Chapitre 2 – Sous les épines il y a…
PDV : Alterné
PDV Rosalie
Ma vie avait bien commencé, des parents attentionnés, un petit frère, Jasper, adorable, une vie facile et pleine de joie. Le destin nous avait ensuite arraché nos parents, mon frère et moi avions dû aller vivre chez une tante bigote et ni lui ni moi n'avions retrouvé notre joie de vivre. Nous étions devenus naturellement une famille à nous deux, mais une famille amputée à jamais.
Après l'obtention de mon diplôme en commerce, j'avais été engagée par la King Company, leader des lieux de divertissements sur toute la côte nord est. Dès le premier jour en tant qu'assistante commerciale, j'avais succombé au prince de cet empire. Le regard de Royce m'avait d'abord tétanisée, puis ensorcelée et enfin m'avait soumise. Et j'avais été plus qu'heureuse de lui être dévouée, de vivre pour le seconder, le contenter.
Ma bulle de bonheur aurait pu durer encore longtemps mais ne dit-on pas « chasser le naturel, il revient au galop » ? Tout ce que je croyais savoir de Royce était erroné. Il devint plus exigeant, moins galant, moins tendre au fil des semaines. Notre collaboration par contre était des plus réussies. Je montais rapidement les échelons et à peine deux ans après mon entrée dans ce monde de requin, j'ouvrais mon propre établissement.
Royce m'avait aidée à tout financer, il ne pouvait pas s'impliquer légalement mais il avait trouvé des investisseurs et l'emplacement en plein Village à New York. Les gens « in » étaient devenus des réguliers, le club était plein tous les soirs. J'aimais à penser que je m'étais construite seule, mais c'était faux. J'étais totalement dépendante de Royce.
Aux débuts de notre liaison, nous avions vécu au jour le jour et dans le secret. Il ne voulait pas me pénaliser dans ma carrière, il voulait que les gens croient en mon talent pour les affaires pas pour les fellations (la formule était de lui). Au bout de dix-huit mois à nous cacher, il m'avait demandée en mariage.
Mes fiançailles avec Royce eurent lieu devant l'ensemble de nos collaborateurs et bon nombre de nos clients à l'occasion de la fête de Noel. Juste avant, Royce Senior m'avait publiquement complimentée sur mon travail. Plusieurs mois plus tard je compris la stratégie de mon fiancé. Il était en permanence à la recherche de l'approbation de son père, typique d'un héritier et d'un parvenu. Et grâce à ce mariage, il allait avoir la bénédiction paternelle pour lancer sa propre société de conseil en images. Une simple étape pour se faire les dents en attendant de succéder à la tête de la compagnie quand Royce Senior prendrait sa retraite.
Royce nous avait fait emménager au-dessus de mon club, mais il gardait son loft sur la Cinquième Avenue. Un autre signe qui aurait dû me convaincre que je vivais un mensonge. Deux semaines après nos fiançailles, je surpris mon fiancé au lit avec une autre femme. De passage, plaida-t-il. Il me persuada de ne pas lui en vouloir, il n'aimait que moi, le reste n'était que pour évacuer le stress. Il m'aimait trop pour se défouler sur moi après des nuits passées dans les clubs et les matinées studieuses avec son père.
J'ignorais comment mais j'avais réussi à essuyer mes larmes et à lui sourire. J'avais pardonné à Royce, il n'avait pas promis d'arrêter et bêtement je crus à ses insinuations qui me firent culpabiliser. J'étais moi-même très occupée par le club, je n'étais pas la plus passionnée des amantes et je pensais que notre amour était assez fort. Aussi j'essayais de le satisfaire davantage et il en joua.
Royce ne se montrait pas, évidemment, il avait une réputation à préserver, mais avec moi, il ne se gênait désormais pas pour me comparer à une de ses maîtresses. Un jour il m'avait conseillé l'épilation intégrale, Lilian avait joui comme jamais la veille, il fallait que j'essaye. Le soir même, je me saoulais pour la première fois. Je n'avais même pas le courage de lui hurler dessus ou même de le tromper à mon tour. J'étais lâche et amoureuse.
Un soir après l'avoir de nouveau surpris en train de coucher avec une autre dans mon bureau, je bus plusieurs verres de vodka puis je m'étais rendue sur la piste de danse. Je n'eus pas longtemps à attendre, un homme grand, brun et musclé vint danser avec moi. Je n'en eus pas vraiment conscience mais j'avais fait en sorte que Royce me surprenne. Sa réaction m'avait décontenancée. Il avait sauté à la gorge du type avant de le faire virer par un des gros bras qu'il employait. Quand Royce me demanda de m'asseoir ensuite, j'eus très peur de la lueur mauvaise dans ses yeux. Il se retenait de me gifler, j'en étais sûre et s'il avait été ivre, comme moi-même je l'étais, j'aurais eu à subir sa colère. Finalement, il me traita de tous les noms, il m'interdit de sortir sans lui pendant un mois, me punissant comme l'adolescente stupide que j'étais devenue avec lui. Je me rebellai, mais sans conviction, arguant que j'étais malheureuse et qu'il me délaissait.
« Je ne fais rien que tu ne fais toi-même. Tu veux m'épouser pour faire plaisir à ton père. Qu'ai-je donc à y gagner si tu ne m'aimes pas ? » lui lançai-je.
« Je t'aime, Rosalie. Tu es une femme parfaite, mais tu n'es pas la seule femme et tu travailles tant. Tu n'es pas là quand j'ai envie de toi alors je couche à droite et à gauche, mais tu es la seule qui compte. Tu le sais, n'est-ce pas ? »
« Tu m'aimes vraiment ? » demandai-je lamentablement.
« Bien sur, tu es merveilleuse, un requin en affaire et la meilleure des amantes. »
« Royce, j'ai besoin de savoir que nous deux ce n'est pas un écran de fumée. Je dois être sûre que tu m'aimes et qu'un jour prochain, nous allons fonder une famille. »
« Nous sommes tous les deux sous pression. Je suis sûr qu'après notre mariage tout s'arrangera et tu auras bien plus que tout ce dont tu rêves. »
« Merci, Royce. »
« Rosalie, j'ai bien compris le message, je vais essayer de me calmer. »
Je l'avais cru, il allait arrêter de me tromper, et quand nous nous marierons (pas avant deux ans, pour des raisons juridiques obscures) ma vie allait enfin ressembler à mes rêves. Moins d'une semaine plus tard, je retrouvais dans une poche de pantalon un string rose et il était bien trop vulgaire pour m'appartenir.
Je pris mon mal en patience et pris pour habitude de passer mes samedis soirs avec une bouteille d'alcool. Plus je buvais, plus j'oubliais que j'étais dans le creux de la vague. Je ne me laissais pas aller pour autant, mon club était devenu mon bébé mais les moments de solitude étaient bien trop lourds pour les passer sobre.
Les mois passèrent lentement, je gardais en tête mon objectif principal pour ne pas devenir dépressive : mariage et famille, plus qu'un an à tenir. J'étais pourtant bel et bien dépressive, souvent saoule, amaigrie et isolée.
Mais alors que je crus avoir touché le fond, alors que j'avais réalisé que je n'avais rien de Cendrillon, que je n'avais pas le prince charmant comme fiancé, je rencontrai Emmett.
Il fut ma cible dès qu'il mit les pieds dans mon club. Je me promis de l'avoir dans mon lit, je voulais vraiment coucher avec lui pour me prouver que je pouvais me défaire de Royce. C'était l'alcool qui me faisait fait penser ainsi mais je sentais que l'attraction était plus forte que mon envie de vengeance.
Emmett Cullen était un des joueurs de football américain les plus populaires et jouait pour l'équipe des New York Giants. Je ne suivais pas les potins mais étais férue de football et de mécanique, je les vivais comme des vices. Ces passions ne collaient pas avec mon image de femme fatale, brillante en pleine réussite.
Je remontai rapidement dans mon bureau pour passer une robe plus sexy puis repartis en courant presque jusqu'au club bondé. Je passai derrière le bar prendre une bouteille de mon meilleur champagne ainsi qu'un seau et trois flutes. D'un pas assuré, je me dirigeai vers la table qu'Emmett occupait avec un ami, fort heureusement.
« Bonsoir, messieurs. Je suis Rosalie Hale, la gérante du Twilight. Bienvenus. Permettez-moi de vous offrir cette modeste bouteille de champagne. »
« Wow ! Du Dom Pérignon… J'en avais jamais vu en vrai ! » s'exclama bêtement l'ami d'Emmett.
« Vous êtes sure que c'est offert ? » dit un peu sèchement Emmett.
« Evidemment. Des clients aussi prestigieux que vous… »
« Parce que si vous croyez pouvoir me faire cracher vingt mille dollars ce soir, vous vous trompez, enchaîna le joueur. Je suis là à cause de mon agent, je n'ai pas l'intention de claquer plus de trois cents dollars ce soir. »
Je fus décontenancée, était-il si pingre pour ne vouloir pas dépenser plus de trois cents dollars dans un club où la seule entrée en coûtait cent dollars ? Le cocktail le moins cher et sans alcool était à quarante trois dollars ! Où se croyait-il ?
« Je peux vous garantir que cette bouteille vous est offerte. » assurai-je en souriant.
Emmett me dévisagea de haut en bas, déglutissant alors qu'il s'attarda sur la cambrure de mes reins. Pour autant il ne laissa pas transparaître la moindre émotion. À croire que j'étais le diable en personne et lui Saint-Michel, impassible face à la tentation !
« C'est pour qui le troisième verre ? »
La voix nasillarde de l'homme avec Emmett me tira de mes pensées et me permit de reprendre un peu d'aplomb.
« J'espérais être invitée à vous rejoindre pour quelques instants. »
« Mais asseyez-vous donc, Mademoiselle Hale ! »
« Et vous êtes ? »
« John Glurcks. J'ai gagné une journée avec mon idole, Emmett Cullen ici présent ! »
Tout s'expliquait, mais au final, si quelques années plus tôt j'avais pu passer une journée avec un de ces Giants, j'aurais peut-être été aussi ridiculement enjouée. Je passais près d'une heure à parler football avec eux, John étant très calé, la conversation était des plus intéressantes. Emmett se détendit tandis que je décryptais son dernier match, John me coupant souvent la parole pour rectifier ou préciser mes propos.
Je devais me montrer sous mon vrai visage et cela me faisait un peu peur mais le jeu en valait la chandelle. Emmett était de plus en plus réceptif à mes sourires, et quand John se leva pour aller aux toilettes (il avait bu plus de la moitié de la bouteille à lui seul), je proposai à Emmett un dernier verre chez moi. Il hésita clairement, se passant la main sur la nuque.
« Je ne te plais pas ? » questionnai-je franchement.
« Non, tu… ce n'est pas ça, tu es sublime mais je… »
« Tu as peur que je te harcèle ? Je suis passionnée de football, pas une folle échappée de l'asile. Tu n'as rien à craindre. »
« Ne te méprends pas, seulement même pour une beauté comme toi, je ne couche pas le premier soir. »
J'haussai un sourcil attendant la confirmation qu'il me faisait une blague, mais rien ne vint. Emmett baissa la tête, gêné par mon insistance.
« Alors je dois… te faire la cour ? » me moquai-je.
« Je vais y aller. » déclara Emmett, vexé, en se levant.
Je le laissai partir, mon orgueil en prenait un coup et ma fierté m'empêchait d'insister.
Quelques semaines plus tard, je rencontrai Emmett à nouveau mais dans des circonstances inattendues.
J'avais pu me libérer deux jours pour aider mon frère à emménager. Son colocataire, Edward, m'accueillit le matin avec un café. Je le connaissais bien, il était le contraire de Jasper et j'avais un peu peur pour Edward que leur vie en commun se passe mal.
Mon petit frère était vraiment étrange et je l'adorais pour cela. Il avait passé son adolescence dans une bulle, loin de tous les clichés adolescent. Jamais de beuveries, ni de drogues, pas de petites amies, il avait fait de sport et aurait pu continuer. Il était un peu naïf, sensible et cela lui avait joué bien des tours. Et à force d'être utilisé, il s'était rebellé et était devenu un vrai don juan à la fin du lycée. J'étais à cette époque tout son contraire, très terre à terre.
Edward était l'archétype de l'étudiant en médecine et geek : obsédé par ses études, il ne sortait que très rarement en soirée. Il s'habillait toujours en jeans, teeshirt, pull et converses. Jasper m'avait raconté que son ami était du genre maniaque avec ses affaires et avant même l'emménagement, il avait déjà défini des règles avec mon frère. J'étais plutôt rassurée de savoir que mon frère allait vivre avec un ami avec la tête sur les épaules.
« Salut, Rosalie. »
« Bonjour, Edward, merci pour le café. »
« Et aussi des beignets. » m'annonça-t-il en souriant.
Je savais que je n'étais pas du tout son genre, il aimait les filles plus naturelles et moins intimidantes. Etant la sœur de son meilleur ami, j'avais pu briser sa timidité et apprendre à le connaître sans malentendus.
« Donc Jasper n'est pas là. » conclus-je sans être étonnée.
« Et non, il était de sortie hier, mais je viens de l'avoir au téléphone, il ne va pas tarder. »
« Alors commençons. » dis-je en regardant autour de moi.
Le petit studio d'Edward était parfaitement propre et une multitude de cartons attendaient seulement d'être emmenés.
« Je vois que tu as déjà tout fait. J'ai peur d'aller chez Jasper. » rigolai-je.
« C'est pour ça qu'on commence avec mon studio, on est sûr de ne pas perdre de temps. Mais ne t'inquiète pas, mon frère aussi va arriver. »
« S'il est aussi ponctuel que le mien… »
La sonnerie de l'interphone nous interrompit et Edward ouvrit puis entreprit d'avancer les cartons vers l'entrée.
« Salut Em' ! Alors on commence ? Je t'ai pris un café déca et tes beignets préférés.»
Emmett Cullen venait de faire son entrée, me laissant plusieurs secondes muette et immobile. Il était aussi beau que dans mon souvenir mais aujourd'hui il paraissait vraiment détendu et joyeux. Sans quelques verres d'alcool dans le sang, je n'étais plus aussi entreprenante, j'avais peur de lui parler. J'avais également honte de mon comportement avec lui.
« Voici la sœur de Jasper, Rosalie. » nous présenta Edward.
« Enchantée. » lui dis-je en plongeant mes yeux dans les siens.
Je compris qu'il m'avait reconnue et il comprit que je ne voulais pas révéler notre première rencontre.
« Salut, Rose. »
Je tiquai sur le surnom, je reprenais quiconque se permettant de me surnommer. Pourquoi ne le fis-je pas? Parce que dans la bouche d'Emmett, cela semblait tendre et même un peu érotique.
Ce fut une journée éprouvante, Emmett ne me parla pas beaucoup, juste pour me guider dans le déménagement. Son regard se posa sur moi à plusieurs occasions et il avait alors l'air triste.
Nous dînâmes tous les quatre assez tard, j'avais bu un peu plus que de raison mais je ne pensais pas que quelqu'un s'en était rendu compte. En arrivant à ma voiture, Jasper me prit les clés et les tendit à Emmett.
« Il va te raccompagner, c'est plus prudent. Merci encore, grande sœur. »
Puis il s'éloigna avec Edward vers leur nouvel appartement tout proche. Emmett monta dans ma voiture sans rien dire et démarra.
« Au club ? » finit-il par me demander.
« Oui. » répondis-je froidement.
Mon état commençait à me jouer des tours, je désirais vraiment Emmett, bien plus que lors de notre première rencontre. Et l'alcool délia ma langue, me libérant de ma timidité et de ma fierté sans doute aussi.
« Tu m'as déjà dit que tu ne couchais pas le premier soir, qu'en est-il du deuxième ? »
Je ne l'avais pas regardé et attendis nerveusement sa réponse. J'en avais assez de fantasmer sur lui, il me le fallait pour que je puisse passer à autre chose.
« Tu n'es pas en état. » me dit-il finalement.
« Je suis en pleine forme, je peux te le prouver si tu le veux. »
« Je ne veux pas que tu te réveilles le lendemain matin, pleine de regrets. Et puis tu es fiancée. »
« Ne te fie pas aux apparences, je suis… libre. Avec Royce nous ne sommes pas exclusifs. » répondis-je en croisant mes cuisses.
« Je vois vaguement ce que ça veut dire mais si toi ça ne te gêne pas, moi oui. Je ne suis pas du genre à partager et je ne veux vraiment pas être un autre nom sur ta liste de conquêtes. » ricana-t-il.
Il me tendit les clés et je réalisai que nous étions arrivés au Twilight.
« Au revoir, Rosalie. »
Je récupérai mes clés et me précipitai hors de la voiture quand il en sortit sans un dernier regard. Il se retourna tout de même en entendant mes talons claquer sur le trottoir et je fus totalement désarçonnée par sa mine fermée. Pourtant, j'étais convaincue qu'il me désirait tout autant. Alors je fonçais sur ses lèvres, en équilibre sur la pointe des pieds. Emmett ne répondit pas immédiatement à mon assaut, je choisis de persister. Je sautai sur lui enroulant mes jambes autour de sa taille et enfin, je sentis ses mains sur moi. Il m'aida à rester contre lui et m'embrassa fougueusement. Après de longues minutes, il se détacha et soupira avant de me faire glisser doucement à terre.
« On ne devrait pas. »
« Emmett, tu n'es pas un parmi d'autres, je te le promets. Je te désire tellement. Laisse-moi une chance. »
« Et ensuite quoi ? »
« Tu te poses trop de questions. » lui dis-je en posant une main sur son visage.
J'avais des bouffés de tendresse pour cet homme, il paraissait si vulnérable à cet instant, il avait peur de souffrir, de se faire avoir. Pour sa défense, je lui avais fait penser que j'étais du genre nymphomane.
« Allons chez moi. » décida-t-il.
Il me prit la main et nous ramena à ma voiture. Dix minutes plus tard, j'étais plaquée contre un mur de son appartement, et lui parcourait mon corps avec empressement.
« Dis-moi depuis combien de temps tu n'as pas fait l'amour avec un autre ? » haleta-t-il.
« Longtemps. »
« Combien, dis-moi ! » s'acharna-t-il.
« Un peu plus d'un mois. »
Royce avait était souvent absent ces derniers temps, ça faisait en fait deux mois que nous n'avions pas couché ensemble. Mais je ne voulais pas mettre mon désir pour Emmett sur le compte de cette période d'abstinence.
« Je te préviens Rosalie Hale, je ne veux pas être un jouet, ni juste un coup d'un soir. »
« Emmett, je… »
« Ne dis rien. Pas tout de suite. »
Il m'entraîna dans sa cuisine, fouilla dans un placard puis un autre et enfin me tendit un verre avec deux cachets.
« Tu as beaucoup bu ce soir. Prends ça. »
Emmett n'avait alors plus rien du grand costaud adorable à côté de qui j'avais passé la journée. Il était autoritaire et pressé. En un sens, il me rappelait Royce mais à la différence de mon fiancé, Emmett se préoccupait de moi. J'en eus la confirmation après mon troisième orgasme cette nuit-là.
Emmett m'avait possédée des heures durant, avec sa bouche, ses mains et son sexe. Il n'avait eu de cesse de me faire jouir, de me demander comment je voulais être prise, et même de me proposer de l'eau et à manger. Son regard soucieux m'avait longuement scrutée au petit matin, sans doute s'était-il tout de même attendu à ce que je regrette et m'enfuis en courant de chez lui. En m'endormant à l'aube, je lui avais dit que je n'avais aucun remords, je l'avais remercié pour cette nuit fabuleuse et l'avais embrassé.
« Je suis foutu... » murmura-t-il tout bas, pensant que je n'entendrais pas.
_oOo_
PDV Emmett
J'en avais connu des filles faciles, j'avais un peu profité à l'université, je devais bien l'avouer et je n'en étais plus aussi fier. Les journaux me prêtaient souvent des liaisons avec quelques filles du show-business, pourtant mon cœur était encore à prendre. Enfin c'était avant que je rencontre Rosalie Hale.
Quand elle s'était présentée au club, j'avais cru que ce n'était du qu'à ma popularité. Ses avances ne m'avaient pas vraiment surpris. Lorsque je lui avais dit non, j'avais été décontenancé par son attitude. Elle ne me désirait pas seulement, elle voulait être aimée. Et les jours suivants, je m'étais fustigé de l'avoir repoussée. Elle était la plus belle femme pour moi, mon fantasme vivant.
En la découvrant chez mon frère, j'avais cru que la vie m'offrait une seconde chance. Mais elle avait agi si différemment que j'avais eu du mal à la cerner. Edward m'avait déjà parlé d'elle, il l'adorait vraiment. Elle les avait souvent aidés Jasper et lui, les avaient invités au ski ou encore en weekend. Elle était prête à tout pour son frère, généreuse, secrète aussi, intelligente, un vrai requin en affaires. Mon frère disait souvent qu'à cause de son physique, elle avait dû prouver davantage ses capacités. Quelques semaines plus tôt, Edward m'avait raconté de très bonnes blagues apprises par Rosalie. Elle avait le même humour que moi, les cochonneries ne la choquaient pas.
Mais je m'étais souvenu surtout que la Rosalie sympa décrite par mon frère était heureuse avec son fiancé, ce qui ne collait pas avec son attitude au club.
En contemplant Rose endormie dans mes bras, j'eus du mal à refouler des larmes de rage. Elle n'était pas à moi. Qu'elle soit en union libre ne voulait pas dire que je pouvais l'avoir. Je n'avais jamais ressenti un tel désir pour une femme avant cette nuit, je voulais la posséder vraiment, pouvoir la prendre dans mes bras et l'embrasser en pleine rue, la clamer comme étant mienne.
Les paroles de mon père me revinrent en mémoire. C'était lui qui m'avait fait prendre conscience que mes aventures sur le campus étaient vides de sens et ne devaient pas me définir.
« Un jour tu rencontras une femme pour laquelle tu seras prêt à tout, rien n'aura plus d'importance à tes yeux que cette femme, elle sera le centre de ton univers. Tu la traiteras comme une reine, tu voudras lui offrir le monde, tu en oublieras toutes les autres femmes que tu as regardées avant elle. Ca paraît peut-être incohérent à cet instant pour toi, mais un jour tu comprendras. »
J'avais un peu ri à l'époque, je le croyais, évidemment, mon père était un héros. Mais surtout, c'était facile pour lui, il était tombé amoureux de ma mère alors qu'il avait à peine dix-sept ans et n'en avait pas aimé une autre depuis. Il avait failli la perdre plusieurs fois et chaque jour était comme un miracle pour lui. Il n'y avait pas mari plus amoureux que lui à ce jour. Quand il regardait ma mère, on pouvait y voir tout l'amour et la tendresse qu'il avait pour elle, et elle l'aimait tout autant.
J'avais tout de même mis fin à mes escapades sexuelles après cette conversation, j'avais eu toute ma vie durant l'exemple parfait du véritable amour, je voulais ça aussi. Mon frère et moi avions été élevés par les meilleurs parents du monde, nous n'avions jamais manqué de rien, sans parler d'argent, nous avions surtout été aimés et respectés. Nos parents nous faisaient confiance et les rendre fiers de nous avait toujours été notre moteur à Edward et moi. Je n'avais hélas pas eu la force de devenir médecin comme mon père mais je savais que mes parents étaient aussi fiers de moi que d'Edward.
Alors depuis, j'attendais la femme idéale, je l'avais rêvée si souvent, toujours différente et parfois j'avais cru la trouver. En tenant Rosalie dans mes bras, j'en avais maintenant la certitude, je l'avais rencontrée, elle était sublime mais j'étais arrivé trop tard. Une bague étincelante brillait à sa main droite, un autre l'épouserait, un autre lui ferait des enfants et vieillirait avec elle. Pouvais-je me battre si la partie était déjà finie et que je l'avais perdue ?
Rosalie murmura mon nom dans son sommeil, regonflant mon cœur d'espoir. Je me battrais pour elle, je n'avais pas le choix. Il fallait surtout qu'elle accepte mon amour. Je ne savais pas ce que je pouvais lui apporter de plus que son fiancé, mais une chose était certaine, à la place de cet idiot, je n'aurais pas pu passer plus d'un mois sans lui faire l'amour.
Elle se réveilla trois heures plus tard, m'ayant ainsi laissé le temps de répéter mon discours. Hélas, rien ne passa comme je l'avais voulu.
« Bonjour. » lui dis-je en embrassant son front.
Ses yeux encore ensommeillés me dévisagèrent et j'eus peur qu'elle ne se rappelle pas notre nuit.
« Bonjour, Emmett… oh mon dieu, il est déjà neuf heures ! »
« Attends, je… »
« Désolée, Emmett, je dois vraiment y aller, j'ai une réunion importante ce matin. »
Elle attrapa ses vêtements éparpillés, se rhabilla et sortit de mon appartement, tout ça en moins de deux minutes.
J'hésitais longuement entre détruire les oreillers et lui courir après. La connaissant, elle n'apprécierait pas le harcèlement. Je devinais que Rose était très indépendante, probablement désabusée au sujet de l'amour, ce qui m'effrayait un peu. J'étais prêt à me battre pour elle mais pas contre elle, il fallait qu'elle réalise par elle-même que nous étions destinés à être ensemble.
Les jours suivants, j'étais si dissipé aux entraînements que mon entraîneur me força à revenir à la salle de gym et au stade tout le weekend. J'essayais tant bien que mal d'oublier que Rose s'était évanouie au petit matin, qu'elle ne m'avait toujours pas rappelé, qu'elle m'ignorait. J'avais été à deux doigts de me rendre le samedi soir au Twilight, j'avais pu compter sur une soirée avec mon frère et Jasper pour me détendre entre mecs. J'avais glissé quelques questions au sujet de Rosalie, rien de trop évident, plus par rapport à son travail et son fiancé. Sans résultats.
Le dimanche suivant, j'avais embarqué mon frère pour rendre visite à nos parents. J'aimais notre petite cellule familiale, ça m'avait toujours rassuré de les savoir là pour moi comme j'étais là pour eux. Cela tenait du fait que nous n'avions que nous, je n'avais jamais rencontré mes grands-parents ni la sœur de ma mère quand à mon grand-père paternel, il était décédé avant ma naissance.
Mes parents me trouvèrent déprimé, je n'avais pas le courage de leur parler de Rosalie. Plus tard, je surpris ma mère en discuter avec Edward.
« Sans doute un problème avec son entraîneur. C'est toujours tendu entre eux. » disait Edward.
« Non, je suis sure qu'il y a une femme… »
« Alors ça lui passera vite. »
Edward, plongé dans ses études, n'avait pas vu le changement en moi depuis que j'avais quitté l'université trois ans plus tôt. Je ne pouvais pas lui en vouloir de penser cela de moi, j'aurais même préféré qu'il réussisse à convaincre ma mère, j'aurais pu éviter un interrogatoire en bonne et due forme dix minutes plus tard.
« Comment elle s'appelle ? » me pressa ma mère.
« Tu te fais des idées… » répliquai-je mollement.
« Je te connais par cœur, souviens-toi à qui tu parles ! Alors ? »
« C'est compliqué… »
Et au final, je lui avais tout raconté, comme depuis mon enfance, elle était aussi mon amie et ne me jugeait jamais. Elle fut émue par mes paroles, elle réussit à me redonner de l'espoir et me fit promettre d'aller parler à Rosalie.
Quand il fut l'heure de retourner à New York, j'observai encore une fois le couple resplendissant que mes parents formaient.
« Esmé, laissons-les se débrouiller. » dit mon père tandis que ma mère remplissait le coffre de la voiture de plats cuisinés maison.
« Carlisle, tu sais aussi bien que moi qu'ils n'ont aucun talent en cuisine. Et tant qu'ils ne se seront pas trouvés une femme, ils ne feront pas d'effort. » rétorqua ma mère, les mains sur les hanches.
« Au fait les enfants, votre mère et moi allons partir en voyage le mois prochain. »
« Encore une lune de miel ? » les taquina Edward.
« En quelque sorte, nous serons absents au moins trois mois, mais nous téléphonerons souvent. »
« Trois mois ? » paniquai-je.
« Quel bébé… râla mon frère. Je trouve ça génial, profitez-en, on passera s'occuper de la maison si vous voulez. »
« Merci, fils, ça devrait aller. Esmé, tu lui as parlé de Renée ? »
« Ah oui ! Elle va t'appeler Edward, sa fille est aussi étudiante à New York, tu devrais lui faire visiter la ville. »
« Maman… »
Je ris sous cape, le passe-temps de ma mère depuis un an et demi était de trouver une petite amie à mon frère. Un matin, alors qu'il vivait encore seul, elle avait débarqué chez lui et avait profité de son absence pour tout fouiller. Mon frère l'avait surprise plusieurs heures après alors qu'elle lisait ses mails. Ma mère n'avait même pas cherché à s'excuser, au contraire elle avait hurlé sur mon frère.
« Pas une petite amie en quatre ans ! Pas un numéro de téléphone d'une fille ou même un email dans ton carnet d'adresse… tu ne vas même pas sur des sites cochons ! Mais qu'est ce qu'il se passe ? » avait-elle tempêté.
J'avais été en charge ensuite d'emmener mon petit frère dans des soirées mais Edward n'était pas du genre à se laisser faire sans protester, j'avais vite baissé les bras. Mon père avait ensuite essayé de le faire parler, il avait craint un traumatisme dans l'enfance. Mais il fit aussi chou blanc.
Un mois après ma nuit avec Rosalie, j'avais épuisé mes bonnes résolutions et je me rendis au Twilight avec Edward. Rosalie n'était pas visible depuis la salle, je voulais interroger les barmans mais rien qu'en prononçant le nom de leur patronne, ils avaient refusé de répondre.
Deux heures plus tard, alors que nous partions, moi éméché et désespéré, Edward sobre et mort d'ennui, nous entendîmes le cri perçant d'une femme. Sans réfléchir je me précipitai et débusquai la victime et son agresseur. Il avait plaqué au sol une femme, dont je ne distinguai que les jambes. J'avais eu peur que ce ne soit Rosalie et malgré moi, j'étais soulagé en apercevant des cheveux noirs et courts sous l'homme. Edward réagit très vite et bouscula l'homme. Mon frère se souvint de mes conseils et esquiva facilement plusieurs coups. Je m'étais baissé pour aider la femme, qui se révéla beaucoup plus jeune que je ne le pensais. Elle avait les yeux rougis et le regard effrayé. Sa robe avait été remontée jusqu'à sa taille, découvrant ses sous vêtement noirs. Je l'aidai à se redresser puis me retournai pour lui permettre de se rajuster. Edward reçut alors un coup à la mâchoire, aussi je décidai d'achever le salaud.
Le service de sécurité arriva enfin et prit les choses en main. J'étais déjà sur le seuil quand deux petites mains se posèrent sur mon bras et me tirèrent. Rosalie me dévisagea durement.
« Qu'est ce que tu as fait ? Tu es revenu pour te venger ? » cracha Rose.
« Quoi ? »
« Cette fille… tu n'as pas compris que non… »
« J'y suis pour rien, mon frère et moi on a entendu des cris et on a aidé cette gamine ! » m'écriai-je plus fort qu'elle.
Pour qui me prenait-elle ?
« Je vais vérifier… »
« Attends, tu ne crois pas que tu devrais t'excuser ? » lui lançai-je, soudainement sobre.
« Pourquoi ? »
« Tu m'as utilisé et menti, tu ne m'as pas rappelé, et maintenant tu m'accuses d'agression … »
« Ne joue pas les sensibles, tu m'as eue, maintenant tu peux passer à autre chose. » répliqua-t-elle cinglante.
Mon frère nous interrompit et se précipita pour embrasser Rose.
« J'avais totalement oublié que c'était ton club ! Par contre la sécurité n'est pas au point. Une jeune fille a failli être violée à dix mètres du bar. »
« Bonsoir, Edward, tu as raison, je vais revoir tout cela. Merci à vous deux d'être intervenus. Allez au bar de ma part et on vous servira ce que vous voudrez. »
Edward me regarda hésitant, il voulait partir mais pas me priver de la compagnie de Rosalie. Pourtant, je n'avais qu'une envie, m'enfuir loin de cette femme. Elle n'avait eu aucun mot sympathique pour moi, pas un regard chaleureux ou autre chose qui aurait pu indiquer que je n'étais pas juste un coup d'un soir pour elle. Elle m'avait cru capable d'agresser sexuellement une femme, ce qui était pire. J'avais comme le sentiment que la violence envers la femme était quelque chose qui résonnait en elle. Peut-être sa mère ou une amie proche était victime des coups d'un homme. Malgré la nuit que nous avions passée ensemble, elle me voyait comme un macho violent. Si seulement elle avait cru en moi.
« Nous partons. » dis-je plus à Edward qu'à Rosalie.
Du fait de la dépression qui continua à me frapper après cette confrontation, je passais beaucoup plus de temps avec mon frère et Jasper. Un soir alors que nous terminions une pizza, Jasper reçut un appel et devint tout affolé. Rosalie exigea qu'il vienne seul et je n'avais pas eu le choix que d'attendre des nouvelles. A son retour, Jasper était maussade, il nous dit juste que Rosalie avait fait une mauvaise chute et qu'il l'avait conduite à l'hôpital.
Le lendemain matin, je suivis discrètement Jasper quand il se rendit voir sa sœur. Je me postai près de la porte entrouverte de la chambre où Rosalie se trouvait.
« Nous sommes plus tard. Tu m'expliques ? » lança sèchement Jasper.
« Je suis désolée. J'aurais voulu te laisser hors de ça. »
« Ne me fais pas ton numéro de la grande sœur qui protège son gamin de petit frère. Dis-moi pourquoi tu es dans cet état. »
« Hier j'ai annoncé à Royce que je le quittais. Il l'a très mal pris, évidemment, il m'a frappée au visage puis… »
La voix de Rosalie se brisa mais je n'entendis pas de sanglots, plutôt de profondes inspirations. Elle était si forte.
« Il m'a menacée de me dénoncer à la police. » souffla-t-elle.
« Mais pourquoi ? »
« Il y a deux mois, j'avais déjà voulu rompre mais Royce m'a dit que le club avait été financé par de l'argent blanchi, qu'il avait mis tous les papiers à mon nom et qu'il me dénoncerait à la police si je le quittais. J'en ai pour dix à quinze ans de prison, en tout cas c'est ce que mon avocat m'a dit le lendemain. »
Je serrai les poings, l'aveu de Rose me mettait hors de moi. C'était vraiment une ordure ce Royce King ! Je me calmai en comprenant qu'elle avait sûrement voulu rompre avec lui après notre première nuit. Ça avait donc aussi compté pour elle.
« Et alors ? » continua son frère.
« Mon avocat a trouvé une parade, il m'a téléphonée hier après-midi pour me prévenir de réunir certains papiers et de les placer en lieux sûrs. J'ignore encore comment mais Royce l'a appris et il a débarqué chez moi hier soir. Il a voulu récupérer les documents… »
« Que tu m'as remis hier. » lâcha sourdement Jasper.
L'information avait du mal à passer de son côté. J'étais sûr qu'il voulait aider sa sœur, il ne devait pas lui en vouloir d'avoir caché chez lui des preuves, il devait par contre lui en vouloir de ne pas l'avoir mis dans la confidence plus tôt.
« Et maintenant ? »
« J'ai déjà fait ouvrir une enquête, la brigade financière attend les doubles des documents. Je les ai prévenus que Royce risquait lui-même de porter plainte. Tout va bien se passer maintenant, mais j'ai besoin que tu amènes l'enveloppe chez mon avocat dès que possible. » lui expliqua Rosalie.
« Mais tu es en sécurité ici ? »
« C'est un hôpital. » répondit-elle légèrement.
« Je repasse plus tard. »
« Merci, Jasper. »
Il sortit, ne fut même pas étonné de me voir là et je le suivis. Une fois éloignés de la chambre de Rosalie, il se tourna vers moi, l'air torturé.
« Reste et veille sur elle. J'ai déjà rencontré Royce King, c'est un homme dangereux. »
« Compte sur moi. »
Et moins d'une heure plus tard, alors que Rose dormait et que j'étais posté devant sa porte, un homme élégant dans son costume trois pièces arriva dans le service. Il réussit à charmer une infirmière qui lui indiqua la chambre de Rose.
« Vous êtes ? » l'apostrophai-je alors qu'il se dirigeait vers moi.
« Le fiancé de Rosalie Hale. Et vous ? »
« Son garde du corps. » dis-je en croisant mes bras, faisant jouer mes muscles.
Royce tressailli une seconde puis ses yeux s'arrondirent.
« Vous êtes Emmett Cullen, le joueur de football. »
« Et garde du corps, alors dégage ! » rugis-je.
« Je pourrais détruire votre carrière en passant un coup de fil. » me nargua ce crétin.
« Te gêne pas. Moi je peux détruire ta sale gueule en moins d'une minute. »
« Je veux la voir, elle sera heureuse de me voir, j'en suis certain. »
« Non, je ne… »
« Emmett, laisse le entrer. » me coupa froidement Rosalie.
Je me tournai, je la vis pour la première fois depuis plusieurs semaines et déglutis face à son visage tuméfié, elle avait aussi un bras dans le plâtre et quelques points de suture en haut de son front.
« Rosalie, ne te laisse pas embobiner par lui ! » m'insurgeai-je.
« Tout va bien, Royce est mon fiancé. Laisse-nous s'il te plait. »
Ses yeux me toisaient, elle m'avait parlé comme ce Royce, avec hauteur et dédain. Je reculai puis courus hors de l'hôpital, le cœur battant à toute allure et un milliard de questions en tête. Je contactai aussitôt Jasper qui réagit comme moi à la visite de Royce et à la réaction de Rosalie. Il me demanda de le rejoindre pour déposer les documents à l'avocat.
En arrivant devant chez lui, je devinai que les deux gros bras en bas de l'immeuble avaient une mission. J'entrai dans l'immeuble sans éveiller les soupçons et en repartit cinq minutes plus tard, l'enveloppe bien cachée dans mon manteau.
L'avocat prévenu d'abord par Rosalie puis Jasper me reçut aussitôt, il parcourut longuement les documents.
« Quelle est la solution ? » m'enquis-je impatiemment.
« Il faut qu'elle vende tout de suite le club. »
« Et Royce ? »
« Il est déjà soupçonné de détournements de fond, la brigade financière et les stup' essaient de le coincer depuis trois ans. Grâce à ces preuves, il va sans doute pouvoir passer quelques années au frais. Mais il ne doit pas avoir trop de soupçons. »
« Et Rosalie ? »
« C'est compliqué. Elle a signé plusieurs papiers la désignant comme décisionnaire. Elle faisait confiance à Royce à l'époque. Quand il a commencé à parler de fraudes, elle a réagit comme il le fallait. On peaufine son dossier mais elle risque une lourde amende et de la prison avec sursis… au mieux. »
« Oh mon dieu… » jurai-je en tapant sur le bureau de l'avocat.
« EH ! »
« Désolé. Et si elle vend ? »
« C'est sa seule solution, vendre. L'acheteur ne sera pas inquiété par la justice et Rosalie pourra prouver de sa bonne foi en déclarant la vente, il faut que ce soit au même prix que ce qu'elle a payé. Le précédent propriétaire était une des sociétés écrans de Royce, l'argent perçu n'a jamais été déclaré. Le problème est que trouver un acheteur aussi vite est mission impossible. »
Je dévisageai l'avocat, Jacob Black selon la petite plaque sur son bureau. Il semblait très impliqué dans le cas de Rosalie. Avais-je un concurrent ?
« Vous l'avez connue comment ? » demandai-je.
« Je viens parfois à son club, je l'ai rencontrée peu après l'ouverture. Elle était éméchée et m'a allumée, son copain a surgi et m'a fait virer. Je suis quand même revenu une semaine plus tard et elle m'a expliqué qu'elle avait voulu rendre son fiancé jaloux. Au final on a fini par parler voitures. » dit-il avec bienveillance.
« Voitures ? »
J'imaginai mal Rosalie penchée sur un moteur, mais il y avait tellement de choses que j'ignorais sur elle. Elle ne cessait de m'épater, elle avait tant de force, de caractère, je voulais vraiment l'aider. Mais que faire ? Puis l'ampoule dans ma tête s'alluma.
« Je vais acheter le club. » annonçai-je.
« Vous ? »
« Oui. Je vais appeler mon agent et mon banquier. Vous pouvez préparer les papiers de vente ou je ne sais pas quoi ? »
« Ils seront prêts à seize heures, on se retrouve à l'hôpital ? » me proposa-t-il.
« Royce est venu la voir, elle a accepté de le voir. Je ne sais pas si on va pouvoir … »
Jacob décrocha son téléphone.
« Maitre Black pour Mademoiselle Rosalie Hale, chambre 132. »
Il me regarda avec appréhension. Si Rosalie retombait dans les bras de Royce, nous ne pourrions pas faire grand chose.
« Rosalie, j'ai récupéré les documents et … Tu as très bien fait, il faut qu'il ignore ce qu'il se passe même si je me doute qu'il doit avoir commencé à faire le ménage. Je t'appelle car j'ai trouvé un acheteur, nous te retrouvons à l'hôpital… Chez ton frère ? Tu peux déjà sortir ? »
Je fis de grands gestes et Jacob plaqua sa main sur le micro.
« L'appartement de son frère est surveillé par Royce. » chuchotai-je.
« Rosalie ? Dès que tu sors, je veux que tu viennes à mon bureau. Je t'expliquerai. »
« Je serai là à seize heures, mais qu'est ce que je dois faire ? » demandai-je quand il raccrocha.
« Appelez qui vous devez maintenant. »
Mon agent, Victoria, était aussi coriace en négociations que chaude au lit. Non pas que j'avais testé mais des rumeurs couraient…
« Mais tu n'as pas assez ! » s'écria-t-elle.
« Je dois trouver l'argent c'est très urgent ! »
« Tu as les trois-quarts, je dirais… »
« Et pourquoi pas cette pub pour Subway ? »
« Wow… je te rappelle que tu m'as envoyée balader il y a trois semaines quand je t'en ai parlé. »
« Bon, c'est faisable ou pas ? »
« Bien sûr, laisse-moi faire. »
« Ok, je te passe l'avocat du vendeur. »
Jacob expliqua pour moi à mon agent puis mon banquier tout le charabia juridique nécessaire. J'étais reconnaissant, je ne comprenais pas grand chose. Jacob dût insister mais il termina son dernier appel en levant son pouce.
« Tout est arrangé. Vous allez devenir l'heureux propriétaire d'un club branché dans moins de six heures. »
Je filai ensuite à l'hôpital, j'avais peur que Royce n'y soit encore et que Rosalie ait des problèmes. Jacob ne m'avait pas répété toute sa conversation avec elle, je ne savais pas à quoi m'en tenir. Connaissant Rose, il était préférable de lui dire moi-même pour la vente du club. J'appelai aussi Jasper à la rescousse.
En pénétrant dans le service, l'infirmière de garde nous dit que Rosalie était avec le médecin et que nous devions attendre qu'ils aient fini.
« Elle m'a téléphoné juste avant que tu ne m'appelles. C'est toi l'acheteur providentiel? » me questionna Jasper.
« Oui, mais je vais le lui redonner. »
« Hein ? »
« Je rachète le club et ensuite, quand la justice en aura fini avec toute cette histoire, je le céderai à Rosalie. Je sais qu'elle y est très attachée. » expliquai-je.
« C'est un beau geste. Merci, Emmett. »
Rosalie ne le prit pas aussi bien, j'étais content d'avoir Jasper de mon coté. Il réussit à lui faire entendre raison. Rose ne me regarda pas durant les heures suivantes alors que nous étions retournés au cabinet de Jacob. Après que nous ayons signé tous deux, elle demanda à me parler seule à seul.
« Merci, Emmett. Je te rembourserai… »
« Je le sais. Je te fais confiance, Rosalie. D'ailleurs j'ai besoin de toi dès ce soir ! »
« Tu veux que je continue à gérer le Twilight ? »
« Evidemment, je n'y connais rien. Il n'y a qu'un petit changement de nom, le reste ne change pas. Tu es toujours la patronne. »
Rosalie me serra solennellement la main puis quitta le bureau. Elle n'eut pas un regard pour moi et je n'entendis plus parler d'elle pendant quelques semaines. Je me rassurais en me disant qu'elle avait beaucoup à régler mais j'avais cette rancœur persistante. Je me rejouais souvent la scène où elle m'avait dit de laisser entrer Royce dans sa chambre d'hôpital, je la revoyais blessée et hautaine, je ne comprenais pas son attitude.
Malheureusement, Royce avait pris bien soin de mettre Rosalie dans le pétrin et elle fut jugée pour malversations. Grâce à la vente et à sa collaboration pour l'inculpation de Royce, elle échappa à la prison ferme mais dût effectuer trois cent heures de travaux d'intérêt général. Elle réussit à payer l'amende sans aide en vidant son compte bancaire.
J'avais eu par la suite des nouvelles par Jasper et Edward, je me réjouissais du retour à la normale dans la vie de Rosalie face à eux. Quand j'étais seul, le masque tombait, j'étais redevenu dépressif, nul à l'entrainement et réfractaire aux réunions familiales.
Deux mois après la fin du procès de Royce, soit près d'un an depuis ma rencontre avec la femme de ma vie, je décidai de la contacter. J'utilisais des prétextes pour entendre sa voix. Elle m'évita comme la peste, elle me faisait parvenir par coursier les documents à signer pour le club pour ne pas avoir à me voir. Même en me rendant au club, je n'arrivais pas à la voir. Elle changea de numéro de téléphone peu après, me laissant encore plus désespéré.
« Allez, donne-le moi ! » suppliai-je un soir mon frère.
« Mais pourquoi ? Je croyais que tu t'en foutais, qu'elle t'envoyait tous les papiers du club par coursier ? »
« Oui, mais je voudrais juste lui téléphoner. » insistai-je.
« J'ai pas le droit. » me dit-il comme un enfant ayant une consigne de sa maman.
« Si tu ne le fais pas, je vais dire à Tanya Denali que tu en pinces pour elle. Puis je ferai paraître une annonce dans tous les journaux de la ville, bien visible, pour que tu puisses enfin perdre ton pucelage. »
« Tu n'oserais pas… » me testa-t-il en plissant les yeux.
« Oh que oui ! »
« Ok, mais tu me le revaudras. Déjà tu vas arrêter de t'enfermer dans ta garçonnière et tu vas venir voir les parents ! »
« C'est promis. Et tu ne veux pas que je t'apprenne quelques techniques de drague aussi? »
« Tu m'emmerdes, Em' ! »
« Quoi ? Tu dois te décoincer un peu. » le taquinai-je, soudainement plus léger, soulagé de pouvoir téléphoner de nouveau à Rose.
Elle ne répondit pas aux premiers appels, elle m'évitait encore. Je rendis visite à son avocat mais sans succès. Je ne savais plus quoi faire pour la voir et lui parler face à face. Je tentai un soir de nouveau ma chance au club. J'avais emmené Edward avec moi et je fis un scandale au bar. Mon frère me maudit bien évidemment mais ce fut payant, la patronne vint nous voir.
Dès qu'elle m'aperçut, Rosalie se stoppa. A quelques mètres, je crus décerner de la joie dans son regard mais bien vite, son expression fermée revint sur son beau visage.
« Tu me harcèles au club, je sais que tu es passé au cabinet de Jacob ! Et tous ces appels… tu dois arrêter Emmett ! Comment tu as eu mon numéro ? » tempêta Rosalie en fusillant du regard mon frère qui s'éclipsa rapidement un table.
« N'en veux pas à Edward. Ecoute, je n'en peux plus d'être sans toi. »
Elle attrapa mon bras et me guida à travers la piste de danse et enfin jusqu'à la sortie. Je fis signe de loin à Edward qui s'énerva sans doute à l'idée de devoir rentrer par ses propres moyens.
« Rosalie, pourquoi tu ne veux plus me parler, pourquoi tu m'évites ? »
« Tu voudrais que je me prosterne à tes pieds parce que tu m'as évité la prison ? »
« Non ! Rose… Je veux juste te parler de nous ! »
« Et pourquoi ? Ça ne nous amène rien de bon tout ça ! Et lors de la nuit que nous avons passé ensemble, tu as dit que tu étais foutu... Tu ne me veux pas vraiment. » dit-elle de plus en plus bas.
« Évidemment que j'ai dit « je suis foutu »! Tu étais déjà fiancée à un autre ! Je t'aime vraiment, je te veux vraiment. »
Ses yeux se fermèrent un instant et quand ils se rouvrirent, ils étaient emplis de larmes. Elle se mordit la lèvre, indécise.
« Ne restons pas dehors. » dit-elle doucement.
« Viens. »
Je la guidai vers ma voiture et dans un silence absolu, je nous conduisis jusqu'à mon appartement. Une fois dans mon salon, Rosalie sembla se détendre un peu. Personnellement, j'étais fou de joie de l'avoir à nouveau chez moi. Les souvenirs de notre nuit à nous aimer affluèrent dans ma mémoire, être si près d'elle me combla de bonheur. Tant pis si elle ne m'aimait pas, je voulais encore grappiller un peu de son temps.
« Emmett, je suis désolée. Je me suis voilée la face, j'ai cru que Royce était ce que je pouvais avoir de mieux dans la vie… » commença-t-elle.
« Rose, tu es une déesse, tu mérites un homme qui te vénère, qui te fasse passer avant tout le reste, qui risquerait sa vie pour toi. Si seulement tu me laissais être cet homme-là, je serais le plus aimant des maris. Je ne te mérite pas mais je passerais le reste de ma vie à essayer de te combler. » lui dis-je, la gorge serrée.
Elle me prit la main et vint se lover contre mon torse. De longues minutes, nous restions dans les bras l'un de l'autre. Puis elle leva son visage vers le mien et je capturai ses lèvres durement. Elle n'avait pas répondu à ma déclaration, j'avais besoin d'une réponse, alors j'allais la faire parler autrement. Pour moi l'amour et le sexe se confondaient et il allait en être toujours ainsi si Rosalie acceptait d'être avec moi.
Je la guidai vers mon canapé, l'assis sur moi et l'embrassai fiévreusement. Puis, puisqu'elle ne m'avait pas repoussé, puisqu'elle répondait à mes baisers, je passai mes mains sous son chemisier que j'ouvris brutalement, faisant voler les boutons.
_oOo_
PDV Rosalie
Emmett avait l'air nerveux, c'était de ma faute, il redoutait sans doute que je fuis à nouveau au petit matin et d'être ignoré par la suite. Je devais lui faire comprendre que plus jamais je ne le trahirais. J'avais cru qu'il ne voulait que coucher avec moi, ça avait été plus facile. La vérité était que je me sentais mal de n'avoir pas pu me sortir seule de mes ennuis avec le club et Royce. Jasper m'avait confié qu'Emmett avait dû tourner une publicité pour payer en partie le club alors qu'il avait toujours refusé d'exploiter son image. Son geste était encore plus grand que je ne l'avais cru, c'était trop pour moi. Je ne méritais pas un tel homme. Je l'avais chassé de ma vie alors que je ne voulais que lui.
Sous ses mains, sous ses lèvres, mon armure de froideur s'était fissurée. Elle avait même explosé en mille morceaux au moment où Emmett avait déchiré ma chemise. Mon désir pour lui m'empêchait de me retenir. Et si je voulais juste croire à ses déclarations, je pouvais l'aimer et me laisser aimée.
« Je te veux, Emmett, tellement. »
« Moi aussi, Rose. Tu n'as pas idée. » répondit-il entre deux baisers.
« Détends-toi… Je suis à toi. »
C'étaient des mots que je n'avais jamais voulu prononcer avant de le rencontrer. J'en avais soupé de ces comédies niaises ou ces romans à l'eau de rose où l'héroïne était totalement dévouée à son amour, elle se livrait à lui corps et âme. Je me targuais d'être indépendante, moderne, Royce avait de toute façon brisé toutes mes illusions du grand amour. Ce que j'étais devenue avait failli me faire passer à côté d'Emmett. Je l'aimais, sincèrement, de tout mon corps et toute mon âme, je voulais dédier ma vie à son bonheur.
J'étais du genre prude, dégoûtée par les films pornographiques, alors pourquoi je voulais qu'Emmett me prenne aussi bestialement que dans ces films ? Quand il m'avait pénétrée pour la première fois, j'avais vu trente six chandelles. Etait-ce donc possible de se faire prendre sans honte ni soumission ?
Quand on le faisait avec amour, ça changeait tout, non ?
Royce était très dominateur alors qu'Emmett me disait à quel point j'étais belle, parfaite, merveilleuse. Il avait beau me baiser comme une bête, je ne subissais pas, je n'étais pas contrôlée, je participais et j'étais son égale.
La première nuit, j'avais trop bu, j'avais vécu notre partie de jambes en l'air un peu passivement, je n'avais pas tout donné de moi. Cette nuit, j'étais parfaitement en état de répondre au désir d'Emmett. Jamais je n'avais été aussi excitée, même en pleine action. Mais avec Emmett Cullen… merde j'avais un besoin viscéral de le sentir en moi, bien profondément. Jamais je n'avais envisagé le sexe ainsi, comme un impératif à assouvir dès que possible.
Je défis son pantalon, Emmett était déjà dur pour moi et à la lumière tamisée de la lune, je pus admirer toute la beauté de son anatomie. Je me léchai les lèvres en anticipant déjà le plaisir intense que ce sexe gonflé allait me donner. Je me relevai pour remonter ma jupe et écarter mon string. Quand je m'empalai sur lui, Emmett grogna aussi fort que moi.
Il empoigna mes hanches et accompagna mes mouvements, je le sentais au plus profond de mon antre. Parfois ses lèvres quittaient les miennes pour mordiller mes seins. Je parlais tout en m'enfonçant toujours plus sur lui, je lui disais que je l'aimais, que j'étais à lui et il me répondait les mêmes mots, pour autant tout était confus, mon esprit était surtout focalisé sur nos corps imbriqués.
Je parvins à la jouissance avant lui en hurlant son nom. Emmett me serra fort contre lui puis me souleva et m'emmena vers sa chambre. Il me posa délicatement sur son lit et entreprit de me déshabiller lentement tandis que ses lèvres embrassaient chaque partie de mon corps qui se découvrait. Il garda mon string pour la fin, je le vis serrer les dents ; se retenait-il de me l'arracher ? J'adorais quand il était tendre mais dans ces instants de passion, je voulais un animal féroce qui me ferait oublier jusqu'à mon nom. Aussi quand il posa ses lèvres légèrement sur mon sexe encore frémissant, je soulevai mon bassin et écrasa sa bouche contre mon entrée.
« Je t'aime, je te fais confiance pour me traiter comme une reine mais là, maintenant, Emmett, je veux que tu me baises comme tu n'as jamais baisé une femme… »
Il se stoppa et me dévisagea. Je crus l'avoir choqué mais ses yeux se noircirent et je compris que j'allais avoir ce dont j'avais si désespérément besoin.
« Fais tout ce que tu veux de moi. » ronronnai-je en frottant mon bassin contre le sien.
Je n'avais pas envie de préliminaires qui ne feraient que retarder l'arrivée de sa parfaite, longue, dure, épaisse et puissante queue en moi… Je gémissais, incohérente et vulgaire sans doute mais je devais faire comprendre à mon fabuleux amant à quel point il me comblait.
« Oh merde Rose… Qui aurait cru que tu étais le genre de femmes à parler comme ça ? »
Quelques heures plus tard, nous étions dans sa cuisine à dévorer une pizza et à boire de la bière fraîche. J'avais interdit à Emmett de se rhabiller, j'étais aussi restée nue.
« Pourquoi tu t'es fait tatouer ? » lui demandai-je en passant mes doigts sur le tatouage ornant son pectoral gauche.
« Tu n'aimes pas ? »
« J'adore, ça te donne un coté mauvais garçon… tout à fait en accord avec tes aptitudes au lit ! » plaisantai-je.
Il me plaqua contre lui, presque jusqu'à m'écraser. Quel homme !
« Tu te moques de moi. Tu es une sorcière, une magnifique sorcière, il n'y a pas d'autre explication. »
« C'est une rose ? » réalisai-je, ne voulant pas croire à un lien avec moi.
Le tatouage était très stylisé, les lignes étaient pleines et simples mais en regardant bien, on y voyait une rose à la tige épineuse mais aux pétales épanouis.
Il acquiesça et je continuai à le questionner du regard.
« Il est récent, tout juste un mois. » ajouta Emmett.
« Mais… pourquoi ? »
« Pour toi, bien sûr. »
« Je t'avais repoussé à l'époque… »
« Mon amour pour toi est éternel, tu m'aurais quitté que je n'aurais jamais pu en aimer une autre. Je ne pourrais jamais mériter une femme aussi merveilleuse que toi. Il n'y a que toi, ce sera toujours toi, ma Rose. »
« Je t'aime, Emmett. » lui dis-je alors que des larmes perlaient au coin de mes yeux.
« Alors accepte de devenir ma femme. »
« Un jour je te mériterai assez pour cela, tu me redemanderas et je te dirai oui. » lui promis-je en lui souriant à travers mes larmes de joie.
Le baiser qu'il me donna en réponse était éloquent. Je ne méritais vraiment pas un homme aussi bon, tendre et respectueux que lui. La liste des ses qualités était bien plus longue mais les lèvres d'Emmett avaient cet étrange pouvoir de me faire perdre le fil de mes pensées. C'était plutôt lui le sorcier.
Je rejoignis la chambre en roulant des hanches, espérant l'attirer mais Emmett fouilla dans sa veste. Je pouffai en l'entendant hurler par téléphone « Merci Edward ! ». Il dut raccrocher aussitôt car trois secondes plus tard, il déboulait dans la chambre et me lança le regard qui me rendait folle de désir.
Voilà un autre couple de formé! Vous avez eu aussi un épilogue pour Carlisle et Esmé. Que s'est-il passé pour eux? Vous en saurez davantage plus tard ;-)
