Hey!
J'ai quelques bons échos pour la première partie alors me voilà décidée à continuer l'histoire complexe, ambiguë et torturée. Du Jisbon still, pas d'inquiétude! C-;
Bonne lecture!
Dine.
Une fois écoulées les quelques quatre heures de route qui me séparaient de Hawthorne, je me rendais enfin compte des erreurs dans les choix que j'avais fait ces derniers temps.
Première erreur: avoir choisi de remettre à plus tard la réparation de l'air climatisé du SUV Résultat: j'avais du supporter l'odeur de ma propre transpiration et boire au moins le triple des recommandations journalières du ministère de la Santé, m'étonnant de la rapidité d'évaporation de l'eau de mon corps...
Deuxième erreur: ne pas avoir vérifié la jauge d'essence du SUV pour faire le plein avant de partir. Cela m'aurait sûrement épargné une heure d'attente devant la seule et unique pompe défectueuse d'une station de service douteuse et les cloques que j'avais à présent sur les mains à force de serrer mon arme pour combler mon besoin de réconfort et calmer mes peurs. Déformation professionnelle: j'ai tendance à voir des criminels partout.
Dernière erreur et non des moindres: m'être laissée embarquée dans cette aventure!
Cette ville était paradisiaque! Mais pour des retraités, pas pour moi. J'étais bien loin de l'animation, de l'action et du semblant de vie privée que l'on pouvait espérer – cette vie privée que Patrick Jane se mettait en joie d'exposer depuis son arrivée - dans une ville comme Sacramento. La chaleur ne m'avait jamais dérangée. Mais, en sortant du SUV, osant espérer de l'air frais – comme le suggérait le thermomètre du tout-terrain ( environ 34°C à l'extérieur), je réalisais l'état pitoyable de mon véhicule, recevant une immense vague de chaleur digne d'un sauna!
Je devais être en piteux état car, quand je réussis à atteindre l'accueil du motel de Jane, considérant presque chaque pas comme le dernier tellement l'air était lourd, celui-ci afficha un sourire ironique.
« Merci de m'avoir prévenue, Jane! Il fait combien ici? C'est étouffant. Et l'état de la route? Vous n'alliez bien sûr pas m'en parler, n'est-ce pas? » lui lançais-je d'un air accusateur, comme si Jane était le seul et l'unique responsable du tas de problèmes que j'avais pu rencontrer sur mon chemin...
« Il doit faire 43°C, j'avoue qu'il fait un peu chaud pour la saison, mais Lisbon, ne vous mettez pas dans un tel état! »
Il avait l'air conciliant. Pourtant, ma rancœur, injustifiée ou non, ne passait pas:
« Vous rigolez? On est à peine en juillet et on crève de chaud. En plus, je ne vois pas quelle affaire peut être traitée ici. Cet endroit est tout bonnement une ville-fantôme Jane! J'en ai déjà marre. »
« Allons Lisbon, calmez-vous. Montez dans ma chambre – numéro 36 – et prenez une douche. Retrouvez-moi dans vingt minutes dans le salon là-bas, je vous commanderai de la limonade. A moins que vous ne vouliez du café? »
« Du café? C'est ça, oui!...Va pour la limonade. Vous me ferez un résumé de l'affaire pour laquelle vous aviez tant besoin d'aide après ma douche! »
« Oui, chef! »
La douche me fit un effet bénéfique, surtout sur la température de mon corps. Mais, à peine cinq minutes plus tard, je suais à nouveau. Ma mauvaise humeur s'était pourtant évanouie et je rejoins Jane avec un demi-sourire aux lèvres.
« Merci pour la douche. Je me suis permise de poser mes affaires dans la chambre... Cette ville est louche et le SUV n'est plus très fonctionnel, ça sera plus sûr... Bon, pourquoi m'avez-vous fait venir ici...ah oui, j'oubliais! Juste une chose: je suis désolée de m'être emportée tout à l'heure, mais j'ai horreur des surprises, encore plus des mauvaises! »
« Pas de problème, je commence à vous connaître, Lisbon! »
J'ignorais son clin d'œil mais des frissons me parcoururent soudain le...reprends-toi!
« Bon, j'aimerais que vous m'expliquiez en qui consiste l'aide que vous avez tant réclamée. »
« C'est-à-dire... »
« Ne me dites pas que vous n'avez pas besoin de moi ou je vous étrangle franchement! »
« J'ai besoin de vous! C'est juste que...vous risquez de ne pas aimer ce que je m'apprête à vous demander... »
« Au point où j'en suis...Allez-y, dites-moi tout! »
Il me raconta toute l'histoire. Une sordide affaire de succession qui avait entraîné le meurtre du patriarche d'une famille à tendance incestueuse.
La victime, Mr Walker, avait épousé une première femme avec qui il avait eu quatre enfants qui avaient, à leur tour, engendré six petits-enfants. Puis il avait partagé la deuxième partie de sa vie avec une de ses cousines, dont l'union avait produit quatre enfants illégitimes, dont deux étaient morts dans des circonstances indéterminées.
Une fortune, réputée dans tout l'état du Nevada, était en jeu et le, ou les meurtriers, ne devaient en aucun cas profiter de l'héritage, il en allait de la réputation de la famille toute entière. Le FBI avait donc employé Jane pour qu'il mette en pratique ses talents exceptionnels dans la mise en lumière des récents évènements. Malgré la difficulté de l'affaire et de la haine que Jane portait à des gens aussi superficiels et arrogants que les Walker, il avait déjà son idée quant à l'identité des tueurs, descendants directs de la victime.
Vint le moment où il dut m'annoncer en quoi je pouvais l'aider. Je perçus alors une certaine hésitation et une contenance que, jusqu'alors, je ne lui connaissais pas.
« J'aimerais que vous...parveniez à vous faire passer pour...ma...compagne et que vous séduisiez Hector Walker, le plus vulnérable des trois meurtriers, car persuadé d'être un véritable Dom Juan auprès des femmes de votre style, mais surtout auprès des femmes mariées. »
Je tentais de garder mon calme malgré la situation critique dans laquelle je me trouvais et récapitulais avec un sourire narquois et un regard chargé de haine:
« Je ne sers donc qu'à appâter un des meurtriers en vous embrassant à pleine bouche devant lui, c'est bien ça? »
« Euh...si vous le voyez comme ça...ooui, c'est à peu près ça. Je pense que vous êtes assez maligne et habile pour lui soutirer quelques aveux en le séduisant. »
Je baissais la tête, essayant de contrôler mes émotions face à la somme d'informations inquiétantes que Jane continuait à me fournir...
« Est-ce que j'ai vraiment l'air de pouvoir gérer tout ça? Vous avez conscience de l'effort surhumain qu'il m'a fallu faire pour gérer la situation embarrassante d'il y a un mois? »
« Je...Je suis désolé...Mais s'il vous plait, Lisbon, je suis certain que vous en êtes capable! »
Je décidais – et peut-être était-ce un choix déterminant, mais il n'en avait alors pas l'air – de faire totale abstraction et de faire profiter Jane d'un de mes rares moments d'abnégation, pour une fois. J'acceptais donc, en fixant des limites de décence entre nous et en lui demandant des précisions sur la façon de procéder avec Hector Walker.
