrent leurs engins.

_ Ça devrait aller, là, dit Connor, qui fermait la marche.

A ce moment là, un ver lui goba la tête, et commença à l'avaler, comme le font les serpents. La tête d'abord, puis le reste du corps. Nick remonta les marches qu'il avait descendues, pour venir à son aide. Il leva son sabre, et coupa à un endroit qu'il espérait être au-dessus de la tête de Connor. Le jeune homme tomba à terre, et essaya de se débarrasser du reste du ver, qui l'empêchait de respirer. Nick l'aida, et Connor fut libéré de ce morceau, qui lui laissa un liquide gluant sur la tête. En le voyant, Nick eut beaucoup de mal à réprimer un éclat de rire, et lui demanda :

_ Ça va ?

_ Ouais. J'ai jamais été mâché par un ver géant avant, mais je suppose que toute expérience est bonne à prendre.

_ Ça aurait pu être pire. Largement pire, dit Nick, en lui tendant la tête du ver.

_ Oui, oncle Nick aurait pu te décapiter avec le ver, ironisa Casey.

Nick passa à côté d'elle, et lui mit une petite claque derrière la tête.

_ Aïeuh, fit-elle.

Connor regarda la tête du ver avec dégoût, et la posa par terre. Abby lui demanda, visiblement inquiète :

_ Ça va ?

_ Ouais.

La jeune femme s'éloigna, avec une grimace de dégoût.


L'équipe et Shelley et l'assistant arrivèrent dans le hall.

_ Qui êtes-vous ? demanda Shelley.

Personne ne lui répondit. Elle pressa le pas, et attrapa Nick par le bras, le forçant à s'arrêter.

_ Qu'est-ce qui s'est passé ?

_ Euh… je suis désolé, je ne saurais pas par où commencer.

Il s'éloigna, avec son équipe, tandis que Jenny briefait Shelley et son assistant.

_ Ecoutez, dit-elle. Il y a eu un incendie, puis l'alarme. Vous avez essayez de sortir, mais vous vous êtes perdus dans la fumée.

_ Et ces choses ? demanda Shelley.

_ Quelles choses ?

_ Elles ont tué Terry !

_ Si j'étais vous, je réfléchirais très sérieusement à la réaction des gens par rapport à une histoire comme celle-là. Ce sera notre secret.

Nick l'observait de loin. Il se rendait vraiment compte à quel point Jenny était différente de Claudia. La jeune femme prit Shelley par le bras, et l'escorta jusqu'à la sortie.


Connor était allé aux toilettes, pour se nettoyer. Il prit une serviette en papier pour s'essuyer les mains, et se rendit alors compte que le numéro de Caroline avait été effacé par l'eau.

_ Le numéro de Caroline ! s'exclama-t-il. (il regarda en haut, comme pour s'adresser à Dieu) Pourquoi ?


Connor finit par retrouver Cutter, Casey et Abby dans le hall. Le professeur était en train de monter un plan, pour récupérer Stephen, et se débarrasser des créatures.

_ On doit sortir Stephen de là, dit-il.

_ D'accord, dit Connor. On fait comment ?

_ La brume vient de l'anomalie au 15ème étage. Les vers ne peuvent pas respirer hors du brouillard.

_ Donc, il faut qu'on évacue la brume, dit Abby.

_ Ouais, répondit son oncle.

_ On ne peut pas juste ouvrir les fenêtres ? demanda Connor.

_ Les fenêtres ne s'ouvrent pas. La température du bâtiment est entièrement contrôlée, répondit Casey.

_ Le progrès… fit Connor. Je vois pas…

_ Donc, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Casey, que le fait de savoir Stephen seul avec tous ces vers rendait de plus en plus nerveuse.

_ Contrôle de la température ? fit soudain Connor. Air conditionné ?

_ Ouais, fit Nick.

_ Alors, tout ce qu'il faut qu'on fasse, c'est réchauffer l'air, et le système de ventilation s'occupera du reste.

_ Absolument. Malheureusement, la température est contrôlée par le serveur du 15ème étage.

_ Evidemment, fit Connor. (il regarda autour de lui) Ça va chauffer ici. On y va ?

_ Non, lui répondit Nick. Vous, vous y allez. Moi, je vais chercher Stephen.

_ Je viens avec toi, lui dit Casey. (Nick allait protester) Economise ta salive, tu ne me feras pas changer d'avis.

Tous deux se dirigèrent vers les escaliers. Nick avait pris la souffleuse de Connor. Jenny leur courut après.

_ Laissez-moi aider, dit-elle. Je veux faire quelque chose.

_ D'accord. Pourquoi vous n'iriez pas tyranniser quelques témoins traumatisés ? Et ensuite, je veux que vous reveniez ici avec une pirouette pour tout arranger.

_ Vous ne m'aimez pas, n'est-ce pas ?

_ Non, je croyais que vous étiez quelqu'un, mais vous n'êtes pas cette personne.

_ Je suis censée comprendre ça ?

_ Non, je suppose que non.

Il s'éloigna vers les escaliers, Casey sur ses talons. Après un instant, Jenny les suivit.


Pendant ce temps, Stephen était toujours perché sur son bureau. Les vers continuaient de tourner autour de son perchoir, n'attendant qu'une chose : qu'il vienne à eux. Stephen se releva, et bondit de bureau en bureau, pour atteindre une armoire dans le fond de la pièce. Le bureau devenait de plus en plus enfumé, et les bureaux allaient bientôt être submergés par la brume. Une fois sur l'armoire, il sortit son portable de sa poche.

_ Cutter, dit-il. Je suis au 13ème étage, je ne sais pas exactement où.

_ T'attends quoi ? Descend.

_ Ouais, ça va poser problème, ça. Je m'en occupe.

Il raccrocha, et regarda la pièce, qui était de plus en plus infestée par les vers.


Connor et Abby atteignirent difficilement le 14ème étage.

_ Je suis claqué, dit le jeune homme. Il va falloir que je retourne à la gym. (Abby le regarda et sourit) J'en reviens pas d'avoir effacé le numéro de Caroline. Je suis vraiment idiot.

_ Je sais, c'est dommage, répondit Abby, faussement compatissante.

_ Elle va croire que je suis trop cool pour l'appeler.

_ Peut-être que tu la croiseras.

_ Est-ce que j'ai déjà eu tant de chance, hein ?

Ils arrivèrent au 15ème étage.

_ Vas-y d'abord, lui dit Abby.

Connor ouvrit la porte, puis la referma aussitôt en toussant.

_ Brumeux ? fit Abby.

_ Un peu, oui. On devrait chercher un autre moyen d'entrer.

Il leva les yeux vers le système de ventilation.

Connor s'introduisit dans le conduit.

_ C'est bon, dit-il à Abby.

_ Ok, répondit-elle en lui tendant la souffleuse.

_ Je crois qu'on va devoir s'en passer. Il y a pas assez de place.

Abby le rejoignit, et ils commencèrent à progresser dans le conduit, se repérant sur les plans qu'ils avaient réussi à obtenir. Abby avançait plus rapidement que Connor, et commençait à lui écraser les jambes, le gênant pour avancer.

_ Abby, tu peux éviter de me bousculer, s'il te plait ? Un peu d'espace…

Il avança encore un peu, et ils arrivèrent à une jointure, où un conduit partait vers le haut. Connor prit le plan, et commença à le tourner dans tous les sens, essayant de le lire.

_ La salle des serveurs devrait être juste en haut, sur la gauche. Ou peut-être sur la droite.

Abby lui arracha le plan des mains, en disant :

_ Donne-moi ça. (elle le regarda un instant, puis pointa son doigt devant eux) C'est par là, sur la gauche.

_ Vraiment ?

_ Qui a dit que les hommes savaient lire des plans ? dit-elle en le dépassant.


Pendant ce temps, les Cutter et Jenny montaient au 13ème étage.

_ Je suis impressionnée, dit Jenny à Nick. Après tout ce que Stephen a fait, vous êtes prêt à risquer votre vie pour lui.

_ C'est-à-dire ?

_ Lester m'a demandé de chercher tout ce qui pourrait réduire l'efficacité de l'équipe. Je croyais que l'aventure de Stephen avec votre femme aurait pu rentrer dans cette catégorie.

Casey se retourna violemment, mais son oncle la retint, et dit, avant qu'elle puisse dire un seul mot :

_ Donc, Lester vous a envoyée pour nous espionner ?

_ Je dirais plutôt évaluer l'équipe.

_ Et vous pensez que je devrais le laisser mourir là-haut à cause de ce qui s'est passé entre lui et Helen ?

_ Certaines personnes le feraient.

_ Je ne suis pas ces personnes. Quels que soient les problèmes que j'ai eus avec Stephen, je peux m'en occuper moi-même.

Il continua de monter les marches, tenant fermement la main de sa nièce, qu'il sentait bouillir.


_ 077967… 0778967... disait Connor.

_ Qu'est-ce que tu fais ?

_ J'essaie de me souvenir du numéro de Caroline. Ne me déconcentre pas (Abby soupira) 077896…


Jenny insistait pour que Nick n'aille pas risquer inutilement sa vie.

_ Cutter, vous êtes le leader. On ne peut pas se permettre de vous perdre.

Casey glissa à son oncle :

_ Fais-la taire, ou j'en fais de la pâtée pour vers géants…

Elle se dégagea de l'emprise de son oncle, et continua de gravir les marches, avant de perdre son sang froid. Nick s'arrêta et regarda Jenny.

_ Soyez raisonnable et laissez Stephen se débrouiller seul.

_ Ouais, ouais. Vous avez raison. (Casey le regarda, incrédule) Bon, vous venez ? Ou vous allez raisonnablement rester ici ?

Il continua de monter, et rejoignit Casey.


Stephen était en mauvaise posture. Les vers en avaient assez d'attendre qu'il tombe ou descende de l'armoire, et donnaient des coups dedans, pour le déséquilibrer. Ils lui crachèrent dessus, mais le ratèrent. Stephen décida d'abandonner son perchoir, et retraversa la pièce en sens inverse, en sautant sur les bureaux. Les vers essayaient de le faire tomber. L'un d'eux finit par y arriver. Il attrapa le jeune homme par le pied, et celui-ci tomba dans la brume. Il se releva aussitôt, et vit un ver se dresser devant lui.


Pendant ce temps, deux étages au dessus, Abby sauta hors de la conduite d'aération. Elle se dirigea vers les différents appareils, cherchant celui qui contrôlait la température de l'immeuble. Connor l'appela du conduit :

_ Abby ! Je crois que c'est ça, dit-il en lui indiquant l'un des appareils.

Elle ouvrit l'armoire renfermant l'appareil, et appuya sur le bouton pour faire grimper la température. Lorsqu'elle arriva à 34 degrés, Connor lui dit :

_ Ça suffit. Reviens.

Elle marcha jusqu'au conduit, et tendit la main pour que Connor l'aide à monter, mais celui-ci venait de voir un ver ramper vers elle.

_ Un ver, dit-il.

La jeune femme se retourna, et lui fit face.


Stephen était toujours aux prises avec les vers qui voulaient faire de lui leur déjeuner. Il attrapa celui qui s'était dressé devant lui, le maintint hors de la brume un instant, puis ouvrit le capot de la photocopieuse qui se trouvait à côté de lui, et y coinça la tête du ver, appuyant fermement le couvercle sur lui. Dans cette manœuvre, il appuya sur le bouton marche, et la photocopieuse cracha des photocopies noir et blanc de la tête du ver.


Abby balança son pied dans la tête du ver, puis enchaîna avec deux coups de poings et un coup de coude, qui assommèrent le ver. Connor la regarda, impressionné, puis dit :

_ Pas mal…

_ Une autre fois, lui dit-elle.

_ Désolé, dit-il, en se précipitant pour l'aider à monter.

Elle monta péniblement, et finit allongée sur Connor.


Un autre ver s'attaqua à Stephen. Le jeune homme saisit un tuteur métallique dans un pot de fleur, et cloua le ver au distributeur d'eau.


Abby était toujours sur Connor, et celui-ci lui dit :

_ Je peux pas respirer, Abby.

Elle se recula, pour lui permettre de respirer, et demanda :

_ Ça marche ?

_ J'espère…


A l'extérieur du bâtiment, le système de ventilation évacuait la brume, qui se dispersait dans l'air.


Les Cutter et Jenny arrivèrent au 13ème étage. Nick s'était placé devant, pour pouvoir dégager la brume avec la souffleuse. Stephen les vit arriver.

_ Vous en avez mis, du temps, leur dit-il.

_ Tu aurais pu t'en tirer tout seul.

Stephen le regarda en souriant. Casey se précipita vers lui, et le prit dans ses bras.

_ Ça va ? lui demanda-t-elle.

_ Oui, répondit-il, un peu essoufflé de son combat avec les vers.

_ La brume se lève, dit Jenny.

_ Ça marche, dit Nick.

Ils virent les vers se contorsionner, et gonfler.

_ Qu'est-ce qui se passe ? fit Jenny, dégoûtée.

_ Ça doit être la chaleur, souffla Nick.

_ Ils grossissent, dit Jenny.

Les vers finirent par exploser, projetant de la chair et des parasites sur eux. Les quatre jeunes gens arrachèrent les parasites qui essayaient de pénétrer leur chair.

_ Ils éclosent ! cria Nick. Ils ne mordent pas, ils creusent ! Ils essaient de trouver un nouvel hôte. Ne les laissez pas percer votre peau !

Ses compagnons continuèrent d'arracher les parasites.

_ Il faut trouver quelque chose pour abaisser la température, dit-il.

_ Ça prendra trop de temps, répliqua Stephen, tandis qu'il aidait Casey à se défaire des parasites.

Nick grimpa sur un bureau, et demanda :

_ Quelqu'un a un briquet ?

Jenny lui en tendit un, et Nick l'alluma sous le détecteur à incendie. Aussitôt, de l'eau froide jaillit sur eux, et fit tomber les derniers parasites, les débarrassant par la même occasion des morceaux de chair et du fluide des vers. Nick descendit du bureau, et demanda à Jenny :

_ Claudia, ça va ?

_ Ne m'appelez pas Claudia ! dit-elle, à moitié hystérique. (Stephen et Casey se regardèrent en souriant) Et je vais bien.

Ils regardèrent l'état de la pièce, et Nick, Casey et Stephen se mirent à rire, en pensant à ce qu'ils venaient de vivre. Stephen entoura les épaules de Casey de son bras, tandis que Nick les regardait en souriant.


Lorsqu'ils furent sortis du bâtiment, Stephen resta un instant assis sur les marches avec Nick. Casey vint les rejoindre, et s'assit à côté de Stephen, posant sa tête sur son épaule.

_ Tu t'es déjà demandé si ce qu'on fait est bien ? demanda Stephen à Nick. (Nick le regarda en souriant, pour se moquer de lui) Peut-être que les anomalies ont une raison. Peut-être qu'on devrait arrêter de les combattre, et les affronter.

_ Quoi, juste rester en arrière et ne rien faire ? demanda Nick.

_ Les gens devraient savoir ce qui se passe. Parce qu'on va devoir se préparer pour la suite.

_ Ouais, mais comment tu te prépares à un monde où l'évolution est déréglée ? On doit se battre pour essayer de maintenir l'ordre naturel des choses.

Stephen soupira.

_ Est-ce que quelqu'un sait encore ce qu'est l'ordre naturel des choses ?

Nick soupira, se leva, et partit. Casey regarda Stephen, et lui dit :

_ Je te ramène ? J'ai besoin d'une bonne douche, et de repos. (elle lui jeta un regard éloquent) Et personne n'a dit que je devais prendre ma douche seule…

Elle se leva, et se dirigea vers sa moto. Stephen sourit, puis prit sa voiture, et tous deux conduisirent jusque chez lui.


Appartement de Stephen Hart.

Stephen ouvrit la porte de son appartement, et entra, Casey sur ses talons. Il espérait qu'Helen l'avait écouté, et qu'elle était partie. Il vit du coin de l'œil la jeune femme pousser un discret soupir de soulagement, et ôter son tee-shirt, tout en se dirigeant vers la salle de bain. Il se débarrassa lui aussi de ses vêtements, et la rejoignit. Quand il entra dans la pièce, elle était déjà nue, et lui faisait face.


Appartement d'Abby Maitland.

Abby et Connor entrèrent, pas mécontents que tout soit terminé. Tandis qu'Abby retirait sa veste, Connor proposa :

_ Une tasse de thé ? Et voilà, dit-il en apportant deux tasses. Je voulais juste dire que je trouve que tu t'es bien débrouillée, aujourd'hui.

_ Toi aussi. C'était pas mal.

_ A nous.

_ Ouais.

Ils se tapèrent dans la main, en riant. Soudain, ils entendirent la porte se refermer, et une voix s'élever :

_ Hého ? (Caroline arriva en haut des marches) La porte était ouverte. Je crois que j'ai laissé mon portable ici. (Abby la regarda avec agacement se diriger vers le canapé. Caroline récupéra son portable) Je suis rassurée. Je l'ai cherché toute la journée. Je ne voulais pas rater ton appel, dit-elle à Connor.

_ C'est bizarre, parce que toute la journée, je me suis inquiété de… c'est pas important. Tu as envie de boire quelque chose ? Pas une tasse de thé, évidemment, mais une vraie boisson. Quelque part, dehors.

_ Pourquoi pas.

_ Maintenant ?

_ Maintenant.

_ Super cool.

Ils commencèrent à descendre les marches. Caroline se retourna, et demanda :

_ Pourquoi tu ne viendrais pas avec nous, Abby ?

_ Moi ? Euh… non, ça va aller.

Caroline sourit et suivit Connor. Abby s'assit, se demandant pourquoi il avait fallu que cette fille fasse irruption dans la vie de Connor.


Nick se trouvait devant la maison de Jenny. Il fixa longuement la porte, se demandant s'il devait frapper ou non. Il pensait à Claudia, et combien Jenny était différente de la femme dont il était tombé amoureux, et qui avait disparu. Il sortit son porte feuille de sa poche arrière de pantalon, l'ouvrit et contempla une photo de lui et Claudia. Oui, elles étaient vraiment différentes. Dans l'allure, et dans le caractère. Il referma son porte feuille, et prit une décision. Il frappa à la porte. Jenny ouvrit, et fut étonnée de le trouver sur son perron.

_ Ok, voilà, dit-il. Imaginez qu'il y avait un autre monde, où vous étiez une personne différente. Et imaginez qu'il y a eut un accident, dans le passé, qui a fait que ce monde a évolué différemment… que certaines personnes ne sont jamais nées, et d'autres ont eut des vies totalement différentes. Maintenant, et si tout ça était possible ?

Un homme apparut derrière Jenny, et demanda :

_ Qui est-ce, Jen ?

Nick sourit, et dit :

_ Vous êtes occupée, je suis vraiment désolé.

_ C'est qui ? demanda l'homme, tandis que Nick partait.

_ Juste quelqu'un avec qui je travaille.

Pendant ce temps, dans une voiture garée non loin de là, Helen surveillait son mari.

To be continued…