Titre : Insupportable Grotesque Incroyable

Auteure : gwenweybourne

Traductrice : Elizabeth Mary Holmes

Correctrice : ReachingforHeaven

Rating
: M

Genre(s)
: Romance/Humour

Chapitre: 2/3

Disclaimers
: Sherlock est une série télévisée produite par la BBC et réalisée par Steven Moffat et Mark Gatiss. Elle est basée sur l'œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Par conséquent l'auteure et moi-même ne gagnons rien sur cette fanfiction.

Notes
: Lien vers la VO sur mon profil. Tous mes remerciements à une bêta reader et traductrice de génie qu'est ReachingforHeaven. Faire un détour par son profil est loin, très loin d'être une perte de temps.


John

Grotesque. C'est absolument grotesque. Il aurait dû s'en douter. D'une certaine manière, cela avait été le cas, mais vu que tout semblait étrangement calme, il voulait en profiter pour une fois. Car même si Sherlock était sur aucune affaire en ce moment, il était assez calme et pris dans ses réflexions ; il se contentait de passer des heures sur le canapé, réfléchissant avec une telle intensité que John pouvait presque l'entendre penser.

Le médecin avait remarqué la mâchoire crispée et la tension inhabituelle de Sherlock, mais à chaque fois qu'il avait essayé d'en savoir plus le détective l'avait repoussé. Plutôt que de s'en offenser, John avait décidé de le laisser à ses réflexions. Avec le temps, il avait appris qu'il était inutile de brusquer Sherlock. Et puis, quand il serait temps pour lui d'en savoir plus, Sherlock le lui ferait savoir.

Mais il fallait qu'il en parle à Mycroft. L'aîné des Holmes avait aussi remarqué ce comportement inhabituel et ne le supporterait plus très longtemps. John avait déjà été «enlevé » deux fois par la toujours aussi mystérieuse Anthea pour que Mycroft puisse l'interroger sur ce qui se passait à Baker Street. Le fait même que Sherlock ne se soucie même plus de déduire ces « enlèvements » était préoccupant.

Toutefois, quand il était à la maison, Sherlock arrivait à se sortir de ses cogitations ; il était assez attentif, et présent. Parfois de manière un peu excessive. John pouvait sentir le regard brûlant de son colocataire se poser sur lui lorsqu'ils mangeaient - mais vu qu'il s'agissait déjà d'un miracle en soit que le détective mange et même dorme (comme cela avait été le cas la dernière fois que John était rentré du travail) - ou qu'il s'affairait dans la cuisine.

Cuisine dont ses expériences peu ragoûtantes étaient étonnamment absentes. Plus surprenant encore, pas de nouveaux membres humains dans le réfrigérateur, même si le sac rempli de pouces humains dans le bac à légumes avait un aspect de plus en plus étrange. John commençait à croire que cette chose n'allait pas tarder à marcher toute seule si ça continuait, mais il ne voulait pas déranger Sherlock qui avait certainement d'autres soucis.

Ce soir-là, en revenant de faire les courses, il l'avait vu somnoler sur le canapé et il fallait bien admettre que l'image avait été attendrissante. Sherlock, obligé de replier ses jambes maigrichonnes pour pouvoir s'allonger dans le canapé. Ses vertèbres qu'on distinguait clairement à travers sa chemise avaient donné à John une envie presque irrépressible de caresser son dos, avant qu'il ne recouvre son ami d'une couverture.

Les pensées de ce genre étaient devenues plus nombreuses depuis quelque temps et John ne savait pas trop comment s'en dépêtrer. Mais il fallait admettre que les incidents avec Irène Adler lui avaient ouvert les yeux, jusqu'à un certain point. Voir quelqu'un affecter Sherlock si profondément le dérangeait un peu, mais il se réprimandait d'être assez mesquin, jaloux et arrogant pour croire qu'il était quelqu'un de digne d'attention, de spécial.

Il était juste un type ordinaire après tout, et la fascination toujours renouvelée de Sherlock pour lui restait un mystère ; même si pour son ami il devait s'agir d'une évidence. Et puis, il n'avait pas son mot à dire sur la vie privée de Sherlock. Son ami pouvait bien s'intéresser à qui il voulait, tout comme il laissait John suivre faire de son mieux quand il s'agissait de déployer ses ruses dans l'art de la séduction.

Mais la pensée que quelqu'un comme Irène existe, quelqu'un qui puisse bouleverser leur petite bulle, l'horrifiait. Cela le faisait réfléchir sur son rôle à Baker Street, et apparemment il en allait de même pour Sherlock.

Sherlock avait été très calme quand ils avaient pris le thé, il n'avait pas ni lu le journal ni vérifié sa boîte de messages toutes les deux minutes. Il avait mangé, l'air toujours aussi inflexible.

« Tu nous fais ta Cène ?* » John avait essayé de faire un peu d'humour.

Le détective le dévisagea.

« Quoi ? »

« Ton dernier repas. Je veux dire que tu as l'air d'un condamné à mort… et puis… »

« Hmmm. »

John avait fait la vaisselle, comme d'habitude, puis était allé dans sa chambre pour aller faire un petit somme, sa journée de travail ayant été particulièrement éreintante. Mais une petite heure plus tard, il fut réveillé par un bruit de pas dans les escaliers et un coup discret à la porte.

« John ? »

Sherlock ! Sherlock n'était jamais venu dans sa chambre. C'était un accord tacite entre eux : leurs chambres étaient plus ou moins des colonies de Baker Street. Elles faisaient partie du Commonwealth mais étaient à considérer comme des États autonomes.

Et c'est là que les choses devinrent grotesques. Sherlock avait ouvert la porte et était resté très droit dans l'embrasure, s'éclaircissant la gorge et se grattant la nuque — était-il nerveux ? —avant d'enfouir ses mains dans ses poches et de parler.

Il parla longuement ; pour résumer, il s'agissait principalement d'une proposition. Sherlock « je suis marié à mon travail » Holmes était frustré sexuellement et avait besoin de l'aide de John pour y remédier, afin que cette frustration ne nuise pas au Travail plus longtemps. Et la tâche ne pouvait être accomplie par quelqu'un d'autre que John. Ce qui était plutôt flatteur, mais aussi profondément troublant. Et apparemment, cela servirait aussi les intérêts de John…

« Je sais que ça peut te paraître curieux, mais je te garantis que ce sera un arrangement qui bénéficiera aux deux parties », lui avait assuré Sherlock en guise de conclusion. « Et si tu veux, nous pouvons commencer par une petite expérience pour s'assurer que chimiquement parlant tout va bien, même si j'ai déjà déduit que ce serait le cas. »

« Chimiquement ? » répéta faiblement John en essayant de saisir les tenants et aboutissants de ce qu'impliquait son colocataire - je dois coucher avec toi pour préserver l'œuvre de toute ma vie.

« Évidemment, le toucher est le meilleur moyen de s'assurer de la compatibilité physique. »

« Évidemment », répéta John. « Si j'ai bien compris, tu veux que je t'embrasse, non ? »

«Je crois que ce serait le test idéal, pour commencer. Mais je te donne un quart d'heure et quand je reviendrai, je voudrais avoir ta décision. »

John hocha la tête, toujours sous le choc. « Oui, oui. Dans un quart d'heure. »

Sherlock acquiesça et allait partir, mais il s'arrêta dans l'encadrement de la porte, et l'expression de son visage semblait s'être adoucie. Même son regard était plus doux et John sentit ses genoux se dérober sous lui.

« John ? »

« Oui, Sherlock. »

« Je ne veux pas te mettre au pied du mur. Si ce que je te demande n'est pas quelque chose que tu veux faire, je le comprendrais très bien et je trouverais une autre manière de ramener le Travail à sa perfection habituelle. Je suis un génie, après tout. »

John eut un petit sourire et les yeux de Sherlock s'illuminèrent en retour.

« J'ai… J'ai besoin que tu le veuilles au moins autant que moi, ou quelque chose qui y ressemble, parce que sans cela, je serai moi aussi dans l'incapacité de le faire. »

Le médecin hocha la tête encore une fois.

« T'inquiète pas Sherlock, on verra ça dans un quart d'heure. »

« Oui, d'accord », répondit-il en pinçant les lèvres et en sortant les mains de ses poches. Il n'en avait eu qu'un rapide aperçu avant que le détective ne quitte son champ de vision, mais il était certain d'avoir vu les mains de Sherlock trembler.

Les escaliers craquèrent et avant que la dernière marche n'ait grincé sous le poids du détective, il avait pris sa décision. Puis il profita des quinze minutes pour réfléchir à ce qui lui avait fait prendre cette décision si rapidement. Il avait été guidé par une sorte d'impulsion irréfléchie, mais son cerveau lui criait que c'était absolument grotesque.

Ça l'était. Mais il avait fini par reconnaître son attraction envers Sherlock, aussi curieux que cela puisse paraître. John avait eu quelques expériences avec des hommes. L'école de médecine. L'Armée. Il avait eut une certaine promiscuité qui avait fait que certaines amitiés étaient allées au-delà de certaines limites.

Il avait apprécié et ne regrettait rien, mais ce n'était pas quelque chose qu'il recherchait activement. Sûrement pas comme Harry, Harry qui avait presque toujours su qu'elle était attirée par des personnes du même sexe qu'elle. John pouvait être considéré comme hétéro, mais il savait que toute règle a ses exceptions.

Sherlock était exceptionnel de bien des façons. Et en plus de ça, pendant longtemps, il n'avait jamais vraiment considéré Sherlock comme un homme ou une femme, mais simplement comme Sherlock. Il était unique. Différent de tous les gens que John avait connus. Il aurait même pu pousser le raisonnement jusqu'à affirmer qu'il n'y avait personne dans le monde qui ressemblât à Sherlock Holmes. Il était spécial. En bien. Et il le surprenait régulièrement, et ce sincèrement.

De plus, quand il ne rendait pas John dingue, il pouvait être très séduisant, voire charmant, et ils avaient très rapidement tissé des liens solides sans aucun effort. Quelque chose que l'on n'avait de cesse de lui rappeler, bien qu'Holmes semble l'ignorer. Et ce au point que chaque personne susceptible de se rapprocher du détective suscitait des crises de jalousie chez lui.

Sherlock n'en demandait pas trop à son colocataire. Évidemment, il y avait ses continuelles demandes de lait et de biscuits, et surtout les « Viens avec moi là-bas, abandonne toute idée de dormir pour les trois prochains jours, et puis il se pourrait que l'on meurt sous une salve de balles… »

Mais il y avait quelque chose d'autre.

Toutes ces choses que Sherlock pouvait faire seul. Il l'avait bien fait jusqu'à ce qu'il rencontre John et il le ferait si leurs chemins devaient se séparer. Toutefois, c'était là une demande qui impliquait quelque chose que Sherlock ne pouvait vraiment pas faire seul. Parce que de se branler vite fait n'aurait pas suffi à le soulager. Sherlock voulait John. Tout entier.

Et il était totalement dépendant de la volonté de John de donner suite à sa demande ; et cela, étrangement, motivait le docteur à donner une réponse positive. Et ce sans parler du sentiment curieux mais entêtant qu'apportait le fait d'être désiré avec tant d'ardeur. C'était complétement nouveau pour lui et il devait bien à son colocataire de pouvoir mettre à l'épreuve sa théorie.

Quand Sherlock revint, il avait l'air plus paisible qu'auparavant. Il allait ouvrir la bouche pour demander à John ce qu'il en était de sa décision, mais John l'interrompit avec un petit sourire et tapota le lit à ses côtés pour que son ami vienne le rejoindre.

John était presque aveuglé par le sourire de Sherlock, qui montait péniblement sur le lit avec une maladresse presque touchante. Il s'installa à côté de John et se tourna sur le côté de sorte à lui faire face

« Tu n'a jamais … ?» demanda un peu gauchement John.

« Non. »

« Jamais, jamais ? »

« Non. »

« Mais tu es au courant de… ? »

Sherlock hocha la tête avec impatience.

« Honnêtement, John, je connais quand même l'histoire de « la petite graine », j'ai des notions théoriques dans le domaine. Mais c'est juste que je n'ai jamais… »

« Mis en pratique. »

« Exactement. »

« Alors je devrais diriger les opérations. Me le permettras-tu ? »

« Oui »

« Vraiment ? »

Sherlock eut un petit sourire en coin et cligna lentement des yeux. C'était sa version d'un regard enamouré et l'effet en était stupéfiant.

« Je suis à votre merci, Docteur. »

Oh mon Dieu.

« Et bien, allons-y Alonzo… »

C'était fin, très fin, John. Et après tu t'étonnes qu'aucune femme ne veuille de toi. Il chassa de son esprit ces sombres pensées et se pencha un peu, caressant du bout des doigts le cou pâle et doux de Sherlock de glisser la paume de sa main contre la nuque de son ami. Les cheveux de Sherlock chatouillaient délicatement sa peau d'une manière inattendue mais très plaisante. Pour être honnête, John devait admettre qu'il avait plus d'une fois eut l'envie de passer sa main dans les boucles sombres mais brillantes de son colocataire.

Colocataire à l'expression calme, voire même placide, qui restait immobile et tranquille, mais cela mettait John un peu mal à l'aise. Car même s'il était habillé, il se sentait nu et exposé- il avait dû donner une centaine d'informations à son ami. Son pouls avait accéléré, ses pupilles devaient s'être dilatées et il respirait plus vite. Et il savait que Sherlock enregistrait, classait et analysait tous ces signes à l'instant même où ils se produisaient.

Il fallait qu'il s'y fasse, se dit John avec regret. Tout changerait après ce moment-là. Peut-être que Sherlock serait capable de supprimer l'information de son « disque dur », mais le médecin n'avait pas de telles capacités et ce que Sherlock allait connaître ne pouvait pas rester ignoré. En plus du fait que qu'il allait s'agir du premier vrai baiser de son colocataire, et que John ne voulait pas qu'il soit une déception.

Il se pencha encore et avec précaution et lenteur, il pressa ses lèves contre celles de Sherlock. Il prit la lèvre inférieure de Sherlock entre les siennes. Le détective resta immobile, et John aurait juré entendre les engrenages du cerveau de son ami qui traitaient l'expérience pour donner une réponse en conséquence. Réponse qui se manifesta par un léger pincement des lèvres avant que Sherlock ne prenne part au baiser, imitant presque le mouvement qu'avait eu John.

Sherlock avait un goût de menthe. Il s'était lavé les dents juste au cas où, et John n'arrivait pas à déterminer s'il s'agissait que quelque chose d'arrogant ou d'adorable, mais il se félicita mentalement de ne pas avoir pris de curry pour leur repas du soir.

John ajusta l'angle de sa tête et embrassa de nouveau Sherlock, mais plus profondément cette fois-ci. La bouche de Sherlock était si douce et docile sous la sienne, ce qui était des plus curieux chez un homme anguleux et rigoureux que Sherlock.

Mais le médecin avait déjà eu un aperçu de la douceur bien dissimulée derrière le masque de froideur de Sherlock, et pouvoir s'en rendre compte physiquement était une expérience très agréable. Sherlock, qui pourtant continuait de réfléchir plutôt que de s'abandonner aux sensations, ce qui était habituel mais qui n'était pas le but de l'expérimentation en question.

Il changea une nouvelle fois de position, prenant la lèvre inférieure du détective entre les siennes, la suçotant doucement et la taquinant du bout de la langue. Sherlock eut un petit mouvement de recul, il ne s'attendait certainement pas à ce genre de contact et John frémit de plaisir à l'idée qu'il pouvait surprendre son ami. Ce qui arrivait si rarement.

Sherlock, qui n'était pas d'une nature à s'effrayer face à la nouveauté, darda timidement la pointe de sa langue pour le goûter et John saisit l'opportunité qui lui était offerte de cajoler encore davantage la bouche du détective. Tout devenait un automatisme avec une facilité déconcertante — tout était si doux, humide et délicieux. Il titillait la langue de Sherlock, goûtant et mordillant ses lèvres, approfondissant le baiser et faisant sienne la bouche de son ami. C'était grandiose.

Et puis, un tout petit bruit le fit rompre le baiser. Mon Dieu, je l'embrasse à perdre la raison et je sais même pas si il apprécie. Je ne suis qu'un con égoïste…

Le bruit était en fait un petit gémissement, certainement involontaire, parce que Sherlock Holmes n'était certainement pas du genre à gémir intentionnellement - (à moins que ça ne soit) (sauf) pour convaincre ou flatter quelqu'un. John passa ses doigts sur le cou de Sherlock et fut surpris de sentir son pouls battre la chamade.

Percevant la distraction de son ami, Sherlock émit un autre bruit - agacé, cette fois ; il souhaitait continuer à l'embrasser. Eh bien, affaire résolue. Il aime ça. Je me demande ce qu'il peut aimer d'autre ?

Sherlock se rapprochait, ses longs doigts agrippés au pull de John comme s'il souhaitait faire quelque chose mais sans savoir vraiment quoi. John rompit le baiser et Sherlock haleta, les yeux grand ouverts et stupéfait, et ses lèvres – un peu gonflées et humides, et délicieuses. Le médecin grava dans son esprit l'image de son ami qu'il venait juste d'embrasser.

Le détective se déplaça en silence et quand il parla, son ton frémissait d'indignation : « John ! ». Le John en question sourit et se pencha pour embrasser le cou de Sherlock, alternant entre baisers doux et suçotements. Il avait comme une envie irrépressible de marquer Sherlock, de marquer sa peau d'ivoire pâle. Sherlock frissonna et son indignation disparut. « … oh. »

Un baiser sur la bouche. C'était tout ce qu'il devait faire, mais John avait envie de plus. Et jusqu'à maintenant Sherlock ne semblait pas s'en plaindre. Oui, c'était Sherlock qui avait fait cette proposition, mais le fait était qu'il n'avait pas l'habitude de ce genre de sensations et qu'il n'avait aucune expérience dans ce domaine et John ne voulait pas le submerger avec tant de nouveautés.

Pour quelqu'un pour qui primaient la maitrise de soi et la précision, il fallait bien avouer que la torpeur du désir sexuel et de l'orgasme pouvait être quelque chose d'un peu effrayant. Un peu comme une drogue, mais pas du genre de celles qui avaient la prédilection de Sherlock. L'instinct protecteur de John vis-à-vis de son ami n'était pas nouveau, mais la volonté de vouloir diriger les opérations l'était très certainement.

Son attention toujours fixée sur le cou de Sherlock, John se baissa et ouvrit doucement la main de son ami qui exerçait une poigne de fer sur son pull ; il la garda pendant un petit moment entre ses doigts et en embrassa la paume, puis retourna embrasser ses lèvres avant que Sherlock ne fasse un commentaire essoufflé sur le nombre de terminaisons nerveuses se trouvant sur un centimètre carré de peau.

Sans le bras du détective pour l'entraver, John était libre d'aller ouvrir les deux premiers boutons de la chemise de Sherlock. Il s'arrêta là, attendant de voir s'il allait être repoussé, mais reçut plutôt une invitation féroce à poursuivre et Sherlock continua de l'embrasser aussi voluptueusement qu'un chat lapant une soucoupe remplie de crème.

Sherlock passa sa main dans les cheveux de John, il faisait glisser les mèches châtain clair entre ses doigts arachnéens et caressait son cuir chevelu. L'espace d'une seconde, John pensa au crâne sur le manteau de la cheminée, réflexion un peu dérangeante qu'il mit de côté alors qu'il essayait d'ouvrir la chemise de son ami.

Ce qui n'était pas si compliqué, compte tenu de combien Sherlock aimait porter ses chemises cintrées. Les boutons glissèrent sans difficulté hors de leurs boutonnières, et pendant ce temps-là, son ami continuait de lui masser le cuir chevelu ; ce qui était, il fallait bien l'avouer, plutôt agréable.

John finit par ouvrir le dernier bouton, permettant à la chemise d'être totalement ouverte. Il voulait le voir. Parce qu'il en mourait d'envie, et ce depuis ce jour à Buckingham Palace où Mycroft, excédé par le refus de Sherlock de porter autre chose qu'un simple drap - ce qui lui avait donné un air d'empereur impérieux - avait mis le pied sur le revers dudit drap quand le détective avait essayé de sortir de la pièce ; ce dernier aurait pu se retrouver complètement nu s'il n'avait eu le prompt réflexe de saisir le bout du drap pour se couvrir avant d'avoir à s'exhiber contre son gré devant toutes les personnes présentes.

John avait contemplé la posture tendue de Sherlock, qui avait trahi sa colère de manière très contenue et mesurée face à l'impudence de son aîné. Et il avait admiré sa position très droite, la symétrie de ses omoplates et sa musculature fine sous sa peau d'albâtre. Et là John avait pris conscience de la beauté de Sherlock, dans tous les sens du terme. La pensée l'avait surpris, mais ne l'avait jamais totalement quitté.

Oui, il voulait le voir, mais le baiser passionné qu'il partageait avec Sherlock, qui avait saisi la technique très rapidement, et qui en plus de cela poussait des petits gémissements avides qui ne lui ressemblaient vraiment pas - John voulait en entendre davantage.

Il posa donc sa main sur le torse de Sherlock, ses doigts errant sur ses clavicules, avant de descendre. Il s'était presque attendu à toucher une statue de marbre, froide et lisse, mais ce n'était pas ça ; c'était presque même diamétralement l'opposé.

Sherlock frémissait sous le toucher de John qui ne sentait que la chaleur de sa peau et un fin duvet qui chatouillait sa paume alors qu'il caressait doucement le torse de son ami, sa main s'installant sur son cœur qui battait la chamade. John sourit. C'était tellement chaleureux. Tellement humain. Si vivant. Il aurait presque voulu que tous les gens qui traitaient Sherlock de robot, d'extraterrestre ou de cinglé puisse tester ce côté de Sherlock.

Ou peut-être pas. Car il voulait que Sherlock soit sien, soit à lui seul. C'était une pensée surprenante, mais elle avait fait son chemin dans son esprit.

Il sentit la peau plus douce encore d'un téton qui avait commencé à durcir et qu'il s'empressa de pincer doucement entre son pouce et son index tout en mordillant doucement la lèvre inférieure de Sherlock, qui le récompensa par un cri de plaisir haletant.

John sourit en poussant gentiment Sherlock pour qu'il s'allonge sur le dos, Sherlock qui tenta de se relever mais le médecin cala sa nuque sous le menton du détective qui se réinstalla sur l'oreiller.

« Est-ce que tout va bien ? » demanda John entre deux baisers et faisant son petit bonhomme de chemin sur le torse dénudé de Sherlock. Un « oui » à peine audible lui parvint.

« Je m'arrêterai dès que tu me le demanderas. Tu as juste dire 'non' et je m'arrêterai, d'accord ? »

Dans un chuchotement où transparaissait son désir, Sherlock acquiesça de nouveau.

John pouvait enfin contempler le torse nu de Sherlock, qui l'impressionnait. Il embrassa doucement son sternum et sa main suivit, flattant et caressant quand sa bouche s'affairait également. Le souffle du détective devenait court, il haletait et lorsque John suça l'un des tétons, il put sentir Sherlock se cambrer, presque ruer contre lui dans un petit cri, bien vite suivi d'un gémissement alors qu'il jouait avec l'autre.

Les doigts de Sherlock agrippaient la couverture et il murmurait une litanie de « John… ». John qui continuait son exploration, dessinant le contour des os et des muscles du bout de la langue avant de s'intéresser au nombril de Sherlock. Il suivait maintenant la fine ligne de poils qui descendait jusque dans son pantalon.

John posa sa joue contre le ventre ferme de Sherlock ; il pouvait sentir son désir plus qu'évident dans son pantalon étroit, et il ne doutait pas de l'inconfort que devait présenter la situation pour Sherlock.

Il regarda son ami, sa main immobile au-dessus du bouton de son pantalon.

« Est-ce que tu veux que je te … ? »

« S'il te plait. » La supplique s'étalait voluptueusement.

Il ouvrit le bouton et descendit la fermeture éclair, invitant Sherlock à soulever un peu ses hanches pour que John puisse lui ôter son pantalon, rapidement suivi par son boxer. Le mot grandiose lui revint à l'esprit. Sherlock nu, à l'exception de sa chemise froissée, son désir plus que manifeste érigé contre son bas-ventre. Il était somptueux.

Sherlock qui leva la tête, l'air vulnérable comme jamais John ne l'avait vu, comme s'il cherchait à avoir son approbation. John sourit et caressa tendrement la joue du détective : « Tu es si beau, exquis même. » Rassuré, Sherlock laissa retomber sa tête sur l'oreiller en murmurant : « Toi aussi ».

« Moi ? Mais je n'ai encore rien enlevé… »

Sherlock secoua la tête et ferma les yeux en soupirant : « Mais pourtant, tu es beau. »

D'habitude, John aurait sorti une blague pleine d'autodérision ; mais il savait que ce n'était pas le moment, et qu'en plus de cela Sherlock n'offrait que très rarement des compliments de ce genre.

Il passa une main sur les cuisses fines et pâles de Sherlock, les écarta un peu pour pouvoir caresser la peau soyeuse de l'intérieur. Son autre main restait sur la taille de son ami. C'était un peu irréel de ce dire que ce bel homme n'avait jamais été touché par d'autres mains que les siennes.

Ses doigts se baladèrent doucement sur le sexe de Sherlock qu'il finit par prendre en main, un brin possessif. Et il ne souhaite être touché que par moi, combien de gens ont cette chance ?

Sherlock grogna et frissonna quand John s'empara de son sexe qu'il caressait lentement et doucement, comme pour apprendre à le connaître. Le détective ouvrit les yeux, le souffle erratique, et John humidifia légèrement sa main en guise de lubrifiant et avant de recommencer ses caresses, mais plus fermement cette fois-ci, caressant l'extrémité du sexe de Sherlock du plat du pouce.

Sherlock qui gémissait et dont les hanches ruaient avec vigueur. Il était si dur, si empli de désir. Ça n'allait plus durer très longtemps. Ce qui pouvait se révéler assez positif dans l'affaire. Et le souffle de Sherlock devint plus qu'haché, au bord de l'hyperventilation, et il s'appuya maladroitement sur ses coudes, regardant John, les yeux hagards et incapables de se concentrer sur un objectif fixe.

« John… », Était sorti non sans difficulté, car il n'arrivait pas à articuler davantage. John n'était pas un pro de l'informatique, mais il pouvait dire que si le cerveau de Sherlock était un ordinateur, sa carte mère devait être sur le point de se consumer. Il n'était pas habitué à ressentir tant de choses. Il n'était pas habitué à ne pas pouvoir penser avec logique et clarté. Il se noyait.

« Sherlock. » La voix de John était calme et mesurée. C'était la voix qu'il l'utilisait lorsque ses patients étaient à bout. Il plaça sa main libre sur le torse de Sherlock, le caressant doucement pour l'apaiser tout en gardant l'autre sur son sexe qu'il maintenait fermement non sans le caresser avec vigueur. « Écoute-moi, Sherlock. Ça va aller. »

Sherlock respira bruyamment par le nez : « John… », Dit-il une nouvelle fois dans un murmure.

John termina la phrase inachevée : « Non, je comprends Sherlock. Tout va bien. Tu dois me faire confiance, laisse-toi aller. Tu sais que ce n'est que temporaire. Je prendrai soin de toi. Tu comprends ? »

Sherlock hocha la tête, s'effondrant sur l'oreiller.

Le médecin continua ses caresses et il parlait comme si sa voix pouvait aider Sherlock et l'apaiser par son timbre. « Putain, tu es somptueux, juste là, maintenant, tu sais. Et puis, je ne pensais pas que tu cachais un animal pareil dans ton pantalon… Bordel, tu vas me faire complexer… ».

Il sourit lorsqu'il entendit un petit gloussement. Flatter l'égo de Sherlock était une solution qui marchait dans toutes les situations. Son souffle redevenait régulier et ses hanches se mouvaient sous ses mains. Il gémit lorsque John se servit de son pouce pour étaler la goutte de liquide séminal qui perlait à l'extrémité de son sexe.

« C'est bon, tu commences à être prêt. Tu aimes ce que je suis en train de te faire, pas vrai ? Tu attendais ça depuis longtemps. », Murmura John qui eut pour réponse un gémissement de contentement.

John eut de nouveau un sourire. Il trouvait ça excitant. Il n'avait jamais vu Sherlock comme ça, si diligent et permettant au médecin de prendre le contrôle des choses, pour une fois. C'était drôle de voir ce qu'il fallait faire pour pouvoir prendre les commandes.

Cela changerait certainement quand Sherlock aurait un peu plus d'expérience et qu'il voudrait prouver qu'il était le meilleur et… John se surpris à se demander quand aurait lieu la prochaine fois, si prochaine fois il y avait. Du moins, il l'espérait, parce qu'il apprécierait vraiment.

Sherlock émettait des sons qui ressemblaient à un mélange de gémissements et de grognements, enfouissant ses doigts dans la couverture, les hanches tressautant alors que John le flattait avec force.

« Tu vas bientôt jouir, pas vrai ? » La voix de John avait pris des accents veloutés. « Je vais te goûter maintenant et je vais te faire jouir. Et je veux que tu en savoures chaque seconde. Et n'ose même pas supprimer ça de ton disque dur, sinon je trouverai une manière de te le faire regretter. »

Malgré l'état dans lequel Sherlock était, John s'attendait à moitié à une blague quelconque. Ou du moins un trait d'esprit, mais le détective ne répondit qu'un mot dans un murmure : « Jamais. »

John avait prit en coupe les testicules de Sherlock, chauds et fermes mais pourtant doux, il les caressait pour le simple plaisir d'entendre son ami soupirer et que son frisson de plaisir se réverbère sur son corps comme il baissait la tête pour pouvoir prendre Sherlock dans sa bouche.

Sherlock était aussi essoufflé qu'un plongeur faisant surface après plusieurs minutes passées en apnée, il gémissait le nom de John, l'implorant de le libérer. Et John tint parole ; après quelques mouvements de sa bouche et de sa langue sur l'extrémité de son sexe, Sherlock céda. Seul le relâchement soudain de ses muscles informa John qu'il n'allait plus tarder, ce qui l'incita à accompagner Sherlock durant son orgasme.

John n'était pas répugné par l'idée d'avaler, mais il voulait voir. Observer Sherlock rejeter la tête en arrière, en pleine jouissance, sa bouche formant un O parfait de stupéfaction qu'il réservait habituellement aux découvertes de grande importance dans la résolution d'une affaire. Et aussi entendre ses grognements sourds s'échapper de sa poitrine et résonner contre sur les murs de la petite chambre.

Le voir aussi se répandre sur son ventre et son torse, le liquide luisant glissant doucement sur sa peau laiteuse, composaient un superbe et indécent tableau. Après qu'il eut finit de se jouir, John le libéra et prit un mouchoir sur la table de chevet, s'essuya la main et se recoucha à côté de Sherlock.

Après coup, il passa son doigt rosé sur le ventre de Sherlock jusqu'à le rendre propre. Juste pour goûter - et ce n'était pas mauvais du tout. Sherlock tourna la tête lentement en le sentant faire et son regard se concentra sur John qui goûtait sa semence.

John rit doucement et tendit la main pour repousser affectueusement les boucles couvertes de sueur du front de Sherlock. « Je t'aime bien comme ça. Je crois que j'ai finalement trouvé un moyen de te faire taire pendant un moment. ».

Sherlock fit la moue mais sa grimace disparut quand John l'embrassa. Baiser long, profond et doux et où John lui caressait la joue. Quand le baiser s'acheva, le détective avait commencé à retrouver ses esprits, cligne des yeux et contemple son corps : « Mon Dieu, c'est moi qui ai fait ça ? »

« Non, c'est moi. Je me suis branlé pendant que tu étais au pays des Bisounours… », dit joyeusement John.

Sherlock haussa un sourcil interrogateur : « Et tu es aussi charmant avec toutes tes partenaires ? »

« Contrairement à ce que nous font croire les pornos, les femmes n'apprécient pas tellement d'être recouvertes par la semence de leur partenaire. C'est difficilement croyable, mais c'est vrai. » John reprit un mouchoir et essuya toutes les taches sur le torse de Sherlock.

« Pourtant, sur toi, c'est plutôt appréciable parce que j'aime assez cet aspect de débauché que ça te donne. »

Sherlock gloussa : « Vraiment ? »

« On ne peut plus vrai. »

« C'est difficile de faire plus cliché. »

« Tes sarcasmes sont de retour et essayent de faire mouche. Mais là, je ne te donne qu'un six. »

Sherlock eut un air horrifié.

« Un six ? C'était au moins un huit. Pour que ça soit un six, il aurait fallu que je sois dans le coma. »

« T'en étais pas loin il n'y a pas si longtemps. »

« Eh bien », s'adoucit Sherlock en roulant sur le côté et s'appuyant sur son coude pour faite face à John. « C'était assez… inhabituel. »

« Ce n'est pas ce que les gens ont l'habitude de dire. »

« Tais-toi ! »

John eut un sourire en coin.

« Tu te sens mieux maintenant ? »

« Un peu. C'est comme ça que vous autres vivez… complètement à la merci de ce désir ? »

« Si ce n'était pas le cas, la planète serait sévèrement sous-peuplée. »

« Tu dis ça comme si il s'agissait d'un problème. »

John caressait distraitement les cheveux de Sherlock.

« Tant que tu seras à sa surface, ça ne me posera pas de problème… »

Sherlock acquiesça, croisant le regard de John, puis baissa les yeux ; ses joues s'empourprèrent très légèrement et le médecin n'osa pas lui en faire la réflexion.

« Et puis il faut bien un peu de population excédentaire dont il faut tenir compte lors des meurtres. »

« Effectivement, on ne doit pas oublier les meurtres », dit John avec un sérieux feint.

« Est-ce que c'est mal vu de se retirer pour aller à la salle de bain après une relation sexuelle ? »

« Ça dépend. Est-ce que tu as l'intention de te replier sur toi-même dans la douche et pleurer ? »

« Non »

« Vomir ? »

« Non plus. »

« Partir et ne jamais revenir ? »

« John, tu deviens grotesque. Où pourrais-je bien aller quand tout mon Travail est ici ? »

John eut un mouvement souple de la main : « File, tu as ma bénédiction. »

Sherlock le regarda bizarrement et décida d'ignorer les non-sens de son colocataire qu'il embrassa sur le front. Il s'assit sur le bord du lit et se leva avec précaution ; il ne vacillait que très légèrement lorsqu'il sortit de la pièce. Il était entièrement nu, à l'exception d'une paire de chaussettes noires et d'une chemise maintenant plus que froissée qui pendait mollement sur une épaule fine.

« Tu devrais regarder plus de films ! » lui cria John.

« Je l'ai fait ! Mais j'ai tout supprimé. C'est des conneries. Et arrête de me reluquer ! » Répondit Sherlock avant de claquer la porte de la salle de bain.

« Dit celui qui a initié tout ça », marmonna John pour lui-même. « C'est grotesque, absolument grotesque. »


* Ceci n'est pas une faute d'orthographe. La Cène est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ prit avant d'être condamné à mort. John fait donc allusion au fait que Sherlock à l'air aussi heureux qu'un condamné à mort juste avant son exécution.


La suite très prochainement.