Deuxième partie : Raids

BCI: Au début, je pensais que ça tiendrait en deux parties, mais apparemment non. Alors, il y aura une troisième partie. Dans cette partie, on parle beaucoup de Kurapika. Mais c'est parce qu'on est beaucoup centré sur l'attaque des Kuruta. Et décidément, je n'arrive pas à me décider sur la couleur des yeux de Kurapika... Un coup je les fait verts, une autre fois marrons...

Je sais que cette partie est vraiment très longue...

Ce type était vraiment très fort...

C'était ce que se répétait Kuroro en prenant le chemin du retour vers la base. Ses bras étaient ensanglantés et une douleur lancinante lui vrillait la tête. Il se dit qu'il aurait pu même peut-être y laisser sa peau.

A cette pensée, un sourire froid naquit sur son visage.

Décidément... Il n'arriverait sans doute jamais à éprouver une quelconque peur envers la mort.

La mort...

Il la semait partout où il passait, il avait lui-même failli mourir plusieurs fois..

Ne représentait-il pas la mort elle-même ?

Mais parfois il ratait. Sa cible survivait. C'était le cas de ce Zoldick qu'il avait rencontré... Très fort. Oui, vraiment très fort.

Kuroro avait ressentit beaucoup d'admiration et de respect envers son adversaire. Il aimait les combats et celui-ci lui en avait donné un formidable.

Il revit mentalement la décharge de nen brûler son avant-bras. Il se revit infliger des dommages à l'homme aux cheveux argentés.

Il aurait bien aimé lui voler son nen. Il n'y était pas arrivé. Tant pis.

Mais ce type était toujours vivant, il aurait forcément une nouvelle occasion de le faire.

Cet homme était un assassin professionnel et lui, un voleur professionnel.

Quel rencontre explosive.

Ils avaient dû forcément se battre.

Quand il rentra à la base, il sentit les regards interrogateurs des autres membres.

Mais ils ne posèrent pas de question.

Non. Pas à lui.

XXX

La forêt était profonde et sauvage. Le couvert des arbres ne laissaient que peu de place pour les rayons du ciels et divers bruits résonnaient des profondeurs de la forêt.

Kuroro avançait sans doutes particulier parmi la végétation dense. Cela faisait des heures qu'il errait dans cet enfer tropical. Il n'y avait aucun moyen réel de s'orienter dedans. Puis, doucement, les arbres commencèrent à s'estomper et l'horizon se fit plus dégagé. Le chemin devint plus stable et large et il put apercevoir des prairies verdoyantes.

C'était sans aucun doute un très bel endroit. Il n'y avait aucune trace de quelconque technologie ici, et la nature régnait en reine.

Il prit une grande bouffée d'air. C'était plutôt agréable comme endroit. Il sentait qu'il passerait de bons moments dans cet endroit.

Kuroro continuait sa route quand il sentit une présence plus loin derrière lui. Plus par réflexe que par nécessité, il sauta dans un arbre et chercha du regard la présence qu'il avait senti.

Deux silhouettes se dessinèrent à la sortie de la forêt. Il ne tarda pas à voir qu'il s'agissait de deux enfants. Un garçon et une fille. Ils étaient également accompagnés d'un énorme chien-loup au pelage sombre.

Kuroro se tendit un peu pour mieux les observer.

Ils étaient tout les deux légèrement blessés, les cheveux en batailles, les vêtements mouillés et tachés et le visage couvert de terre et de boue. Ils avaient l'air également affreusement déprimés.

Malgré leur état, ils restaient très agréable à regarder. Ils avaient les mêmes yeux noisettes et si le garçon arborait une tignasse brune, la fille était blonde.

Quand ils furent presque à son niveau, la fille s'arrêta ce qui força le garçon à en faire autant.

Kuroro avait effectivement remarqué qu'elle semblait légèrement boiter.

« Ta jambe, ça va ? » Demanda le garçon d'un ton inquiet.

La jeune fille examina sa cheville et soupira:

« Disons que j'ai connu mieux. Mais ça va aller. Tu crois que... Papa va être furieux contre nous ?

-Assurément. Il va surement nous donner trois paires de baffes.

-Ça ne sera pas la première fois ni la dernière fois. C'était quand la dernière fois qu'on s'est fait baffés ?

-Quand on avait explosé la tarte de tante Herza.

-En même temps, sa tarte, elle a toujours été dégueulasse.

-La seule différence entre sa tarte et une brique, c'était qu'elle appelait ça une tarte.»

Les deux enfants s'entreregardèrent puis éclatèrent de rire.

Ils ne semblèrent plus vraiment inquiets par rapport à leur situation.

« N'empêche que... Il faudrait peut-être mentir... Commença le garçon.

-Pourquoi ? Demanda la blonde.

-Kurapika ! Je crois que tu réalises pas ! On n'était pas n'importe où ! On était dans les marais. L'endroit où tous les adultes passent leur temps à nous rabâcher: n'allez pas vous aventurer dans les marais ! Et nous qu'est-ce qu'on a fait ? Non seulement on est allé dans les marais mais en plus on s'y est paumé pendant deux jours !

-J'ai très bien réalisé, tu sais, répliqua sèchement Kurapika, mais on n'a aucune bonne excuse qui justifierait une absence de deux jours. Alors, laisse tomber et vas donc prendre ta raclée dans la joie et la bonne humeur.

-T'as l'air résignée.

-Je suis résignée. Et puis, se perdre dans les marais, c'était peut-être mieux que de rester au village.

-Tu es devenu tarée ? En quoi était-ce mieux ?

-Au village, il ne se passe rien d'intéressant. Mais là, on a pu voir des tonnes d'espèces animales qu'on avait jamais vu avant ! Et tu te rappelles quand on a trouvé un temple ancien ? Il y avait surement une autre civilisation qui vivait près des marais il y a très longtemps. C'était génial à voir, non ? Et puis il y avait cette plaque recouverte de caractères anciens... Je crois bien que c'était du Gellique... Si j'arrivais à trouver un dictionnaire de cette langue, je pourrai traduire la plaque...

-C'est vraiment important ?

-C'est important ! S'insurgea Kurapika.

-OK...

-Et en plus...»

La jeune fille sourit d'un air mystérieux et sortit quelque chose de sa poche.

« Regarde ! »

Dans la paume de sa main reposait une pierre ovale d'un bleu saphir.

« C'est quoi ? Demanda Taki.

-Ça se voit, non ?

-Bah... non.

-C'est une pierre d'eau. Une roche très belle et très rare qu'on ne trouve que près des points d'eau. Il faut avoir beaucoup de chance pour en trouver une.

-Cool !»

Les deux enfants contemplèrent un moment la pierre puis Taki releva la tête.

« Kurapika... Désolé de te dire ça, mais le Seria est pour bientôt.

-Merci de me rappeler de ma mort prochaine. Cette fête est horrible.

-Allez... C'est qu'une journée. Certes tu vas devoir mettre une robe, maman voudra surement te mettre un ruban dans les cheveux et tout le monde fera des niaiseries sur à peu près tout ; Puis on va danser par couple...»

Le garçon réfléchit un instant et finit par dire:

« Bon, d'accord, je reconnais que c'est horrible.»

La jeune blonde serra son bâton comme si son contact lui apportait du réconfort et dit d'une voix très sérieuse malgré la plaisanterie évidente:

« Ce n'était pas prévu dans le plan. Rends-moi mon argent.

-C'est ça ! Bon, allons donc prendre notre raclée dans la joie et la bonne humeur comme tu le dis si bien.»

Les deux enfants reprirent leur chemin, et le chien-loup les suivit à bonds joyeux.

Ils avaient fait une forte impression à Kuroro. Surtout la fille.

Quand leurs silhouettes furent assez éloignées, il descendit de l'arbre et quitta la route pour courir dans les pâturages. Il était bien déterminé à arriver avant eux au village.

La place du village était animé et rempli de Kuruta vaquant à leurs occupations. Kuroro ne doutait pas une seconde qui lui serait impossible de passer inaperçu. D'abord à cause de sa couleur de cheveux que personne ici n'arborait, ( les cheveux les plus foncés étant châtains ) mais aussi puisque tout le monde se connaissait dans ce village.

D'ailleurs, il ne tarda pas à se faire repérer.

« Vous êtes un voyageur ? »

La question était posé par un homme qui avait dépassé la quarantaine d'années. Kuroro n'avait aucun mal à sentir la bonté et la tranquillité émaner de cet homme. C'était comme une aura qui flottait doucement autour de lui.

Kuroro prit un timbre de voix un peu plus clair que d'habitude, comme à chaque fois qu'il voulait qu'on lui fasse confiance facilement.

« Euh... Oui. Je passai par la région et je crois que je me suis perdu dans cette forêt jusqu'à que j'arrive ici. Où est-on ici, exactement ?

-Vous êtes à Lukuso. Dans le village des Kuruta.» Dit une femme qui s'était rapproché.

Kuroro se tourna vers la femme. Elle était d'âge moyen et était vraiment très belle. De longs cheveux dorés ondulés tombaient jusqu'à ses hanches et avaient de beaux yeux noisettes. Il vit tout de suite une forte ressemblance entre elle et les deux enfants qu'il avait vu avant.

C'est surement leur mère.

« Kuruta... Ça me dit quelque chose... Mais je ne me souviens plus où j'en aurai entendu parler...

-C'est à cause de nos pupilles écarlates, surement ? Demanda en riant l'homme.

-... Oui! Voilà, c'est ça ! On m'en a parlé. C'est un phénomène tout à fait fascinant.»

Et sur ce fait, Kuroro était tout à fait honnête.

« On se ferait disséquer sur une table d'opération si on sortait de ce village ! dit l'homme en continuant de rire, vous êtes bien jeune pour voyager seul comme ça. Surtout que vous devez être fatigué, venez que je vous offre à boire.»

C'était surement une bonne occasion pour récolter des informations. Kuroro accepta avec enthousiasme.

L'homme l'amena dans ce qui ressemblait à une auberge où quelques personnes mangeaient installés à des tables.

L'intérieur était entièrement en bois et de douces odeurs de nourritures flottaient et dans un coin, une jeune fille jouait du violon.

C'était étrange de constater à quel point cet endroit ressemblait à l'Irlande.

Il s'assit sur un tabouret devant le comptoir et regarda l'homme lui servir un verre. Il ignorait totalement son contenu et le fixa avec méfiance.

L'homme le remarqua et éclata de rire à nouveau.

« Ne vous inquiétez pas. On ne va pas essayer de vous empoisonner. Ce n'est pas une tradition locale.»

Le patron de la brigade fantôme prit le verre et... faillit s'étouffer avec.

« Mais... Qu'est ce que c'est que ça ? Demanda t-il après avoir avalé avec difficulté.

-Ça arrache, hein ? Une boisson locale. Il faut être d'ici pour y être habitué. Tous les étrangers à qui on fait gouté ça ont eu la même réaction. Désolé pour cette mauvaise blague.»

Il lui servit rapidement un verre d'eau que Kuroro se dépêcha de boire.

L'homme continuait de sourire mais son visage s'assombrit en voyant s'approcher un autre homme un peu plus âgé aux traits fatigués.

« Ils ne sont toujours pas rentrés ? Demanda t-il.

-Non, je les ai pas vu. Répondit l'autre.

-Il faudrait partir à leur recherche. Ils sont partis très tôt hier matin et il ne va pas tarder à faire nuit...»

Kuroro comprit qu'il devait parler de Kurapika et de Taki.

L'homme sortit de derrière son comptoir et posa une main sur l'épaule de l'autre homme.

« Du calme, Saol. Ne t'inquiètes pas pour eux. Ils sont grands et je ne pense pas qu'ils apprécieraient que tu les couvent de cette manière. Leur mère n'est pas inquiète, elle ! Il faut que tu apprennes à leur faire confiance.

-C'est vrai...»

Il sembla s'apercevoir de la présence de Kuroro et lui tendit une large main.

« Excusez-moi, je ne vous avais pas vu. Vous êtes un étranger ? »

Après que Kuroro ait acquiescé, il reprit:

« Je suis le père de trois sacrés garnements qui me donnent bien du soucis, même si l'un est adulte et responsable maintenant... Les deux derniers ne se gênent pas pour faire les quatre cent coups dès que j'ai le dos tourné et épuise ma santé mentale...»

Il leur fit un signe d'adieu en partant et Kuroro se rassit sur son tabouret. L'homme soupira.

« Il n'a pas beaucoup de chance. Taki et Kurapika sont deux têtes de mules.

-Ce sont ses enfants ?

-Oui. Un garçon et une fille séparés d'un an d'écart. Normalement, ils devraient passer leur temps à se disputer, mais ce n'est pas du tout le cas... Ils s'adorent au contraire. Surement parce que Kurapika est un vrai garçon manqué et que ce n'est pas partit pour s'arranger... Ces deux-là passent leur temps à faire des bêtises ensemble. Ils se sont reçus plus de claques que l'ensemble des autres enfants Kuruta réunis! Mais ils me font beaucoup rire. Ce sont des gamins intelligents.»

L'homme prit une serviette et se mit à essuyer le comptoir.

Brusquement, ils entendirent la porte claquer et deux silhouettes pénétrer dans l'auberge et les cliquetis des griffes d'un chien sur les lattes de bois.

Kuroro se retourna pour voir Taki et Kurapika.

L'homme les voyant dans cet état de fatigue, s'exclama:

« Mais ! Qu'est ce qui vous est arrivés ? Vous avez vu votre état ? Où étiez-vous ?

-Kurapika ! Taki !» Cria la jeune fille au violon.

Elle lâcha aussitôt son instrument et se précipita vers eux. Elle était du même âge qu'eux et arborait une épaisse tignasse rousse. La jeune fille se dépêcha de soutenir Kurapika qui titubait de fatigue.

« On dirait que vous avez erré dans les marais pendant des heures ! Dit la jeune fille rousse en plaisantant.

-C'est exactement ce qui s'est passé. Rétorqua Kurapika.

-Je savais que vous étiez tarés comme gosses, mais là, ça atteint des sommets... Une seconde ! Les marais ? » Cria l'homme.

Les deux enfants s'affalèrent sur deux tabourets proche de celui de Kuroro.

« Ah... Je suis morte de fatigue... Soupira la jeune blonde.

-Ça sera pas juste de fatigue dont tu seras morte, bientôt, grommela le tavernier, les marais... Mais vous êtes pas bien ? Votre père est furax et il va l'être encore plus.

-Trop cool. Marmonna Taki.

-Vous feriez mieux de vous en aller vite d'ici et d'aller rassurer votre père. Intervient la jeune rousse.

-Deux secondes, Mina... On est crevés... Rétorqua le garçon.

-Et attendez ! On peut savoir comment vous avez atterrit dans les marais ?

-On voulait voir à quoi ça ressemblait... Commença Kurapika.

-Et on s'est perdu... Acheva Taki.

-Mais vous êtes malades !

-C'est la troisième fois que tu le dit... Murmura Kurapika.

-Parce que vous l'êtes vraiment ! Les marais sont un territoire très dangereux ! Vous deviez être morts de peurs !

-Bah... pas vraiment. Dit Taki.

-Il y a pleins de choses intéressantes dans les marais. Rétorqua Kurapika.

-Je ne dis plus rien. Ça sera à vos parents de vous crier dessus.»

Dans un raclement de chaise, Kurapika se leva.

« Il a raison. Allez, on y va, Taki.

-Hm... Fit son frère, dubitatif.

-Allez, Taki ! On s'en fiche. On va s'excuser, ils vont s'énerver, et voilà, c'est tout.»

La jeune fille caressa distraitement le chien-loup à qui somnolait tranquillement à coté d'elle, et lui fit signe de se lever.

Voyant sa sœur et le chien partir, Taki se décida enfin à se lever, tout en râlant légèrement.

Kuroro les regarda partir pour se concentra sur le tavernier.

« Qu'est ce que je vous disais... Ils sont spéciaux, hein ?

-Assurément. Mais ce chien...

-Croc ? C'est un demi-loup. Kurapika lui a sauvé la vie quand ce n'était qu'un chiot, et depuis, il lui obéit au doigt et à l'œil.

-Ça me rappelle... Fit Mina.

-Ce jour, là ? Demanda le tavernier.

-Quel jour ? S'enquit Kuroro.

-Eh bien, on se promenait près d'un précipice avec Kurapika et son chien, et pour plaisanter, elle avait dit « Saute ! ». Elle n'avait pas pensé une seconde, qu'il le ferait vraiment... Raconta l'homme.

-Et il l'a fait ? Demanda Kuroro, étonné.

-Hé, oui, il l'a fait, ce bougre ! Elle s'est immédiatement jetée dans le vide, pour le rattraper. On avait tous eu très peur, à ce moment.

-Quel obéissance ! Commenta t-il.

-Les chiens sont comme ça.» Répondit le tavernier.

Kuroro resta pensif. Il avait du mal à détacher ses pensées de la jeune blonde de tout à l'heure. Se forçant à se concentrer à nouveau, il se focalisa sur son but.

Les pupilles écarlates...

« C'est quand même bizarre, ces yeux rouges.

-Vous l'avez dit ! Personne ne sait pourquoi ça arrive à nous, et pas aux autres.

-Et ça arrive quand, exactement ?

-Quand on est soumis à un sentiment violent. Mais ce n'est pas si fréquent que ça. Avec l'âge, on commence par arriver à mieux se contrôler.

-Que voulez-vous dire ? C'est si dérangeant que ça ?»

L'homme lui adressa un regard sombre.

« Oui, c'est dérangeant. Notre personnalité se modifie quand ça arrive. Et quelqu'un d'extrêmement pacifique d'habitude, peut devenir très violent. Et quand cela arrive trop souvent... L'épuisement nous gagne, et on peut devenir vulnérable. Tout le monde est conscient qu'il ne faut pas abuser de cet état.

-Je vois. Et ça reste combien de temps ?

-Jusqu'à ce qu'on se calme. Et aussi... Si on meurt dans cet état, nos pupilles restent rouges.

-Oh.»

C'était un 'oh' affreusement indifférent pour l'intérêt subite que cela avait déclenché chez le jeune homme.

L'homme avait fait une erreur. Il n'aurait pas jamais dû parler de ça à Kuroro. Mais on ne pouvait pas le blâmer de ça, étant donné que Kuroro avait restreint son aura pour passer pour un voyageur parfaitement anodin.

Le tavernier était dans l'incapacité totale de se méfier, puisque devant lui, se trouvait juste un jeune homme au ton agréable.

« Pourquoi ne pas passer la nuit, ici ? Vous n'allez certainement repartir maintenant. Voyager de nuit est dangereux.»

Kuroro accepta avec allégresse, se retenant de dire que pour lui, voyager de nuit était aussi dangereux qu'une promenade dans un joli petit parc d'une ville touristique.

Une fois, enfermé dans sa chambre, il sortit son portable et composa un numéro.

« Allô, Machi ? J'ai trouvé quelque chose d'intéressant. Trouve les autres et dit leurs d'aller à Lukuso.»

Il sourit et rajouta:

« Et arrête donc de râler.»

XXX

Kurapika n'arrivait pas à dormir. Les idées se mélangeaient dans sa tête et refusaient de la laisser tranquille.

Deux choses la gênaient énormément.

Le Seria et la plaque écrite en Gellique.

Elle n'avait aucune envie de participer au Seria ( cette fête ennuyeuse ! ) et par contre, mourrait tout simplement d'envie de retourner au temple pour traduire cette plaque. Elle ne savait pourquoi ce désir la taraudait de cette manière, mais cela lui semblait réellement très important.

Kurapika ne pouvait pas le deviner, mais la réalité, c'était qu'elle était assoiffée de connaissances et laisser ce mystère irrésolu la rendait malade.

Et en plus, elle ne voulait pas aller au Seria.

Kurapika n'était pas une fille comme les autres. Elle n'avait pas les mêmes envies. Elle se fichait d'être jolie ( et avait à peine conscience qu'elle l'était vraiment beaucoup ), n'aimait pas les robes et aimait se battre avec les garçons.

C'est pourquoi, elle avait des contacts très distant avec les jeunes filles de son âge. Déjà, parce qu'il n'y en avait pas beaucoup mais non seulement, elles n'intéressaient pas Kurapika.

Trop coquettes, trop frivoles. Pas assez concentrées pendant les cours de combat.

Kurapika trouvait les garçons plus agréable à vivre.

Et puis de toute façon, elle préférait la compagnie des adultes.

Cette fois-ci, elle était définitivement réveillée.

La jeune blonde pensa un instant à lire un peu mais son regard dévia tout de suite à son dictionnaire de Gellique.

Non. La tentation était trop forte. Pourquoi rester ? Pourquoi aller au Seria ? Ça n'avait aucun intérêt de tout façon.

Elle se leva, s'habilla et composa un bref mot.

Je repars dans les marais pour traduire cette plaque. Il ne faut pas s'inquiéter, je serai capable de trouver le chemin, cette fois. J'en ai pour quelques temps, donc je ne serai pas là pour le Seria.

Quel dommage ! Désolée, maman. Tu n'as qu'à passer tes nerfs sur Taki, c'est lui qui a une mauvaise influence sur moi.

Le mot était un poil plus ironique qu'elle l'avait voulu mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle prépara son sac, pris son dictionnaire. Elle n'avait pas d'autre choix que de partir de nuit.

Elle prit garde à descendre les marches avec soin et sortit de la maison. En la voyant sortir, Croc vint la rejoindre en remuant joyeusement la queue.

« Tu es partant pour une longue promenade ? »

Croc aboya gaiement en réponse.

« Chut...» Fit la jeune fille.

Elle regarda nerveusement derrière elle, et une fois sûre que personne ne s'était réveillé, reprit sa route.

Elle marcha un bon moment dans les rues vides du village, Croc marchant à ses cotés.

Par cet acte, la jeune blonde ne faisait que montrer comment elle était entêtée mais aussi à quel point elle avait une forte personnalité.

On ne pouvait pas influencer son jugement, ni la convaincre d'aimer quelque chose. C'est pourquoi rester sage et aller gentiment au Seria lui était totalement impossible.

Par ailleurs, c'était aussi une preuve de détermination.

XXX

Il avait fallut quelques temps pour que la totalité de la brigade soit réunie.

Machi faisait manifestement la tête pour avoir dû courir après tous les membres un peu éparpillés partout dans le monde.

Toisant les diverses personnes devant lui, Kuroro prit calmement la parole:

« Je tiens à vous prévenir. Ça ne sera surement pas comme les dernières fois. Les Kuruta sont des combattants, voire même de très bon combattants. Attendez-vous à avoir beaucoup de résistance et que cela dure pas mal de temps.»

A ces mots, les membres parurent un peu plus agités, excités par l'occasion de pouvoir se battre contre des puissants adversaires.

« Ça sera une mission dangereuse. On n'en sortira peut-être pas tous vivants.»

Ils parurent surpris, cette fois. Risquer leurs vies ? Eux ? Ces Kuruta devaient être vraiment très forts pour que leur chef dise ça.

« Maintenant, je vais vous parler plus précisément d'eux. Les Kuruta sont un petit peuple dont les yeux deviennent rouges quand ils sont parcouru d'une émotion violente. L'objectif est de les éliminer et de prendre leurs yeux rouges. Est-ce assez clair ? »

Ses araignées acquiescèrent.

XXX

Un sourire triomphant naissait peu à peu sur les lèvres de Kurapika. Elle avait terminé. Enfin.

« On a réussi, Croc ! » Dit-elle en ébouriffant son pelage sombre.

Le chien répondit par un coup de langue affectueux.

C'était bel et bien du Gellique comme elle l'avait pensé. Bien sûr, traduire mot par mot avait été long et fastidieux et cela l'avait tenu occupé pendant une bonne partie de la nuit. Mais ce n'était pas grave. Parce que c'était enfin traduit.

L'endroit était bel et bien un temple sacré. D'après ce qu'elle avait compris, ce temple servait d'endroit de culte à une déesse de l'eau, ce qui confirmait ses soupçons sur sa croyance de la vie d'une ancienne tribu dans les marais. Mais cela remontait il y a très longtemps.

Kurapika se demandait ce qui avait pu leur arriver. Peut-être était-il partit à cause des conditions de vie difficile des marais.

Ou alors, ils avaient disparu à cause d'une épidémie...

De toute façon, elle ne pouvait pas le savoir.

Elle tourna les yeux vers la feuille de papier où elle avait inscrit la traduction. La plaque parlait du rite consacrée à la déesse de l'eau.

Malheureusement, elle ne lui avait pas appris grand chose.

Kurapika était déçue, étant donné qu'elle s'intéressait beaucoup à la mythologie. Enfin, du point de vue de quelqu'un qui s'intéressait à tout.

Elle bailla et se frotta les yeux. Elle était là depuis des heures et commençait à être fatiguée.

La jeune fille se leva et sortit du temple pour regarder l'extérieur.

Vu la position haute du soleil, il devait être midi. Elle était partit tard dans la soirée d'hier, et le temps d'arriver ici et de traduire la plaque, la journée était déjà bien entamée.

Kurapika aurait bien aimé pouvoir rester un peu dans le temple, vu la fatigue qui l'assaillait. Elle aurait aimé s'allonger par terre et dormir un peu, mais c'était sans compter la faim qui la tenaillait.

Et si la jeune fille savait bien une chose, c'était qu'il n'y avait rien de plus difficile de s'endormir quand on avait le vendre vide.

C'est pourquoi, elle devait rentrer.

Kurapika soupira et rentra dans le temple pour aller prendre son sac. Croc, voyant qu'ils allaient partir, se mit sur ses pattes et se dirigea vers la sortie.

Inspirant une grande bouffée d'air et s'empreignant une dernière fois de l'atmosphère de paix de l'endroit, Kurapika se mit en route.

Elle avait réussi à éviter le Seria, mais il était certain qu'à son retour, ses parents seront furieux après elle. Mais ça lui importait peu, car elle savait que ses frères étaient de son côté.

XXX

Kuroro commençait à fatiguer. Mais pour de vrai. Mais il n'était pas surpris. Il savait que les Kuruta étaient forts et c'était donc attendu à beaucoup de résistance.

Et il n'avait pas pu s'en tirer sans blessures.

Mais c'était quasiment terminé, maintenant. Ils avaient tués tout le monde, et il ne restait plus qu'à leur retirer leurs yeux.

Kuroro restait gêné par quelque chose. Pour la première fois, il se sentait gêné par ses actes. Cette sensation, toute nouvelle, le laissait perplexe mais aussi très mal à l'aise.

Jusque là, ils avaient toujours tués des mafieux, ou des gens d'organisations rivales. Mais c'était la première fois qu'ils tuaient des gens qui n'avaient rien demandés. Et surtout, le peuple des Kuruta. Un peuple pacifique et tranquille.

Cela lui laissait un goût amer dans la bouche.

« Dancho ! »

Kuroro se retourna pour voir Machi. La jolie jeune fille avait les vêtements trempés de sang.

« C'est le tien ou le leurs ? Demanda le leader.

-Euh... Un peu des deux, je crois.»

La jeune fille semblait un peu sonnée, preuve qu'elle aussi, avait dû avoir du mal.

« Où en sont les autres ? Questionna Kuroro.

-Ils sont bientôt terminés, je crois. Mais le n°4 est mort. Et peut-être un autre qu'on arrive pas à retrouver.

-Ah.»

Il était inévitable que certains meurent durant cette mission. Il regarda Machi disparaître dans les bois jusqu'à ce qu'il entende un petit cri.

En se retournant, il aperçu la jeune blonde qu'il avait souvent vu ses derniers jours.

Ses yeux étaient agrandit par la stupeur et l'effroi, et il y avait une raison. Kuroro aussi, était trempé de sang.

« Que... Qu'est ce qui s'est passé ? Pourquoi... Il y eu tous ces cris...?

-Tiens. Une retardataire. Mais tu arrives trop tard, ils sont déjà morts. Fit posément Kuroro.

-Quoi ? Qui est mort ?

-Ton clan. Et toi aussi, tu ne vas pas tarder à mourir.»

La jeune blonde semblait à peine l'entendre et murmura:

« Vous mentez... Ils ne peuvent pas être morts...

-Si.»

Kuroro commençait à être agacé. Il n'avait aucune envie de la tuer.

« Mais pourquoi ? Ils n'ont rien fait !

-C'est vrai. Mais nous, nous sommes la brigade fantôme et nous prenons les choses de valeurs. Vos yeux en font partit. C'est tout.»

Les larmes commencèrent à perler dans les yeux de la fillette.

Kuroro fit un pas en avant et dit d'une voix douce:

« Laisse-toi faire et ça ne fera pas mal. Tu vas pouvoir les rejoindre...»

La jeune secoua la tête et recula. Kuroro continua d'avancer, et elle de reculer.

Ce que ne savait pas Kurapika, c'était qu'ils étaient sur un précipice et qu'elle ne faisait que se rapprocher du bord.

Et elle tomba.

Kurapika eut juste conscience que ses pieds n'avaient plus de contact contre la terre et tombai dans le vide.

Elle ne cria même pas tellement elle était surprise.

La chute ne dura que quelques secondes, et elle percuta l'eau de la cascade en dessous de la surface de terre où elle se trouvait juste avant.

Kuroro tiqua et s'approcha du bord.

Il y a des rapides et une cascade très haute dans le coin. Elle ne survivra pas. Ses yeux ne sont pas devenus rouges, donc ça ne sert à rien d'aller chercher son corps.

L'apparition de la jeune fille n'avait fait qu'accentuer son malaise.

XXX

Kurapika n'arrivait plus à distinguer le haut du bas. Elle battait désespérément des jambes et ses poumons criaient grâce. Sans savoir trop comment elle avait fait, Kurapika réussi à sortir la tête de l'eau et prit une grande inspiration tout en toussant et crachant des masses d'eau.

L'eau continuait de s'infiltrer dans sa bouche et de son nez comme elle n'arrivait pas à prendre une position stable. Elle n'avait pas pied et le courant était beaucoup trop fort pour qu'elle arrive à nager.

Elle ne pouvait que battre désespérément des pieds pour se maintenir à la surface et respirer par bouffés saccadés.

Un tronc d'arbre arriva près d'elle et la jeune blonde s'y accrocha. Ayant une position un peu plus stable grâce à sa bouée improvisée, elle pouvait avoir une vue un peu plus dégagée de l'endroit.

Elle était dans les rapides en dessous de son village. En se rappelant de quelque chose, l'effroi et la terreur la saisit.

« Oh non...»

Les rapides aboutissaient sur une gigantesque cascade. Elle ne survivrait pas. Mais il lui était impossible de regagner la terre ferme et elle n'avait pas d'autre choix que de tomber dans cette cascade.

Elle était d'ailleurs très proche.

Kurapika ferma les yeux et serra les dents.

Un long cri retentit pendant tout le temps que dura sa chute.

XXX

Makyu ne faisait que passer, et l'homme n'avait aucune idée de ce qui s'était passé dans le village Kuruta.

Il était juste partit en forêt pour se promener un peu et se rafraîchir un peu l'esprit. Dans sa balade habituelle, il savait qu'à un moment, il y avait un point d'eau surplombé d'une grande cascade. A ce moment-là, Makyu aimait se poser sur une pierre et regarder l'eau onduler. Il savait qu'au dessus de la cascade, il y avait un village avec un petit peuple assez spécial. Mais il ne s'y était jamais rendu malgré sa curiosité.

Le lac était en vue mais quelque chose chiffonnait Makyu.

Il voyait une forme au loin sur les galets, à moitié sortie de l'eau.

Mué par l'instinct, il se mit à courir et retint un hoquet de surprise.

Une fille.

A moitié noyée.

Il était peut-être déjà trop tard.

XXX

« C'est quand qu'elle se réveille ? Demanda le petit garçon d'une voix fluette.

-Papa t'as dit que ça prendrait du temps, non ? Répliqua vertement sa sœur.

-Mais, euh...» Gémit-elle.

Sa sœur focalisa à nouveau son attention sur la jeune blonde qui dormait paisiblement.

La petit garçon se leva de son tabouret et s'approcha de Kurapika.

« Hey ! Keenan ! Ne la dérange pas !

-Tu as bien dit qu'elle se réveillerait pas de toute façon ?» Répliqua t-il.

Sa sœur ainée se leva également, inquiète à l'idée que son frère fasse une bêtise et se mit à coté de lui.

Elle n'avait même pas encore treize ans et la seule chose qu'elle avait bien compris c'était que la fille venait de sortir d'un grand danger et qu'elle devait se reposer.

« A ton avis, c'est qui ? Ce qu'ils sont beaux, ces cheveux...

-Papa a dit que c'était une Kuruta.

-Une quoi ?

-Une Kuruta.»

Avant que sa sœur puisse dire quoique ce soit, le petit avait déjà tendu sa main pour prendre une des fines mèches dorées de la jeune fille.

Kurapika ouvrit les yeux en grands.

Surpris, les deux enfants émirent un petit cri et reculèrent d'un pas.

Aya aurait aimé dire quelque chose et reprendre le contrôle de la situation, mais elle était trop abasourdie pour ça.

Kurapika se mis en position assise et regarda autour d'elle.

Deux enfants la regardaient d'un air stupéfait.

La mémoire lui revint et elle sentit son cœur s'accélérer.

Du calme. Ça ne pouvait pas être vrai. Les membres de son clan ne pouvaient pas être morts. Pas possible.

Elle avait un horrible pressentiment, et au fond de son cœur, elle savait que sa famille était morte. Mais elle ne pouvait s'empêcher de garder l'illusion, ce fol espoir qu'ils soient encore en vie. Après tout, elle n'avait pas vu leurs cadavres. Même s'il était sûr que quelque chose s'était passé.

Se forçant à respirer profondément, elle demanda:

« On est où, ici ?

-A la maison. Répondit la fille.

-Ce n'est pas vraiment ça que j'attendais comme réponse...»

Elle essaya de se lever mais fut gênée par quelque chose. Une perfusion ? Sans hésiter une seconde, elle arracha la seringue de son bras et descendit du lit.

« Eh, attends ! » Cria Aya.

Sans lui accorder la moindre attention, elle ouvrit la fenêtre et passa la tête dehors.

Cela menait à une petite cour où quelques rangées d'arbres s'alignaient. Elle renifla, sentant un air marin.

« C'est la ville de Heulli, n'est ce pas ?

-Oui, dit Aya, mais il faut que tu te recouches, tu as encore besoin de repos.»

La jeune fille grimpa sur le lit mais s'assit en tailleur et ferma les yeux.

Les deux enfants la fixèrent perplexes.

« Qu'est ce que tu fais ?

-Chut...» Fit la jeune fille.

Un peu plus loin, dans une autre pièce, Kurapika pouvait les entendre.

« Mais d'où vient cette enfant ? disait une voix féminine, tu m'as fait tellement peur quand tu l'as amenée ici.

-Je sais, Haru. C'est une Kuruta. Je l'ai trouvé inconsciente près du lac. Répondit un homme.

-Mais comment est-elle arrivée ici ? Elle est tombée ?

-Surement. Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'il est arrivé quelque chose à son clan.»

Kurapika rouvrit les yeux, un peu plus certaine sur ce qui lui était arrivé.

« Haru... C'est votre mère ?» Demanda la Kuruta.

Les deux enfants la dévisagèrent, surpris et Keenan demanda timidement:

« Comment tu le sais ?

-J'entends leurs voix dans le salon.»

Les deux enfants tendirent l'oreille et Aya rétorqua:

« Je n'entends strictement rien.

-C'est parce que j'ai l'ouïe plus fine que la votre.»

Kurapika descendit du lit mais cette fois-ci, Aya s'interposa les bras écartés.

« On t'as dit que tu avais besoin de repos, non ?»

Kurapika observa un instant cette fille pas plus âgée qu'elle, aux yeux gris perles et à la chevelure noire soyeuse.

Un ruban bleu foncé était posé au dos de son crâne.

Kurapika soupira et tâta soigneusement chaque côté de sa taille.

« Il n'y a pas de raisons de s'inquiéter. Tu vois, je n'ai même pas une côte cassée. Il est vrai que je suis un peu fatiguée mais ce n'est pas grand chose. Je ne vais pas m'effondrer en allant juste au salon.»

Vaincue, Aya baissa les bras et laissa Kurapika passer.

Makyu et sa femme Haru furent très étonnés en voyant la jeune fille qu'ils avaient accueillis, déjà debout, les fixant.

« Tu ne devrais pas être debout ! S'exclama Haru.

-Laisse. C'est une Kuruta, après tout. Je connais bien leur mode de pensée. Assis-toi et dis-nous ce que tu as à dire.» Dit posément Makyu.

Kurapika fronça les sourcils en songeant que si les enfants et Haru avaient l'air de personnes tout à fait normales, l'homme dégageait quelque chose d'autre.

Il est fort ce type.

« Je vous remercie de m'avoir sauvé la vie.

-Ce n'était rien.

-Et de m'avoir emmené ici. Mais je dois repartir maintenant.

-Quoi ? Tu n'y penses pas ! S'insurgea Haru.

-Si. Ma... Ma famille est peut-être morte...»

Les larmes lui vinrent aux yeux en disant cette phrase fatidique et elle dut attendre un peu avant de continuer.

« Non. Elle l'est surement d'ailleurs. C'est pour ça que je dois aller tout prix vérifier. Il faut que j'aille voire s'ils sont vraiment tous morts. Je ne pourrai jamais me reposer avec ça à l'esprit.

-Mais...

-Non.»

Les larmes coulaient toujours silencieusement sur ses joues sans qu'elle fasse le moindre geste pour les essuyer.

« Non. Ce n'est pas possible que je reste ici plus longtemps. Je vous remercie mais je dois y aller.»

Sans laisser le temps à la femme de protester, Kurapika se leva et se dirigea vers la porte.

« Attends...» Commença la femme.

Son mari posa sa main sur son épaule.

« Je sais que veux qu'elle reste ici parce qu'elle a le même âge que Aya. Mais elles n'ont pas du tout eu la même éducation.»

Il s'adressa à Kurapika.

« On te laisse partir à une condition. Peu importe ce que tu trouves à ton village, tu reviens ici. Même si c'est inutile et que tout va bien.»

Kurapika les observa et fit un faible sourire.

« Si vous voulez.»

Ce sont des gens biens.

Kurapika claqua la porte derrière elle, et se mit à courir vers son village.

Le jour dernier, elle avait dit à Croc de l'attendre en forêt. Étant à moitié loup, celui-ci n'avait aucun mal à rester tout seul en forêt.

Elle avait hâte de le retrouver et aussi hâte de retrouver sa famille.

Kurapika priait pour qu'ils ne soient pas morts.

En sortant de la ville et atteignant la forêt, elle trouva Croc qui l'attendait sagement. Elle lui caressa la tête et dit:

« Attends-moi là, d'accord ? Ça peut être dangereux. Il faut que j'aille vérifier la situation et ensuite j'irai te chercher.»

Le chien gémit doucement mais Kurapika se contenta de lui donner une petite tape sur la tête.

La jeune Kuruta se remit à courir vers son village.

Je dois savoir. Je dois savoir ! Si ça trouve, ils vont bien. Si ça trouve, cet homme m'a mentit.

Au bout d'un moment, elle commençait à voir les premières maisons qui se dressaient au loin.

Un corbeau vola à tir d'aile vers son village en croassant. Il fut bientôt rejoint par d'autres silhouettes noires et lugubres.

Kurapika fronça les sourcils. Ce n'était pas normal qu'il y en ait autant et qu'ils se dirigent tous vers le même endroit. Son village.

L'angoisse se mit à lui serrer la gorge.

Puis une odeur la submergea d'un coup.

-« Mais... Qu'est ce que...»

Une odeur de pourriture avait enveloppé l'air, une odeur de chairs putréfiés de corps brûlés. C'est là qu'elle vit deux formes sur le sol. C'était encore trop loin pour qu'elle puisse voir ce qu'était et crût d'abord à des animaux morts. Puis en s'approchant elle comprit que ce n'était pas des animaux mais bel et bien des humains.

Elle courut pour les atteindre et tomba à genoux. Deux personnes. Les corps étaient dans un sale état, perforés par de gros impacts noirs et là où devaient se trouver les yeux, il n'y avait plus qu'un abime noir.

Kurapika cria et se retourna pour vomir. Leurs vues et leurs odeurs étaient insupportable pour la jeune fille.

Elle ne comprenait pas. Que s'était-il passé? Ces personnes faisaient parties de son village. Elle ne les connaissaient pas très bien, mais elles faisaient partie de son village.

La gorge brulée et les larmes aux yeux elle se releva et fixa avec une horreur croissante les cadavres submergés par les mouches.

Les meurtres étaient récents mais la chaleur de l'été avait accélérée la pourriture. De l'aide... Il fallait qu'elle trouve de l'aide. Séchant ses larmes, elle tituba et marcha avec hésitation sur la route.

Elle sentit ses yeux virer au rouge à cause de la peur et de la panique.

Son pied buta contre quelque chose de coupant. Elle le retira immédiatement et vit un fil quasiment invisible attaché à quelques centimètres du sol. Le fil avait été assez tranchant pour lui faire une coupure sur la cheville. En levant les yeux, elle entendit un hurlement sans vraiment se rendre compte que c'était elle qui hurlait ainsi. C'était instinctif, elle avait à peine eu le temps de comprendre qu'elle s'était mise à hurler.

Des dizaines de fils étaient attachés autour des arbres et formaient une sorte de toile d'araignée géante ou était accrochés plusieurs corps. Des gens qu'elle connaissait mieux, cette fois. Des amis, son oncle.

Nouvel hurlement, sanglots convulsifs.

Elle voulait sortir de cet enfer. Elle ne s'y était pas attendue. Kurapika savait qu'on les pourchassait à cause de leurs yeux mais tout le monde savait se battre ici. Ils étaient tous des bons combattants, ils n'auraient pas dû mourir. Ça n'aurait pas dû se passer de cette manière.

Kurapika ne savait pas comment elle réussie à continuer à marcher. Les yeux écarquillés avec des larmes qui coulaient à flots et les bras bien raides sur son corps, elle avança essayant d'ignorer la puanteur des corps qui flottait dans l'air.

En atteignant la place centrale du village, elle ne sut pas comment elle allait tenir. Des corps, des corps, des corps. Partout.

Et un attira son attention. Son père.

Kurapika se remit à crier et se précipita vers lui.

« Papa ! Non !»

Mais comme les autres, il était morts, les yeux arrachés.

Quelque chose se brisa en elle. Kurapika ne pouvait pas le savoir mais c'était son innocence d'enfant qu'on avait détruite à tout jamais.

Douze ans... Elle n'avait que douze ans... Elle n'était pas préparée à vivre un tel enfer. Pourquoi était-ce elle qui avait survécu? De tous les habitants, elle était la plus vulnérable et la plus inexpérimentée et tout ça parce qu'elle était la plus jeune de tous les villageois. Être le plus jeune, fait de vous de quelqu'un d'un peu spécial. Kurapika n'arrivait pas à savoir si c'était un avantage ou un inconvénient.

C'était le chaos total dans sa tête. Deux idées totalement opposés s'affrontaient dans son esprit.

-« Ils sont tous morts... Je suis toute seule... Je ferai mieux de mourir ici... Oui... Mourir...

Non... Il y a autre chose que tu peux faire...

-Je dois les rejoindre... Ça changerait tout... Je n'ai plus aucune raison de vivre...

Non ! Bouge...

D'une main tremblante, elle ramassa un poignard gisant à coté de son père et l'approcha doucement de sa gorge. Elle sentit la froideur de l'acier mordre sa peau blanche. Elle l'appuya doucement et une goutte de sang perla.

-« On ne sera pas séparés plus longtemps... Attendez-moi...»

Bouge ! Bats-toi...

La pression du couteau se fit plus forte.

TU VAS BOUGER, OUI ?

Le couteau dévia de sa gorge et se planta dans sa cuisse. La jeune fille émit un râle de douleur, mais au moins, ses idées étaient claires.

Elle se fit un bandage sommaire avec un morceau de sa tunique et se leva, titubante.

« Bon et maintenant...?»

Si son esprit était perdu, inconsciemment Kurapika savait quoi faire.

Elle marcha d'un pas décidé vers la sortie du village.

Il faut d'abord que je voie ou sont les corps, et si il n'y a vraiment aucun survivants.

Elle était soulagée. Malgré cette situation de crise, son intelligence dont elle avait reçu plusieurs louanges marchait encore.

Ce serait vraiment bien qu'il y en ait, même si c'est très peu probable. Et si il n'y en pas, il faudra aviser. Pour ce qui est de survivre quelques jours, ça devrait possible. Les difficultés ne sont pas là... Dans un endroit pareil, seule et avec pleins de morts, les chances que je devienne folle sont très élevées...

Elle fit un tour du village mais apparemment personne n'avait survécu. Elle eut du mal à ne pas hurler à nouveau lorsqu'elle trouva les corps des membres de sa famille. Mais elle se menaçait de se poignarder une nouvelle fois si elle ne gardait pas le contrôle de ses émotions.

Sans savoir pourquoi, survivre semblait être quelque chose de facile. Alors qu'elle était en panique total, une voix dans sa tête lui intimait tout ce qu'elle devait faire. Peu à peu, la voix prenait de la place dans son esprit et la panique disparaissait pour laisser place à un sang-froid implacable.

Il faut que je les enterre. Je dois faire vite, car les corps vont bientôt vraiment pourrir. Mais pas tout de suite. Il fait nuit et pour ne pas tomber dans la folie, je dois suffisamment dormir.

Elle se dirigea vers sa maison, puis gagna sa chambre. Elle y avait passé tellement d'heures insouciantes... Si elle s'était souciée d'une telle chose...

Elle replaça une mèche blonde derrière son oreille et s'allongea dans son lit.

Elle ferma les yeux et essaya de faire le vide dans sa tête. Il dût se passer au moins trente minutes avant que Kurapika comprenne qu'elle ne dormirait pas. Ou pas comme ça. Une idée fugace la traversa et elle se leva. Elle prit sa couverture et descendit les escaliers. Elle alla dans la cuisine et s'assit sur le sol froid et s'entoura de la couverture. Bizarrement, elle se sentait plus à l'aise comme ça. Fermant les yeux, elle ne tarda pas s'endormir.

Elle se réveilla peu avant l'aube. La nuit noire commençait à s'éclaircir et les oiseaux à chanter. Le sang-froid était toujours là mais une profonde tristesse s'était installée dans son âme.

Ce sentiment... Je ne l'aime vraiment pas...

La faim la tenaillait mais elle n'avait réellement aucune envie d'avaler quoi que ce soit. Pour garder des forces, elle se força à manger une miche de pain, qu'elle vomit tout juste après.

Hum... Mauvaise idée. Apparemment, je suis trop en état de choc pour manger de la nourriture solide. Il va falloir attendre un peu.

Elle prit la cruche d'eau, but un peu et se passa le reste sur le visage. Elle fixa un moment les gouttes d'eau glisser doucement sur ses cheveux dorés et se dit que ses yeux noisettes devaient avoir un éclat vitreux.

A cause de sa blessure à la cuisse, elle avait un peu de mal à marcher. A pas lents, elle se dirigea vers l'atelier du forgeron. Il devait forcément il y avoir une pelle dedans. Elle devait commencer à les enterrer aujourd'hui. Les corps avaient déjà trop pourris.

L'atelier avait plusieurs fenêtres cassées et la porte était en mauvais état. Un combat devait y avoir lieu.

Kurapika soupira et poussa la lourde porte en métal en grognant. La chaleur l'assaillit régnant dans l'atelier l'assaillit et elle se mit à tousser frénétiquement.

Il y avait beaucoup d'épées cassées un peu partout et des bâtons de métal. Elle se rémora la toute première fois qu'elle était venue ici.

Elle venait à peine d'avoir sept ans. C'était un jour sombre et pluvieux; elle en avait assez de rester dans la boutique de ses parents ou tout les clients était honnêtement ennuyants. Elle avait échappé à leur surveillance et était partie sur la place. Il pleuvait des cordes et attirée par une lumière brillant dans le jour sombre, elle s'était faufilée dans l'atelier du forgeron.

Elle avait contemplée silencieusement les armes et les épées accrochés au murs ou posées sur la table.

-« Que fais-tu là, Kurapika?»

Elle s'était retournée pour voir le forgeron. Elle ne connaissait pas son nom mais son visage lui était familier. Il lui semblait qu'il venait souvent discuter avec son père dans la boutique.

-« Rien... Répondit-elle timidement en fixant les grosses mains du forgeron.

-Ou sont tes parents?

-A la boutique. C'est ennuyeux.

-Vraiment?»

Elle s'était tournée pour admirer une belle épée à la lame recourbée et au manche incrusté de pierres précieuses de toutes les couleurs.

-« Waouh! Qu'elle est belle!

-Oui, elle est très belle, mais elle ne sert à rien.

-Ah bon ? Pourquoi ?»

Le forgeron prit la lame et la soupesa.

-« La lame est de très mauvaise qualité, Un simple impact la casserait. Et en plus, les pierres sont fausses. On peut penser sur les apparences que c'est une bonne épée mais elle est plus décorative qu'utile. Tu veux que je te montre des vraies épées?

-Oui.»

Le forgeron reposa l'épée et disparut un moment dans l'arrière de l'atelier. Kurapika attendit sagement en regardant les différentes armes accrochés un peu partout et se retourna en le voyant arriver. Il portait deux épées de bois reliés entre elle par un fil.

-« Ce ne sont que des épées en bois... Murmura t-elle déçue.

-Ah ? Tu crois ?» Répondit-il en riant.

Doucement il déchira le tissu près de la poignée du premier sabre et en sortit une lame d'acier.

-« Mais que...?

-Tu vois ? Ça a l'air de sabre en bois alors qu'en réalité ce n'est que le fourreau. Il ne faut pas se tromper aux apparences. Ce qui a l'air beau et précieux n'est en fait qu'une babiole et ce qui paraît inoffensif est en réalité très dangereux.»

Il l'observa un instant et rajouta:

-« C'est un peu comme toi. Tu as l'air d'une innocente petite fille mais je suis sûr que tu es plus que ça, non ? Quoi qu'il soit, lorsque tu auras grandie, ces sabres seront pour toi.»

Kurapika chassa ses souvenirs flous et trouva une pelle dans un placard et s'apprêta à partir.

Ces sabres seront pour toi.

Elle avait grandit et en plus elle risquait d'en avoir besoin prochainement. Elle partit à l'arrière de l'atelier et ses yeux habitués depuis longtemps à l'obscurité ne tardèrent pas à repérer les sabres. Elle les souleva et les soupesas. Ils étaient encore un peu trop grand et lourd pour elle, mais elle s'y habituerait. Elle les fixa à sa taille et partit la pelle à la main. L'arrière du village serait un bon endroit pour les enterrer. Il y avait bien un cimetière mais il ne serait surement pas assez grand. Faire une fosse commune était tentant, mais Kurapika ne voulait pas manquer de respect aux habitants de son village. Il y aurait une tombe individuelle pour tout le monde. Il faudrait faire des croix aussi.

Du bois, des cordes.

Elle était épuisée avant d'avoir commencé.

Kurapika se mit à creuser. Lentement mais surement. Elle tenait à tout faire avec un soin extrême. C'était son attachement pour les siens qui la poussait à faire ça.

Elle savait parfaitement qu'il ne fallait penser à rien pendant cette épreuve. Ne pas penser aux souvenirs de ses proches, sinon la tristesse et le désespoir allait l'envahir. Il ne fallait pas non plus penser aux personnes qui avaient fait ça sinon la rage et la haine allaient la gagner.

Ne penser à rien.

Creuser.

Jeter le corps.

Refermer le trou.

Fabriquer la croix.

La planter sur le sol.

Recommencer, et ça trente-six fois exactement.

Elle ne put pas faire tout ça en une seule journée. En plus la tâche était épuisante. La terre était dure et elle finissait par avoir les bras tremblant de fatigue à force de creuser et à la fin de chaque journée, elle était tellement épuisée qu'elle sombrait dans le sommeil dès qu'elle fermait les yeux.

Kurapika se forçait à manger et à boire bien qu'elle ait beaucoup de mal. Si l'eau lui semblait délicieuse dans sa bouche desséchée, la nourriture avait un goût fade et sec.

Au bout d'un moment, elle termina et les pensées recommencèrent à venir dans son esprit.

Et le désespoir vint.

On avait tué sa famille. Elle était complétement seule maintenant. Tout le monde s'en fichait qu'elle meure maintenant.

« Mais qu'est ce que je dois faire...?»

Mais Kurapika savait que le désespoir ne resterait pas longtemps. La colère et la haine commencèrent doucement à faire leur apparition.

« Mais pour qui se prennent-ils...? Pour qui ? Ils ont tués toute ma famille. Pour de l'argent... A-t-on déjà vu quelque chose de plus ridicule que l'argent ? A quoi vont servir nos yeux ? A satisfaire quelques insupportables milliardaires ? Je vais les récupérer... Je vous jure que je vais les récupérer ! Je récupérerais vos yeux et vous vengerai ! Je le ferai ! Je le ferai pour vous...»

Kurapika émit un dernier sanglot puis se leva, prête à enfin repartir chez Makyu.

XXX

Cela faisait un mois que Kurapika s'était installé chez Makyu et sa famille. Et leurs avaient tout expliqués.

Ils s'étaient montrés horrifiés puis lui avait dit qu'ils étaient prêts à l'accueillir ici. Kurapika en avait été légèrement gênée mais s'était vue forcée d'accepter vu qu'elle n'avait aucun endroit où aller.

Ils pensaient surement que la jeune fille ne voulait qu'avoir une vie tranquille et essayer de se reconstruire. Ils ignoraient encore la soif de vengeance qui ne cessait de grandir en elle. Mais la décision finale fut prise un jour d'hiver où elle parlait avec Aya.

« Tu sais... Ta troupe fantôme...

-Brigade fantôme.» Rectifia sèchement Kurapika.

Le fait que Aya prenait très peu cette affaire au sérieux ne manquait pas d'agacer Kurapika. Après tout, ce n'était pas elle qui avait vu les corps ni ne les avaient enterrer. Kurapika essayait de ne pas trop lui en vouloir en se disant qu'elle n'avait absolument vécu ça.

« Oui, bon, brigade fantôme. Papa pourrait peut-être faire quelque chose. C'est un Hunter, après tout.

-Un Hunter ?

-Tu connais pas ? Ces types très forts qui doivent passer un examen hyper dur. Et ces gens-là, ils peuvent faire des tas de choses et ils ont accès à des tonnes d'informations.

-C'est vrai ?

-Oui. Il pourrait les attraper, ces brigands.»

Kurapika resta pensive. Elle ne voulait pas que ce soit Makyu qui les retrouve. Mais elle. C'était sa vengeance.

Pendant quelques jours, la jeune blonde réfléchit soigneusement sur cet examen. Et comprit qu'elle avait tout intérêt à devenir Hunter, elle aussi.

Elle annonça sa décision peu de temps après à Makyu, qui n'eut pas l'air étonné.

« Honnêtement, je n'ai pas envie que tu partes à leur poursuite mais je sais que c'est inutile. On ne peut pas t'empêcher de faire ça. Tu es une Kuruta. Tu as le combat dans le sang et c'est normal que tu veuilles aller te venger. Mais, tu n'as pas l'intention de partir tout de suite, j'espère ?

-Non. Je compte attendre encore un peu. Je n'ai pas assez d'informations pour partir tête baissée. Même si j'ai vraiment envie de partir tout de suite.

-On croirait qu'on te maltraite ! Déclara Makyu en riant.

-Parce que ce n'est pas vrai ?» Rétorqua Kurapika en souriant.

Elle caressa distraitement Croc qui somnolait à coté d'elle.

« Mais c'est sûr que quand je partirai, Croc devra rester ici.»

BCI: Je sais que c'est un peu différent de la version de Past of Kurapika, sauf que j'aime bien faire plusieurs hypothèses.