Comme refaisant surface de l'eau, Hermione inspira une grande quantité d'air qui apaisa aussitôt ses poumons meurtris. Son cœur battait à la chamade et chacun de ses battements semblait le décompte d'une bombe prête à exploser. Son esprit n'était plus qu'un fiasco de pensées et de sentiments qui s'entremêlaient, se heurtaient, se percutaient. La peur l'étranglait, la surprise la tétanisait, l'horreur la mutilait lui arrachant les entrailles. Un mal de crâne atroce envahit son esprit surchargé le torturant. Elle vacillait, ses membres étaient engourdi et son corps lui paraissait incapable de la soutenir. Le rouquin dû la retenir afin qu'elle ne s'écroule sur le sol.

-En voilà une qui a le mal de transplanage, manquerai plus qu'elle se mette à vomir.
-Tais-toi, dit le rouquin un sourire amusé sur le visage, car si elle le fait je te jure que je te le fait avaler à la petite cuillère.
Les deux hommes rirent tandis qu'Hermione se laissa tomber dans le gouffre de l'inconscience.
-Mince, elle s'est évanouie.
-C'est rien, juste le choc, déclara le rouquin la retenant fermement, apprécies le silence, quand elle va se réveiller, elle ne va pas cesser de parler.

Allonger sur un nuage blanc, elle s'abandonnait au confort et à la douceur. Le silence caressait ses oreilles d'une infinie tendresse dans la certitude qu'aucun de ses mots ne lui seraient désagréables. Un délicieux parfum enivrait ses narines d'une merveilleuse odeur. Une chaleur agréable de ses lèvres sculptait les traits du visage de la brunette. L'insouciance l'étreignait.

Soudain, un coup de feu retentit. Hermione se réveilla en sursaut. Une multitude de coup se répétèrent inlassablement créant un tumulte atroce. Le soleil continuait à embrasser le visage de la brunette tandis qu'elle se précipitait vers la fenêtre. Dehors, au bas de ce qui semblait être une tour immense, elle reconnu le rouquin qui tirait vers une cible fixé à un arbre. Près de lui, se tenait un homme brun, l'homme qui était avec le rouquin lors de l'assassinat. Non loin une jeune fille à la chevelure flamboyante les contemplait assise.

Confuse, ne comprenant rien, ne contrôlant rien, Hermione alla s'asseoir sur le lit. Elle qui avait toujours mené chaque chose par le bout de la baguette se sentait impuissante, soumise. Un sentiment qu'elle ne supportait pas. Elle était très intelligente et avide de savoir, il y avait peu de mystères qu'elle ne saurait comprendre, il lui suffisait de se rendre à la bibliothèque et de chercher dans un livre. Mais là tout lui échappait. Pourquoi ces sorciers avaient-ils tirés sur cet homme alors qu'ils auraient pu tout simplement le tuer à l'aide d'un sort mortel ? Pourquoi ne l'avaient-ils pas tué, puisqu'elle n'étaient qu'un témoin gênant ? Quel était cet endroit curieux ? Ces questions se bousculaient dans son esprit. La peur l'avait quitté laissant place à la curiosité.

Ses doigts caressaient les draps doux sur lesquelles elle était assise. La pièce était aménagé grossièrement, un lit à une place était installé contre le mur qui faisait face à la fenêtre. Les murs jaunes se disputaient avec les posters des canons de Chudley. De nombreux vêtements traînaient un peu partout. Cette chambre appartenait à coup sûr à un adolescent aux goûts disons particuliers.

Décidée, Hermione sortit de la chambre , sa baguette à la main. Elle aurait pu fuir, transplanner, mais à quoi bon si c'était se faire chasser comme une proie. Elle était témoin, à leurs yeux elle était donc morte. Bien que modérée et respectueuse de la moindre règle, Hermione n'en était pas moins courageuse. Silencieusement, elle dévala les escaliers ayant trébuché sur un objet non-identifié. « Toujours aussi discrète pensa-t-elle, ironiquement »

-Rien de cassé mon enfant ! S'écria une bonne femme rousse vêtue d'un tablier sali.
-Je...essaya la brunette stupéfaite.

Pas un mot de plus ne réussit à sortir de sa bouche.

-Tu es encore plus maladroite que Ron, déclara la femme en l'aidant à se relever, ce que je croyais impossible.

Hermione se laissa faire, puis s'arrêta brusquement. Une douleur insoutenable brûlait son épaule.

-Après une chute pareil soyons heureux que tu n'es qu'une épaule fracturé, déclara la femme la faisant s'asseoir dans ce qui semblait être la cuisine.
-Ne bouge pas, je vais t'arranger ça.

Elle pointa sa baguette magique sur l'épaule d'Hermione et jeta un sort. Celle-ci se remit en place faisant trembler la brunette qui mordit ses lèvres pour s'empêcher de crier.
-Mmmh... comme tu étais dans la chambre de Ron , tu as bien dévaler cinq étages, continua la femme pensive, heureusement que c'était qu'une épaule. Rien de grave.

Hermione tenait son épaule dont la douleur commençait à s'apaiser tout en contemplant cette curieuse femme.

-Merci...murmura t-elle.
-Oh ! Mais il n'y a pas de quoi mon enfant, déclara la femme d'un air chaleureux. Va te laver les mains, le déjeuner va bientôt être près. Et oui, tu as malheureusement raté le petit déjeuner, mais vu la soirée éprouvante que tu as eu, je préférais te laisser dormir.

Confuse, Hermione ne su que répondre et se contenta d'obéir. Mais devant le regard perplexe qu'elle afficha, la femme s'empressa de lui montrer le chemin des toilettes. Hermione s'y précipita.

-Ne cours pas tu vas encore tomber !

La brunette se passa de l'eau sur le visage, essayant de se réveiller de ce rêve si étrange. Mais rien ne changea. Elle s'admira quelques instants complètement perdue. Puis, elle sortit percutant quelqu'un. Son regard se figea, c'était cette homme. Elle tenta aussi bien qu'elle le pouvait de se calmer. Mais il ne lui laissa pas le temps, il la contourna et partit. Après quelques secondes de réactions, elle le rattrapa, l'attrapant par le bras.

Il la jugea du regard mais n'entreprit aucun mouvement pour se défaire de son étreinte. Il l'admirait d'un air interrogateur, le même que lorsqu'il l'avait surprise à le contempler. Hermione se sentit déconcertée, son regard était toujours si intense. Il s'approcha d'elle l'obligeant à lever la tête. Le cœur de la brunette accéléra.

-Qu'est ce qu'il y a ? lâcha t-il simplement.
-Qu'est ce qu'il y a ?! S'énerva t-elle lâchant son bras. Vous avez tués un homme ! Vous m'avez enlevée ! Et pour je ne sais qu'elle raison vous ne m'avez pas tué ! Et vous me demandez ce qu'il y a ?!

-Je...essaya le rouquin.
-Où est-ce-que vous m'avez emmené ?! Où sommes nous ? Qui êtes cette femme dans la cuisine ?! Qu'est ce que vous voulez me faire ?!

Le rouquin se retourna et dit :

-Quand je te disais qu'elle n'allez pas arrêter de parler, marmona-t-il amusé au brun qui venait de les rejoindre.

Puis il se tourna vers Hermione.

-Pas la peine de t'emporter, je vais t'expliquer. Suis-moi.
-Je suis parfaitement calme, dit-elle d'un ton cinglant en le suivant ainsi que le brun. Et ne me tutoyez pas !

Ils s'assirent dans le salon.

-La raison pour laquelle, j'ai tué cette homme ne te regarde pas, déclara le rouquin, je t'ai emmené parce qu'ayant vu la scène, tu te retrouves impliqué. Si je ne t'ai pas tué c'est parce que je ne suis pas un assassin, du moins je ne tue pas sans raison et sûrement pas avec plaisir si c'est ce que tu penses. Nous sommes au Terrier dans ma maison familiale, la femme dans la cuisine c'est ma mère et ce que nous allons faire de toi et bien je ne sais pas encore. J'ai répondu à tes questions ?

-C'était pour que l'on croit à un meurtre commis par des moldus que vous l'avez tué par balle ? Demanda t-elle.
-Exacte.

-Vous êtes de sang-purs n'est ce pas ?

-Qu'est ce qui te fait dire ça ? Demanda t-il surpris.

-Parce que vous n'avez pas utiliser de silencieux pour masquer le bruit du tire.
-Ah zut ! J'aurais du y penser, s'exclama le brun.
-Très perspicace, affirma le rouquin, effectivement je suis de sang pur mais ça n'a pas d'importance.
-Pourquoi avez-vous tué cette homme ? Insista Hermione.
-Je te l'ai déjà dit, ça ne te regarde pas, coupa t-il court. Si je t'ai avoué tout ça c'est pour que tu te calmes, et puis que tu saches un peu ce qu'il en est.
-J'ai le droit de savoir ! Espèce d'assassin !
-Ne me juge pas sans me connaître ! Hurla t-il. Tu ne sais rien !
-Alors expliquez moi !
-Ne commence pas Ron ! Le sermonna sa mère, et venez manger les enfants, le repas est prêt.
-On est plus des enfants maman, dit Ron d'un ton lasse, combien de fois je te l'ai répété.
-Oh mon Ronnie , tu resteras toujours mon petit bébé, dit-elle en lui aplatissant les cheveux, maintenant venez manger.
-Tu m'enlèves toute crédibilité, soupira t-il irrité.

Hermione ne pu s'empêcher de sourire, lui envoyant un regard moqueur en passant devant lui et lui murmura :

-C'est pas parce que je suis séquestrée que je vais me laisser marché sur les pieds !

Ron lui marcha sur le pied.

-Et bien, on risque de bien s'amuser, susurra le rouquin à l'oreille de la brunette, lui offrant un magnifique sourire.